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On croyait que la République Démocratique du Congo (RDC) en avait fini avec la crise politique, émaillée par des affrontements sanglants, mais c’était sans compter sur les tours de passe-passe et atermoiements du pouvoir en place. Ce dernier vient de remettre en cause l’accord arraché aux forceps par les évêques catholiques et signé par l’opposition et le régime le 31 décembre 2016. Le président Joseph Kabila, par qui la crise est arrivée – du fait de son entêtement à briguer un 3ème mandat, alors que la Constitution les limite à 2 -, a sorti un autre lapin de son chapeau en conditionnant la reconnaissance de cet accord par le renouvellement, par ses soins, du statut accordé aux évêques pour conduire les négociations, rapporte l’AFP.

Alors que les évêques catholiques avaient bouclé leur mission et ont invité hier mardi 03 janvier 2017 le pouvoir et l’opposition à soumettre aujourd’hui les critères pour nommer le Premier ministre, des membres du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA), la taille de la formation gouvernementale et la répartition des tâches durant la transition, patatras, Aubin Minaku, secrétaire général de la Majorité présidentielle et président de l’Assemblée nationale, déclare ceci : « Les évêques doivent d’abord présenter le rapport (au sujet de l’accord, ndlr) au président de la République et celui-ci devra reconfirmer dans son pouvoir discrétionnaire le mandat des évêques et le préciser pour la suite ». Une belle pirouette, aux conséquences potentiellement dangereuses pour un pays au bord du précipice.

Minaku est formel : Pas question pour l’actuelle majorité d’avaliser l’application d’un quelconque accord sans le feu vert formel de Kabila. « C’est le moment de respecter les prérogatives du président de la République, la Constitution et les institutions de la RDC », a-t-il martelé.

L’homme d’affaires Moïse Katumbi, un des plus farouches opposants de Kabila, actuellement en exil, est immédiatement monté au front pour dénoncer des manoeuvres visant à torpiller l’accord qui stipule que le président Kabila peut garder son fauteuil jusqu’à l’élection, à laquelle il ne prendra pas part, à la fin de cette année. « Nul retard volontaire, nul subterfuge, nul blocage ne seront tolérés dans l’application de l’accord », a dit Katumbi dans un communiqué.

L’Organisation internationale de la Francophonie a mis son grain de sel dans cette agitation qui porte tous les germes de la déstabilisation de toute la région. La Secrétaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean, dans un communiqué, invite « tous les acteurs congolais (…) à tout mettre en œuvre pour sauvegarder les acquis de cet accord et s’engager résolument en faveur d’une transition politique pacifique et démocratique ».

Pour rappel, cet accord, qui a nécessité deux semaines d’intenses pourparlers, a permis d’éloigner le spectre d’affrontements meurtriers suite à la décision de Kabila de rester au pouvoir après l’expiration de son mandat, le 20 décembre 2016, alors que l’opposition a battu le pavé pour exiger qu’il déguerpisse. Le subterfuge de l’actuel président, qu’on redoutait, est en passe de faire exploser le fragile accord…

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La fête de Noël a été sanglante à Eringeti, localité nichée dans le « triangle de la mort » du Nord-Kivu, dans l’est de la République Démocratique Congo, une région où, comme on le sait, les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) font la loi. D’après les autorités locales de Beni, 22 personnes ont été massacrées, à la machette, durant le week-end de Noël. Elles viennent s’ajouter aux 700 morts suite aux terribles incursions des rebelles depuis octobre 2014.

Le premier jour, le samedi 24 décembre 2016, « ils ont tué 10 civils », a confié Amisi Kalonda, administrateur du territoire de Beni, qui pointe du doigt les rebelles de l’ADF. Hier dimanche, toujours selon lui, « 12 autres corps ont été retrouvés dans des villages environnants » par l’armée, qui était aux trousses des assaillants.
«Le mode opératoire, c’est toujours le même » : Les victimes ont été exécutées « à l’arme blanche et à la machette».

