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La Chambre Syndicale des Sociétés de Distribution de Carburants relevant de l’UTICA, la Chambre Syndicale Nationale des Gérants et des Propriétaires des Stations-services, toutes les deux affiliées à la Fédération Nationale de la Chimie, ont tiré la sonnette d’alarme suite aux pertes considérables causées par la contrebande de carburant.

Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi 6 décembre 2016, les professionnels ont exigé la mise en place d’une stratégie nationale visant à appliquer la loi et à éradiquer ce fléau préoccupant.

Par la voix de son président, la Fédération Nationale de la Chimie a justifié cet appel par la recrudescence du commerce illégal des carburants qui a pris, ces dernières années, une ampleur sans précédent puisque les bidons d’essence frelatée se vendent non seulement dans les zones frontalières, mais aussi dans le Grand Tunis au bord des routes. Chose qui a impacté considérablement les sociétés pétrolières.

« Aujourd’hui, on a plus que jamais besoin d’une stratégie nationale qui devrait impliquer tous les intervenants de manière à faire face ce phénomène préoccupant », a estimé Lotfi Hamrouni.

Un grand rôle à jouer par le gouvernement

Pour l’ensemble des acteurs, le gouvernement devrait passer à l’offensive pour éliminer ce fléau, tout en améliorant les conditions de vie des populations vivant dans les zones intérieures, notamment les plus démunies.

« L’application d’une politique gouvernementale efficace et engagée dans la lutte contre la contrebande, l’atténuation des écarts de prix avec les pays frontaliers et la réforme de l’ensemble du secteur de la distribution des carburants sont des mesures nécessaires pour mettre un terme au marché parallèle », a estimé le secrétaire général du groupement professionnel des sociétés pétrolières, Hammadi Khemiri.

C’est important dans la mesure où les acteurs du marché légal de carburant ont enregistré une régression en 2015 atteignant 45%, sans oublier les risques sur les emplois, le développement du secteur et ses perspectives. D’où l’urgence d’une aide de l’Etat pour reconquérir les parts de marché et limiter le développement de ce marché parallèle qui cause d’énormes pertes.

Un territoire colonisé par les barrons

Le directeur de Sigma Conseil, Hassen Zargouni a, à cette occasion, essayé de décortiquer la situation, affirmant que le marché parallèle de carburant se développe essentiellement parce qu’il présente des réponses à des  » insights » importants chez les habitants des régions frontalières, du sud et du centre.

« Il s’agit d’un marché à plusieurs intervenants et mécanisme bien organisé», a dit le directeur de Sigma Conseils, faisant avoir que le territoire tunisien est presque colonisé par les barrons, ce qui le rend difficile à contrôler. Il a affirmé que des parties au sein de l’appareil d’Etat sont impliqués dans la contrebande de carburant.

Et d’alerter : « L’ampleur prise par le phénomène, qui a atteint 30% du volume de carburant distribué par le circuit officiel, prouve l’existence d’un système ramifié et structuré et de véritables réseaux de contrebandiers. Chose qui a beaucoup encouragé l’évolution de cette activité englobant près de 20 mille personnes et ce, à cause de la passivité de l’Etat qui continue de fermer les yeux pour des raisons multiples ».

Il est clair que la principale raison de la floraison du phénomène n’est pas le laisser-aller sécuritaire, elle est aussi économique et sociale. En effet, les régions concernées sont conscientes des risques liés à cette activité, mais elles ont mis en place les mesures nécessaires pour les gérer. Car il s’agit d’un gagne-pain pour des revendeurs sans emploi et sans ressources.

Le facteur prix !!

L’enjeu est considérable en matière de profit financier et commercial puisque le carburant coûte en Tunisie 1,650dt le litre ; la différence est énorme avec un écart de 700 millimes sur le prix du litre entre le carburant légal et celui de contrebande, ce qui incite les consommateurs tunisiens à se tourner vers ce marché illégal. Cela laisse une marge bénéficiaire très large aux contrebandiers aux dépens de l’économie formelle et transparente.

