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Il est de notoriété publique que quelques éléments des deux branches de la famille de l’ancien Président tunisien étaient très actifs dans le domaine du commerce extérieur. Leur principale activité consistait à prendre commande auprès des opérateurs tunisiens, petits et grands, réguliers et parallèles, de ce qu’ils désiraient importer, de Chine comme d’ailleurs. Ces opérateurs allaient dans ces pays, presque en voyages organisés, choisissaient leurs marchandises et repartaient vers la Tunisie, où ils payaient tout en Dinars tunisiens alors que l’intermédiaire  de l’une des deux familles payait en devises, par l’intermédiaire d’un autre de leurs agents, la marchandise commandée. Au passage, les intermédiaires se sucraient une première fois, comme nous l’écrivions déjà depuis quelques années.

Les containers, bourrés de la marchandise importée illégalement ou de manière non régulière, étaient, bien sûr, importés aux noms propres de ces personnalités des deux familles ou à celui des sociétés de trading créées à cette fin. Et c’est donc eux qui s’occupaient du «dédouanement » (pour ainsi dire, car les marchandises ne paient rien ou presque ou étaient simplement sorties avec la complicité de certains douaniers ou sous la pression et la peur) et même de la livraison jusque dans les dépôts des commanditaires. Cela valait 20 mille DT le container. Ce commerce avait même ses services annexes, puisque si votre marchandise est interceptée en route par un douanier trop zélé ou une brigade routière quelconque, l’un des membres de la famille pourrait même se déplacer sur les lieux et vous dédouaner complètement.

Tout ce commerce, qui rapportait par ailleurs gros pour la famille de l’ancien Président déchu, avait quand même fini , suite à son arrêt «intempestif » dans la foulée du renversement du régime de Ben Ali, la fuite des deux familles, par laisser plus de 200 containers, immobilisés, non dédouanés et non livrés sur les quais du port de Radès.

Le nouveau gouvernement, même transitoire installé et le nouveau DG de la Douane ayant pris ses fonctions, l’une de ses premières décisions du ministre en charge de cette question (celui du commerce et du tourisme, Mehdi Houas pour lui rendre justice et annoncer par là l’une de ces premières décisions) a été de réunir toutes les parties concernées pour résoudre cette question.
Nous apprenons ainsi, de source autorisée au ministère du Commerce et du Tourisme, qu’il a été décidé de rendre cette marchandise à ses propriétaires originaux.

Tout entrepreneur, tout commerçant (on ne sera pas pour l’instant trop regardant sur sa qualité) qui aura commandé marchandise par le biais de l’une des personnalités de la famille de l’ancien Président déchu, pourra ainsi, dès maintenant, venir prendre livraison de son container. Il devra cependant apporter la preuve de la propriété de cette marchandise (bons de commande ou autres documents) et se soumettre aux règlements en vigueur. Cela voudra dire que, une fois son container identifié, il devra passer l’épreuve du contrôle technique (préservation de la sécurité et de la santé du consommateur tunisien oblige), pour s’assurer que ce qu’il a commandé et importé est conforme aux règles d’hygiène et autres. Cela surtout, si la marchandise est inscrite sur la liste A des produits manufacturés qui passent systématiquement au contrôle technique.

Pour ces produits comme pour le reste, le propriétaire de la marchandise devra ensuite s’acquitter des taxes et droits de douane en vigueur. On apprend cependant, de source autorisée auprès de la direction générale de la Douane, que, «à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles » seront appliquées. Notre source nous précise que «les propriétaires des marchandises ne seront certes pas exemptés de ces taxes et DD, mais qu’ils n’auront pas non plus à payer plein pot». Décryptage : des compromis seront trouvés pour ménager  la chèvre et le chou, comme l’a déjà expliqué le DG de la douane en recevant des représentants des commerçants, non réguliers faut-il le noter, de certaines zones de la capitale venus manifester devant ses bureaux et qui ont par ailleurs accepté cette solution, nous disent certains d’entre eux.

Il faut cependant souligner que ces solutions sont transitoires et que la DG de la Douane est désormais décidée à faire appliquer la loi, à charge pour ces commerçants, ceux de Sidi Boumendil comme ceux de Moncef Bey ou ceux d’El Jem, de se mettre en règle , payer taxes et impôts et commercer alors à la régulière.

La décision, que personne ne pourra contester (La Révolution n’a-t-elle pas pour objectif aussi de lutter contre la corruption, les passe-droits et le trafic d’influence ?), devrait ainsi aboutir à rétrécir , d’ici quelques mois, comme une peau de chagrin, l’étendue du commerce parallèle, sinon à aboutir à sa disparition complète. Les taxes et DD étant désormais de rigueur, dès la fin de cette période transitoire qui ne concernera que 200 containers ou un peu plus (si on tient compte de la marchandise non encore arrivée à quai), tous seront égaux devant la loi, et cela rétablira les règles de la concurrence pour les industriels et commerçants qui étaient déjà en règle. Et Viva la Révolution !

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