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Les points de vente « du producteur au consommateur » mis en place dans tous les gouvernorats

Les points de vente « du producteur au consommateur » mis en place dans tous les gouvernorats, pendant le mois saint, avec un seul souci d’agir sur les prix, ne semblent pas avoir répondu aux attentes des consommateurs.

C’est le constat établi par un grand nombre d’observateurs et même de simples citoyens. C’est le cas du point de vente au souk Moncef Bey de Tunis. Au 9ème jour du Ramadhan, Africanmanager a choisi de visiter cet espace destiné à réguler le marché face à une envolée des prix sans précédent.

10h du matin, on était dans cet espace. L’affluence des consommateurs était limitée bien que les produits agricoles soient proposés à des prix moins chers que ceux pratiqués sur le marché de détail.

Le torchon brûle entre les clients et les exposants

Quelques clients présents dans cet espace s’offusquent des spéculations sur les prix ainsi que de la mauvaise qualité des produits exposés. En signe de déception, l’un des citoyens a décidé de ne pas acheter.

Le torchon brûle quelques minutes, sous nos yeux, dans ce point de vente, entre ces clients et quelques agriculteurs et notamment le représentant de l’Organisation de la défense des consommateurs (ODC) qui a ardemment défendu l’intérêt des autorités à travers la mise en place de ces points de vente. Ce dernier, qui a préféré garder l’anonymat, a fait savoir qu’Ennadha a tout fait pour que le consommateur soit satisfait ! Mais, on s’interroge, dans ce contexte, sur l’implication du parti au pouvoir dans ce genre de dossier économique ? Une question sans réponse.

La majorité des citoyens présents à ce point de vente ont cependant tort de considérer que la bataille est gagnée, car les prix affichés, marqués par une tendance baissière reflètent la mauvaise qualité des produits. Abdelkader, retraité, témoigne : « Dehors, les prix des produits ne font que grimper. Ici, c’est vraiment la honte. Des fruits et des légumes de mauvaise qualité. Comment allons-nous faire ? On nous dit souvent de nous calmer, mais comment se calmer dans de pareilles conditions. On ne voit pas ce qu’on nous promet ».

Ce phénomène inquiète d’autres clients. « Personnellement, je ne vois pas de différence entre les prix des marchés et ceux pratiqués dans cet espace. Pis encore, les prix affichés au niveau des étals sont largement différents des ceux figurant sur les tableaux. Les prix de tomates sont à 600 millimes contre 400 milimes affichés sur le tableau fixé à l’entrée du point de vente » se plaint Mohamed, (40ans), un citoyen, ajoutant que « on aurait aimé d’autres solutions que cette mascarade initiée par le gouvernement d’Ali Laarayedh pour apaiser les tensions ».

Partageant le même avis, Hatem (43ans) a indiqué qu’il n’y a pas de particularité dans cet espace considéré comme un marché concurrent pour les autres souks. L’exception est la qualité des produits, jugée catastrophique.

Les consommateurs ont saisi cette occasion pour lancer un appel à l’endroit des autorités en vue de leur venir en aide afin de pouvoir bien gérer ce mois de Ramadan dans de meilleures conditions. «L’Etat ou le gouvernement d’Ali Laarayedh doit nous soutenir, car le tunisien lambda est pauvre, et ce, à travers une réduction des prix et non pas la mise en place de ce genre des points de vente. Ils n’ont qu’à joindre l’acte à la parole pour venir au secours des pauvres citoyens », plaide-t-il.

Revenant aux prix des produits exposés, on note que les pommes de terre et la tomate, deux decnrées de grande consommation sont vendus respectivement à 450 millimes et 400 millimes le kilo. Les courgettes sont à 600 milimes.

S’agissant des volailles, le prix a été fixé à 5,500dt le kg alors que l’escalope est proposée à 8,3dt. Au pavillon des viandes, les prix ont atteint 16000dt le kilo.

Pour les fruits, les prix de la datte oscillent entre 4.000 dt et 6.000 dt le kilo. Les prix de pêche varient 1,500dt et 2,200dt le kilo. Les raisins sont à 2,500 dt le kilo.

Des prix qui , selon Mohamed Ali Ferchichi, chargé de la communication au ministère du Commerce, sont effectivement raisonnables et qui viennent en conformité avec l’objectif principal des espaces de vente ouverts dans les différents régions afin de maîtriser la hausse des prix, préserver le pouvoir d’achat des citoyens tout en évitant toute forme de spéculation.

Une expérience à évaluer…

Réagissant aux avis des consommateurs, Khaled Ben Abdallah, directeur général du commerce intérieur au sein du ministère de tutelle nous a indiqué que les Tunisiens devront patienter un peu surtout qu’il s’agit d’une première expérience en Tunisie de l’après 14 janvier. « Il ya sans doute des lacunes, mais les consommateurs devront prendre en considération certaines conditions. D’abord, ce n’est pas un marché régulier où l’approvisionnement s’effectue de manière régulière. Ensuite, il n’y a pas d’ intermédiaires et ce sont des agriculteurs qui exposent leurs produits dans des espaces « limités » avec un nombre de stocks assez réduits », a expliqué le responsable avant d’ajouter : « c’est une première expérience qui doit être évaluée dans la période à venir, et je vous assure que les défaillances seront comblées prochainement ».

Une solution temporaire

Pour Mohamed Zarrouk, vice-président de l’organisation de la défense des consommateurs, chargé des prix, les points de vente « du producteur au consommateur » sont tout simplement des solutions temporaires qui ne pourraient jamais poser des problèmes préoccupants confrontés depuis des décennies comme la spéculation et les circuits de distribution.

Dans une déclaration à Africanmanager, il note que plusieurs failles ont été constatées. On cite également la méthode de la gestion au niveau de ces espaces qui n’est pas, selon lui, claire, l’absence d’une coordination entre les différents intervenants, jugés nombreux. Chose qui pourrait, selon lui, affecter ce processus. « C’est une initiative certes positive, mais l’absence d’un interlocuteur unique nous inquiète énormément ».

Le responsable n’a pas manqué d’exprimer ses réserves vis à vis de cette initiative, estimant qu’elle ne doit pas être politisée.

Mohamed Zarrouk a profité de cette occasion pour appeler le gouvernement à être plus courageux et en mesure de trouver des solutions durables et structurelles remontant jusqu’à l’origine de problème.

Wiem Thebti

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