D’après une étude présentée par Zargouni sur « le marché parallèle du carburant », plus de 65% des Tunisiens consomment le carburant de contrebande pour la différence de prix entre les deux marchés, même s’ils sont conscients des risques, en particulier ceux liés à la qualité du carburant.

L’étude explique que l’orientation des consommateurs vers la vente clandestine a un impact négatif sur l’économie tunisienne, puisqu’elle prive le pays d’un volume important de revenus fiscaux. Chiffre à l’appui, un million de mètres cubes de carburant sont commercialisés par le marché parallèle, engendrant ainsi des pertes de l’ordre de 500 millions de dinars annuellement.

C’est problématique pour un pays miné par le chômage et la misère, et qui fait face à d’énormes défis, à commencer par le déséquilibre financier et budgétaire de l’Etat.

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La société Carthage Cement va un peu mieux, à en croire les états financiers intermédiaires, clôturés au 30 juin 2016. Le bilan semestriel fait état d’un résultat net de la période déficitaire de 8,686 millions de dinars (MD), alors que l’an dernier au premier semestre, la société avait enregistré une perte nette de 25,687 MD.

Les revenus semestriels du cimentier sont en hausse, 109,7 MD contre 90,6 MD en 2015, soit une évolution de 21%.

Par contre c’est pas brillant au niveau des charges d’exploitation, qui se sont établies à 113,3 MD au terme des six premiers mois de 2016, contre 101 MD à fin juin de l’an dernier. C’est une hausse de 12,2% sur ce poste de dépense qui impacte directement le résultat de la société.

Le résultat d’exploitation semestriel affiche un excédent de 6,9 MD contre un trou de 3,9 MD à fin juin 2015.

A signaler que Carthage Cement a eu une bonne surprise cette année : Une économie de 8,229 MD du fait du renoncement des constructeurs de la cimenterie (groupement FLSMIDTH, EKON et PROKON) à une partie de leurs prêts…

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En Chine Apple et Samsung ne font plus la loi sur le marché des smartphones, c’est fini cette époque. A présent ce sont des marques locales qui règnent. Vous n’avez peut-être jamais entendu parler d’Oppo ou Vivo, pourtant ce sont les nouveaux maitres du marché chinois des téléphones, et peut-être demain, qui sait, les nouveaux rois à l’échelle de la planète.

Le nouvel iPhone 7 n’a pas pu changer la donne pour Apple, le géant américain a le plus grand mal à remettre la main sur ses parts de marché en Chine, idem pour le mastodonte sud-coréen. Au premier semestre de cette année, Apple et Samsung ont dégringolé jusqu’aux cinquième et sixième places sur le marché chinois des smartphones, d’après le cabinet Canalys. Maintenant c’est le ténor chinois Huawei qui trône en haut du classement, avec 16% du marché – il va désormais mettre le cap sur les Etats-Unis et l’Europe. Puis en deuxième position apparaissent les deux illustres inconnus, Vivo et Oppo (13% chacun), ensuite au troisième rang le précurseur local des objets connectés, Xiaomi (12%).

« Apple fait face à des difficultés colossales », avec des challengers chinois qui « ont développé leur offre vers le moyen et haut-de-gamme et proposent leurs propres produits-phares », confie à l’AFP Jessie Ding, de Canalys.
Certes l’iPhone 7 présente de meilleures capacités photo, n’a pas de prise « jack », mais elle n’a pas « d’innovations saisissantes », ajoute-t-elle, indiquant que « l’objectif photo à double lentille » équipait déjà le dernier modèle de Huawei sorti il y a six mois. En plus l’iPhone sera handicapé par l’absence de chargement sans fil.

Pour autant, Apple continue de nourrir l’espoir de reprendre du poil de la bête en Chine, où les ventes de ses smartphones ont chuté de 32% sur un an au deuxième trimestre, même tendance pour la part de marché qui a affiché -7,8%, contre 12% l’an dernier, d’après le cabinet IDC.

