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Mstapha Kamel Nabli

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L’ancien gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Mstapha Kamel Nabli, a accordé une interview exclusive à Africanmanager dans laquelle il a parlé de la loi bancaire, de la nouvelle loi régissant le statut de la banque Centrale et du crédit de 2,9 milliards de dollars du FMI qui vient d’être approuvé par son Conseil d’administration.

Mstapha Kamel Nabli a également évoqué les problèmes posés au niveau de la finance islamique. Interview:

Quelle est votre opinion à propos de la loi régissant la Banque centrale de Tunisie ?

La nouvelle loi sur le statut de la BCT a été nécessaire pour clarifier le rôle et la réglementation au niveau de la banque et consolider son indépendance, mais elle pose quand même un problème essentiel au niveau de la composition du conseil d’administration de la BCT puisque cette loi, d’un côté, instaure l’indépendance de la banque et , d’un autre côté, surcharge le conseil de représentants de l’État et de l’administration, ce qui est en contradiction avec l’indépendance de l’institut d’émission.

Cette loi réduit l’independance de la BCT et attribue un rôle prépondérant au gouvernement dans la BCT, ce qui n’est pas souhaitable voire incompatible avec l’indépendance de la BCT.

Le conseil d’administration de la banque centrale est dominé par des membres du gouvernement, soit entre 3 ou 4 réprésentants de l’État.

S’agissant du projet de loi bancaire, qu’est ce que vous en pensez ? Avez-vous des réserves ?

La mise en plae d’une nouvelle loi bancaire est certes nécessaire pour réformer les système bancaire tunisien et le moderniser. Cette loi cultive plusieurs aspects positifs, mais il faut dire quand même qu’il s’agit d’une loi plutôt défensive qu’offensive dans la mesure où elle ne reflète pas une vision de réforme du système bancaire outre le fait qu’elle n’a pas clarifié comment elle va contribuer au financement de l’économie et répondre aux défis de la prochaine période. Il n ‘y a pas de vision là-dessus sur la manière d’agir ni une politique claire sur la restructuration du secteur bancaire et comment il fera face à la concurrence.

Peut-on parler de points forts dans cette loi ?

Oui, il y a plusieurs réformes portant sur la solidité du système bancaire pour améliorer son efficacité comme l’assurance sur les depôts, la nouvelle législation sur la réglementation des problèmes des banques en difficultés et la gestion des banques en faillite. Ce sont des aspects très importants pour la réforme du secteur bancaire tunisien.

L’introduction de la finance islamique dans la nouvelle loi bancaire a suscité plusieurs critiques, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Sur cette question, il faut dire que l’introduction de la finance islamique dans cette loi bancaire a été faite comme une introduction politique et non économique. La législation actuelle autorise la finance islamique et n’a pas besoin de régles prudentielles et de réglementation.
La finance islamique n’a pas besoin d’être introduite comme une activité parallèle au système bancaire classique et crée une distinction entre deux systèmes de financement, l’un islamique et l’autre classique. C’est une erreur.

Le FMI vient d’approuver l’accord permettant à la Tunisie de bénéficier d’un crédit de 2,9 milliards de dollars. Que représente ce crédit pour la Tunisie ?

Le crédit du Fonds Monétaire Nternational (FMI) qui vient d’être accordé à la Tunisie est un calmant.

De tels financements ne pourraient qu’apporter des réponses à une crise aigue de liquidités et ne pourront nullement résoudre le problème de la crise économique.

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