Teddy Kataliko, président de la Société civile du territoire de Beni, coalition d’associations locales, après avoir confirmé le sombre bilan de l’administrateur, a fait part de son désarroi : « Nous ne comprenons pas » cette violence. Il a ajouté : « Nous ne savons plus à quel saint nous vouer ».
Un prêtre du diocèse catholique de Beni-Butembo a avancé un bilan plus lourd, «27 morts» ; il a aussi évoqué l’effroi créé au sein la population par cette attaque, en pleine ferveur religieuse, poussant certains citoyens à fuir. « Le bilan macabre est en train d’évoluer […] au fur et à mesure qu’on découvre des corps dans la forêt » aux environs de la ville, a-t-il indiqué.

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Peut-être la fin des tensions et des heurts sanglants en République Démocratique du Congo (RDC), sur fond d’obstination de l’actuel président, Joseph Kabila, à se cramponner au pouvoir malgré le couperet constitutionnel qui lui interdit de briguer un troisième mandat. Après d’âpres négociations, sur plusieurs mois, la conférence épiscopale de la RDC est parvenue à arracher un accord politique entre le pouvoir et l’opposition hier jeudi 22 décembre 2016 dans la soirée, rapporte Africanews.

Il est convenu que Kabila lâche son fauteuil à la fin de 2017, quoi qu’il se passe. Pour rappel, le précédent accord, sous la houlette du médiateur de l’Union africaine, Edem Kodjo, stipulait que le président partirait en avril 2018, après la tenue des élections, auxquelles, bien entendu, il ne prendrait pas part. C’est cet accord qui avait permis à Kabila de bomber le torse et de mener la vie dure à ses opposants. Il semble qu’on lui ait retiré le tapis sous le pied, même si théoriquement il a encore le temps de voir venir avant de rendre son tablier…

Autre point de l’accord paraphé par les parties en conflit, et non des moindres : Interdiction formelle de tripatouiller la Constitution pour permettre à Kabila de lorgner un autre mandat. Par ailleurs il devra s’accommoder d’un nouveau Premier ministre, issu des rangs de l’opposition pilotée par l’intraitable Etienne Thisekedi.
D’ailleurs ce dernier veillera personnellement sur l’application de l’accord. A noter que le porte-parole du gouvernement n’a pas souhaité s’exprimer sur les termes de ce document…

Le texte passe ce matin entre les mains des parlementaires, pour une adoption en plénière dans la foulée. La signature officielle est programmée cet après-midi même.

Rappelons que le mandat de Kabila a expiré depuis le mardi 20 décembre 2016 et il était censé faire place nette à cette date, mais tout ce qu’on a vu c’est un déploiement impressionnant de forces de l’ordre qui s’en sont prises aux protestataires : Bilan 34 personnes tuées. A moins que le président sorte un autre lapin de son chapeau dans quelques semaines ou mois, le pays en a terminé avec ces épisodes sanglants, grâce à cet accord…

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Bloomberg, une agence de presse américaine spécialisée dans les dossiers économiques, s’est penchée sur les affaires très florissantes du président congolais, Joseph Kabila et sa famille. L’enquête, qui a été mise sur la place publique hier jeudi 15 décembre 2016, fourmille de détails sur le gros business des Kabila. Le travail, qui a pris un an, a été fait par trois journalistes ; ils sont rentrés dans les arcanes du système de la famille présidentielle, grâce à plusieurs dizaines d’entretiens et des « milliers de documents d’entreprises et de documents judiciaires ».

D’après ce rapport fracassant, qui confirme des informations déjà ébruitées par le magazine Forbes, « les Kabila ont bâti ensemble un réseau d’entreprises qui s’étend dans tous les secteurs de l’économie congolaise et qui a rapporté des centaines de millions de dollars à leur famille (…). Depuis 2003, la famille Kabila a mis en place un réseau international d’affaires avec des participation dans 70 entreprises au moins ». Bloomberg précise que Kabila, son épouse, ses deux enfants et huit de ses frères et sœurs sont derrière « plus de 120 permis d’extraction d’or, de diamants, de cuivre, de cobalt et d’autres minerais » en RDC.