Ce n’est guère mieux pour Samsung, qui « avait pour objectif de sortir des modèles perfectionnés susceptibles d’éclipser la concurrence », confie à l’AFP Neil Mawston, expert de Strategy Analytics. Le scandale planétaire autour du Galaxy Note 7, à cause des risques d’explosion de la batterie, ne va pas arranger les choses…

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Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le nouveau secrétaire d’Etat chargé des Mines, Hachem Hmidi, a déclaré qu’on se cachait toujours derrière les sit-in, les mouvements sauvages, mais le secteur du phosphate est confronté à d’autres difficultés qui sont d’ordre structurel.

Le responsable n’a épargné aucun effort pour dévoiler son plan d’action, affirmant qu’un bon diagnostic demeure utile pour dresser l’état des lieux du secteur et fixer par la suite les réformes devant aider à surmonter la situation difficile. Interview :

Avec la poursuite des mouvements de protestation, qu’en est-il de la filière du phosphate?

La production et la transformation du phosphate constituent l’un des principaux revenus du pays, avec le tourisme. En effet, le secteur du phosphate occupe une place importante dans l’économie tunisienne, tant au niveau de l’emploi qu’au niveau de la balance commerciale.

La Tunisie était rangée au cinquième rang des producteurs mondiaux jusqu’en 2010 (4% du PIB du pays, 10% des exportations), ce qui a permis de constituer l’une des principales ressources en devises, l’équivalent de trois milliards de dinars. Avec ces performances, la CPG (Compagnie des phosphates de Gafsa) et le GCT (Groupe chimique tunisien) ont réussi à enregistrer des bénéficies de l’ordre de 800 millions de dinars. Mais depuis la révolution, le secteur s’est trouvé face à des difficultés majeures.

Des difficultés se sont traduites par un fort ralentissement du rythme de la production. Chiffre à l’appui, la moyenne de la production de phosphate est passée de 8 million de tonnes à environ 3.2 millions de tonnes durant les cinq dernières années. Et voilà, on est face à un secteur qui n’a pas pu fonctionner qu’à 40% de sa capacité.

Et pour cette année ?

En dépit de cette situation, on reste optimiste et avec l’aide de toutes les parties, la production pourrait dépasser les 4 millions de tonnes, notamment avec la reprise de l’activité des unités de production de Metlaoui (60%) et Mdhila (40%). Avec cette bonne nouvelle, le niveau de production général de la société est estimé actuellement à 80%.

Mais depuis cinq ans, ce secteur bat au rythme des revendications sociales et émet un signal alarmant. Qu’en pensez-vous ?

C’est vrai.. Les sit-in et les mouvements de protestation des sans-emploi ont paralysé l’activité de la compagnie. Les opérations de transformation et l’exportation des dérivés du phosphate ont été bloquées, ce qui a  causé des immenses pertes.

Cette situation est certes très difficile, mais il faut avouer que la compagnie fait face à des problèmes structurels.

Pouvez-vous nous en parler ?

Cela n’a jamais été évoqué, on se cachait toujours derrière les sit-in, les mouvements sauvages, mais on est confronté à d’autres problèmes d’ordre structurel.

Le premier problème concerne le transport du phosphate à l’intérieur des sites de production vu l’interdiction de la sous-traitance. Avant la révolution, des sociétés de sous-traitance, rappelle-t-on, étaient chargées d’assurer le transport du produit brut entre les carrières et les laveries destinées au traitement du minerai.

L’interdiction de l’activité de ces sociétés dont le nombre s’élève à 10 a créé un dysfonctionnement immédiat. La CPG s’est trouvée obligée de réintégrer les sous-traitants tout en vendant le matériel de ces sociétés.. Or, cette décision a eu des retombées néfastes et une nouvelle mission vient s’ajouter celle de la CPG, qui ne maitrise pas le métier du transport.

Cela a par conséquent engendré une pression sociale, surtout que l’effectif de la CPG a doublé.

Cela a aussi provoqué un autre dysfonctionnement au niveau du transport du phosphate vers les usines de Gabès, Skhira et Sfax, sur le littoral sud-est.

Avec la multiplication des mouvements de protestation et les sit-in, avec l’arrêt du transport du phosphate par voie ferrée, la compagnie a recouru au transport par camions. Or, cette solution est jugée couteuse et elle était considérée comme une charge supplémentaire pour la CPG.

