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Dès l’annonce des premiers résultats des élections du 23 octobre dernier, la PDP de Néjib Chebbi s’est publiquement positionné dans l’opposition. Le deuxième parti à le faire tout récemment a été Afek Tounes. Théoriquement donc, la Tunisie aura  trois partis au pouvoir et une flopée de partis dans  l’opposition. Sans opposition, point de démocratie. Le seul geste d’opposition, symbolique, a été fait, mardi dernier, par Maya Jribi. Concrètement, ce qui pourrait être une opposition au pouvoir en place en Tunisie et à propos duquel la Secrétaire Générale du PDP a dit, mercredi, à la Radio nationale tunisienne, que «c’est une coalition qui ne répond pas aux aspirations du peuple», reste structurellement fragmentée et idéologiquement dispersée. Elle ne sait déjà pas si elle doit pratiquer  l’opposition passive ou active, comme elle ne sait pas encore à quoi elle va faire opposition.

Devant elle, en effet, il y a essentiellement un parti, Ennahdha, hégémonique, qui a l’appui du «petit peuple» qui y voit l’incarnation de sa religion et de l’occident qui y voit le moyen de faire l’expérience «in vitro» d’un nouveau système politique qu’il pourrait transposer ou au moins conseiller au monde arabe en ébullition. Un parti, Ennahdha, qui donne la preuve par la parole  de son ouverture et qui accepterait même la liberté de la femme, le bikini et les boissons alcoolisées. En face de ce parti islamiste, une opposition en devenir qui ne veut pas encore se convaincre de la langue fourchue et du double discours de ses dirigeants. Cette opposition en devenir n’arrive pas toujours à sortir de ses bureaux, à aller sur le terrain, dans les petits bleds et les bourgs où Ennahdha a pu aisément mobiliser les troupes contre eux, à tenir meetings et séminaires d’information et de sensibilisation sur les vrais desseins d’Ennahdha qu’elle connaît très bien sans vouloir y croire, sur leur projet de société, sur ses programmes économiques et sa vision d’un Etat, laïc tout en respectant l’essence religieuse du peuple.

Le premier acte de cette opposition en devenir devrait pourtant se faire sur le budget économique et la loi de finances qui détermineront l’issue de cette seconde période transitoire et détermineront aussi la réussite ou l’échec de la coalition gouvernante. Ces deux documents, le budget et la loi de finances, restent cependant toujours du domaine du secret d’Etat et aucun parti d’opposition ne les a encore reçus et ne les a encore moins demandés. Cela a été confirmé, ce mercredi 23 novembre 2011, à la Radio nationale, par des représentants d’Ettajdid et d’Afek Tounes. Toute proposition commence, cependant, par la prise de connaissance de ce qui existe. Personne, à part peut-être Ennahdha, ne sait rien à ce propos.

Le second acte de l’opposition devrait ensuite porter, à notre sens, sur la gestion de la situation économique et sociale qui prévaut actuellement en Tunisie et qui nourrit toujours le mécontentement du peuple. Pouvoir en place et opposition devront alors se mettre d’accord, soit sur une gestion politique et sociale du dossier économique, soit sur une gestion économique qui maintienne l’outil de production et consolide ses réalisation, en matière surtout d’exportation des biens et des services.

Le dernier acte de cette opposition, et pas dans le sens péjoratif et négatif, devrait porter, à notre sens toujours, sur la question des ressources financières, et plus précisément l’endettement. Face à face, pouvoir désormais en place et opposition devront s’entendre et peut-être s’affronter sur la manière de pourvoir la Tunisie en moyens financiers qui doivent mettre le pays en état  de répondre aux attentes du peuple et de la Révolution, en termes de chômage, d’emplois additionnels, de croissance, de création de la richesse à répartir entre les classes et les régions, notamment. Pouvoir et opposition doivent se mettre d’accord pour décider si la Tunisie doit ou ne doit plus s’endetter. Et si elle le fait, serait-ce pour octroyer aides sociales et indemnités ou pour renforcer l’outil de production, pour débourser de nouveau les 500 MDT donnés aux chômeurs de l’initiative … ou pour donner les moyens aux jeunes diplômés de créer leurs propres entreprises et créer ainsi de nouveaux emplois ? En un mot, devenir une opposition de l’intérêt national.

Pour cela, la centaine de partis en dehors du pouvoir, dans et en dehors de la Constituante, doivent d’abord cesser leurs querelles partisanes, s’entendre sur l’intérêt national du pays qu’ils voudraient tous gouverner et faire front uni contre le triumvirat qui a pris ses quartiers dans les deux pouvoirs, législatif et exécutif. Pour l’instant, ils semblent à des années-lumière de tout cela.

K. Boumiza

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