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Rainer Krischel

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Rainer Krischel

Rainer Krischel, directeur résident du Bureau GIZ en Tunisie a appelé les autorités à faciliter davantage les procédures administratives afin d’inciter les investisseurs à s’implanter dans le pays, affirmant que garantie de la stabilité est une condition incontournable pour réussir le processus transitionnel. Interview

Quel est l’état de lieu des projets lancés par la GIZ en Tunisie ?

Avant de commencer, il est utile de mettre l’accent sur le rôle stratégique joué par la GIZ en Tunisie. En effet, c’est une organisation relevant du gouvernement allemand et les projets programmés sont négociés entre le gouvernement tunisien et son homologue allemand.

A travers l’examen et le traitement des dossiers, notre mission consiste à donner des conseils et à aider les autorités à mettre en place les projets adéquats.

Pouvez-nous donner quelques chiffres sur vos concours en Tunisie ?

Depuis l’avènement de la révolution, le travail consiste à la création de 35 projets. Ces projets concernent également la gestion durable des ressources naturelles où l’objectif s’articule autour de la garantie d’une meilleure gestion des déchets, une réduction des émissions de gaz à effet de serre ainsi que la gestion durable des ressources naturelles.

A travers les projets créés, 48250 élèves de 386 écoles ont participé au programme d’éducation environnementale offert par l’enviromobile depuis 2008. 17 communes sont en train d’élaborer ou mettre en œuvre leur plan communal de gestion des déchets. Utile de noter que l’accès au marché carbone a permis une réduction des émissions d’environ 600000t CO2/an.

D’autres projets touchent le développement économique et la promotion de l’emploi. Notre but est l’amélioration de l’accès au financement pour les personnes, micro-entreprises et PME tout en donnant la chance pour un emploi salarié ou indépendant via une des actions de formation et d’information dédiées aux jeunes. Ajoutons à cela le renforcement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique des entreprises dans les zones industrielles à travers l’amélioration de leurs aménagements, de leur gestion et de l’offre de service afin de promouvoir l’investissement local et étranger.

L’accent a été mis après la révolution sur d’autres thèmes stratégiques, notamment le développement régional où les efforts se poursuivent pour renforcer davantage les structures communales et la démocratie locale et appuyer les acteurs décentralisés en matière de planification régionale de l’environnement et du développement durable.

S’agissant du coût ?

Ces 35 projets sont gérés par une équipe composée de 35 experts internationaux et une centaine d’experts nationaux. Le budget consacré à ce programme est estimé à 25 millions d’euros.

Qu’en est-il alors du taux d’avancement de ces projets ?

Malgré le climat fragile qui affecte la Tunisie, on est en bonne concertation avec le gouvernement tunisien et on ne peut pas se plaindre de nos partenaires essentiellement les ministères de l’environnement, de l’agriculture, de l’industrie ainsi que d’autres acteurs.

Donc, on peut affirmer que la création de ces projets avance à pas sûrs et nous sommes confiants que les objectifs fixés seront atteints. A titre d’exemple, des milliers de postes d’emploi sont créés dans le domaine des énergies renouvelables (entre des techniciens et des mécaniciens). C’est un indice encourageant puisqu’on essaye de promouvoir l’emploi des jeunes avec une approche globale qui réunit à la fois les acteurs du marché et les chômeurs.

Pas de contraintes relevées ?

Les problèmes administratifs comme l’acquisition des matériels (les voitures, par exemple) figurent parmi les soucis préoccupants qu’on espère régler dans les brefs délais.

Au niveau régional, on attend toujours une politique concertée et claire en ce qui concerne la régionalisation et la décentralisation, deux principaux objectifs dans les prochaines années.

Avez-vous des reproches par rapport à la politique menée par le gouvernement tunisien ?

La politique n’est pas mon métier, mais je vous assure que le pays est sur la bonne voie, et ce malgré le climat délicat qui règne en Tunisie.

Que faut-il faire pour rassurer les investisseurs afin qu’ils s’implantent dans les différentes régions du pays ?

Aujourd’hui, la première priorité devrait être donnée à la sécurité. C’est une condition sine qua non pour regagner la confiance du peuple, mais aussi de tous les acteurs, partenaires et surtout les entrepreneurs désireux de s’implanter dans le pays de jasmin.

C’est important pour convaincre les nouveaux investisseurs pour qu’ils investissent en Tunisie au lieu d’aller chez d’autres pays concurrents à l’instar du Maroc.

Outre l’instauration de la stabilité, l’accélération des procédures administratives figure parmi les autres priorités que le gouvernement tunisien doit prendre en considération.

En tant qu’experts étrangers, nous demandons la révision de ces procédures, jugées complexes et lentes. D’ailleurs, on a essayé d’aider les autorités tunisiennes à travers la création des guichets uniques dans plusieurs régions du pays. On cite ceux de Menzel Bourghuiba, Ben Guerdane, Gafsa, Jendouba, Djerba, Kasserine, Monastir, Siliana, Sousse.

Votre stratégie pour la période à venir ?

Le travail en Tunisie est un rêve pour nous. Ses atouts (proximité de l’Europe et une main d’œuvre qualifiée) nous donnent l’espoir de coopérer avec d’autres pays voisins et ceux subsahariens. On peut assurer qu’il y a un potentiel à accroître tout en promouvant une coopération avec les pays de Sud. C’est un marché à forte valeur ajoutée pour la Tunisie.

Pour ce faire, il faut entrer en dialogue avec les représentants de ces pays, étudier les possibilités du partenariat avec au lieu de les laisser aux mains des Chinois. D’ailleurs, la Tunisie peut énormément exploiter le savoir-faire en matière d’énergie renouvelable et d’industrie alimentaire.

Mot de la fin ?

La Tunisie dispose d’un potentiel important de jeunes qualifiés. Avec cet atout, elle pourrait prendre pied en Libye et dans d’autres pays. Mot clé, tous les Tunisiens devraient se mettre en travail pour que le processus transitionnel réussisse.

Wiem Thebti

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