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Rached Ghannouchi, UGTT

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« Le dialogue ne cesse de progresser et a franchi une étape où les détails exigent d'être examinés avec soin et précision »

« Le dialogue ne cesse de progresser et a franchi une étape où les détails exigent d’être examinés avec soin et précision », a affirmé, vendredi, le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi.

A l’issue de sa rencontre avec le Secrétaire général de l’Union générale Tunisienne du Travail (UGTT) Houcine Abbassi, Ghannouchi a déclaré qu’il engagera des concertations avec les membres de son parti et ses partenaires au pouvoir sur les questions débattues aujourd’hui, avant de rencontrer, sous peu, Abbassi.

De son côté, Abbassi a déclaré qu’il communiquera les nouvelles propositions d’Ennahdha à l’opposition, après avoir transmis à ce parti les positions de l’opposition. « Aucunes décisions finales n’ont été prises, bien que le dialogue ait franchi des étapes avancées », a-t-il dit.

Ghannouchi et Abbassi se sont abstenus de répondre à des questions liées à la dissolution du gouvernement et aux nouvelles propositions avancées par l’opposition ainsi que celles présentées par le mouvement Ennahdha et ses deux partenaires au pouvoir.

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Est-ce que la réaction explicitement positive d'Ennahdha à l’Initiative de  l'UGTT devrait suffire pour restaurer la stabilité dans le pays ? Qu'est-ce qui amené Rached Ghannouchi à adhérer à une initiative qui part du constat d'une crise politique profonde

Est-ce que la réaction explicitement positive d’Ennahdha à l’Initiative de l’UGTT devrait suffire pour restaurer la stabilité dans le pays ? Qu’est-ce qui amené Rached Ghannouchi à adhérer à une initiative qui part du constat d’une crise politique profonde, alors que, lui, a martelé, jeudi , lors de sa conférence de presse, qu’il n’y a pas de crise politique , et que le parachèvement de la constitution et l’élection du dernier membre de l’ISIE permettront de mener la période transitoire à bon port et de la manière la plus aboutie ?

Dans ce même ordre d’idées, l’opinion publique a assisté, ébahie, au verrouillage politique de la semaine dernière , illustré doublement par la reprise du conseil de la Choura , pendant le week-end , de la fameuse analyse idyllique ,avancée jeudi, par Rached Ghannouchi , et d’entacher l’éclat de la symbolique des pourparlers menés à Paris avec Béji Caïd Essebsi et à Tunis avec le secrétaire général de l’UGTT , théoriquement pour décrisper l’atmosphère politique , par la présence aux côtés du chef d’Ennahdha de figures illustres de la ligne dure : Abdellatif Mekki et Ameur Laârayedh .

En fait, l’analyse politique ne parvient pas, à elle seule, à expliquer la portée de ces initiatives et le sens des réactions des différents partis à leur endroit .Il faut recourir à une approche stratégique qui met tous ces faits et gestes dans le cadre des efforts, consentis pour sortir le pays de sa crise.

L’apport de la pensée stratégique se distingue par l’intérêt qu’elle porte, comme genre de pensée à part, aux grands équilibres, aux tendances lourdes des évolutions et aux issues des crises. De ce fait , les stratèges concentrent leurs efforts , même au paroxysme des crises aux schémas de sortie , qui se présentent généralement sous forme de scénarios distincts , donnant lieu à des alternatives que les politiciens et les acteurs politiques et sociaux peuvent adopter selon leurs visions et intérêts .

Les concepteurs de la stratégie ne désarment pas. A l’opposé des politiciens et des acteurs sociaux qui ont souvent le dos au mur, et sont tenus par les obligations de résultats, et se soumettent aux contraintes du moment, les stratèges, eux, sont toujours portés sur les horizons ouverts et les schémas théoriques libérateurs .

Cependant, dégagement des contraintes immédiates ne vaut pas, pour eux, détachement de la réalité . Ils sont tenus, eux aussi, par une obligation de résultats . Mais leur apport spécifique s’inscrit sur un tableau bien différent : celui d’ouvrir un horizon à l’action immédiate, de générer les idées et les modalités fédératrices, et de permettre la fusion des approches à l’origine éloignées pour échafauder projets communs et démarches convergentes. C’est vrai que la réflexion stratégique évolue dans une sphère à part, mais ses résultats sont attendus pour être traduits en langage et codes politiques répondant aux soucis des acteurs politiques.

