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Révolution, économie, Tunisie

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Le Département Recherches de l’intermédiaire en Bourse MAC SA vient de publier une note sur la conjoncture économique en Tunisie et ses perspectives à court, moyen et long termes.

Le début de l’année 2011 a été marqué par une conjoncture inédite dans l’histoire de l’économie tunisienne, soit la « révolution ». Son ampleur, difficilement mesurable pour le moment, devrait affecter la trajectoire de l’économie à court terme ainsi que sa stratégie à long terme, reconnaissent les auteurs de la note.

Il y fait état d’une dynamique de l’exportation impulsée principalement par :
– Les exportations des industries mécaniques et électriques qui ont maintenu un bon rythme de progression dans leurs branches offshore (+15,8%)

– Les exportations des produits textiles, habillements et cuirs (+10,7%) L’agriculture et les industries agroalimentaires (+2,1%)

Il y a eu un accroissement de 5,3% au niveau des prix à l’export. Les deux effets conjugués ont permis une hausse de 10,3% de la valeur des exportations au premier trimestre 2011.

Les estimations restent optimistes pour l’amélioration de la situation des exportations d’ici la fin de l’année, favorisées par une demande extérieure propice notamment du côté européen. Cet espoir est aussi conditionné par la parfaite reprise, par la machine productive, de son rythme de travail habituel, voire plus accéléré pour essayer de compenser les pertes enregistrées au début de l’année 2011. Il n’en demeure pas moins que  certaines branches pourraient continuer à pâtir de la crise libyenne et de son étirement dans le temps.
En ce qui concerne les avoirs nets en devises auprès de la BCT, ils affichent en date du 22/04/2011, un repli de 16% par rapport à la même période correspondante en 2010, pour s’élever à 11 035 MDT, soit 124 jours d’importation contre 172 jours une année auparavant.

Volet inflation : après deux mois de baisse, les prix ont repris leur progression en augmentant de 0,2% par rapport leur niveau de février. En particulier, les prix des produits alimentaires repartent à la hausse (+0,2%), après trois mois de reflux. De même, les services et produits de santé se renchérissent (+0,8%) ainsi que les activités et produits culturels et de loisir (+1,2%).

Pour ce qui est des flux d’investissements étrangers, ils ont atteint, selon l’Agence de Promotion de l’Investissement extérieur (FIPA),  au terme de l’année 2010, le montant de 2 427,7 MDT contre 2 357,4 MDT en 2009, soit une légère augmentation de 3%. Ils sont répartis à hauteur de 2 175,0 MDT en investissements directs (4,6% par rapport à 2009) et 252,7 MDT en portefeuille.

 Au cours du premier trimestre 2011, les IDE ont nettement reculé de 29,7% pour s’élever à 338,5 MDT contre 475,6 MDT la période correspondante en 2010. Ces investissements sont répartis à hauteur de 321,4 MDT d’investissements directs et 17,1 MDT en portefeuille contre respectivement 457 MDT et 18,6 MDT à la même période en 2010.

Ces investissements ont permis la création de seulement 13 nouvelles entreprises et 1 547 nouveaux emplois.

Un déficit budgétaire de 5% !

 Dans une conjoncture caractérisée par une baisse de l’activité et de l’investissement dans plusieurs secteurs (tourisme, transport, commerce, phosphate et travaux public), les analystes de MAC SA s’attendent à un  déficit budgétaire de 5% compte tenu de la baisse des recettes fiscales et de l’augmentation des dépenses publiques et surtout, les subventions des produits alimentaires et de l’énergie (pétrole) qui vont augmenter de l’ordre de 900 MDT à cause notamment de la hausse de leurs prix à l’échelle internationale.
 Cette dégradation de la situation budgétaire de la Tunisie, en 2011, expliquent-ils,  reste la conséquence temporaire d’une conjoncture en baisse et du coût budgétaire de la révolution. Elle ne reflète donc pas, à court terme, un signe de glissement structurel. De plus, le niveau actuel du déficit est loin d’être exceptionnel, il a déjà été observé par le passé.

 Cette aggravation du déficit est due au plan mis en place par le gouvernement de transition pour la relance de l’économie qui va accroître les dépenses publiques. Ce plan est destiné à impulser le développement régional, l’emploi des jeunes et l’amélioration des niveaux salariaux. D’autres mesures ont été prises pour aider les entreprises, et surtout celles affectées par la perturbation économique et sociale.

