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Privatisation

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On a souvent comparé et à juste titre les entreprises publiques tunisiennes au « tonneau des Danaïdes » de la mythologie grecque pour souligner leur forte propension à engloutir les fonds de l’Etat, tel un récipient percé. Et bien sûr, c’est le contribuable qui met la main à la poche pour les maintenir à flot, et cela lui coûte 200 dinars par an, selon des estimations qui n’ont rien de fantaisiste. Pour autant, l’Etat doit-il se débarrasser de ces « gouffres financiers » alors qu’il a de plus en plus besoin d’argent, surtout à l’heure actuelle, pour assurer un soupçon d’équilibre budgétaire ?

Une réflexion, encore une, est engagée sur la question à l’occasion de conférence nationale sur le projet de la stratégie de modernisation et de gouvernance des institutions et établissements publics. On ignore ce qui va en sortir, mais il semble que la rhétorique soit la même avec cependant l’assurance que le gouvernement planche sur l’évaluation des entreprises publiques cédées aux privés pour en tirer les axes de l’approche à mettre en œuvre en la matière.

Des vérités qui doivent être dites

Convenons d’ores et déjà que, tiraillé qu’il est entre ceux qui plaident pour la privatisation et ceux qui y sont franchement hostiles, le gouvernement ne sera pas près de trancher le nœud gordien avant longtemps. Car sur un sujet si sensible et qui, plus est, fâche les syndicats, notamment le premier d’entre eux, l’UGTT, il va falloir se livrer à un exercice d’équilibrisme d’autant plus risqué qu’il devra se traduire par des écueils foncièrement sociaux et même politiques. Faut-il souligner à cet égard que de nombreux paramètres de la première importance devront entrer en ligne de compte, ce qui dicte des démarches convenues entre l’Etat, sommé de protéger ses intérêts autant que ceux des salariés et plus encore le patrimoine de l’entreprise. Autrement dit, la privatisation doit être pensée et menée dans l’intérêt bien compris de toutes les parties dont aucune ne devrait se sentir lésée ou désavantagée.

Cela requiert qu’un diagnostic sérieux, rigoureux et sans concession soit posé pour établir tout ce qui fonctionne et qui ne marche pas dans l’entreprise qu’il s’agisse du volet économique, social ou stratégique. Un pré-requis qui déblaie le terrain pour « l’ouverture de l’entreprise sur son environnement », pour reprendre la formule utilisée par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et qui peut être interprétée comme la possibilité de la céder aux investisseurs privés. Une perspective qui pourrait s’avérer indispensable dans la mesure où la privatisation devrait apporter l’essentiel de ce qui lui manquait en étant sous la tutelle de l’Etat : de l’argent frais, une gestion selon les normes, des gains de productivité, une rénovation du système de production, bref tout ce qui fonderait l’entreprise à faire jeu égal avec ses pairs. Pour l’Etat, ce serait tout bénéfice, d’abord en mettant fin à l’hémorragie des ponctions et des subventions qu’il injectait, ensuite des rentrées qui renflouerait ses caisses et aussi un ingrédient pour la relance de l’économie en général.

Un déficit de 3 milliards de dinars

Il va sans dire que seules les entreprises classées à faible rentabilité ont vocation à tomber dans l’escarcelle du privé. Des boulets que l’Etat n’a cesse de traîner et dont il n’ose pas dire chercher à se débarrasser, de peur de s’attirer les foudres des employés et des syndicats, tout en sachant qu’en temporisant ainsi, il ne fait que creuser le déficit des entreprises publiques et amplifier ses propres pertes cumulées.

Un déficit chiffré à 3 milliards dinars ces trois dernières années, et pour peu qu’il soit épongé, s’une façon ou d’une autre, permettra, d’après les spécialistes, de faire gagner au PIB de la Tunisie, pas moins de 2 points de croissance.

C’est de cela que les syndicats sont tenus de se convaincre comme de la nécessité de préserver les droits des salariés qui devront être impérieusement garanties par les repreneurs à l’enseigne d’engagements dîment pris et rigoureusement respectés.

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Pour la première fois en Tunisie, le gouvernement procédera à l’évaluation du processus de privatisation ayant ciblé certaines entreprises publiques. C’est ce qu’a annoncé le ministre de la Fonction Publique et la Gouvernance, Abid Briki.
Lors de son intervention à la Conférence nationale sur la stratégie d’évolution et de la gouvernance des établissements et des entreprises publics qui se tient actuellement à Gammarth, le ministre a qualifié d’importante cette nouvelle démarche.
Selon lui, cette rencontre sera l’occasion pour poser moult questions : Le processus de privatisation a-t-il atteint les objectifs fixés ? Qu’en est-il de ces retombées ? S’agit-il d’une solution appropriée pour les entreprises en difficulté ? « C’est une bonne expérience, surtout qu’on va réviser ce processus et trouver les réponses adéquates à l’ensemble des questions posées », a-t-il dit.

Y a-t-il d’autres entreprises publiques qui seront privatisées prochainement ? Présentement non, a répondu le ministre, faisant savoir qu’on n’a pas encore une vision claire sur la privatisation de certaines entreprises publiques. « On attend encore les propositions de l’ensemble des intervenants dont notamment les partenaires sociaux pour pouvoir décider », a-t-il conclu.

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