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Des rebelles ont fait exploser une installation offshore du groupe pétrolier américain Chevron près de Warri, dans l’État du Delta, dans le sud du Nigeria.

L’agence AFP a rapporté que la Marine nationale nigériane a annoncé, vendredi 6 mai, qu’un groupe rebelle, jusqu’ici non identifié, ont fait exploser une installation offshore du groupe pétrolier américain Chevron dans le delta du Niger, au sud du Nigeria.

Outre celle d’hier, les attaques contre les installations pétrolières, rappelle la même source, sont en hausse au Nigeria depuis que les autorités ont ordonné, en janvier, l’arrestation de l’ancien chef rebelle Tompolo pour corruption, laissant craindre une nouvelle flambée de violences dans cette région d’où provient la quasi-totalité du pétrole du premier producteur d’Afrique.

« L’installation Chevron a été attaquée mercredi soir » au large de la ville de Warri, dans l’Etat de Delta, a déclaré vendredi à l’AFP le porte-parole de la Marine Chris Ezekobe. « Des rebelles ont utilisé des explosifs pour faire sauter la plateforme Okan, une installation qui sert à la collecte du pétrole et du gaz destinés au terminal Escravos », a-t-il ajouté.

Ce responsable ignore combien de personnes se trouvaient sur la plateforme au moment de l’explosion qui n’a fait, selon lui, aucune victime.

« Nous ne pouvons cependant pas exclure l’implication d’anciens chefs rebelles, dont Tompolo, actuellement recherché et poursuivi pour fraude », a-t-il toutefois nuancé. AFP

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La plus grande fuite de documents dans l’histoire, la « fuite du siècle » c’est en ces termes qu’est  décrite la fuite des documents de la compagnie Mossack Fonseca, derrière  l’affaire Panama Papers ou Panamaleaks, comme préfèrent l’appeler certains. Des dizaines de personnalités politiques, dont de nombreux actuels et anciens chefs d’État sont impliqués.

Certains se sont réjouis de la fuite, dont le président français François Hollande qui est allé même à offrir la protection aux personnes l’ayant réalisée, alors que bien d’autres ont parlé de complot comme c’est le cas de la  Russie dont le président Vladimir Poutine est listé avec une affaire de 2 milliards de dollars par le biais de ses proches amis.

La région de l’Afrique du Nord n’a pas été épargnée par ce tsunami de documents, dont le nombre est estimé à 11,5 millions.

La Tunisie :

4 entreprises, 3 personnes, 25 actionnaires. C’est  tout ce que l’on sait pour l’heure des  documents déjà traités. Ceci dit, le site Inkyfada parle de l’implication de dizaines de personnalités de nationalité tunisienne : des avocats, des politiciens, des fonctionnaires ou encore le propriétaire d’un media.

Le rédacteur en chef du site appartenant à l’ONG Alkhatt affirme disposer d’une copie des documents fuités, et promet de publier les  noms des personnes et des sociétés ce lundi soir.

Reste à rappeler ce que dit la loi tunisienne à propos de détention de fonds ou d’entreprises à l’étranger. Voici le texte de la disposition y afférente  :

Tout tunisien ayant sa résidence habituelle en Tunisie, toute personne morale tunisienne ainsi que toute personne morale étrangère pour ses établissements en Tunisie est tenu de déclarer à la Banque Centrale de Tunisie tous ses avoirs à l’étranger dans un délai de six mois à compter de la date de promulgation du présent Code, ou de leur acquisition quand celle-ci est postérieure à la date de promulgation du présent Code.
Toutefois, lorsque les avoirs à déclarer par une même personne ne dépassent pas un montant à fixer par décret, leur propriétaire est dispensé de la déclaration prescrite.
L’obligation de déclaration incombe, soit au propriétaire des avoirs à déclarer soit à toute personne en Tunisie ayant reçu mandat de gestion à un titre quelconque. Ces personnes sont solidairement responsables de l’exécution de cette obligation.
Les propriétaires d’avoirs conservés à l’étranger pour leur compte par des intermédiaires agréés en Tunisie ne sont pas tenus de les déclarer.

L’interprétation de ce texte de loi reste à discuter. Selon Inkyfada, les Tunisiens impliqués auraient contacté et eu des échanges avec la société Mossack Fonseca alors qu’ils résidaient en Tunisie. Un avocat d’affaires tunisien avait été contacté par des organismes maltais semblables à Mossack Fonesca pour lui proposer des services de création de sociétés offshore dans des paradis fiscaux pour ses clients, toujours selon Inkyfada.

