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Le nombre total des blessés de la Révolution a atteint 3727 dont plus de 160 blessés ont besoin des soins spéciaux

Le nombre total des blessés de la Révolution a atteint 3727 dont plus de 160 blessés ont besoin des soins spéciaux, a indiqué le ministère des droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle dans un rapport rendu public ce jeudi 23 janvier 2014.

Ces 160 blessés se répartissent comme suit : 7 cas d’hémiplégie, 15 amputés, 10 cas de brûlures et 78 blessures par balle dans des endroits différents. Le reste soit 50 blessés ont des blessures de moindre gravité.

Le ministère a informé, dans ce cadre, qu’il avait créé, déjà, à la date du 26 février 2013, une commission médicale chargée d’étudier les dossiers et récupérer les frais de traitement et de suivi des cas critiques des blessés de la Révolution.

La commission s’est, également, engagée à étudier 233 autres dossiers pour récupérer les frais de traitement et de soins déjà faits par les blessés de la Révolution et qui n’ont pas été couverts par les services de la santé publique. 66 dossiers ont été approuvés jusqu’à la date du 5 décembre 2014, avec un coût total de 82,726 dinars, selon le rapport du ministère.

K.T 

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La révolution Tunisienne a été « brûlante » au vrai sens du mot

Je voudrais lancer un cri d’alarme car, sans se rendre compte, nous sommes en train d’attiser le feu de la détresse chez les plus démunis d’entre nous en médiatisant à outrance ces gestes de désespoir apportant une note cynique parfois allant jusqu’à la glorification de ces êtres fragilisés économiquement, socialement et psychologiquement.

La médiatisation à outrance de ces gestes malheureux se fait dans l’insouciance absolue de son impact sur des centaines de jeunes qui sont à un doigt de « s’allumer » et qui sans s’en rendre compte passent à l’acte car ils ignorent tout du lendemain de cet acte fait de souffrance physique et morale insoutenable pour ceux qui survivent d’entre eux car ils ignorent tout du lendemain de cet acte qui va plonger encore plus dans les ténèbres et la détresse toute une famille augmentant le nombre d’orphelins et aggravant la situation déjà précaire de leurs proches.

La Tunisie a besoin plus que jamais d’apaisement d’espoir, de sérénité.

La solution ne passe pas par le feu. Notre rôle à tous est de les aider à dépasser ces moments difficiles et non de leur faciliter le passage à l’acte.

Alors de grâce,

Préservons notre seule richesse le citoyen Tunisien.

De grâce,

Arrêtons de jeter de l’huile sur le feu.

ARRETONS CE MASSACRE.

Professeur MESSAADI Amen Allah

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La révolution Tunisienne a été « brûlante » au vrai sens du mot

Je voudrais lancer un cri d’alarme car, sans se rendre compte, nous sommes en train d’attiser le feu de la détresse chez les plus démunis d’entre nous en médiatisant à outrance ces gestes de désespoir apportant une note cynique parfois allant jusqu’à la glorification de ces êtres fragilisés économiquement, socialement et psychologiquement.

La médiatisation à outrance de ces gestes malheureux se fait dans l’insouciance absolue de son impact sur des centaines de jeunes qui sont à un doigt de « s’allumer » et qui sans s’en rendre compte passent à l’acte car ils ignorent tout du lendemain de cet acte fait de souffrance physique et morale insoutenable pour ceux qui survivent d’entre eux car ils ignorent tout du lendemain de cet acte qui va plonger encore plus dans les ténèbres et la détresse toute une famille augmentant le nombre d’orphelins et aggravant la situation déjà précaire de leurs proches.

La Tunisie a besoin plus que jamais d’apaisement d’espoir, de sérénité.

La solution ne passe pas par le feu. Notre rôle à tous est de les aider à dépasser ces moments difficiles et non de leur faciliter le passage à l’acte.

Alors de grâce,

Préservons notre seule richesse le citoyen Tunisien.

De grâce,

Arrêtons de jeter de l’huile sur le feu.