La réflexion stratégique s’accroche, de par sa nature, à ce qui est pertinent, déterminant, et qui fait la singularité d’une conjoncture politique, pour en analyser la substance , la portée , et les issues possibles . Appliquée à la situation actuelle dans le pays, elle doit répondre à la question suivante : Quel est l’élément qui est derrière la crise actuelle en Tunisie, qui provoque sa prolongation, et une fois neutralisé, garantira la sortie de crise ?

La réponse doit être recherchée dans l’irruption de l’islam politique sur la scène politique, et sa tendance à confisquer la révolution tunisienne, avec la bénédiction des puissances étrangères. Le poids acquis par Ennahdha, depuis les élections d’octobre 2011, l’hégémonie qu’elle a affichée sur la scène politique, et sa volonté d’infiltrer les rouages de l’Etat , ont été doublés par une incompétence , et une incapacité à gérer les affaires publiques .

Cet état de choses a amené de larges franges de la population, et même ceux qui ont opté pour l’islam politique comme solution aux problèmes du pays, à se détourner du projet islamiste et de son représentant politique, Ennahdha .

La large coalition qui s’est formée pour contester le leadership de l’islam politique , et le consensus qu’elle a trouvé autour du programme commun ( dissolution de l’ANC , désignation d’un gouvernement de compétences , révision des nominations faites sur la base de l’allégeance et dissolution des LPR ), semblent résoudre un problème pour la pensée stratégique pour en créer un autre de taille . Car la facilité avec laquelle s’est formée cette large coalition a montré le chemin de sortie de la crise , mais a placé la pensée stratégique dans l’obligation d’esquisser les contours de l’enjeu s’y rapportant , à savoir , comment réaliser ce projet qui fera avancer la Tunisie sur la voie n de la stabilité ,de la concorde , de la démocratie et du développement , avec le moins de dégâts et de dommages collatéraux , en d’autres termes, avec le coût le moins élevé possible .

La condition nécessaire pour réaliser cet objectif est que la direction d’Ennahdha renonce , de plein gré , à son projet hégémonique et admet l’idée de redevenir une force politique de taille moyenne ( avec une base électorale entre 20 et 30% ) qui sera partie prenante dans le jeu politique des alliances , mais qui ne peut en aucun cas prétendre au statut de première force politique ayant un programme en poche à mettre en œuvre, en faisant fi des spécificités du pays et des acquis de la société , comme on l’a vu depuis le 23 octobre 2011 .

Telle est la condition qui doit épargner au pays un redressement à coût très élevé . Mais il faut reconnaître que l’argumentaire des tenants de la ligne dominante chez Ennahdha ne vont pas dans cette direction. Ils ne cessent de parler de légitimité électorale qui les a mis sur le devant de la scène, de concordance entre l’orientation culturelle et idéologique de leur parti et la vocation arabo-musulmane de la société tunisienne, laissant entendre qu’ils ne vont pas lâcher prise. Leur approche, dangereusement négative, des mouvements de contestation qui s’élargissent et se radicalisent dans le pays , et le discours quasi belliciste qu’ils distillent à leur base militante , et à leurs alliés djihadistes à travers lequel ils énoncent qu’alternance ou renoncement au pouvoir veulent dire retour en prison , sont des indices qui révèlent que cette ligne dure ne reculera devant rien pour se maintenir au pouvoir .

Evidemment, le corps politique de l’islam politique est constitué également de militants qui tiennent compte de l’intérêt supérieur du pays, et savent lire la conjoncture de manière judicieuse. Pour aider à l’émergence d’une autre ligne au sein d’Ennahdha, il faut voir loin, patienter et rassurer. Et cette tâche incombe à l’opposition qui doit laisser à l’islam politique la place qui lui revient sur la scène publique, mais qui doit être vigilante à tout discours ou acte qui fait revivre le syndrome de l’après 23 octobre 2011.

Aboussaoud Hmidi

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Au tout début

Au tout début, on parlait de clivages politiques qui n’intéressaient que les élites, puis on est passé au vocable « polarisation » qui mobilisait de larges masses. Maintenant, on est en train d’assister à des affrontements qui trouvent des partisans bien décidés à aller loin.

La question que se posent les observateurs est très simple : comment en est-on arrivé là ?