Faut-il indiquer que la moyenne pour le transport d’une tonne de phosphate par camions est estimée à 21dt contre 6.5dt seulement par voie ferrée, ce qui a creusé davantage le déficit du résultat de la CPG.

Comment expliquez-vous  tout cela ?

Les problèmes sont dus aux difficultés endogènes à la SNCFT pour insuffisance de moyens matériels et de personnel, ce qui ne permet guère d’assurer le transport du  phosphate. D’ailleurs, le nombre de trains chargés d’accomplir cette mission a régressé passant de 28 avant la révolution à 11 au cours de ces dernières années. Cela peut s’expliquer par la situation financière de la SNCFT, qui est incapable d’améliorer son réseau hérité des Français.

S’y ajoute le facteur aggravant de l’insécurité due aux blocages occasionnés par les mouvements sociaux, souvent dans les bourgs se trouvant sur la voie ferrée vers Sfax et Gabès.

Parmi les autres problèmes, on évoque les carences de l’encadrement de nos responsables, lequel a enregistré une baisse de 4%. La CPG s’est trouvée face à un effectif inexpérimenté, d’autant plus qu’elle n’a pas pu gérer le flux des nouveaux recrutés estimés à 14 mille à la CPG et au GCT. La compagnie continue de recruter sans que pour autant les esprits ne se calment..

Mais dans ce cas précis, quel est votre plan d’action ?

La résolution de ces problèmes ne peut se faire qu’à travers une approche participative qui s’impose, nécessitant de parvenir à un consensus.

Partant de ce constat, une réunion a récemment eu lieu avec le ministre du Transport et les représentants de la CPG pour trouver une solution au problème du transport du phosphate.

Il a été décidé au cours de cette réunion de réviser à la hausse le tarif du transport du phosphate par voie ferrée pour le fixer à 20dt contre 6.5dt actuellement.

A ce titre, la SNCFT s’est engagée à mettre en place un programme de développement visant l’acquisition d’un nouveau matériel de maintenance et de nouvelles locomotives réservées à la traction des wagons de phosphate afin de mieux répondre aux besoins de la CPG.

C’est très important dans la mesure où on tente réaliser le transport de 11 millions de tonnes de phosphate en 2017.

De son côté, la CPG a décidé de faire une avance de l’ordre de 20 millions de dinars à ladite société pour qu’elle entame son programme de développement.

Pour résoudre le problème d’encadrement, on optera pour l’amélioration de nos programmes de formation. Ajoutons à cela le recrutement de cadres spécialisés.

Pour ce faire, un concours a été déjà lancé pour le recrutement de 261 hauts et moyens cadres. Ce dernier a été réalisé par l’Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT) et l’Institut des hautes études commerciales de Carthage (IHEC) afin de garantir toutes les conditions de transparence.

De même, un autre concours sera lancé prochainement pour le recrutement de 1700 agents spécialisés pour la CPG et 1700 pour le GCT

Parmi les autres solutions proposées, il y a l’activation du rôle de six sociétés d’environnement, plantation et jardinage relevant de la CPG et du GCT. Des sociétés qui comptent environ 12 mille personnes pour une masse salariale de 100 millions de dinars, sans pourtant contribuer à la relance économique.

Ces sociétés devraient s’orienter davantage vers le secteur agricole de manière à tirer profit de ces nouvelles recrues qui sont appelées à fournir un effort de plus et à réaliser les objectifs fixés à travers l’installation des sociétés d’environnement, plantation et jardinage.

Sur un autre plan, un bureau d’étude sera choisi pour dresser un diagnostic de l’état des lieux du secteur afin de fixer les réformes devant aider à surmonter la situation difficile.

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Depuis l’aube de la « Révolution du jasmin » qui a renversé il y a cinq ans  l’ancien président Ben Ali, les problèmes économiques et sociaux de la Tunisie n’ont pas été abordés d’une manière qui soit  à la hauteur des attentes de la population. Bien au contraire, l’économie fonctionne beaucoup plus lentement que prévu, et la majorité des Tunisiens estiment que la corruption a empiré au cours des dernières années. Alors que le gouvernement a du mal à relancer l’économie et  recueillir les fonds nécessaires pour investir dans les zones de l’intérieur, diverses études avancent  des chiffres alarmants sur les flux financiers illicites. Les effets acerbes de la  fuite des capitaux sur le développement économique méritent  l’attention du gouvernement tunisien.

