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Mustappha Kamel Nabli, Banque, BCT, Tunisie

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La reprise économique en Tunisie sera lente et inégale en raison des effets persistants des récents troubles  sociaux et du conflit en Libye, a déclaré le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Mustappha Kamel Nabli, dans une interview au New York Time.

 «De toute évidence les événements de ces derniers mois ont eu un impact significatif sur l’économie, en majorité négatif, », a-t-il indiqué  ajoutant que la BCT prévoit une croissance de 1 pour cent cette année, contre de 3,7 pour cent en 2010. La banque pourrait revoir  cette prévision à la hausse le mois prochain, étant donné les améliorations enregistrées au niveau de  la situation sécuritaire, la reprise récente des exportations manufacturières et une saison agricole prometteuse.

Toutefois, la situation aussi bien économique que sociale demeure fragile. La situation sécuritaire est tendue, les flux  touristiques ont baissé, il y a des grèves et le chômage est élevé, aux alentours de 14 pour cent.
Le gouverneur de la BCT a, en outre, souligné que les  ressources  du pays arrivent à leur limite suite à l’afflux de réfugiés en provenance de Libye depuis l’intervention internationale en mars.

« Le paramètre  libyen est énorme, dit-il. « Nous n’avons pas tranché cette question, c’est le G-8 qui a décidé d’aller en guerre en Libye, mais nous en supportons le coût et nous n’avons pas vu venir le  genre de soutien qui devrait nous venir en aide. »

Ce  coût se décline dans les échanges commerciaux et les  investissements perdus,  les économies libyenne et tunisienne étant étroitement liées par des  coentreprises et les transferts de fonds des travailleurs.

« Nous accueillons maintenant 80 000 Libyens qui ne vivent pas dans des camps, mais parmi le  peuple tunisien, a-t-il dit. «Ils sont logés, nourris, scolarisés et soignés, et cela représente un coût énorme. »

La semaine dernière, les dirigeants du Groupe des Huit grandes économies, réunis à Deauville, en France, ont promis 20 milliards de dollars pour l’Egypte et la Tunisie. La Banque mondiale, la Banque africaine de développement et les pays européens ont déjà offert 1,5 milliard de dollars. Kamel Nabli a déclaré que la Tunisie aurait besoin d’environ 3 milliards de dollars à 4 milliards de dollars en financements extérieurs  et d’autant pour les prochaines années, pour couvrir ses dettes et le déficit du compte courant.

Ultérieurement,  la Tunisie sera de retour sur le marché obligataire international, bien que la baisse récente de ses notes souveraines rende cette sortie potentiellement coûteuse. En Janvier, pendant les troubles, Moody’s Investors Service a abaissé sa note de la dette en devises d’un cran à Baa3, le grade d’investissement le plus bas. En mars, Standard & Poor’s et Fitch lui ont emboîté le pas.

 «Au regard de ces notes,  nous ne sommes pas très désireux de sortir sur le marché, même si nos marges de crédit (spreads) ont baissé au cours des dernières semaines », a-t-il  déclaré ajoutant : « Nous avons le potentiel pour revenir, mais nous allons attendre, nous aimerions le voir se situer à un niveau plus bas. »

 « Bien que la transition vers la démocratie puisse  bien améliorer la confiance sur  le long terme, les troubles politiques ont assombri les perspectives à court terme pour l’économie, les finances publiques et le système financier, » a noté Charles Seville, directeur  de Fitch.

Le gouverneur de l’Institut d’émission  a déclaré qu’une émission obligataire en 2012 était beaucoup plus probable qu’en 2011. « Je pense que nous  pouvons gérer cette année avec les différentes sources de financement dont nous disposons. »

Entretemps, la chasse aux biens pillés par l’ex-dictateur Zine al-Abidine Ben Ali prendra un certain temps, prévoit  la banque centrale. Selon certaines estimations faites en Tunisie, 30 à 40 pour cent de l’économie tunisienne étaient contrôlés par la famille du président déchu  et celle de son épouse, Leila Trabelsi, avec des actifs disséminés partout  dans le monde.

« Un processus judiciaire suit actuellement son cours», a-t-il dit. « Des requêtes ont été faites et  il y a eu gel des avoirs en Europe et ailleurs ; nous sommes en  train d’activer le processus, nous travaillons avec la Banque mondiale et différents partenaires. »

« Personne n’a vraiment une idée » exactement combien d’argent a été pillé, a-t-il ajouté. « Beaucoup de chiffres circulent. »

Kamel Nabli a affirmé  que sa priorité porte sur  le renforcement du  système bancaire, composé de  plus de 20 banques. « Il ya un consensus selon lequel il doit y avoir une restructuration, mais je ne pense pas que  l’on puisse la faire pour le moment. Nous allons nous y atteler à mesure que nous avançons. « 
Il y aura également un certain nombre de privatisations simultanément avec la récupération des biens et la restructuration des entreprises.

La bourse, après avoir fermé durant plusieurs jours pendant les troubles, est maintenant ouverte au public. En mai, Telnet, un groupe de technologies de l’information, cotée à la bourse, a effectué la première introduction en bourse par une société de technologie dans le pays. Cependant, depuis le début de l’année jusqu’à ce jour, l’indice de la Bourse de Tunis est en baisse de 19 pour cent. « La transition se passe relativement bien», a affirmé Kamel  Nabli. «Nous aimerions que les gens soient  confiants, cela va dans la bonne direction. C’est un bon investissement dans la démocratie. « 

Avec le New York Times

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