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C’est sans doute l’étude la plus complète sur  la problématique de l’emploi en Tunisie. On la doit à un think tank de l’IACE sous la forme de deux enquêtes, l’une menée auprès des diplômés et l’autre auprès des entreprises sur  les postes vacants au cours des deux 2 prochaines années ainsi que les compétences et les qualifications les plus recherchées par elles.
Au contraire de ce qu’on pouvait penser, ce ne sont pas les diplômés frais émoulus des établissements prestigieux qui sont les plus recherchés par les entreprises, certes ils le sont toujours, mais ce sont, tenez-vous bien, les ouvriers non qualifiés de la manutention devenus ainsi une denrée rare. Les postulants font cruellement défaut, et il faut 27 mois pour en trouver. Viennent ensuite les  formateurs pour lesquels il faut en moyenne patienter 12 mois  et enfin les conducteurs de véhicules où le délai d’attente est à peu près de la même durée.
Sur les 49 postes étudiés, dans 42 cas, le principal argument avancé pour expliquer le temps de latence pour pourvoir au  poste (durée qui peut aller jusqu’à trois ans dans certains cas) est l’absence de qualité, un euphémisme pour signifier que les candidats théoriquement qualifiés pour les postes ne le sont nullement en réalité.
Pourtant, le  secteur privé aura besoin de 145.508 postes. 68% du nombre de postes vacants seront concentrés dans 5 secteurs parmi 19. Les secteurs les plus employeurs sont liés aux commerce et services avec 34.813 postes vacants, suivis des activités spécialisées, scientifiques et techniques avec 23.322 postes vacants, l’industrie du textile et de l’habillement (17.289).
L’enquête auprès des entreprises révèle que le nombre total de recrutements potentiels pour les deux prochaines années est de l’ordre de 270.000 emplois, avec une suppression globale de 50.000 postes d’emploi, ce qui revient à une création nette de poste d’emploi de 75 000 sur les deux ans avec 68,5% de ces postes qui sont sollicités par les grandes entreprises c’est-à-dire les entreprises employant plus que 200 personnes selon la terminologie retenue par l’INS.
On en retire la conclusion que le marché a besoin d’une main d’œuvre que les universités, hormis les instituts technologiques, sont incapables de fournir, surtout avec les carences du système de formation professionnelle. Les postes vacants ou moins demandés s’expliquent principalement soit par l’absence de candidats, soit par la mauvaise qualité du candidat, s’il existe. Ainsi, 16 postes sur 49 sont jugés difficiles à satisfaire car à 100% de mauvaise qualité ou de qualité insuffisante ; il s’agit des ouvriers qualifiés ou non qualifiés, comme précédemment mentionné, des  cadres des transports, de la logistique et navigants de l’aviation, des secrétaires, des infirmiers et des professions paramédicales. De même, 5 activités sur 49 sont aussi jugées difficiles à satisfaire et ce, à 100% pour cause d’absence totale de candidats. Il s’agit des techniciens et cadres de l’agriculture, des ouvriers qualifiés du gros œuvre du bâtiment, de ceux travaillant par enlèvement de métal, des caissiers, des employés de libre-service et des agents de maîtrise de l’hôtellerie et de la restauration.
Les compétences sollicitées
Les entreprises expliquent cette pénurie par la difficulté pour les candidats de répondre aux critères fixés, et l’analyse des profils préférés par les entreprises fait apparaître qu’il y a essentiellement cinq compétences qui sont sollicitées,  à savoir une combinaison compétences informatiques et capacité à travailler en équipe, une capacité d’intégration dans la stratégie de l’entreprise, la maîtrise de la langue arabe et française et la capacité d’initiative et créativité combinée à une maitrise de la langue anglaise.
La tendance baissière des perspectives de l’emploi reflète la méfiance et l’inquiétude des chefs d’entreprises quant aux perspectives d’amélioration de l’environnement des affaires, et l’aversion aux risques semble croître chez les entrepreneurs tunisiens et étrangers. Mais les  difficultés de trouver des employés qualifiés ont des répercussions certaines sur les entreprises, dont les plus significatives sont des pertes de marchés pour 26% des entreprises, des difficultés à respecter les délais de livraison (22%), des difficultés à réaliser les objectifs d’investissement (24%) et enfin le retrait de produits ou de services offerts (16%).
La faute à l’université !
Généralement, c’est l’université tunisienne qui est mise à l’index pour expliquer l’insuffisance de la qualité des employée, et le grief le plus répandu  qui lui est adressé est de ne pas être réactive, de ne pas s’adapter aux tendances du marché, d’être déconnectée des besoins des entreprises, de lancer sur le marché des diplômés inaptes à s’y insérer, et ainsi d’être en grande partie la source du chômage massif des diplômés de l’enseignement supérieur étant donné le déséquilibre entre les compétences des jeunes diplômés des universités et les qualifications que les employeurs recherchent.
Pour y remédier, des propositions ont été avancées, notamment celles amenant l’université à  être à l’écoute de son environnement, local et international et attentive à ses besoins. Ceci pourrait être réalisé grâce à une ouverture à l’environnement socio-économique en permettant à ses représentants de prendre part dans la gouvernance des universités et en assurant le passage des découvertes scientifiques et/ou humaines vers la société et l’économie. D’autres suggèrent d’assouplir les cursus universitaires et de créer des filières qui convergent avec les nouveaux métiers et les nouvelles technologies.

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