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Jamais la vie politique tunisienne n’avait atteint un tel degré de mesquinerie. Sept mois après les premières voix appelant à ce remaniement

Jamais la vie politique tunisienne n’avait atteint un tel degré de mesquinerie. Sept mois après les premières voix appelant à ce remaniement, la Tunisie du gouvernement d’Ennahdha en est toujours au point mort, politiquement, socialement et surtout économiquement. «Aux miroirs des défis qui se dressent, la Tunisie donne l’impression de prendre son temps», disaient à juste titre, depuis décembre dernier, les analystes de l’INS (Institut national de la statistique).

Au début, toute la classe politique tunisienne appelait à un remaniement qui élargirait la base politique gouvernante et donnerait aux principaux partis la nette impression qu’ils gouvernaient dans un pays où personne ne peut réellement se prévaloir de la Révolution. Toute la classe politique, sauf Ennahdha. On ne parlera pas du CPR qui est un simple implant islamiste dans un corps supposé être de gauche. On ne parlera pas non plus d’Ettakattol, qui est un corps politiquement amorphe.

Arrivée à une situation de cul-de-sac politique et à une situation de blocage économique et social, Ennahdha se décide enfin à évoquer la possibilité d’un remaniement. Elle ne se décidera à le faire qu’en janvier dernier.

– Des menaces de tous genres, mais personne ne passe à l’acte «دافنينو مع بعضنا»

Commencent alors les manœuvres politiciennes pour créer un nouveau blocage. C’est d’abord le CPR qui rompt le silence, pour menacer, en novembre dernier, de quitter la troïka. Le porte-parole du parti du président de l’ANC, profèrera cette même menace, un mois plus tard. Survient alors la demande, différente de l’annonce, de démission du Conseiller politique du chef du Gouvernement que le chef de son parti, Ennahdha, s’empressera de refuser. Tout cela, après que Hammadi Jbali a finalement annoncé son échec de pouvoir composer le gouvernement que les frères ennemis (Ennahdha, le CPR, Ettakattol et le reste de scène politique tunisienne) appelaient de leurs vœux.

Bien avant et comme s’il donnait le top départ, c’était le ministre nahdhaoui de la Justice transitionnelle, Samir Dilou, qui annonçait son départ du poste de porte-parole du gouvernement. Le CPR, qui a entretemps une nouvelle fois menacé de quitter la troïka, ne voulant pas être en reste, annonce la démission de l’avocat Samir Ben Amor de son poste de Conseiller de Moncef Marzouki. Moncef Marzouki à propos duquel les réseaux sociaux, où islamistes de tous bords sont passés maîtres, font circuler des informations sur une possible démission, finit par l’annoncer lui-même, samedi dernier, au congrès du CPR. Les mêmes informations, toutes aussi fallacieuses les unes que les autres, qui avaient circulé à propos d’une démission du chef du Gouvernement lui-même. Hammadi en avait parlé sans jamais passer à l’acte.

Force est cependant de constater que toutes ces démissions et toutes ces menaces de quitter la troïka, ne sont que de simples tentatives de pression, des uns sur les autres, chacun dans le sens de ses propres intérêts politiciens. Ni Ettakattol, ni le CPR et encore moins Ennahdha, n’ont jamais eu la ferme intention de quitter le gouvernail. Chacun connaît cela l’autre et aucun ne donnera du crédit aux déclarations de démission de l’autre. Deux proverbes tunisiens pourraient résumer tout cela. D’abord «Mimouna connaît Dieu et Dieu connaît Mimouna». L’autre proverbe tunisien est

« دافنينو مع بعضنا » (traduisez : «on l’a enterré ensemble »). Ils se regardent donc en chiens de faïence, les uns attendant que les autres cèdent.

– Chamailleries, عرك طبابليه et l’économie qui part en vrille.

Ce qui est désormais perçu par la population tunisienne comme une véritable mascarade franchit un nouveau palier, lorsque le ministre de l’Education, membre d’Ettakattol, fait révélation d’une d’intervention pour la nomination de membres de sa famille, de la part de Sadok Chourou, une des éminences grises d’Ennahdha. Des pressions politiciennes, les belligérants politiques passent ainsi aux menaces. Cela pourra s’arrêter, comme il pourrait marquer le début d’un déballage des «vérités» des uns par les autres pour laver ainsi leur linge sale en dehors de la famille. L’évidence est que toutes ces chamailleries de tambourineurs (عرك طبابليه), se font autour du pouvoir. Dans ce pouvoir que se tirent les uns et les autres comme les pans d’une vieille couverture, il y a les ministères de souveraineté. Des ministères dont chacun voudrait, soit avoir, soit en garder le contrôle, le reste de la troïka et l’opposition ayant toujours reproché à Ennahdha d’avoir mis la main sur toutes les articulations du pouvoir en Tunisie.

Entretemps, l’économie de tout un pays part en vrille. «Face à un faisceau d’évolutions favorables, l’économie nationale aborde 2013, dans une situation chargée de 3 risques accrus », disaient déjà les analystes de l’Observatoire de la conjoncture économique. Ils évoquent, ainsi, le risque d’une «détérioration accentuée des équilibres macroéconomiques, déjà sous fortes pressions, au regard des soldes actuels des finances publiques et des comptes extérieurs». Le second risque est celui de la détérioration du corps social dont «nul ne peut mesurer les conséquences». Enfin, le risque que «notre appareil productif, en particulier industriel, qui risque de craquer et dont les difficultés compromettent l’existence même de certaines branches industrielles». Mais qui s’en inquiète ? Pas Ennahdha de Rached Ghannouchi en tout cas et encore moins le CPR de Moncef Marzouki !

Khaled Boumiza

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