En fait ,l’agenda du parti islamiste tunisien comportait deux aspects :primo ,transformer la société tunisienne et l’amener, au plus vite, à quitter son socle moderniste pour une société moyen-orientale où Ennahdha pourrait voir se réaliser son rêve de battre en brèche le projet de société Bourguibien qualifié par Rached Ghannouchi de pro-occidental . Secundo, empêcher toute alternance politique à brève et moyenne échéance de peur que cela ne retarde la réalisation de l’agenda islamiste en Tunisie .

L’échiquier politique tunisien, somme toute, mouvant et instable, doit être orienté pour servir ce double objectif. Pour que cela tienne, il faut une dose de violence et d’intimidation afin d’empêcher les Tunisiens à se dissocier du projet nahdhaoui même après les déboires du Gouvernement Jbali .

La violence doit être savamment orientée. Celle des Salafistes est destinée au petit peuple des cités populaires et des régions défavorisées où ils peuvent diffuser en catimini ou parfois à ciel ouvert, un islam rigoriste, avec des manières peu » pédagogiques ». Qu’à cela ne tienne, car le produit peut être récupéré et toiletté, par la suite, via des gens plus « modérés « .L’essentiel, c’est d’installer un islam en lieu et place du projet de société laïque.

Le second type de violence est confié aux Ligues de protection de la Révolution, qui est, lui, destiné aux intellectuels aux partis politiques qui ont « renié  » la Révolution ou sont en train de couvrir les RCDistes .

Le schéma était parfait, et le cycle de violence est bouclé (comme on boucle le schéma de financement d’un projet économique).Et à chacun des opposants à Ennahdha ,et accessoirement à la Troïka ,sa part de violence subie et le partenaire qui va avec .

Seulement ,l’attaque de l’Ambassade américaine, le 14 septembre 2012, a brouillé les cartes ,en neutralisant les Salafistes . C’est donc aux Ligues et à elles seules qu’il appartient d’accomplir la mission . Et c’est trop lourd pour eux . Ainsi s’est-il créé un déséquilibre qui a été à l’origine de tous les dérapages dont la mort tragique de Lotfi Naguedh , de l’attaque du siège de l’UGTT ,et de l’intrusion à l’ANC , pour ne citer que les cas les plus significatifs ..

Beaucoup de politiciens pensent que la situation a déjà commencé à se gâter, le 14 Juin 2012, au moment où les pouvoirs en place ont donné l’acte de naissance et le permis d’agir aux Ligues . Des recoupements indiquent qu’Ettakattol était le plus hésitant parmi les membres de la troïka ,mais, il laissait faire .

Les agissements de ces ligues – surtout à partir du 14 septembre dernier – ont vite éveillé les soupçons des observateurs ,mais l’argumentaire des tenants du pouvoir, généralement sans nuances n’est pas destiné à encadrer les comportements de ces ligues t les dissuader de commettre l’irréparable , mais à « expliquer » la logique de leurs actes , et montrer qu’elles n’ont jamais dépassé la ligne rouge eu égard de la loi et des intérêts de la Révolution .

L’agenda de la création et du déploiement de ces ligues répondait, à l’origine, à l’émergence du parti de Béji Caïd Essebsi, Nida Tounes, en vue de l’étouffer dans l’œuf et de déjouer toute velléité de le soutenir ou de collaborer avec lui ; mais lorsque Ennahdha et le CPR ont réalisé que leur entreprise avait échoué , et que le Nida est devenu incontournable ,ils ont commencé à paniquer et à élargir leurs cibles . Ils s’en sont ainsi pris à toutes les forces démocratiques dont l’UGTT . De ce fait , Ennahdha ,épaulée par un CPR en plaine déconfiture, et délaissée par l’autre allié Ettakattol qui apparemment ne se retrouvait plus dans cette logique suicidaire , n’a plus qu’à aller de l’avant dans ses menées contre tous ceux qui ne cadreraient pas avec sa vision des choses ou critiqueraint son action ,et ils sont légion .

Ces éléments retracent le processus du pourrissement du climat politique post-élections, mais ne parviennent pas à expliquer aux néophytes les objectifs escomptés par Ennahdha par ce processus. En d’autres termes, ils donnent une idée sur le comment mais pas sur le pourquoi.

