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René-Marc Chikli, Ceto

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Le président du Cercle d'études des tour-opérateurs (Ceto)

Le président du Cercle d’études des tour-opérateurs (Ceto), René-Marc Chikli, a accordé à Africanmanager une interview exclusive dans laquelle il nous a affirmé que la saison ne sera pas sauvée sur le marché français, expliquant que les touristes français, contrairement, aux Russes ou aux Allemands, sur-réagissent aux événements.

René-Marc Chikli, a affirmé, en outre, que ses clients se chiffrent actuellement à seulement 450 mille alors qu’ils représentaient le double, en 2010. Et d’ajouter que les pertes des tours opérateurs français sont imputées au marché tunisien à hauteur de 50%.

Quel état des lieux faites-vous du marché touristique tunisien ?

Le marché touristique tunisien a été bien retardé en 2012. Ce retard s’est poursuivi encore, en ce début d’année, du fait que les Français sur-réagissent aux événements. Les Français sont très attachés à la Tunisie, mais, d’un autre côté, ils y reportent leur voyage.

On peut considérer que les Français, aujourd’hui, ont tendance à remettre en cause leurs dépenses voyage. Un Français sur deux ne va pas en voyage, cette année. A cela s’ajoute un contexte régional qui n’est pas facile avec une image qui a été un peu brouillée, au début de l’année en cours. On espère que ces clients qui vont se décider, dans les jours ou les semaines qui suivent, feront un peu mieux, comme ce qui s’est passé en 2011 et 2012, et faire en sorte que le mois de juillet ne soit pas trop mauvais, faisant en sorte que l’arrière- saison se présente mieux. On ne pourra pas dire qu’on va sauver la saison. La saison ne sera pas sauvée sur le marché français, mais on peut limiter les dégâts. C’est l’objectif fixé avec les partenaires tunisiens, et également avec le gouvernement et le ministère du Tourisme.

Plusieurs Tunisiens ont expliqué le recul des touristes français par la situation en France, dans quelle mesure peut-on considérer cela comme vrai ?

Non, le recul des touristes français est dû à la fois à la situation en France et à ce qui se passe en Tunisie. En France, on est en baisse de 7% des réservations. Les Français voyagent moins. Et de l’autre côté, les français qui cherchent à voyager sont des clients qui réagissent par rapport aux événements, ce qui n’est pas le cas des Russes, des Anglais, ou encore des Allemands.

Il faut aménager les zones touristiques destinées au touriste français qui n’a aucun problème pour venir en Tunisie, c’est ce qu’attendait le marché français. On a besoin d’un message fort et très rassurant. On veut voir nos client revenir très contents, ravis et sans aucun problème. Il ya tout un travail à faire en commun sur le marché français en collaboration avec les ministères du Tourisme en France et en Tunisie.

Peut-on parler de pertes sur la destination Tunisie ? Si oui ? peut-on les chiffrer ?

Oui, Les pertes sont très importantes sur le marché tunisien (50%) et égyptien (50%). Très peu de pertes sur le Maroc, mais on n’a jamais chiffré les pertes aussi bien ; toutefois, maintenant, cela devient très clair. En 2010, les tours operateurs français faisaient 900 mille clients dont 300 mille de vols secs. Aujourd’hui, on en est à 450 seulement mille clients.

Comment la Tunisie pourra, aujourd’hui, récupérer ses clients français ?

En matière de séduction, la Tunisie est très bien, mais, aujourd’hui, on a besoin des franco-tunisiens. Si vous dites : en tant que franco tunisiens, venez visitez mon pays, c’est le meilleur agent commercial qui puisse exister. On compte beaucoup sur les réseaux sociaux et les franco-tunisiens pour nous aimer et nous accompagner dans cette démarche.

Et concernant la situation politique en Tunisie ?

L’aspect politique est une autre chose. Les touristes français ne sont pas rivés à l’aspect politique et on a bien vu cela, et quand on les interroge, ils sont très contents.

Les tours opérateurs français ont encore de la confiance en Tunisie ou non ?

Le pire serait qu’ils se désengagent au fur et à mesure des années pour revenir très tardivement à la Tunisie. Ce n’est pas encore le cas, mais il faut que n’ayons pas d’autres événements et faire en sorte que les tours opérateurs ne continuent pas de perdre de l’argent. Ce n’est pas possible !

Est-ce qu’ont peut parler d’annulation de réservations sur la destination Tunisie ?

Non, on n’a pas d’annulations, cela on l’a connu, durant les mois de janvier et février. Aujourd’hui, on est plutôt sur des reprises timides avec des gens qui sont forcément de dernière minute et qui cherchent le soleil à un meilleur prix et la Tunisie est la mieux placée pour le soleil et le coût.

Y a-t il des messages à transmettre aux opérateurs tunisiens ?

Il y a deux catégories. Il y a ceux qui n’ont pas beaucoup souffert et qui continuent de produire. Ces derniers doivent faire en sorte que leur produit soit de haut niveau. Et d’un autre côté, il faut aider ceux qui ont de graves difficultés pour être encore présents sur le marché et éviter qu’une partie, soit 50% des hôteliers, soit remise en cause. Il faut les aider à se remettre de nouveau, trouver des formes de financement et des crédits moins chers.

La communication sur la destination France est-t-elle suffisante ?

La campagne sur la France est très belle. Aujourd’hui, ce dont on a besoin d’urgence c’est montrer la plage avec des gens tranquilles. Il faut passer d’une campagne d’image à une autre de produit. Il faut montrer qu’on vit bien en Tunisie, on mange comme avant et qu’il n’ya aucun problème.

Khadija Taboubi

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