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Néji Djelloul,

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Dans une interview accordée à Africanmanager

Dans une interview accordée à Africanmanager, le politologue et universitaire spécialiste des mouvements islamistes contemporains, Néji Djelloul a déclaré que le mouvement Ennahdha est une partie des frères musulmans et son président Rached Ghannouchi aurait rompu avec les djihadistes après l’attaque de l’ambassade américaine en Tunisie, l’appelant cependant à se débarrasser carrément des Salafistes.

Il a reconnu qu’Ennahdha a procédé à des révisons idéologiques douloureuses, mais courageuses en abandonnant les chimères du Califat et de la Charia.

Evoquant le terrorisme, le politologue a souligné que la misère et l’exclusion, conjuguées à la fragilité des institutions étatiques sont, par contre, des facteurs aggravant l’installation du terrorisme en Tunisie. Interview :

Quelle est la relation entre Ennahda et les Frères musulmans ?

Dès sa fondation, en 1973, la Djama’a islamique de Tunisie faisait partie de la nébuleuse des Frères musulmans. La même année, son vice-émir prêta serment d’allégeance au morched égyptien Hasan al-Fudhayli, renouvelé à nouveau en 1981, au temps de morched Omar Tlemçani, après la création du mouvement de la tendance islamique (M.T.I.). Cette appartenance à l’organisation mondiale des Frères musulmans est confirmée par Hamadi Jebali qui, dans une interview accordée à Réalités le 17 février 2011, déclara : « Nous faisons partie du mouvement des Frères musulmans et on y est encore d’une certaine manière. Nous avons participé avec d’autres à faire évoluer sensiblement le mouvement ».

A quel point peut-on croire qu’Ennahdha est en train d’instaurer en Tunisie un islam modéré et non extrémiste… ?

Ennahdha est fondamentalement un parti islamiste conservateur avec une orientation modérée, d’où ce double discours conciliant à la télévision et des prêches incendiaires destinées à la base dans les mosquées. Après l’attaque de l’ambassade américaine, Ghannouchi semble avoir rompu avec les djihadistes et se rapprocher du modèle turc. Mais pour devenir un acteur durable de la scène politique tunisienne, Ennahdha doit tôt ou tard se débarrasser de son aile salafiste.

Est-ce qu’on peut parler aujourd’hui d’un Etat républicain et démocratique, avec un pouvoir majoré par Ennahdha ?

Ennahdha a procédé à des révisons idéologiques douloureuses, mais courageuses en abandonnant les chimères du Califat et de la Charia. Mais pour fonder une véritable République démocratique, il faut que ce parti cesse de saper les fondements de l’Etat jacobin en créant, à travers les waqf (s) et les associations religieuses et caritatives, une société civile parallèle sur le modèle mamelouk égyptien, surtout qu’un grand nombre d’associations est plus au moins lié à la nébuleuse des Frères musulmans.

Le mouvement Ennahda peut-il facilement réussir à imposer ses lois en Tunisie

Ennahda est sociologiquement minoritaire en Tunisie, son idéologie est rejetée par une majorité de Tunisiens. Elle profite, cependant, largement de l’effritement et de l’éclatement du camp démocrate et moderniste. Sans l’union sacrée de tous les démocrates, le parti de Ghannouchi peut remporter les prochaines élections et profiter de ce succès pour changer durablement les fondements de notre société.

Le terrorisme ne cessant de trouver de la place en Tunisie, quels sont les facteurs qui nourrissent ce fléau, selon vous. Est-ce la pauvreté comme certains le pensent ?

La misère n’engendre pas automatiquement le terrorisme, sinon des pays comme le Brésil ou l’Inde seraient les plus grands exportateurs de terroristes. Au contraire, les monarchies du Golfe sont une terre d’élection du djihadisme qui est avant tout une idéologie. La misère et l’exclusion, conjuguées à la fragilité des institutions étatiques sont, par contre, des facteurs aggravants.

A quel point peut-on accuser Ennahdha d’être derrière l’avènement du terrorisme en Tunisie.

Le djihadisme est marquée par la pensée de Sayid Qotd, l’idéologue des Frères Musulmans. Les fondateurs d’Al-Qaida sont aussi d’anciens Frères musulmans. Il y a donc une parenté idéologique évidente entre les deux courants de l’islamisme. En Tunisie, Ennahdha a certes rompu avec son passé violent, mais une part importante de responsabilité dans le développement de ce fléau revient à ce parti qui, durant ces deux années de règne, a laissé faire au nom de la « solidarité » chère à Rached Ghannouchi. De même, une frange non négligeable de la base d’Ennahdha, qui a ses porte-parole au sein de l’instance dirigeante du parti se reconnaît dans le discours et la violence salafiste.

Khadija Taboubi

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