ARRETONS CE MASSACRE.

Professeur MESSAADI Amen Allah

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Un mot fait actuellement fureur dans le nouveau lexique de la «révolution» tunisienne

Un mot fait actuellement fureur dans le nouveau lexique de la «révolution» tunisienne, relayé à satiété par Ennahdha et quelques éléments de la troïka : le «Tathir». Dans le langage parlé tunisien, signifie la circoncision. Dans la langue arabe pure jus, il signifie l’épuration. Ce terme est actuellement vivement prononcé à propos de l’Administration tunisienne, des médias et de la justice. Il l’était à propos des forces de l’ordre et des ministères de l’Intérieur et de la Justice. Depuis l’installation de ministres Nahdhaouis à leur tête, on n’y parle que de «Islah», ce qui pourrait signifier réforme, restructuration ou modernisation. Le mot «Tathir», n’a jamais été prononcé à propos des partis politiques et encore moins d’Ennahdha, le parti au pouvoir.

De l’administration, comme des médias, on ne parle jamais de restructuration ou de modernisation, mais d’épuration et le pas a été déjà franchi vers la tentative de castration. Pour l’administration, le «nettoyeur» s’appelle Mohamed Abbou, un avocat, ancien prisonnier politique. Pour les médias, dossier plus important, les préposés au nettoyage sont, tout le parti d’Ennahdha et son pendant gouvernemental, le gouvernement de Hamadi Jbali qui s’était depuis quelque temps éclipsé pour laisser la scène à son ministre des Droits de l’Homme , Samir Dilou et son conseiller politique, Lotfi Zitoun.

– Nettoyer, c’est remplacer et prendre le pouvoir de l’autre.

Nettoyer, épurer l’administration, c’est, bien sûr, des fameux «Azlam Annidham», traduisez les suppôts de l’ancien système, nouvel «ânon au dos rond» du pouvoir en place pour la simple raison que ces disciples n’existent plus, qu’ils ont été jetés en prison ou qu’ils se font oublier. Des suppôts qui n’existent plus que dans la mémoire, encore effrayée, de ceux qui les ont chassés.

Les suppôts de l’ancien système dans l’Administration tunisienne, ce sont en fait ceux qui avaient assuré la continuité des services publics pendant la «Révolution» et pendant toute l’année de grèves et de sit-in qui avait suivi. Steg, Sonede, ONAS, télécommunications, Radio et télévision, ministères, banques et poste, qui n’ont enregistré aucune grève ni sit-in.

Les suppôts de l’ancien système dans l’Administration, ce sont tous ceux qui avaient assuré le fonctionnement de cette administration, ceux qui avaient assuré que le trésor public peut avoir assez d’argent pour que le pays puisse en vivre toute une année et davantage sans travailler ou produire, ceux qui avaient assuré que la Tunisie de l’après Révolution retrouve plus de 10 milliards DT dans ses réserves de change pour pouvoir assurer ses importations vitales et rembourser ses dettes à temps.

Les suppôts de l’ancien système dans l’Administration, ce sont ceux qui avaient assuré que le gouvernement d’Ennahdha et ses copains de la troïka peut retrouver tous les papiers et documents, à l’abri de tout vol ou destruction. Des agents disciplinés et corvéables à souhait qui n’ont fait ni grève ni sit-in, pour que les nouveaux gouvernants puissent gouverner dans la sérénité et non dans le chaos administratif et pour qu’Ennahdha puisse commander comme elle n’a pas arrêté d’en manifester l’ardent désir. Une administration faite de compétences dont certaines avaient payé de leurs grades ou de leurs carrières, la résistance aux désidératas de la famille.

Le «Tathir» de cette Administration et son épuration, ne valent-ils pas remplacement sur le critère de la confiance et de la loyauté et prise de possession des pouvoirs de ceux qui ont été remplaçants par des remplaçants dont la loyauté est pour les nouveaux gouvernants ? Le «Tathir», n’est-il pas, en réalité, une castration pour la mettre entre les mains du nouveau pouvoir en place et annihiler ainsi ses dernières volontés de résistance envers des dirigeants, temporaires, provisoires et préserver les intérêts des générations futures d’une Tunisie encore en construction ?

