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Rached Ghannouchi, Frères musulmans,

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Les révélations du journal koweitien Achahid du 18 mars 2014

Les révélations du journal koweitien Achahid du 18 mars 2014, faisant état de l’élection imminente de Rached Ghannouchi à la tête de l’Organisation internationale des Frères musulmans, n’ont pas surpris les connaisseurs du dossier de l’Islam politique international. Ennahdha a vite démenti ces informations , mais elle a été trahie par l’acharnement qu’elle a exprimé depuis des mois , à défendre la cause de Mohammed Morsi et des Frères Musulmans en Egypte .La célébration massive de la fête de l’Indépendance le 20 mars qui passait pour une première , a été en fait dédiée aux Frères Musulmans d’Egypte . Les manifestants nahdhaouis ont arboré, en pleine avenue Habib Bourguiba et au cours d’une fête tunisienne, les emblèmes de Rabiâa et les Photos de Morsi , hissant les couleurs de « la légitimité bafouée par le coup d’Etat militaire de Abdelfattah Sissi et de l’intelligentszia laïque égyptienne » , et donnant une nouvelle illustration de cet engagement islamiste sans nuance.

La source koweitienne a indiqué que les préparatifs pour l’élection du chef de l’Internationale Islamiste vont bon train, tel l’amendement des dispositions en vigueur écartant les non-Egyptiens de ce poste et la tenue de réunions préparatoires en Turquie et en Allemagne pour mettre la dernière main à cette élection historique .

Sur le plan du principe, on ne peut pas reprocher à un parti de soutenir des formations politiques qui lui sont proches ni d‘entretenir des liens étroits avec elles. Mais tout le monde sait que tout geste politique a un coût, et que la logique impose que ce coût doit être décaissé des dividendes du parti en question, et il serait reprochable de faire payer à l’Etat et à la communauté nationale un tel alignement.

Jusqu’à tout dernièrement, l’engagement d’Ennahdha aux côtés des courants et des régimes islamistes passait pour du militantisme et s’inscrivait dans l’ « épopée islamiste » qui a émergé depuis 2011 dans la région sous l’appellation du printemps arabe. Et l’approche islamiste a été présentée comme salvatrice même pour les anciens dossiers en suspens depuis des décennies, tel le dossier palestinien, et les nouveaux acteurs de la scène politique palestinienne, comme le Hamas ou le Jihad Islamique, sont désormais considérés comme les seuls représentants de cette vague militante du renouveau islamique et arabe.

Cette vision, à peine installée dans les esprits, a été bouleversée par les développements survenus à partir de l’été dernier . Non seulement le rapport des forces s’est inversé au profit des courants qui étaient visés par les islamistes, en Egypte, en Syrie et en Tunisie, mais les puissances occidentales ont revu leur position vis-à-vis de l’islam Politique , suite aux suspicions qu’il a suscitées du fait de ses liens avec le terrorisme .A cela s’ajoute la décision de l’Arabie Saoudite de classer les Frères Musulmans comme une organisation terroriste , au même titre que l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL/Daech) et Jabhat Ennosra ,tous deux liés à Al Qaeda.

Cette nouvelle donne, pour autant qu’elle soit d’effet juridique et politique réduit dans l’immédiat, pose un problème moral à la mouvance des Frères Musulmans qui est constituée de formations politiques interconnectées dans des dizaines de pays qui ont actuellement un unique souci : être au-dessus de tout soupçon dans le dossier du terrorisme. D’ailleurs, plusieurs observateurs ont relevé que l’Arabie Saoudite a coordonné sa nouvelle position avec les Américains, et le ministre de l’Intérieur du Royaume Saoudien Mohammed Ben Nayef s’est déplacé muni d’un dossier fourni à Washington quelques jours avant l’annonce de cette position.

Ennahdha, dans sa défense, revendique une parenté idéologique et politique avec le courant des Frères Musulmans , mais récuse tout lien au niveau de l’organisation, bien que des données fiables indiquent qu’elle a fait acte d’allégeance à la Confrérie au moins à deux reprises , la première à la Mecque , au guide des Frères Musulmans Hassen Houdhaibi ,au nom de la Jamâa Islamiya ,pendant le pèlerinage de 1973, et la seconde au Caire , au guide des Frères Musulmans Omar Tlemsani (mort le 22 mai 1986) , au nom de la Tendance Islamique créée, le 6 juin 1981.

Les Frères Musulmans sont une organisation clandestine. Donc, nier cette réalité ne peut tenir lieu d’argument probant pour ceux qui sont soupçonnés d’y appartenir. Or, observateurs et historiens conviennent unanimement que Al Jamâa Al Islamiya , le Mouvement de la Tendance Islamique (MTI) et Ennahdha sont affiliés à l’Organisation Islamiste Internationale . Les témoignages de H’mida Ennaifer qui a prêté serment au nom d’Al Jamaâ à la Mecque en 1973 , et Slaheddine Jourchi, un des fondateurs du mouvement, ont évoqué cette adhésion à plusieurs reprises , ce qui n’aide pas Rached Ghanouchi à convaincre l’opinion publique du contraire .D’ailleurs, Béji Caïd Essebsi qui a toujours affirmé avoir œuvré en vue d’intégrer Ennahdha dans le paysage politique national et international, a surpris les téléspectateurs dans l’interview accordée dernièrement à Nessma TV lorsqu’il a cité les informations qui ont couru sur la candidature de Ghannouchi à la présidence de l’Organisation Internationale des Frères Musulmans , en faisant planer le doute sur la sincérité de l’engagement démocratique d’Ennahdha si ces informations s’avéraient fondées.