Le pourquoi, on peut le chercher dans un autre registre, à savoir la conviction formée de façon quasi générale et irréversible en Tunisie , que le rendement d’Ennahdha, depuis le 26 décembre 2011, date de son accès au pouvoir ,est catastrophique sur les plans politique, sécuritaire, économique ; ce qui donne à penser que le prochain rendez-vous électoral va signer la chute politique d’Ennahdha et l’émergence d’autres forces politiques plus rompues à l’exercice du pouvoir et plus soucieuses de préserver le modèle de société et les acquis de la modernité auxquels les Tunisiens s’attachent . A Ennahdha, il ne reste plus qu’à bousculer les données de l’échiquier politique en injectant une dose plus élevée de violence dans la vie publique afin d’intimider les partenaires politiques ,et s’approprier le monopole de la révolution pour faire figure d’unique porte-étendard . Les Ligues de la Révolution sont là pour jouer ce double rôle. Et on les a vues agir sans balises ni garde- fous aux quatre coins du pays . L’affaire Lotfi Nagadh à Tataouine donne une idée sur la logique infernale engagée, et l’impunité dont jouissent ces Ligues qui s’arrogent indûment le droit de parler au nom des Tunisiens et de leur Révolution.

Les violences qui ont éclaté, le 4 décembre 2012 , place Mhammed Ali devant le siège de la centrale syndicale ,l’irruption d’un groupe de ces Ligues dans l’enceinte de la constituante en pleine séance plénière, le même jour ,apparemment en coordination avec des députés Nahdhaouis, et les attaques perpétrées par ces intrus contre des députés de l’opposition ,montrent que ceux qui manipulent ces illuminés sont peu regardants sur les symboles. Seulement, les symboles de la Tunisie post- révolution reflètent le rapport de forces dans le pays : si l’ANC , théoriquement, source de toute légitimité , où Ennahdha a la majorité, a été bafouée sans que son Président, éminent membre de la troïka, ne trouve quoi dire, l’UGTT, forte de sa stature internationale et de son crédit auprès des forces de la Révolution du 14 Janvier 2011, ne peut être agressée impunément par ces Ligues si proches d’Ennahdha. La commission exécutive de l’organisation syndicale en a clairement apporté la démonstration, mercredi après-midi

Aboussaoud Hmidi

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Au tout début

Au tout début, on parlait de clivages politiques qui n’intéressaient que les élites, puis on est passé au vocable « polarisation » qui mobilisait de larges masses. Maintenant, on est en train d’assister à des affrontements qui trouvent des partisans bien décidés à aller loin.

La question que se posent les observateurs est très simple : comment en est-on arrivé là ?

En fait ,l’agenda du parti islamiste tunisien comportait deux aspects :primo ,transformer la société tunisienne et l’amener, au plus vite, à quitter son socle moderniste pour une société moyen-orientale où Ennahdha pourrait voir se réaliser son rêve de battre en brèche le projet de société Bourguibien qualifié par Rached Ghannouchi de pro-occidental . Secundo, empêcher toute alternance politique à brève et moyenne échéance de peur que cela ne retarde la réalisation de l’agenda islamiste en Tunisie .

L’échiquier politique tunisien, somme toute, mouvant et instable, doit être orienté pour servir ce double objectif. Pour que cela tienne, il faut une dose de violence et d’intimidation afin d’empêcher les Tunisiens à se dissocier du projet nahdhaoui même après les déboires du Gouvernement Jbali .

La violence doit être savamment orientée. Celle des Salafistes est destinée au petit peuple des cités populaires et des régions défavorisées où ils peuvent diffuser en catimini ou parfois à ciel ouvert, un islam rigoriste, avec des manières peu » pédagogiques ». Qu’à cela ne tienne, car le produit peut être récupéré et toiletté, par la suite, via des gens plus « modérés « .L’essentiel, c’est d’installer un islam en lieu et place du projet de société laïque.

Le second type de violence est confié aux Ligues de protection de la Révolution, qui est, lui, destiné aux intellectuels aux partis politiques qui ont « renié  » la Révolution ou sont en train de couvrir les RCDistes .

Le schéma était parfait, et le cycle de violence est bouclé (comme on boucle le schéma de financement d’un projet économique).Et à chacun des opposants à Ennahdha ,et accessoirement à la Troïka ,sa part de violence subie et le partenaire qui va avec .

Seulement ,l’attaque de l’Ambassade américaine, le 14 septembre 2012, a brouillé les cartes ,en neutralisant les Salafistes . C’est donc aux Ligues et à elles seules qu’il appartient d’accomplir la mission . Et c’est trop lourd pour eux . Ainsi s’est-il créé un déséquilibre qui a été à l’origine de tous les dérapages dont la mort tragique de Lotfi Naguedh , de l’attaque du siège de l’UGTT ,et de l’intrusion à l’ANC , pour ne citer que les cas les plus significatifs ..

