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La Tunisie s’est offert cinq chefs de gouvernement en autant d’années depuis sa révolution, contribuant, chacun à son échelle, à une transition démocratique largement saluée. Pour autant, aucun d’eux n’a été capable de  significatifs progrès pour doter le pays de stabilité économique et répondre aux attentes des jeunes Tunisiens.

Leur sixième successeur, le technocrate formé à la française  Youssef Chahed, se dépense en promesses audacieuses avant même de prendre ses fonctions pour lutter contre les problèmes auxquels fait face la Tunisie.

Mais une imminente crise budgétaire et de remboursement de la dette, jumelée à l’immobilisme  politique, peuvent empêcher  le quarantenaire chef du gouvernement désigné d’échapper au sort qui a été celui des ses prédécesseurs, estime l’agence Reuters.

Depuis le renversement en 2011 de l’autocrate Zine El-Abidine Ben Ali, la Tunisie a tenu  des élections libres, promulgué une nouvelle constitution et instauré une culture de compromis entre les partis laïques et islamistes, jurant avec  la répression, le chaos et la guerre qui se sont abattus sur  d’autres pays dont les soulèvements ressortissent au «Printemps arabe».

Le revers de la médaille est que les mouvements de protestation, la résistance syndicale et les querelles politiques ont compromis les plans visant à réformer les écrasantes dépenses publiques lestées d’une pléthorique fonction publique, et à mettre en œuvre les lois sur les banques et l’investissement.

Le président de la République, Béji Caid Essebsi a chargé la semaine dernière Youssef Chahed de former  un gouvernement d’union nationale capable de faire avancer les réformes économiques exigées par les bailleurs de fonds, notamment le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Sacrifices exceptionnels

«Nous sommes dans une situation qui dicte des décisions et des sacrifices exceptionnels », a déclaré aux journalistes Chahed, affirmant que son objectif est  lutter contre la corruption et le terrorisme, pour la promotion de la croissance économique et l’assainissement des finances publiques. «Je vais  dire au peuple tunisien toute la vérité sur la réalité de la situation financière du pays. »

De nombreux Tunisiens se demandent  si Youssef Chahed, un agronome et un allié de Caïd  Essebsi, pourra mobiliser le capital politique nécessaire pour opérer le changement. Certains de ses adversaires voient en lui une marionnette de Caïd Essebsi, choisi pour sa loyauté envers le président plutôt que pour sa capacité à diriger.

Le changement de chef du gouvernement intervient à un moment difficile. La Tunisie a été visée par trois attentas terroristes qui ont durement touché le secteur touristique qui représente 8 pour cent de l’économie. Le chômage est déjà à 15 pour cent, avec un taux beaucoup plus élevé parmi  les jeunes dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 29 ans.

L’année prochaine sera encore plus difficile pour les finances publiques. Environ 3 milliards de dollars  devront être remboursés au titre du service de la dette et l’Etat devra trouver de l’argent  pour ses fonctionnaires, soit  quelque 450 millions $ par mois.

« Les revenus prévus pour 2017 ne seront pas suffisants pour couvrir le montant de 1 milliard de dinars chaque mois pour 700.000 employés du secteur public», a déclaré le  gouverneur de la Banque centrale, Chedli Ayari, la semaine dernière. « Nous allons avoir besoin de financements étrangers dans ce contexte difficile marqué par  la chute des revenus du tourisme et du phosphate. »

Si Youssef Chahed ne va pas être en peine  d’obtenir le vote de confiance du parlement pour le gouvernement d’union nationale, il devra louvoyer entre les difficiles  relations avec les syndicats et les troubles sociaux qui ont fait capoter par le passé les tentatives du gouvernement de faire passer le type de sacrifices financiers, de  réformes  et d’austérité qu’il est en train d’évoquer.

Des réformes essentielles et radicales au point mort, souvent parce que les gouvernements successifs ont manqué de capital politique, d’audace et de volonté de résister aux  pressions populaires contre les réductions des dépenses publiques ou les  mesures d’austérité.

«Le gouvernement Chahed veut restreindre  les  libertés pour imposer les  mesures douloureuses de  son plan économique», a déclaré Hamma Hammami, le chef du parti d’opposition, le  Front populaire. « Mais le gouvernement échouera car il ne propose rien de nouveau, autant que celui d’Essid, », pronostique-t-il, cité par Reuters.

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