Mais l’appétit des Kabila ne s’arrête pas là, ils auraient également mis le grappin sur « la banque, l’agriculture, la distribution de carburant, le transport aérien, la construction de route, l’hôtellerie, la fourniture de produits pharmaceutiques, le secteur des agences de voyages, le commerce et les boîtes de nuits », indiquent les auteurs de l’enquête. Ces entreprises, d’après eux, opèrent au Congo, mais également aux États-Unis, à Panama, en Tanzanie et sur l’île de Niue, un paradis fiscal notoire du Pacifique. Bref, c’est un véritable empire que les Kabila se sont bâti là ! De manière illicite, bien entendu, la moindre des entorses étant un énorme conflit d’intérêt…

D’après Bloomberg, tout ce système économique très juteux « pourrait aider à comprendre la raison pour laquelle le président (congolais) ignore les appels des États-Unis, de l’Union européenne et d’une majorité de Congolais à rendre son pouvoir la semaine prochaine », comme le lui dicte la Constitution, au terme de son deuxième mandat. Mais Kabila traine les pieds et n’hésite pas à faire preuve de poigne, sanglante, pour tenir en respect l’opposition.

La RDC, comme on le sait, est assise sur d’immenses richesses minières, mais l’écrasante majorité de la population – près de 90% – ne voit pas la couleur de cette fortune brassée par les autorités et se contente de moins de 1,25 dollar par jour, d’après l’ONU.
L’actuel président a pris les rênes du pays après le meurtre de son père, Laurent-Désiré Kabila, un chef rebelle qui a poussé à l’exil le dictateur Mobutu Sese Seko, en mai 1997, et a pris sa place. Joseph Kabila a joué le jeu de la démocratie en 2006 et a été élu ; il a même été réélu en 2011, mais cette fois avec des soupçons, et même plus, de fraudes massives. Il est censé rendre le pouvoir ce 20 décembre, mais les bruits de botte qu’on entend dans le pays font penser qu’il va garder son fauteuil, par la force…

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Première conséquence des accords pour pacifier la République Démocratique du Congo, après les émeutes suite à la décision du pouvoir de différer l’organisation des élections générales :  Le Premier ministre, Augustin Matata, en poste depuis avril 2012, rend son tablier. Il a déclaré ce lundi 14 novembre que par ce geste il entend laisser le champ de libre à un chef de gouvernement désigné par l’opposition, en accord avec le texte paraphé récemment sur le report à 2018 de la présidentielle, rapporte l’AFP.

“J’ai déposé ma démission du Premier ministre ainsi que des membres de mon gouvernement (…) pour répondre à l’esprit et à la lettre de l’accord” conclu avec une aile minoritaire de l’opposition, a indiqué l’ancien ministre des Finances au terme d’un entretien avec le président Joseph Kabila.

Reste l’autre gros dossier qui fait bondir l’opposition : La candidature de Kabila, alors que la Constitution le lui interdit formellement après ses deux mandats…

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Les autorités congolaises sont dans le collimateur de l’ONU, suite à la répression sanglante d’une manifestation de l’opposition qui a fait des dizaines de morts dernièrement. La haute commissaire adjointe aux droits de l’homme à l’ONU, Kate Gilmore, a demandé hier mardi 27 septembre l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités dans les violences qui ont émaillé les manifestations en République démocratique du Congo. « Une enquête indépendante, transparente et crédible est nécessaire pour traduire en justice les auteurs et les instigateurs des violences », a-t-elle précisé lors d’une réunion à Genève.

Un vrai carnage

Les 19 et 20 septembre derniers, une manifestation des opposants du président Joseph Kabila avait été sévèrement réprimée par les forces de l’ordre. 32 personnes avait été tuées à Kinshasa d’après la police, 50 à 100 selon l’opposition. Les choses avaient dégénéré suite à une marche de l’opposition dans la capitale pour dénoncer le fait que Kabila traine des pieds pour organiser l’élection présidentielle. Les opposants avaient réclamé son départ au plus tard le 20 décembre 2016.
D’après Mme Gilmore, les heurts ont causé la mort de 49 civils et 127 blessés, des drames provoqués « semble-t-il par la Garde républicaine, l’armée et la police ». Quatre policiers avaient également trouvé la mort, selon l’ONU.