L’Algérie :

C’est Abdessalem Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines et membre du Parlement algérien, qui est listé parmi les personnalités dévoilées par Panama Papers, en attendant que d’autres noms soient annoncés.

Bouchouareb, qui a également occupé la fonction du Directeur de Communication du président algérien Abdelaziz Bouteflika, s’est avéré être le propriétaire de la compagnie Royal Arrival Corp, une société  panaméenne fondée en avril 2015, et via laquelle il possède un compte bancaire suisse à la NBAD Private Bank SA. Le ministre gérait ce business via la Compagnie d’Etude et de Conseil (CEC), une compagnie luxembourgeoise.

La CEC a indiqué que la Royal Arrival Corp. travaille dans la représentation commerciale et le négoce, les contrats commerciaux, les travaux publics et le transport maritime en Turquie, au Royaume-Uni et en Turquie, dans un email envoyé à la Mossack Fonseca, source de la fuite qui secoue la planète.

Selon le site du Consortium International des Journalistes d’Investigation, une firme financière du Luxembourg qui avait pris en charge la création de la compagnie pour  Bouchouareb a confirmé l’information et a indiqué qu’elle « a été constituée en toute transparence ». Et d’ajouter : « nous avons, suite à son accord, décidé de reporter l’activité de la compagnie et l’ouverture de son compte bancaire à Genève ». « Mr. Bouchouareb nous a demandé de geler l’activité de la compagnie durant son mandat public ».

Le Maroc :

L’homme d’affaires Mounir Majidi, ayant reçu son MBA de la Pace University à New York, est devenu le secrétaire personnel et bras droit du roi Mohamed VI en 2000. Deux ans plus tard, il est nommé par le Roi à la tête de la SIGER, une holding qui détient les parts de la famille royale dans différentes affaires dans le secteur minier, mais aussi ceux de l’agriculture et  des télécommunications. Mounir Majidi est également à la tête d’une ONG, Maroc Cultures, qui organise chaque année le fameux festival musical Mawazine à Rabat.

Dans les échanges et les documents de Mossack Fonesca, une compagnie implantée aux Iles vierges Britanniques  aurait été utilisée pour l’acquisition d’un grand voilier de luxe construit en 1930 pour le compte et l’usage du roi Mohamed VI. En mars 2006, Majidi est décideur et gérant de la société SMCD Limited, une compagnie implantée aux British Virgin Islands qui aurait été utilisée pour acquérir ce grand voilier de luxe, baptisé  « Aquarius W ». Le navire a été enregistré au Maroc dès la conclusion de la vente.

Cette même SMCD a été utilisée pour fournir un crédit pour une fin inconnue à une société luxembourgeoise, Logimed Investments CO. SARL. SMCD Limited a par la suite été liquidée, en 2013.

Majidi était aussi l’administrateur d’une compagnie luxembourgeoise appelée Orion S.A., qui a emprunté 42 millions de dollars auprès d’une entreprise liée à Mossack Fonesca en 2003, dans l’objectif d’acquérir et de rénover un appartement de luxe à Paris. Le propriétaire et la compagnie qui a prêté l’argent reste inconnu.

L’avocat de Majidi a défendu son client indiquant que les deux compagnies ont été créées dans le strict respect des lois, et que leur existence n’est pas un secret, puisqu’elles figurent dans les registres publics.

L’Egypte :

C’est le nom de Alaa Mubarak, fils du président égyptien déchu Hosni Moubarak, qui est listé pour représenter l’Égypte dans cette première vague de fuites. Avec son frère Jamal, ils ont été condamnés à trois ans de prison en 2015 pour avoir gaspillé des millions de dollars de l’argent public pour financer la rénovation de plusieurs palais. Ils ont été libérés en octobre 2015.

Selon les Panama Papers, Alaa détenait une compagnie aux Iles vierges Britanniques, nommée Pan World Investments Inc. gérée par le Crédit Suisse. En 2011, lorsque Hosni Moubarak a laissé le pouvoir, les autorités des Iles vierges Britanniques ont demandé à Mossack Fonesca de geler les comptes de la compagnie en question, pour se conformer à la loi européenne. En 2013, Mossack Fonesca a dû payer une amende de 37 500 dollars pour ne pas avoir bien vérifié l’identité de Alaa Mubarak, un client considéré à haut risque.

Davantage de détails sur le compte en Suisse lié à la compagnie pourraient filtrer, mais ce que l’on sait actuellement est que le gouvernement Suisse a également gelé un compte lié à l’entreprise du Alaa.

Jusqu’à l’heure de la publication de cet article, aucun des pays concernés n’a réagi ou commenté  les faits dévoilés.

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