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Les consultations en vue de la formation du gouvernement d’union nationales semblent être parties sur les chapeaux de roues. Le chef du gouvernement désigné, Youssef Chahed, les a lancées sitôt obtenu le blanc-seing du président de la République, Béji Caïd Essebsi, qui avait lui-même fait montre d’une égale célérité pour aller de l’avant dans son initiative quitte à s’attirer les foudres d’une partie de l’opposition pourtant acquise à son initiative. Elle lui reproche d’avoir abusé de sa prérogative constitutionnelle en la matière  en expédiant en cinq sec  le volet relatif au profil du chef du gouvernement explicitement stipulé par le « Document de Carthage ».

On pourrait entrevoir dans cet empressement le souci de l’un et de l’autre de rattraper le perdu, celui dépensé ou dilapidé deux mois durant pour amener à composition le chef du gouvernement sortant, Habib Essid, le dissuader d’aller devant le Parlement pour poser la question de confiance et, ce faisant, le voir présenter de son propre chef sa démission. Mais il y a encore plus urgent. Le pays a un besoin impérieux de disposer d’un gouvernement qui se mette à l’ouvrage, sur le pouce et sans devoir épuiser les délais prescrits par la Loi fondamentale, alors que les dossiers brûlant s’entassent sans perspective de solution.

Consultations, oui, mais il ne faudra pas que cela vire au marchandage sur les portefeuilles, aux surenchères des partis, aux manœuvres partisanes, en un mot à cette foire d’empoigne associée généralement à tout processus de formation de gouvernement où chacun s’échine à arranger un avantage auquel il pense avoir droit. On ne sait pas si Youssef Chahed a l’audace et la capacité de déroger à cette « contrainte », mais on est en peine de prendre pour parole d’Evangile son affirmation que « ce sera un gouvernement de compétences nationales, un gouvernement de jeunes, qui sera franc avec le peuple dès le début à propos de la situation économique et sociale du pays ».

Le fait est que la formation d’un nouveau gouvernement est toujours une promesse d’avenir. Et il appartiendra à Youssef Chahed de ne pas faire en sorte que cet espoir soit démenti. D’abord, en s’arrogeant une solide « marge d’autonomie » vis-à-vis du président de la République plus enclin que jamais à sortir de sa posture de second personnage de l’Etat avec des prérogatives strictement définies par la Constitution qui lui reconnaît des attributions limitées, sauf en matière de sécurité et d’affaires étrangères. Le nouveau chef du gouvernement, plus est, d’union nationale, devra surtout éviter de retomber dans le statut de Premier ministre, ce qui amoindrirait d’autant son périmètre de pouvoir, le plaçant sous la tutelle du chef de l’Etat auquel il doit sa désignation. Au demeurant, Youssef Chahed aura-t-il tout loisir et entière latitude de choisir ses ministres ? Voici l’autre écueil qui l’attend alors que les candidats des partis de la Coalition et d’ailleurs sont légion et surtout bien décidés dans l’attelage gouvernemantal. D’autant aussi que la course vers les portefeuilles de souveraineté sera des plus âpres et des plus épiques, parmi le groupe des quatre qui soutient le plus le gouvernement. On imagine mal, par exemple, le mouvement Ennahdha se contenter d’un strapontin comme ce fut le cas dans le gouvernement Essid, alors que ses ténors n’ont de cesse de claironner que la présence du parti dans l’équipe ministérielle doit refléter son poids politique, à l’Assemblée des représentants du peuple et ailleurs. Et puis, il y a l’UGTT que le président de la République tenait mordicus à associer à son gouvernement d’union nationale. Tout en entérinant du bout des lèvres la désignation de Youusef Chahed, elle ne s’est pas gardée de donner à penser qu’elle l’attend au tournant, d’abord pour ne pas devoir assumer un éventuel échec et ensuite pour disposer d’un relais gouvernemental afin de faire passer ses revendications, faute de les faire aboutit par « tous les moyens militants disponibles».

C’est à se demander si le nouveau chef du gouvernement aura les coudées franches en amont comme en aval. S’il arrive en toute hypothèse optimiste à évacuer la question de la formation de son cabinet, aura-t-il ensuite toute la ressource de s’attaquer aux épouvantables défis sur lesquels ses prédécesseurs se sont cassés les dents. Les  cinq priorités qu’il a fixées et énumérées dans le bon ordre, il est vrai, pourront-elles mises en œuvre avec les moyens du bord disponibles. Plus précisément aura-t-il le nerf de la guerre nécessaire pour conduire ses missions et le pays à bon port. Les Tunisiens montreront-ils moins d’impatience à voir leurs attentes satisfaites et accepter les sacrifices forcément douloureux que leur « promet » le nouveau chef du gouvernement ? Autant de lancinantes interrogations auxquelles le nouveau locataire aura à répondre, et vite, sous peine de se voir rabroué. On peut quand même prendre pour un élément encourageant la promesse faite par  Youssef Chahed de dire toute la vérité au peuple. Et faut-il bien ajouter qu’il devra le faire sans baragouinage, en bon tribun, en communicateur de bonne facture sans nécessairement  être le charismatique tant recherché.

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