Beaucoup de politiciens pensent que la situation a déjà commencé à se gâter, le 14 Juin 2012, au moment où les pouvoirs en place ont donné l’acte de naissance et le permis d’agir aux Ligues . Des recoupements indiquent qu’Ettakattol était le plus hésitant parmi les membres de la troïka ,mais, il laissait faire .

Les agissements de ces ligues – surtout à partir du 14 septembre dernier – ont vite éveillé les soupçons des observateurs ,mais l’argumentaire des tenants du pouvoir, généralement sans nuances n’est pas destiné à encadrer les comportements de ces ligues t les dissuader de commettre l’irréparable , mais à « expliquer » la logique de leurs actes , et montrer qu’elles n’ont jamais dépassé la ligne rouge eu égard de la loi et des intérêts de la Révolution .

L’agenda de la création et du déploiement de ces ligues répondait, à l’origine, à l’émergence du parti de Béji Caïd Essebsi, Nida Tounes, en vue de l’étouffer dans l’œuf et de déjouer toute velléité de le soutenir ou de collaborer avec lui ; mais lorsque Ennahdha et le CPR ont réalisé que leur entreprise avait échoué , et que le Nida est devenu incontournable ,ils ont commencé à paniquer et à élargir leurs cibles . Ils s’en sont ainsi pris à toutes les forces démocratiques dont l’UGTT . De ce fait , Ennahdha ,épaulée par un CPR en plaine déconfiture, et délaissée par l’autre allié Ettakattol qui apparemment ne se retrouvait plus dans cette logique suicidaire , n’a plus qu’à aller de l’avant dans ses menées contre tous ceux qui ne cadreraient pas avec sa vision des choses ou critiqueraint son action ,et ils sont légion .

Ces éléments retracent le processus du pourrissement du climat politique post-élections, mais ne parviennent pas à expliquer aux néophytes les objectifs escomptés par Ennahdha par ce processus. En d’autres termes, ils donnent une idée sur le comment mais pas sur le pourquoi.

Le pourquoi, on peut le chercher dans un autre registre, à savoir la conviction formée de façon quasi générale et irréversible en Tunisie , que le rendement d’Ennahdha, depuis le 26 décembre 2011, date de son accès au pouvoir ,est catastrophique sur les plans politique, sécuritaire, économique ; ce qui donne à penser que le prochain rendez-vous électoral va signer la chute politique d’Ennahdha et l’émergence d’autres forces politiques plus rompues à l’exercice du pouvoir et plus soucieuses de préserver le modèle de société et les acquis de la modernité auxquels les Tunisiens s’attachent . A Ennahdha, il ne reste plus qu’à bousculer les données de l’échiquier politique en injectant une dose plus élevée de violence dans la vie publique afin d’intimider les partenaires politiques ,et s’approprier le monopole de la révolution pour faire figure d’unique porte-étendard . Les Ligues de la Révolution sont là pour jouer ce double rôle. Et on les a vues agir sans balises ni garde- fous aux quatre coins du pays . L’affaire Lotfi Nagadh à Tataouine donne une idée sur la logique infernale engagée, et l’impunité dont jouissent ces Ligues qui s’arrogent indûment le droit de parler au nom des Tunisiens et de leur Révolution.

Les violences qui ont éclaté, le 4 décembre 2012 , place Mhammed Ali devant le siège de la centrale syndicale ,l’irruption d’un groupe de ces Ligues dans l’enceinte de la constituante en pleine séance plénière, le même jour ,apparemment en coordination avec des députés Nahdhaouis, et les attaques perpétrées par ces intrus contre des députés de l’opposition ,montrent que ceux qui manipulent ces illuminés sont peu regardants sur les symboles. Seulement, les symboles de la Tunisie post- révolution reflètent le rapport de forces dans le pays : si l’ANC , théoriquement, source de toute légitimité , où Ennahdha a la majorité, a été bafouée sans que son Président, éminent membre de la troïka, ne trouve quoi dire, l’UGTT, forte de sa stature internationale et de son crédit auprès des forces de la Révolution du 14 Janvier 2011, ne peut être agressée impunément par ces Ligues si proches d’Ennahdha. La commission exécutive de l’organisation syndicale en a clairement apporté la démonstration, mercredi après-midi

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