Que repère cette accusation de «suppôts de l’ancien système», qui ne l’est pas dans une administration, juridiquement et légalement au service du pouvoir, comme veut justement le faire le nouveau pouvoir Nahdhaoui et à quelle sauce de la justice transitionnelle vont-ils être mangés ?

– Epurer, c’est castrer et mettre au pas.

Nettoyer, épurer les médias, c’est aussi des «Azlem» de l’ancien régime, devenu préhistoire pour les journalistes, tant la liberté retrouvée devient incessible. L’accusation est tellement vague qu’elle reste aussi vaste que l’eau dans laquelle le gouvernement Nahdhaoui veut «noyer le chien qu’elle accuse de rage». Tout cela à la faveur de la situation de suspicion qu’il installe en médiatisant sa théorie de complot pour cacher son incapacité à résoudre les problèmes, cumulés, pendants et successifs, de ceux qui avaient voté Ennahdha.

Ces suppôts dont le gouvernement Jbali, ses ministres et son parti, veulent épurer les médias, ne sont-ils pas ceux qui leur avaient ouvert les objectifs des cameras, les micros et les colonnes, pour faire leurs campagnes électorales sans avoir à dépenser un sou, plus qu’ils ne l’avaient fait pour le CPR, le PDP ou tout autre parti ?

Ces suppôts sur lesquels ils tirent à boulets rouges, ne sont-ils pas les mêmes qu’ils appelaient à se libérer du joug de Ben Ali et de ses ministres ? Ne sont-ils pas ceux- là mêmes qui avaient réussi à faire des médias la caisse de résonance des demandes, inquiétudes, revendications, appréhensions et aspirations populaires ? Ces suppôts qui ne font plus leurs journaux comme ils étaient obligés de le faire sous Ben Ali, ne sont-ils pas les mêmes que les anciens opposant qu’étaient ceux d’Ennahdha et du CPR appelaient à se libérer lorsqu’ils étaient, eux, en prison ? Pourquoi Ennahdha ne s’était-elle pas limitée à dénoncer ceux qui avaient nui directement à ses membres et qu’elle connaît personnellement ? Pourquoi n’a-t-elle pas, jusqu’ici, déposé aucune plainte comme l’a fait le journaliste d’Al Jazeera ? Pourquoi tient-elle à mettre, dans le même sac, toute la presse ?

La réponse nous semble simple. Accuser dans le vague, c’est se donner latitude de castrer toute la presse et les médias et les mettre directement sous la coupe du nouveau pouvoir. Castrer, c’est s’assurer que personne ne se lèvera contre un nouveau pouvoir qui a besoin développe les mêmes anciens réflexes que le régime qui l’a créé.

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Les soulèvements qui ont secoué l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient cette année ont coûté aux  pays les plus affectés plus de $ 55 milliards, selon un nouveau rapport  du Fonds monétaire international (FMI).

La Tunisie, où les protestations ont commencé fin 2010, a perdu quelques 2,0 milliards de dollars au titre de son PIB, soit environ 5,2 pour cent, avec des impacts négatifs dans presque tous les secteurs de l’économie dont le tourisme, les mines, phosphates et la pêche. Le gouvernement tunisien a augmenté les dépenses d’environ $ 746 millions  inscrivant  $ 489 000 000 dans le rouge.
La Libye semble avoir été la plus touchée, avec une activité économique à travers le pays – y compris les exportations de pétrole –  ayant perdu  7,7 milliards de dollars, soit plus de 28 pour cent du PIB.

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Cent jours, c’est un jalon emblématique qui permet aux commentateurs  politiques et autres de prendre la mesure d’un événement majeur et d’apprécier  son impact. La Révolution du 14 janvier en Tunisie, parce que c’en est un sous tous les rapports, s’offre, depuis son déclenchement et l’avènement de l’ère qu’elle a permis d’initier, à une analyse sous toutes les coutures sans que puissent  être esquissés avec netteté les contours de son devenir ou de ses acteurs présents et à venir.