Bien que la transition politique ait semblé prometteuse pour les Tunisiens, la croissance économique a été lente et en retard par rapport aux niveaux d’avant la révolution, suscitant, de surcroît, mécontentement, déception et frustration envers les huit gouvernements formés au cours des cinq dernières années. L’évolution de la perception de la corruption dans l’indice de Transparency International de ces dernières années, reflète le sentiment populaire de la corruption généralisée dans le pays.

181 dollars par habitant

Ces préoccupations sur la corruption et l’économie sont bien fondées. Le tout dernier   rapport de « Global Financial Integrity » (GFI), l’organisation spécialisée dans les flux financiers illicites, basée à Washington,  estime que les flux financiers illicites en provenance de Tunisie ont atteint plus de 2 milliards de dollars US en 2013, soit 181 $ par habitant. Une étude publiée  en 2012 par l’Université de politique l’Institut de recherche en économie politique (PERI) de l’université du Massachusetts-Amherst, estime la fuite des capitaux illicites de la Tunisie à  38,9 milliards $ au cours de la période 1960-2010, dont 33,9 milliards $ sous le régime Ben Ali. Ces sorties de fonds,  dues à la corruption, représentent une perte importante pour l’économie tunisienne.

La fausse facturation commerciale  représente la majorité des flux financiers illicites en Tunisie. GFI définit la fausse facturation comme la déclaration délibérément erronée de  la valeur d’une transaction à la Douane. Cette activité criminelle prend différentes formes. Les particuliers et les entreprises établissent de fausses factures au niveau  des importations et des exportations selon leurs motivations. A titre d’exemple, une société tunisienne qui importe des circuits électriques de la France, d’une valeur de 1 million de dollars,   pourrait déclarer une valeur de marchandises de 1,5 million $ aux autorités douanières tunisiennes. Tout en payant 1 million $ à l’exportateur français, l’importateur tunisien déplace illégalement 500 millions $ à un compte offshore en France. En outre, un exportateur tunisien d’huile d’olive pourrait sous-évaluer la quantité de la marchandise ou  facturer la marchandise sous une différente référence  d’huile d’olive de moindre valeur. L’entreprise pourrait dès lors  passer illégalement de l’argent vers  la destination de provenance de l’importation – les États-Unis à titre d’exemple. L’importateur américain transférerait le montant déclaré au compte tunisien et place la différence dans un compte non divulgué aux États-Unis.

Fuite des capitaux et blanchiment de la corruption

Divers facteurs influent sur les mobiles derrière les  flux financiers illicites en Tunisie. L’un d’eux est  peut – être d’éviter les contrôles stricts  des capitaux : la mobilité des capitaux est très limitée et les citoyens tunisiens résidant en Tunisie sont tenus de rapatrier tous les actifs placés à l’étranger. Les investisseurs et les entreprises qui veulent court-circuiter les restrictions sur les capitaux pourraient surfacturer les opérations d’importation ou sous-facturer les  opérations d’exportation  afin de transférer subrepticement l’argent dans un autre pays. Une autre incitation pour les flux financiers illicites est l’évasion fiscale. Les entreprises sous-déclarent les  factures d’importation, s’acquittant ainsi de moins de droits de douane à l’importation et de TVA.

De même, bénéficier de nouvelles incitations fiscales accordées  pour certains produits par   la législation tunisienne peut entraîner la sur-déclaration des opérations d’exportation. Enfin, certains flux financiers illicites peuvent être motivés par le blanchiment des  produits de la corruption ou par le financement du terrorisme. Agglomérant le produit des activités légales et illégales, les entreprises tunisiennes sont en mesure d’utiliser les mêmes techniques de fausse facturation des transactions commerciales mentionnées pour transférer de l’argent à l’étranger et dissimuler l’origine des fonds.