Le pays tangue depuis la réélection houleuse de Joseph Kabila en 2011, après un scrutin émaillé par des fraudes massives. Depuis les opposants de Kabila le harcèlent, le soupçonnant de tout faire pour se cramponner au pouvoir, et même de nourrir le projet de piétiner la Constitution qui lui interdit formellement de briguer un autre mandat, limitation oblige. Ce qui conforte l’opposition dans cette idée, c’est que que le pouvoir n’a fixé aucun calendrier pour la prochaine présidentielle ; quant au dialogue national pour ramener le calme dans le pays, il n’a pas avancé d’un iota…

Le gouvernement argumente, très mollement et inquiète…

Face à la bronca de l’opposition, le moins qu’on puisse dire est que le pouvoir se défend très mollement, et surtout n’émet aucun signal rassurant. « Je peux vous confirmer qu’il n’est pas question de violer la Constitution », a argué hier mardi Alexis Thambwe Mwamba, le ministre congolais de la Justice et des droits humains, devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève. « L’élection sera organisée », a-t-il poursuivi, et la date sera déterminée en partenariat avec « les organismes internationaux, dont les Nations unies ». Point barre. Aucune estimation sur la date probable de ce scrutin.
Pour Mme Gimore, les choses sont claires : « Une crise à grande échelle couve ». Elle a appelé tous les acteurs à faire « preuve de volonté politique » pour éviter que le pays sombre dans le chaos. Pour le moment elle prêche dans le désert…

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Le bilan des heurts entre les forces de sécurité et des habitants du Kananga, dans le centre de la République démocratique du Congo, jeudi et vendredi derniers, s’est considérablement alourdi. Alors qu’on évoquait une dizaine de morts, des sources concordantes parlent désormais d’une centaine de victimes au moins, dont huit soldats, rapporte Jeune Afrique hier dimanche 25 septembre 2016.

Les affrontements sont nés de la tentative des partisans d’un chef coutumier, Kamwena Nsapu, abattu en août 2016, de prendre le contrôle de l’aéroport de la ville. Ils ont pris d’assaut l’aéroport de Kananga, et sont même parvenus à l’occuper « au moins pendant plusieurs heures vendredi » ; une hôtesse de la compagnie aérienne nationale Congo Airways a été tuée. Puis les forces de sécurité, stationnées dans la ville voisine de Mbuji-Mayi, ont débarqué et ont chassé les assaillants…

Ce lourd bilan a été confirmé, sous couvert de l’anonymat, par un membre du cabinet du gouverneur de la province du Kasaï-Central, dont Kananga est la capitale. La même personne avait signalé le premier bilan de « 40 assaillants miliciens et 7 militaires tués » plus tôt dans la journée.

La plupart des morts sont des partisans du chef Kamwena Nsapuont ; une quarantaine, nous dit-on, ont trouvé la mort le jeudi 22 septembre 2016. Mais la journée de vendredi a été la plus sanglante avec une soixantaine d’assaillants abattus par les forces de sécurité, a déclaré un prêtre de l’archidiocèse de Kananga, corroborant ainsi le chiffre avancé par la première source.
Un autre religieux de Kananga parle de « plus de cent corps entassés les uns sur les autres sous forme de monticule », le nombre de corps qu’il a « vus au loin » aux abords de l’aéroport. Il indique que de nombreux chrétiens qui ont déserté la zone lui « ont dit la même chose ». Le gouverneur du Kasaï central quant à lui n’a pas dit un mot sur le carnage…

Un temps silencieux sur la question, le président de la République a été contraint de « dépêcher le vice-Premier ministre de l’Intérieur à Kananga depuis samedi pour comprendre pourquoi il y a eu autant de personnes tuées dans cette opération », a confié une source gouvernementale.