N’ayant pas été prévue même par  les plus lucides de observateurs de la chose publique en Tunisie, la Révolution le demeure aux yeux du plus grand nombre, car, si fortes soient ses convulsions, elle n’a pas encore secrété une figure ou un projet autour desquels se construit un semblant d’adhésion, même si , sur se registre, le mouvement Ennahdha semble battre de quelques évidentes longueurs les très nombreux partis, groupes et groupuscules qui cohabitent sur le très exigu échiquier politique postrévolutionnaire.

Il tombe sous le sens que tout dépendra in fine de celui, parmi les uns et les autres, qui sera le mieux à même de combler la vacuité laissée par le ci-devant omniprésent RCD et qui, ce faisant, aura mobilisé au tour de son nom le plus grand nombre d’électeurs de la Constituantes et des autres consultations électorales à l’ordre du jour. Force est de constater qu’à ce jour, aucune figure n’a vraiment émergé du lot, l’opinion publique regardant la quasi-totalité des postulants, déclarés ou pas, comme d’illustres inconnus peu qualifiés pour porter ses aspirations et répondre à ses attentes.

D’aucuns craignent que ceci soit du pain béni pour les militants d’Ennahdha, forts de leur cohésion, de la maîtrise de la chose politique, du bagout de leurs dirigeants et des tribunes toutes faites que leur offrent maints lieux de culte. Ce qui ajoute à leurs appréhensions tient au fait que le mouvement islamiste a négocié un virage à 180 degrés par rapport à ce qu’il défendait voici un lustre, et certains y voient un moyen de rassurer les Tunisiens et de s’assurer leurs suffrages et, une fois aux postes de commande, les engagements sont rangés au magasin des vielles lunes.

La ficelle serait un peu grosse, mais, en politique, rien ne peut être pris pour de l’argent comptant, d’autant moins que le pays est en précampagne électorale. Voilà manifestement  pourquoi  des voix s’élèvent afin que la Pacte républicain engageant toutes les force politiques fasse l’objet d’un référendum et ait force  contraignante, voire adopté comme préambule de la Constitution de la IIème République incarnant tous les référents dans lesquels se reconnaissent les Tunisiens de l’après Révolution. 

Ces cents jours de la Révolution ont enregistré le parcours sinusoïdal de l’UGTT dont le rôle a été crucial dans au moins deux tournants négociés depuis le 14 janvier. En se murant dans un silence bienveillant à l’égard du gouvernement Caied Essebsi, la centrale syndicale donne la nette impression qu’elle est soucieuse de rompre avec l’image qui était la sienne  lors de la crise qui a emporté le gouvernement Ghannouchi, plus explicitement celle d’un syndicat qui s’affranchit de sa vocation originelle et qui se met dans la posture de quelqu’un qui fait et défait les gouvernements. Et c’est bien ainsi, car en empiétant sur les plates bandes des partis politiques, l’UGTT s’est attirée les foudres de bien des intervenants sur l’échiquier politique et de citoyens qui voyaient dans les innombrables grèves et mouvements sociaux déclenchés çà et là l’œuvre en sous-main du syndicat ouvrier.

Pour autant, les perturbations continuent de plus belle et sur des modes encore plus variés , ce qui donne un piètre image de la situation socioéconomique du pays déserté par des dizaines d’investisseurs étrangers, déprimés par une interminable succession de grèves et de sit-in déclenchés parfois pour un oui pour un non , avec les ravages que l’on sait sur l’emploi et son corollaire l’investissement.

C’est à croire que les sit-in et les blocages des routes, pour ce citer que ces deux expressions de protestation, sont devenus un sport national dont les fomenteurs ne calculent, visiblement, point   les conséquences désastreuses sur l’ordonnance de l’activité économique et l’état de la sécurité dans le pays, alors que, surtout, le tourisme est en train d’en prendre un sérieux coup , expédiant au chômage des dizaines de milliers de personnes.