Autant que le taux des bons de Trésor US

Les sorties illicites de fonds causent des pertes monumentales, ce qui met à mal les recettes publiques qui auraient pu être investies dans des réformes de croissance axées sur des projets d’investissement social, en aidant le pays à éviter le fardeau de la dette massive. Le rapport PERI, qui estime le taux de rendement des sorties illicites de fonds à l’équivalent du taux des bons de Trésor américain, souligne que le total des pertes combinées en Afrique du Nord a dépassé celui des passifs extérieurs de la région et l’aide publique au développement cumulée  pendant la période 1970-2010. La réduction des flux financiers illicites et l’institutionnalisation d’un système commercial transparent pourraient sauver la dette inutile du pays et augmenter son budget avec des fonds de développement supplémentaires.

Le gouvernement tunisien démocratiquement élu a la légitimité de tirer parti de l’actuel processus de transition politique et de  réforme pour mettre en œuvre des politiques destinées à stopper l’hémorragie. Investir dans la recherche universitaire sur l’ampleur et les raisons économiques derrière la fuite des capitaux en Tunisie devrait être une priorité. Déterminer l’impact des prix soumis à tarif sur l’évasion fiscale est un pas dans la bonne direction. Le gouvernement devrait également engager des réformes importantes pour renforcer les pouvoirs de la Douane en matière de  blanchiment d’argent par voie commerciale. La technologie moderne peut aider à résoudre le problème. Par exemple, l’accès en temps réel aux données sur la valeur de la plupart des produits pourrait être utilisé pour une analyse des risques de la fausse facturation au niveau de l’importation et de l’exportation. En l’absence d’une base de données exhaustive de ce genre mise à la disposition des agents, les criminels peuvent facilement manipuler les factures pour servir leurs fins illicites.

Dans sa première apparition publique, le nouveau chef du gouvernement, Youssef Chahed, a déclaré que la lutte contre la corruption fait partie de ses priorités. Le succès du nouveau gouvernement dépend en grande partie de  sa capacité à faire progresser efficacement les plans stratégiques de lutte contre le népotisme et la corruption. Ces  nouveaux gouvernants doivent accorder une attention urgente aux flux financiers illicites s’ils entendent réaliser un modèle de croissance économique durable, souligne GFI.

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Le moins qu’on puisse dire est que le communiqué de l’UGTT de Gafsa invitant les protestataires de la Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG) à lâcher du lest et à accorder du temps au gouvernement pour répondre à leurs doléances est étrange et inhabituel. On était plutôt habitué à une attitude plus va-t-en guerre de la part de la centrale syndicale. L’UGTT a même demandé aux employés mécontents de la CPG de temporiser pour donner aux autorités de la latitude afin de solutionner le retard pris en matière de développement. Enfin le syndicat a appelé les employés de la CPG à retourner au travail. Tout cela fait un peu beaucoup et tranche avec les postures de l’UGTT, surtout ces dernières années où elle en a fait voir de toutes les couleurs aux gouvernants, bloquant toute velléité de relance économique franche. Alors, qu’est-ce qui explique ce revirement citoyen de l’UGTT ?

La raison est dans le texte du communiqué publié hier samedi 03 septembre 2016. Pas besoin de procéder à une explication très savante, l’UGTT a elle-même dit qu’il faut reprendre le boulot pour éviter la faillite de la société, ce qui ne ferait pas les affaires de la région, ni celles du pays. Voilà, le motif est là. Ce que l’UGTT n’a pas précisé, c’est que les mouvements de protestation, pour diverses raisons, ont tellement affaibli ce fleuron de l’industrie tunisienne qu’il est au bord du précipice. Ce n’est pas pour rien que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, en avait fait la tête de gondole de son discours devant les parlementaires pour illustrer cette Tunisie qui ne tourne pas rond et qu’il faut de toute urgence remettre sur orbite. Mais fallait-il attendre que la situation de la CPG atteigne cette gravité pour faire preuve, a minima, de sens des responsabilités ? Fallait-il attendre quasiment un point de non retour, avec des mauvaises habitudes qui se sont cimentées, pour sonner le branle-bas de sauvetage ? Nous posons la question à l’UGTT…