Des témoins ont fait état d’une accalmie dans la région depuis vendredi en fin d’après-midi…

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Il y a eu de nombreux morts les jeudi 22 et vendredi 23 septembre 2016 dans des heurts à Kananga, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), où des fidèles d’un chef coutumier abattu en août dernier par les forces de l’ordre s’en sont pris à l’aéroport, ont confié  des sources concordantes à Jeune Afrique.

« Il y a eu du grabuge à Kananga, mais le calme est revenu en fin d’après-midi », a pour sa part indiqué Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, sans donner plus de détails sur le nombre de victimes. Mais des bilans contradictoires recueillis par l’AFP font état au moins de dix morts, voire plusieurs dizaines.

« Nous avons enregistré sept morts du côté de l’armée et 40 dans les rangs des assaillants, miliciens du chef Kamwena Nsapu », a affirmé, sous le couvert de l’anonymat, un membre du cabinet du gouverneur de la province du Kasaï-Central, dont Kananga est la capitale.

Relancé sur ce bilan de plusieurs dizaines de tués, M. Mende a lâché : « Le calme est revenu, peut-être à ce prix-là. Nous sommes en réunion d’évaluation pour faire toute la lumière sur cette affaire ».

D’après une source militaire occidentale, « il y a eu certainement plus de dix morts, mais on est en-dessous de vingt »…

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Jusqu’à 50 personnes ont été tuées à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, dans des manifestations de masse contre le président Joseph Kabila qui ont fini par dégénérer, rapporte ce mardi 20 septembre la chaîne de télévision « RT ».

Les manifestations contre Joseph Kabila, qui ont rassemblé des milliers d’individus dans les rues de la capitale, ont débouché sur de violents affrontements entre la police et les forces de sécurité.

Des ONG ont accusé la police d’avoir utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants avant d’ouvrir le feu à balles réelles. Des manifestants ont mis le feu à des véhicules et installé des barricades dans les rues.

Les forces de l’ordre du pays ont elles aussi été victimes de ces débordements. Un policier a été ainsi été immolé par une foule en colère, en représailles de la fusillade, a ajouté la même source.

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Deux policiers et deux civils ont été tués lors des manifestations organisées ce lundi à Kinshasa et dans d’autres villes de la République démocratique du Congo (RDC), a appris BBC Afrique auprès du porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

Les policiers ont été brûlés vifs, et les civils tués faisaient partie des manifestants, a précisé M. Mende.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées. Parmi elles se trouvent deux députés de l’opposition, dont Martin Fayulu.

L’opposition congolaise a organisé des rassemblements dans plusieurs villes du pays, ce lundi, pour exiger l’organisation de l’élection présidentielle en novembre, comme le prévoit la Constitution.

Mais le scrutin présidentiel ne peut pas avoir lieu avant la fin de l’année, selon les leaders de la majorité au pouvoir et les responsables de la commission électorale nationale.

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Les négociateurs du « dialogue national » en République démocratique du Congo ont finalement trouvé un accord. Selon des informations rapportées par la chaîne BBC Afrique, cet accord vise à poursuivre le dialogue national inclusif : élections présidentielle, législatives nationales et provinciales.

A noter que lundi dernier, la frange de l’opposition présente au dialogue avait suspendu sa participation après l’insistance du pouvoir de tenir d’abord les élections locales alors que la crise actuelle en RDC est suscitée par l’impossibilité d’organiser la présidentielle avant la fin de cette année, le 19 décembre précisément, comme l’exige la Constitution de la RDC.

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Est-ce le retour aux méthodes bien connues sur le continent africain pour disqualifier les opposants les plus dangereux ? Il est permis de se poser cette question quand on voit les ennuis qui pleuvent sur la tête du richissime businessman Moïse Katumbi depuis qu’il a annoncé sa candidature à la présidentielle congolaise. Ce lundi 09 mai 2016, il fera face au juge suite à des accusations de recrutement de mercenaires.