Aboussaoud Hmidi

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Les révélations du journal koweitien Achahid du 18 mars 2014

Les révélations du journal koweitien Achahid du 18 mars 2014, faisant état de l’élection imminente de Rached Ghannouchi à la tête de l’Organisation internationale des Frères musulmans, n’ont pas surpris les connaisseurs du dossier de l’Islam politique international. Ennahdha a vite démenti ces informations , mais elle a été trahie par l’acharnement qu’elle a exprimé depuis des mois , à défendre la cause de Mohammed Morsi et des Frères Musulmans en Egypte .La célébration massive de la fête de l’Indépendance le 20 mars qui passait pour une première , a été en fait dédiée aux Frères Musulmans d’Egypte . Les manifestants nahdhaouis ont arboré, en pleine avenue Habib Bourguiba et au cours d’une fête tunisienne, les emblèmes de Rabiâa et les Photos de Morsi , hissant les couleurs de « la légitimité bafouée par le coup d’Etat militaire de Abdelfattah Sissi et de l’intelligentszia laïque égyptienne » , et donnant une nouvelle illustration de cet engagement islamiste sans nuance.

La source koweitienne a indiqué que les préparatifs pour l’élection du chef de l’Internationale Islamiste vont bon train, tel l’amendement des dispositions en vigueur écartant les non-Egyptiens de ce poste et la tenue de réunions préparatoires en Turquie et en Allemagne pour mettre la dernière main à cette élection historique .

Sur le plan du principe, on ne peut pas reprocher à un parti de soutenir des formations politiques qui lui sont proches ni d‘entretenir des liens étroits avec elles. Mais tout le monde sait que tout geste politique a un coût, et que la logique impose que ce coût doit être décaissé des dividendes du parti en question, et il serait reprochable de faire payer à l’Etat et à la communauté nationale un tel alignement.

Jusqu’à tout dernièrement, l’engagement d’Ennahdha aux côtés des courants et des régimes islamistes passait pour du militantisme et s’inscrivait dans l’ « épopée islamiste » qui a émergé depuis 2011 dans la région sous l’appellation du printemps arabe. Et l’approche islamiste a été présentée comme salvatrice même pour les anciens dossiers en suspens depuis des décennies, tel le dossier palestinien, et les nouveaux acteurs de la scène politique palestinienne, comme le Hamas ou le Jihad Islamique, sont désormais considérés comme les seuls représentants de cette vague militante du renouveau islamique et arabe.

Cette vision, à peine installée dans les esprits, a été bouleversée par les développements survenus à partir de l’été dernier . Non seulement le rapport des forces s’est inversé au profit des courants qui étaient visés par les islamistes, en Egypte, en Syrie et en Tunisie, mais les puissances occidentales ont revu leur position vis-à-vis de l’islam Politique , suite aux suspicions qu’il a suscitées du fait de ses liens avec le terrorisme .A cela s’ajoute la décision de l’Arabie Saoudite de classer les Frères Musulmans comme une organisation terroriste , au même titre que l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL/Daech) et Jabhat Ennosra ,tous deux liés à Al Qaeda.

Cette nouvelle donne, pour autant qu’elle soit d’effet juridique et politique réduit dans l’immédiat, pose un problème moral à la mouvance des Frères Musulmans qui est constituée de formations politiques interconnectées dans des dizaines de pays qui ont actuellement un unique souci : être au-dessus de tout soupçon dans le dossier du terrorisme. D’ailleurs, plusieurs observateurs ont relevé que l’Arabie Saoudite a coordonné sa nouvelle position avec les Américains, et le ministre de l’Intérieur du Royaume Saoudien Mohammed Ben Nayef s’est déplacé muni d’un dossier fourni à Washington quelques jours avant l’annonce de cette position.

Ennahdha, dans sa défense, revendique une parenté idéologique et politique avec le courant des Frères Musulmans , mais récuse tout lien au niveau de l’organisation, bien que des données fiables indiquent qu’elle a fait acte d’allégeance à la Confrérie au moins à deux reprises , la première à la Mecque , au guide des Frères Musulmans Hassen Houdhaibi ,au nom de la Jamâa Islamiya ,pendant le pèlerinage de 1973, et la seconde au Caire , au guide des Frères Musulmans Omar Tlemsani (mort le 22 mai 1986) , au nom de la Tendance Islamique créée, le 6 juin 1981.

Les Frères Musulmans sont une organisation clandestine. Donc, nier cette réalité ne peut tenir lieu d’argument probant pour ceux qui sont soupçonnés d’y appartenir. Or, observateurs et historiens conviennent unanimement que Al Jamâa Al Islamiya , le Mouvement de la Tendance Islamique (MTI) et Ennahdha sont affiliés à l’Organisation Islamiste Internationale . Les témoignages de H’mida Ennaifer qui a prêté serment au nom d’Al Jamaâ à la Mecque en 1973 , et Slaheddine Jourchi, un des fondateurs du mouvement, ont évoqué cette adhésion à plusieurs reprises , ce qui n’aide pas Rached Ghanouchi à convaincre l’opinion publique du contraire .D’ailleurs, Béji Caïd Essebsi qui a toujours affirmé avoir œuvré en vue d’intégrer Ennahdha dans le paysage politique national et international, a surpris les téléspectateurs dans l’interview accordée dernièrement à Nessma TV lorsqu’il a cité les informations qui ont couru sur la candidature de Ghannouchi à la présidence de l’Organisation Internationale des Frères Musulmans , en faisant planer le doute sur la sincérité de l’engagement démocratique d’Ennahdha si ces informations s’avéraient fondées.

Aboussaoud Hmidi

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