Mais à y regarder de plus près, l’UGTT a maintenant toutes les raisons de demander à ses troupes de regagner leurs postes de travail. En effet, dans la même matinée où elle pond son fameux communiqué, on apprend que la CPG et le Groupe Chimique Tunisien vont embaucher près de 2800 agents et cadres. Que demande le peuple ? Tout cela va se faire dans une société, la CPG, qui est à l’arrêt depuis des jours, plombée par les mouvements sociaux. Essayez de trouver de la logique là-dans. Bon, il y a bien l’unité de Mdhila qui a poussivement repris la production hier samedi, mais c’est une broutille au regard de tous les problèmes endémiques du secteur. Tout cela n’a pas empêché les autorités de continuer à se nourrir déraisonnablement de la bête, au risque de la tuer avec des vagues incessantes de recrutements. Mais l’essentiel est ailleurs : Eviter que le feu prenne dans cette redoutable région de Gafsa.

On marche sur la tête !

La CPG, de l’aveu même de son PDG, Romdhane Souid, c’est une entreprise qui tourne à 40% de sa capacité de production, et cela fait cinq ans que cela dure. La CPG c’est une boîte qui a cumulé un déficit de 5 milliards de dinars du fait de la chute continue de la production. On peut aussi évoquer la fonte des réserves de phosphate commercial, qui sont passées de 7,2 millions de tonnes en 2010 à 2 millions présentement. On peut aussi parler de la baisse vertigineuse des recettes d’exportation du phosphate et dérivés, qui étaient de 1,2 milliard de dollars en 2010 et à peine 351 millions l’an dernier. Depuis le début de cette année jusqu’au 18 juillet, seuls 2 millions de tonnes de phosphate commercial sont sortis des usines de la CPG, alors qu’on en attendait 3,6 millions, ce qui fait un déficit de 44%. Si on fait la comparaison avec la même période de 2010, la production s’était établie à 4,3 millions de tonnes.

Quand Ammar Amroussia, député du FP, parlait (sur Africanmanager le 31 août 2016) de consacrer une part des recettes de la CPG aux habitants de Gafsa, il parlait des revenus d’une société malade au point qu’on ne sait plus par quel bout la prendre pour la sauver du naufrage. Tant pis, la bête est mourante certes, mais tant qu’il lui reste un peu de chair dont on peut se repaître, on peut s’en accommoder. Par ailleurs, il faut croire que les propos d’Amroussia, qui agitait la menace, à peine voilée, d’un soulèvement à Gafsa de la même ampleur que celui de 2008 ont fait mouche. En effet, Sofiène Toubel, député de Nidaa Tounes pour la circonscription de Gafsa, a demandé, le 02 septembre 2016, que 20% des recettes de la production du phosphate restent dans le gouvernorat de Gafsa. Mais il n’est pas le premier dirigeant politique éclairé à nous éblouir avec sa science, l’ex-président de la République, Moncef Marzouki, avait suggéré exactement la même chose, à l’unité près, en juin 2012. Rached Ghannouchi, le chef de file du mouvement Ennahdha, avait abondé dans le même sens, mais s’était gardé d’avancer un pourcentage. « Il est inconcevable que Gafsa dispose de richesses et que ses jeunes chôment », s’était-il borné à dire.

Tout ce beau monde n’a pas pensé une seconde au fait que cette forme de discrimination positive qu’il propose est la meilleure manière de craqueler le ciment de l’unité de nationale, déjà malmenée par la post-révolution. Imaginez le tableau si toutes les régions de la Tunisie exigeaient le même traitement.

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Jadis banque d’investissement

La Stusid Bank (ex-Société Tuniso-Saoudienne d’Investissement et de Développement) n’est pas au meilleur de sa forme. Ses résultats financiers individuels pour l’exercice 2015 font état d’un déficit net de 8,066 millions de dinars contre une perte nette de 3,752 millions en 2014. La banque s’enfonce dans la crise.

