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Un grand désordre règne sur la scène politique ces dernières semaines. Il est illustré par les dissensions entre partis et au sein de chacun d’eux

Un grand désordre règne sur la scène politique ces dernières semaines. Il est illustré par les dissensions entre partis et au sein de chacun d’eux, au sujet des têtes de listes pour les législatives. La concurrence bat son plein entre clans et sous-régions et s’assortit d’explications politiciennes pas toujours convaincantes. Dans tel parti la droite mènerait une offensive contre la gauche pour l’éliminer, dans un autre, c’est l’establishment qui ne tiendrait pas compte des suggestions des militants de base, et le parachutage de quelques militants d’envergure comme têtes de listes dans telle ou telle région pousserait des militants de base à démissionner, invoquant la priorité qui doit leur être donnée pour représenter leur région.

Les contradictions, entre composantes des alliances politiques, et entre sensibilités au sein d’une même formation ou entre centres et régions, révèlent que la classe politique tunisienne n’a pas été bien préparée à cette échéance électorale. On ne se fait pas d’illusions, car les choses vont finir par s’arranger ; et même les clivages constatés dans les rangs de quelques formations politiques vont être consommés de manière irréversible ou définitivement résorbés. Car les échéances prochaines régionales et locales peuvent compenser ce qui été raté aux législatives. Mais l’important, est de comprendre pourquoi les choses en sont arrivées là.

Pour une fois l’analyse classique, et qui paraissait comme un fourre-tout, faisant intervenir une interaction des facteurs objectifs et autres subjectifs peut, cette fois, s’avérer opérationnelle.

Les facteurs objectifs ont trait au code électoral et à visibilité politique. En fait la loi électorale adoptée par l’ANC en mai 2014, et presque calquée sur celle d’octobre 2011, ne permet à n’importe quelle liste, quelle que soit sa base électorale, de recueillir plus que 70% des suffrages . Ce qui donne les meilleures chances à ceux qui sont placées en tête. A cela s’ajoute, pour les hommes, un handicap de taille: ils ne sont pas les seuls à partager les bonnes places, car ils doivent se conformer à l’alternance exigée par la règle de la parité hommes-femmes. Heureusement pour ces hommes que cette même parité exigée horizontalement, n’a pas été respectée par les formations politiques auxquelles ils appartiennent.

A cela s’ajoute la confusion qui règne sur la scène politique. Aucun parti n’est sûr de rien. Et même les résultats des sondages qui ont une valeur indicative ne peuvent être d’aucun secours en de pareilles situations. Le surplus des voix que les dispositions de la loi électorale de 2011 rendait possible, et qui a été savamment étudié et distribué par Ennahdha (en 2011) pour rafler la mise et échafauder une alliance sérieuse (la troïka) qui lui a permis de gouverner contre vents et marées, ne peut pas être généreusement offert par les grands partis. Nidaa Tounès s’est détourné de ses alliés au sein de l’Union pour la Tunisie(UPT) pour ne pas dilapider ce précieux stocks de voix, et le mouvement Ennahdha s’est rabattu dans ses manœuvres pour diviser ses éventuels concurrents sur le dossier des présidentielles pour ne faire aucun engagement lors des législatives.

Tel est le cadre dans lequel les facteurs objectifs agissent, mais les facteurs subjectifs tiennent essentiellement au fait que tout Tunisien, dans cette camisole contraignante, se considère comme prédisposé à être tête de liste, et pourquoi pas présidentiable. Dans les partis, il n’y a plus d’hiérarchie et dans la société les règles de préséance ne sont respectées par personne. A cela s’ajoute le discrédit de toute la classe politique, partis et organisations non gouvernementales , ce qui permet aux représentations régionales de ces formations politiques et sociales de hausser le ton et de faire valoir leurs droits en signifiant à ceux qui « viennent de Tunis » de se garder d’imposer leur point de vue. Evidemment, les dirigeants régionaux vont avoir leur mot à dire lors de ce scrutin, mais ils passeront toutes leurs exigences lors des prochaines échéances régionales et locales, dans un pays qui se décentralise dans la confusion et où le leadership national s’érode de plus en plus . (lire à ce sujet notre article : « Le Pouvoir Local dans la Constitution et les risques de dérapage » du 19janvier 2014).

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