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Philipe Burghelle Vernet

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Pour Philipe Burghelle Vernet

Pour Philipe Burghelle Vernet, chef de l’unité mobilité et transport à la Communauté européenne, la Tunisie est appelée à appliquer un certain nombre des règles pour que le transport aérien avec la prochaine ouverture du ciel s’exerce dans les bonnes conditions avec les mêmes règles. Interview :

Si vous nous donnez des éclaircissements sur l’Open Sky ?

L’idée de l’accord Open Sky est double. C’est d’abord d’ouvrir le ciel en quelques sorte. Aujourd’hui, le transport aérien entre la Tunisie et les pays européens est régi par des accords bilatéraux qui sont souvent limités en termes de possibilités de trafic.

Il s’agit donc de favoriser le développement du trafic aérien entre les deux rives de la méditerranée en mettant ces accords à l’enseigne d’un accord européen.

Le second objectif est de garantir que ce transport entre ces deux rives s’exerce dans les bonnes conditions avec les mêmes règles. C’est ce que j’ai voulu dire en termes des compétences en matière de sécurité aérienne (protection d’environnement, gestion du trafic aérien etc). En Europe, on a établi un certain nombre des règles que la partie tunisienne veut l’appliquer ici de manière à ce que cet accord puisse fonctionner dans de bonnes conditions.

La Tunisie sera-elle capable d’entamer ce processus dans ce climat particulier ?

J’en suis absolument convaincu. En effet, Abdelkarim Harouni, ministre du transport vient d’ores et déjà de souligner que beaucoup d’actions ont été entreprises pour que ce défi soit relevé. Naturellement, il faudra, dans le cours des négociations, tenir compte de la situation particulière que vit la Tunisie.

On ne peut pas, lorsqu’on négocie, quelconque accord que ce soit, ne pas tenir compte des situations spécifiques de deux parties. Mais, je pense que la Tunisie peut jouer ce jeu, car un travail a été fait au niveau des experts dans le domaine du transport aérien. A cela s’ajoute le travail qui a eu lieu entre la Tunisie et l’UE, et ce dans le cadre du programme de coopération. Ledit programme a montré que ce défi peut être relevé grâce à la présence d’un savoir-faire aérien tunisien sur lequel on peut développer les règles ambitieuses. Ceci prendra le temps nécessaire, mais je suis convaincu que nous y arriverons pour les bénéfices mutuels de la Tunisie et de l’UE.

Mais cette ouverture a suscité la polémique et les craintes sont multiples. Quelles sont les risques prévus ?

Je peux préférer là une expérience concrète que nous avons eue avec le Maroc. Ce pays était dans une situation assez comparable avec celle de la Tunisie lorsque nous avons commencé à négocier l’accord. Et à cet égard, je veux faire référence à la compagnie nationale marocaine. Elle a fait l’objet d’une restructuration qui n’était pas très facile, il faut l’admettre, mais qui a permis, aujourd’hui, à Royal Air Maroc d’être bénéficiaire, depuis l’année dernière, par rapport aux années précédentes.

Pourquoi ?

Parce que les trafics aériens entre l’UE et le Maroc se sont multipliés par deux, depuis 2006 jusqu’à 2012, tout en assurant des primes moyennes pour les passagers inférieures à 40%.

Cela veut dire qu’il y a de la place pour davantage de trafic dans de meilleures conditions pour les consommateurs tout en s’assurant que chacun prend sa place. Ce risque, il faut le prendre en considération en s’assurant des moyens nécessaires pour le gérer. Mais, je suis convaincu qu’il y a une réponse qu’on peut apporter à ceux qui expriment des craintes à la libéralisation du ciel entre la Tunisie et l’Union Européenne. Ce risque il faut le calculer, mais lorsque cela sera fait, les bénéfices seront ressentis par tout le monde.

Quelles seraient les actions à entreprendre alors ?

Je ne peux pas répondre à la place des autorités marocaines, ni à la place de Tunisair. Je ne suis pas au cœur de ce dossier, par définition. Je sais qu’il y a des études qui sont faites sur l’évolution nécessaire de la compagnie nationale tunisienne et je suis convaincu que l’évolution est possible.

Et pour Tunisair ?

C’est une question à laquelle j’ai beaucoup du mal de répondre. Je ne suis pas au courant de ce dossier, mais je fais confiance à cette compagnie et aux autorités tunisiennes pour garantir que cette compagnie puisse, à terme, libéraliser le ciel avec l’UE.

Quelle est la contribution de l’UE dans ce processus ?

Plusieurs programmes de soutien ont été mis en place pour le développement du secteur aérien en Tunisie qui mobilisent les autorités tunisiennes notamment la direction générale de l’aviation civile de manière à ce que la Tunisie se dote progressivement d’un fonctionnement du transport aérien qui soit comparable à celui de l’UE, et pour que les opérateurs de deux rives puissent fonctionner dans les meilleures conditions.

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