A fin décembre dernier, le volume global des produits d’exploitation bancaires s’est établi à 58,8 millions de dinars contre 53,7 millions l’an dernier, c’est une évolution de 9,5%. Mais la dynamique a été plombée par une montée de 10% des charges d’exploitation, jusqu’à 27 millions de dinars. Pourtant le produit net bancaire (PNB) de l’exercice 2015 n’était pas catastrophique, loin de là, avec 31,760 millions de dinars contre 29,109 millions en 2014, soit une hausse de 9,1%.

Sur le volet des provisions au titre de l’exercice 2015, elles ont affiché 15,6 millions de dinars (+26%). Là aussi les charges du personnel ont fait leur effet, et pas peu, en passant de 13,5 millions de dinars en 2014 à 15,3 millions en 2015, une progression de 13,1%.

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Un article publié, ce mardi 9 août 2016 sur le site « latribune.fr »,  relève que les constructeurs automobiles japonais ont annoncé des pertes records dues aux effets de changes. Le Premier ministre Shinzo Abe a, dans ce contexte, affirmé la mise en place d’un programme pour faire baisser le yen qui s’envole depuis le début de l’année.

Ce programme économique a pour objectif de relancer l’inflation, mais également les exportations grâce à une baisse du yen. D’après la même source, cette politique aura fait long feu puisque le yen est entré dans un cycle haussier depuis décembre 2015. Il a augmenté de 18% face au dollar et de 16% face à l’euro depuis le 1er janvier. Cette hausse s’est accentuée avec le référendum du Brexit en vertu du statut de valeur refuge de la devise japonaise, mais également par le ralentissement de l’économie des pays émergents.

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Le président de Poulina Group Holding (PGH), Abdelwaheb Ben Ayed, a annoncé lors de la communication financière de PGH, qui se tient actuellement à l’IACE, que le groupe avait investi durant les 5 dernières années plus de 1 milliard de dinars et ce, pour reprendre la part de marché que le groupe avait perdue entre les années 2000 et 2010. « Durant cette période là, le groupe a subi des pertes importantes et notre part de marché a baissé à 30% contre 100% auparavant », a précisé Ben Ayed.
IL explique cette baisse par les pressions exercées sur le groupe par l’ancien régime. « Ils nous ont limité le quota à partir de l’année 2000, d’où la chute de notre production et par conséquent la baisse de notre part de marché », a ajouté Ben Ayed.

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Nous avons réussi à stabiliser l'inflation et la ramener  à des niveaux inférieurs, nous sommes ambitieux et nous

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Chedly Ayari, a affirmé lors de son intervention ce vendredi 3 juin 2016 dans un débat à l’IACE que 4 millions de dinars en devises ont été perdus durant l’année 2016 à cause des difficultés du secteur minier et celui du tourisme.

Il a par ailleurs ajouté que la Tunisie passe aujourd’hui par une conjoncture très délicate qu’il faut bien gérer, notamment au niveau de la balance commerciale et du déficit courant.

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Dans une déclaration à Africanmanager, Mounir El Ghabri, chef du projet recouvrement à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a indiqué que la tempête de sable qui a eu lieu mercredi 11 mai 2016 dans certaines régions du centre et du sud de la Tunisie a provoqué des pertes colossales à la Steg où un grand nombre de poteaux, de lignes électriques et de transformateurs ont été ravagés.

Mounir El Ghabri a par ailleurs indiqué que les gouvernorats les plus touchés par la tempête de sable sont principalement Sidi Bouzid où 900 poteaux électriques avaient été ravagés, provoquant des pertes à la Steg estimées à près de 1 millions de dinars.

Les gouvernorats de Sfax, Kasserine et Médenine s’affichent aussi dans la liste des gouvernorats les plus touchés par la tempête de sable.

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Imed Darouich, le président directeur général de la société britannique Petrofac a affirmé dans une déclaration ce vendredi 8 avril 2016 à Africanmanager que les pertes de la société se sont élevées à 30 millions de dinars à ce jour, et ce suite à l’arrêt de la production pendant 78 jours à cause de la grève des travailleurs.

Il a, dans le même contexte, indiqué que la poursuite des activités de la société dans cette région est devenue impossible, évoquant la possibilité de quitter le pays.

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