 Pour combler une partie de ce déficit, l’Etat tunisien est en train de négocier avec ses partenaires traditionnels à savoir la Banque Mondiale, la BAD, la BEI et l’UE pour des financements. D’ailleurs, les financements extérieurs estimés pour sortir de cette mauvaise passe sont de l’ordre de 5 000 MDT. Les efforts se déploient afin de trouver des solutions de financement sans pourtant être obligé d’aller au marché international. En effet, l’abaissement de la notation souveraine de la Tunisie par certaines agences de rating mondiales a entraîné une augmentation du coût de mobilisation des ressources extérieures nécessaires pour l’équilibre des paiements extérieurs et du budget de l’Etat.

S’agissant de la croissance du PIB, toutes les prévisions tablent sur une fourchette  située entre 0 et 1% en 2011 contre 4 et 5% prévues initialement. Cette croissance sera affectée par la baisse de la demande de services  touristiques, la perturbation de l’activité économique et la réduction des investissements directs étrangers. Mais, si le plan de relance économique du gouvernement transitoire donne ses fruits, on pourrait espérer une croissance située entre 1 et 2%. Or cela restera très insuffisant, eu égard aux grands besoins actuels de la population, qui s’impatiente de voir sa situation s’améliorer.
 La faible évolution du PIB en 2011 sera causée, en partie, par une mauvaise saison touristique. En effet le tourisme, qui représente 6,5% du PIB est le premier pourvoyeur de devises, il couvre 56% du déficit de la balance commerciale, et emploie 400 000 personnes, directement et indirectement. Ce secteur stratégique pour l’économie tunisienne se trouve en pleine chute lésé, d’une part, par la turbulence sociopolitique et les problèmes d’insécurité et d’autre part, par les problèmes de la Libye.

D’ailleurs, au 25/04/2011, les recettes touristiques ont baissé de 44,5% par rapport à la même période une année avant.

Deux principaux défis persistent après la révolution Après la révolution, la Tunisie se trouve face à deux défis majeurs considérés comme étant deux vecteurs stratégiques pour relancer son économie à savoir le taux élevé de chômage et les disparités régionales. Le nombre de chômeurs est passé de 492.000 au 31 Décembre 2010 à plus de 700.000 actuellement avec un taux de chômage très élevé pour les jeunes diplômés.

 Une nouvelle politique de développement régional sera aussi adoptée dont les grandes lignes tendent à renforcer la décentralisation, à conférer davantage de prérogatives aux régions, en matière de fixation des priorités régionales, et de programmation et de suivi des projets régionaux.

Perspectives de l’économie tunisienne 

Les perspectives à court terme restent difficiles à estimer ou à cerner. Elles dépendront de plusieurs facteurs notamment la célérité de la reprise de la machine productive, les retombées immédiates des mesures prises par le gouvernement transitoire notamment en termes de tourisme, de création d’emploi et de développement régional. L’évolution de la situation politique est aussi un facteur fondamental car les élections du 24 juillet et leur débouchée offriront une meilleure visibilité aussi bien pour les investisseurs et partenaires étrangers que pour les tunisiens.

 Par ailleurs, l’inflation reste aussi une menace dans une telle conjoncture. En effet, on observe une tension inflationniste sur le plan mondial pour les produits alimentaires et de l’énergie. La pression inflationniste en Tunisie peut s’aggraver s’il y aura un ajustement tarifaire sur les produits à prix encadrés.
D’ailleurs, ces pressions commencent à se sentir au niveau des prix à la production qui se redressent en réaction à la hausse des prix à l’importation. Ceci étant, l’accroissement de la masse monétaire est de nature à tempérer ces pressions inflationnistes.

 A moyen terme, un des défis majeurs pour l’économie c’est la relance de l’investissement qui a longtemps stagné (en termes de FBCF/PIB) à cause du climat des affaires non transparent et le manque de confiance des investisseurs manifesté par un taux d’épargne élevé pour un pays en développement.
De plus, le système économique tunisien devrait être repensé avec un accent plus important sur les secteurs à forte valeur ajoutée et qui ont été intégrés dans les systèmes économiques européen à l’instar des IME et des TIC. D’autres secteurs qui ont fortement participé à la croissance tunisienne jadis, devraient être repensés à l’instar du secteur textile devenu très volatil et surtout le tourisme, premier pourvoyeur de devise, qui doit connaître des actions de fonds.

A plus long terme, la Tunisie doit mettre à profit la dynamique de changement qui est en train de s’opérer. Le pays doit promouvoir son développement en instaurant un environnement macroéconomique stable générateur de confiance et d’investissement; des emplois en nombre suffisant pour absorber les chômeurs actuels et une population active en forte croissance; des débouchés économiques permettant à la population de réaliser son potentiel; une protection sociale pour les couches les plus défavorisées et des institutions solides et transparentes garantes de la responsabilisation et de la bonne gouvernance.