Ce ne sont là que des exemples typiques de comportements, de faits et de phénomènes qui font partie, à bien y regarder, du vade-mecum du révolutionnaire qui croit trop à sa révolution et dont il attend des dividendes immédiats et univoques. Seulement, il y a des paramètres dont il faille tenir compte que tout ce qui est entrepris à ce titre génère immanquablement des effets contreproductifs et hautement nocifs. Il est vrai que les Tunisiens se sont longtemps et trop retenus de faire étalage de leurs dépits et colères ; il est vrai aussi que leur situation offrait si peu d’espoirs que le pas vers la violence est vite franchi ; il est vrai enfin que l’impatience qui s’est emparée des uns et des autres a désormais bien du mal à être contenue. Il n’en demeure pas moins que les défis à relever sont à ce point cruciaux et déterminants pour l’avenir immédiat et lointain que les Tunisiens doivent impérativement se sentir tenus de modérer leurs ardeurs révolutionnaires et se persuader que la démocratie et la bonne gouvernance sont là pour porter , dans peu de temps, la croissance de leur économie et multiplier les opportunités d’emploi et d’investissement  dans l’intérêt bien compris de toute la communauté nationale.

Mohamed Lahmar

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An lendemain de la Révolution, les conjoncturistes  économiques se sont pris dans l’exercice de prévoir combien la Tunisie pourrait-elle tenir avant d’aller droit dans le mur. Il est vrai que le décor était bel est bien planté pour que ce « pire » ait lieu et dont les expressions les plus tangibles et immédiates avaient pour noms insécurité avec son corollaire le couvre-feu, un appareil de production abîmé, des investisseurs qui commençaient à tourner le dos au pays et cherchaient à délocaliser ailleurs, des agences de notation qui dégradaient à tour de bras, et « cerise sur le gâteau » un blocage politique qui n’en finit pas de tourmenter les plus béats des Tunisiens.

Six semaines plus tard,  le pays ne semble pas être sorti de l’auberge. Pis, il semble s’enfoncer encore plus dans un marécage politico-socio-économique que le départ du tant décrié Mohamed Ghannouchi  n’a pas réussi à apaiser. Son successeur s’offre à son tour à des menées cabalistiques qui sentent de moins en moins le jus de boudin, car les vrais instigateurs commencent à  ne plus se cacher entièrement la face pour se signaler par des revendications politiques qui tiennent plus de l’ukase que de la proposition.

C’est à se demander si l’UGTT par exemple  a bien vocation à faire et défaire les gouvernements, à dessiner l’horizon politique de la Nation et à démolir avec méthode et un remarquable esprit de suite ce qui ne concorderait  pas avec  ses nouvelles professions de foi. Certes, il lui est parfaitement loisible de se réapproprier à l’égal de toutes les forces sociales et politiques, mais à son échelle, la chose publique. Toutefois, il doit sembler hors de propos et fondamentalement contraire à la mission d’un syndicat, plus est ouvrier, de s’engouffrer dans une brèche laissée béante par une conjoncture politique singulière et enchaîner les diktats sans se soucier des enjeux prioritaires du pays et de son devenir économique.

Certes aussi, la Nation a besoin d’un avenir politique clair, d’une feuille de route politique qui ne l’est pas moins ,d’une Constituante, d’élections libres et transparentes, d’un Parlement qui fasse office de contre-pouvoir, d’une justice indépendante, d’une presse affranchie et responsable, mais  cette Nation-là a aussi et même surtout besoin  du minimum requis de sécurité, d’une économie qui fonctionne , qui attire les investisseurs et les capitaux, qui donne du travail aux centaines de milliers de jeunes qui se bousculent au portillon auxquels viennent s’ajouter de nouveaux chômeurs qu’il se soit agi de ceux touchés par les fermetures dues aux pillages ou des expatriés tunisiens de retour de Libye.
Est-ce l’heure de s’enliser dans d’interminables arguties politiques d’où l’esprit de chicane n’est, au demeurant, nullement  absent alors  même que 4 pour cent du PIB se sont  envolés en fumée coûtant au pays  au bas mot pas moins de 5 milliards de dinars et que l’appareil de production a du mal à redémarrer, que les investisseurs étrangers, échaudés par des événements auxquels  ils s’attendaient le moins du monde, y réfléchiront à deux fois plutôt qu’une avant de revenir sur le site et que, enfin, la spirale revendicative touche pratiquement tous les compartiments de l’activité nationale ?