Katumbi, 51 ans, ex-gouverneur de l’ancienne province du Katanga (sud-est) et président du célèbre club de football TP Mazembe, ets convoqué à 10h00 locales (08h00 GMT) au parquet général de Lubumbashi (sud-est), capitale du Katanga, pour une audition. Ses partisans parlent de « manoeuvres » du régime pour lui barrer la route de la compétition électorale où, d’après les échos qu’on en a, il a toutes ses chances.

Il faut dire que le climat politique ambiant est électrique en République démocratique du Congo (RDC) depuis que l’opposition nourrit le soupçon que les autorités veulent tout bonnement ajourner le scrutin présidentiel, programmé fin novembre 2016. Le président en place, Joseph Kabila, chercherait ainsi, d’après ses opposants, à gagner du temps pour trouver une pirouette face au couperet de la Constitution qui lui interdit de se représenter après deux mandats successifs (il a été élu en 2001). Une large frange de l’opposition n’hésite pas à parler de « manoeuvres » du président pour se cramponner au pouvoir.

Un dossier cousu de fil blanc

Le gouvernement congolais avait annoncé en grande pompe le 24 avril dernier qu’il a mis la main sur quatre gardes du corps de Katumbi dont un Américain lors d’un rassemblement contre le pouvoir à Lubumbashi. Mercredi dernier, le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, avait fait savoir qu’il allait diligenter une enquête sur « le recrutement de mercenaires » étrangers, dont des Américains, de mèche, d’après lui, avec l’homme d’affaires. Ce dernier était alors sorti de ses gonds pour dénoncer un « mensonge grotesque » et de « basses manoeuvres du pouvoir » pour lui « nuire » à quelques mois des élections.

Katumbi, pour braver encore plus le pouvoir, avait réitéré ce même jour sa candidature à la présidentielle. Il a affolé davantage le camp présidentiel en annançant que trois partis de l’opposition congolaise étaient derrière lui.
Pour rappel, Katumbi a rejoint avec armes et bagages l’opposition en septembre après avoir avoir mis fin à ses fonctions de gouverneur et claqué la porte du parti présidentiel. Déjà très populaire au Katanga où il a un crédit politique très solide pour sa gestion des affaires publiques, sa renommée s’est rapidement propagée dans le pays, au point qu’il est devenu le plus grand rival du président Kabila pour la prochaine présidentielle. Cela explique peut-être la nervosité des partisans de Kabila en ce moment et leur empressement à mettre Katumbi entre quatre murs pour un bon bout de temps.

Les Partisans de Katumbi ne lâchent rien

« M. Katumbi, qui aspire à devenir le magistrat suprême de la RDC, ne peut pas s’extraire de la justice, il va se présenter au parquet (…) car il n’a rien à cacher », a confié hier dimanche à l’AFP Olivier Kamitatu, porte-parole du G7, une coalition de sept partis d’opposition qui appuie la candidature du businessmen.
Kamitatu a déclaré que Katumbi est même « devenu un homme à abattre », avant d’ajouter : « Il en est conscient mais il est d’abord et avant tout un citoyen honnête et droit qui ne s’est jamais placé au-dessus des lois de son pays ».

Le porte-parole pointe du doigt les « risques d’instrumentalisation de la justice ». M. Katumbi a appelé « à l’implication de la communauté internationale pour garantir la neutralité et l’impartialité dans l’enquête », a-t-il dit.
Dans la foulée de son annonce de candidature à la présidentielle, Katumbi avait fait savoir qu’il a saisi la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) pour demander une « protection », s’estimant « en danger ». Il  a également déclaré que des proches ont été placés en détention ces deux dernières semaines…

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Face à une économie africaine caractérisée par une forte confusion entre RSE et philanthropie des dirigeants

Très souvent, ce sont des voix occidentales qui viennent troubler le long fleuve tranquille des chefs d’Etat africains, qui ont une fâcheuse tendance à rester ad vitam eternam au pouvoir. Récemment, c’était au tour de l’indéboulonnable président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, de subir les foudres de Paris et de Washington, qui l’ont sommé de songer sérieusement à réunir les conditions d’une alternance démocratique, après deux mandats. Requête à laquelle les autorités congolaises ont répondu de manière véhémente hier vendredi 12 février, en dénonçant les « habitudes insensées et surannées » de l’Elysée et de la Maison Blanche. Vous l’avez compris, Kabila a envoyé promener la France et les USA, comme l’a fait avant lui le président du Rwanda, Paul Kagamé. L’heure de la révolte a sonné !