D’après MAC SA

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Le Département Recherches de l’intermédiaire en Bourse MAC SA vient de publier une note sur la conjoncture économique en Tunisie et ses perspectives à court, moyen et long termes.

Le début de l’année 2011 a été marqué par une conjoncture inédite dans l’histoire de l’économie tunisienne, soit la « révolution ». Son ampleur, difficilement mesurable pour le moment, devrait affecter la trajectoire de l’économie à court terme ainsi que sa stratégie à long terme, reconnaissent les auteurs de la note.

Il y fait état d’une dynamique de l’exportation impulsée principalement par :
– Les exportations des industries mécaniques et électriques qui ont maintenu un bon rythme de progression dans leurs branches offshore (+15,8%)

– Les exportations des produits textiles, habillements et cuirs (+10,7%) L’agriculture et les industries agroalimentaires (+2,1%)

Il y a eu un accroissement de 5,3% au niveau des prix à l’export. Les deux effets conjugués ont permis une hausse de 10,3% de la valeur des exportations au premier trimestre 2011.

Les estimations restent optimistes pour l’amélioration de la situation des exportations d’ici la fin de l’année, favorisées par une demande extérieure propice notamment du côté européen. Cet espoir est aussi conditionné par la parfaite reprise, par la machine productive, de son rythme de travail habituel, voire plus accéléré pour essayer de compenser les pertes enregistrées au début de l’année 2011. Il n’en demeure pas moins que  certaines branches pourraient continuer à pâtir de la crise libyenne et de son étirement dans le temps.
En ce qui concerne les avoirs nets en devises auprès de la BCT, ils affichent en date du 22/04/2011, un repli de 16% par rapport à la même période correspondante en 2010, pour s’élever à 11 035 MDT, soit 124 jours d’importation contre 172 jours une année auparavant.

Volet inflation : après deux mois de baisse, les prix ont repris leur progression en augmentant de 0,2% par rapport leur niveau de février. En particulier, les prix des produits alimentaires repartent à la hausse (+0,2%), après trois mois de reflux. De même, les services et produits de santé se renchérissent (+0,8%) ainsi que les activités et produits culturels et de loisir (+1,2%).

Pour ce qui est des flux d’investissements étrangers, ils ont atteint, selon l’Agence de Promotion de l’Investissement extérieur (FIPA),  au terme de l’année 2010, le montant de 2 427,7 MDT contre 2 357,4 MDT en 2009, soit une légère augmentation de 3%. Ils sont répartis à hauteur de 2 175,0 MDT en investissements directs (4,6% par rapport à 2009) et 252,7 MDT en portefeuille.

 Au cours du premier trimestre 2011, les IDE ont nettement reculé de 29,7% pour s’élever à 338,5 MDT contre 475,6 MDT la période correspondante en 2010. Ces investissements sont répartis à hauteur de 321,4 MDT d’investissements directs et 17,1 MDT en portefeuille contre respectivement 457 MDT et 18,6 MDT à la même période en 2010.

Ces investissements ont permis la création de seulement 13 nouvelles entreprises et 1 547 nouveaux emplois.

Un déficit budgétaire de 5% !

 Dans une conjoncture caractérisée par une baisse de l’activité et de l’investissement dans plusieurs secteurs (tourisme, transport, commerce, phosphate et travaux public), les analystes de MAC SA s’attendent à un  déficit budgétaire de 5% compte tenu de la baisse des recettes fiscales et de l’augmentation des dépenses publiques et surtout, les subventions des produits alimentaires et de l’énergie (pétrole) qui vont augmenter de l’ordre de 900 MDT à cause notamment de la hausse de leurs prix à l’échelle internationale.
 Cette dégradation de la situation budgétaire de la Tunisie, en 2011, expliquent-ils,  reste la conséquence temporaire d’une conjoncture en baisse et du coût budgétaire de la révolution. Elle ne reflète donc pas, à court terme, un signe de glissement structurel. De plus, le niveau actuel du déficit est loin d’être exceptionnel, il a déjà été observé par le passé.

 Cette aggravation du déficit est due au plan mis en place par le gouvernement de transition pour la relance de l’économie qui va accroître les dépenses publiques. Ce plan est destiné à impulser le développement régional, l’emploi des jeunes et l’amélioration des niveaux salariaux. D’autres mesures ont été prises pour aider les entreprises, et surtout celles affectées par la perturbation économique et sociale.