Certes leurs ainés répliquaient aux Occidentaux de manière plus feutrée, plus démocratique, mais le résultat était le même : Des règnes interminables qui battent tous les records de longévité de la planète.

Washington n’y est pas allé de main morte !

« [L’année 2016] déterminera si la RD Congo tirera profit des gains importants de la décennie précédente […], ou si elle déviera de son cap en risquant de sombrer à nouveau dans le conflit et le sous-développement ». Ces propos alarmants sont de Thomas Perrielo, envoyé spécial des USA dans la région des Grands Lacs, devant la commission sénatoriale américaine des Affaires étrangères le 10 février 2016. L’émissaire américain met en exergue l’éventualité d’un soulèvement violent si Kabila s’amusait à tripatouiller la Constitution, un vrai sport en Afrique, pour tenter d’aller au-delà de son deuxième et dernier mandat, qui expire à la fin de cette année. M. Perrielo parle d’«efforts déployés par le gouvernement Kabila pour fermer l’espace civique et reporter le début des préparatifs de scrutin font craindre que Kabila ait l’intention de s’accrocher au pouvoir».

S’il venait à l’idée au président congolais de marcher sur les pas de Mobutu Sese Seko, que d’ailleurs son père, Laurent-Désiré Kabila, a chassé du pouvoir en 1997 après 32 ans de règne absolu, alors les citoyens congolais auraient du souci à se faire.

L’envoyé spécial américain met quand même un bémol en déclarant que le gouvernement congolais n’a « pas encore franchi le point de non-retour » et que « des élections opportunes et crédibles conformes à la Constitution de la RDC sont encore possibles ». Il a ajouté que le véritable frein à l’organisation d’élections d’ici fin 2016 est plus de nature politique que technique.
Linda Thomas-Greenfield, secrétaire d’État adjointe chargée des Affaires africaines pour les USA, verse moins dans l’optimisme et propose déjà des sanctions si le scrutin présidentiel ne se tient pas dans la fourchette fixée par la Constitution de la RDC.

Le mauvais exemple rwandais

Le coup de sang des autorités congolaises intervient deux mois à peine après la passe d’armes entre l’administration américaine et la présidence rwandaise, pour les mêmes raisons. L’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, avait demandé ouvertement à Kagamé de se garder de lorgner vers un troisième mandat et que « personne n’était indispensable ». Tacle auquel le chef de l’État rwandais avait vertement répondu le 03 décembre dernier en demandant aux Américains de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de son pays.

Il est vrai que Kagamé, justement pour échapper à ce genre d’attaque, qui était prévisible, avait pris soin de bien bétonner son dossier. D’abord il y a le fait que qu’il ait sorti le pays d’une effroyable et meurtrière guerre civile ; ensuite il y a son éclantate réusssite sur le plan économique, dans l’environnement (la capitale du Rwanda, Kigali, est la plus propre d’Afrique), etc. Les citoyens rwandais seraient tellement satisfaits de leur président qu’environ 3,7 millions de personnes auraient signé des pétitions qui circulaient dans tout le pays pour exiger de Kagamé qu’il se maintienne au pouvoir pour garantir la bonne gouvernance. Le président s’est adossé sur cette prétendue popularité pour rétorquer aux Américains que seuls les citoyens pouvaient décider du destin du Rwanda.

Après les députés rwandais, les sénateurs ont embrayé en agréant la réforme de la Constitution, ouvrant un boulevard à Kagamé. Ainsi va l’Afrique…

S.L.

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