 Pour combler une partie de ce déficit, l’Etat tunisien est en train de négocier avec ses partenaires traditionnels à savoir la Banque Mondiale, la BAD, la BEI et l’UE pour des financements. D’ailleurs, les financements extérieurs estimés pour sortir de cette mauvaise passe sont de l’ordre de 5 000 MDT. Les efforts se déploient afin de trouver des solutions de financement sans pourtant être obligé d’aller au marché international. En effet, l’abaissement de la notation souveraine de la Tunisie par certaines agences de rating mondiales a entraîné une augmentation du coût de mobilisation des ressources extérieures nécessaires pour l’équilibre des paiements extérieurs et du budget de l’Etat.

S’agissant de la croissance du PIB, toutes les prévisions tablent sur une fourchette  située entre 0 et 1% en 2011 contre 4 et 5% prévues initialement. Cette croissance sera affectée par la baisse de la demande de services  touristiques, la perturbation de l’activité économique et la réduction des investissements directs étrangers. Mais, si le plan de relance économique du gouvernement transitoire donne ses fruits, on pourrait espérer une croissance située entre 1 et 2%. Or cela restera très insuffisant, eu égard aux grands besoins actuels de la population, qui s’impatiente de voir sa situation s’améliorer.
 La faible évolution du PIB en 2011 sera causée, en partie, par une mauvaise saison touristique. En effet le tourisme, qui représente 6,5% du PIB est le premier pourvoyeur de devises, il couvre 56% du déficit de la balance commerciale, et emploie 400 000 personnes, directement et indirectement. Ce secteur stratégique pour l’économie tunisienne se trouve en pleine chute lésé, d’une part, par la turbulence sociopolitique et les problèmes d’insécurité et d’autre part, par les problèmes de la Libye.

D’ailleurs, au 25/04/2011, les recettes touristiques ont baissé de 44,5% par rapport à la même période une année avant.

Deux principaux défis persistent après la révolution Après la révolution, la Tunisie se trouve face à deux défis majeurs considérés comme étant deux vecteurs stratégiques pour relancer son économie à savoir le taux élevé de chômage et les disparités régionales. Le nombre de chômeurs est passé de 492.000 au 31 Décembre 2010 à plus de 700.000 actuellement avec un taux de chômage très élevé pour les jeunes diplômés.

 Une nouvelle politique de développement régional sera aussi adoptée dont les grandes lignes tendent à renforcer la décentralisation, à conférer davantage de prérogatives aux régions, en matière de fixation des priorités régionales, et de programmation et de suivi des projets régionaux.

Perspectives de l’économie tunisienne 

Les perspectives à court terme restent difficiles à estimer ou à cerner. Elles dépendront de plusieurs facteurs notamment la célérité de la reprise de la machine productive, les retombées immédiates des mesures prises par le gouvernement transitoire notamment en termes de tourisme, de création d’emploi et de développement régional. L’évolution de la situation politique est aussi un facteur fondamental car les élections du 24 juillet et leur débouchée offriront une meilleure visibilité aussi bien pour les investisseurs et partenaires étrangers que pour les tunisiens.

 Par ailleurs, l’inflation reste aussi une menace dans une telle conjoncture. En effet, on observe une tension inflationniste sur le plan mondial pour les produits alimentaires et de l’énergie. La pression inflationniste en Tunisie peut s’aggraver s’il y aura un ajustement tarifaire sur les produits à prix encadrés.
D’ailleurs, ces pressions commencent à se sentir au niveau des prix à la production qui se redressent en réaction à la hausse des prix à l’importation. Ceci étant, l’accroissement de la masse monétaire est de nature à tempérer ces pressions inflationnistes.

 A moyen terme, un des défis majeurs pour l’économie c’est la relance de l’investissement qui a longtemps stagné (en termes de FBCF/PIB) à cause du climat des affaires non transparent et le manque de confiance des investisseurs manifesté par un taux d’épargne élevé pour un pays en développement.
De plus, le système économique tunisien devrait être repensé avec un accent plus important sur les secteurs à forte valeur ajoutée et qui ont été intégrés dans les systèmes économiques européen à l’instar des IME et des TIC. D’autres secteurs qui ont fortement participé à la croissance tunisienne jadis, devraient être repensés à l’instar du secteur textile devenu très volatil et surtout le tourisme, premier pourvoyeur de devise, qui doit connaître des actions de fonds.

A plus long terme, la Tunisie doit mettre à profit la dynamique de changement qui est en train de s’opérer. Le pays doit promouvoir son développement en instaurant un environnement macroéconomique stable générateur de confiance et d’investissement; des emplois en nombre suffisant pour absorber les chômeurs actuels et une population active en forte croissance; des débouchés économiques permettant à la population de réaliser son potentiel; une protection sociale pour les couches les plus défavorisées et des institutions solides et transparentes garantes de la responsabilisation et de la bonne gouvernance.

D’après MAC SA

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