D’autant que, comme vient de le signaler l’agence de notation Moody’s , le prolongement de la crise  sera potentiellement dommageable pour l’économie du pays, étant donné sa dépendance envers le secteur du tourisme et les investissements étrangers, au même moment que les événements récents « vont affecter les recettes fiscales et la croissance en 2011 ».

A la vérité, l’exercice démocratique est indissociable de la croissance économique et du bien-être social, il en  est même la condition sine qua non  pourvu qu’il se fasse à l’abri des turbulences, de ce qui pourrait s’apparenter à l’anarchie, mais, en premier et dernier ressort, il doit s’effectuer à l’enseigne de la fibre nationaliste qui doit être celle de tous les citoyens, sans exclusive.
Voici la profession de foi qui doit animer les protestataires de la Kasbah et d’ailleurs, car enfin, et à mesure que retomberont les transes révolutionnaires et que se dessilleront les yeux et les esprits, on mesurera les ravages faits, dans l’entretemps,  à l’économie et à la condition des gens.  

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Il y a plus de 220 ans, Mirabeau disait : « le meilleur moyen de faire avorter la révolution, c’est de trop demander ». Depuis, bien des révolutions ont changé la face du monde, mais  peu celle de révolutionnaires qui, dans leur ensemble, demeurent habités par les mêmes réflexes  et acquis à de logiques similaires ou voisines.

La Révolution de 14 janvier ressortit-elle à la même lignée ? Rien n’interdit de le penser du moins dans l’usage qui en est fait après coup et au vu de cette effusion de revendications qui touche toutes les catégories socioprofessionnelles, se déploie dans toutes les régions et s’exprime sur toutes les fréquences. Ceci alors qu’il est unanimement compris et bien compris que les chances de voir ce cahier de doléances aboutir flirtent avec l’epsilon. D’abord, parce que le gouvernement  transitoire qui en est saisi est  vraiment et en tous points épisodique, et ensuite et surtout, parce ce que les moyens dont il disposerait pour y répondre sont d’autant plus dérisoires et même nuls  qu’il a hérité d’une gestion calamiteuse et de l’économie et des deniers publics et que, de surcroît, la reprise n’est pas dans l’ordre des probabilités immédiates.

C’est vraisemblablement pourquoi  cette fièvre revendicative semble être tombée dans maints endroits sans pour autant épuiser le grand nombre, comme en témoignent les sit-in  dont les institutions publiques et nombre d’entreprises privées continuent d’être le théâtre, soit pour déloger une direction, soit pour réclamer « une amélioration des conditions matérielles et morales ».

De toute évidence, il en coûte à la communauté nationale de devoir avoir affaire à de tels accès « désordonnés » de la gestion de la res publica (chose publique)avec son cortège d’arrêts de travail, de blocages de production et surtout de délocalisations d’investissement qui, in fine ,ne manqueront pas de s’en suivre, sans parler des investisseurs locaux lesquels , au surplus, échaudés par ce qui vient de se produire, ne devraient pas être prompts à mettre de nouveau la main à la poche pour redémarrer la machine économique.

Sur le registre des politiques, pendant ce temps, la situation ne semble guère plus reluisante. D’autant moins que, un mois et une semaine après l’avènement de la Révolution, très peu d’acquis peuvent être mis au crédit du gouvernement d’union nationale, hormis peut-être l’élaboration et la promulgation, au pied levé, il est vrai, de la loi sur l’amnistie générale. Pour le reste, ce gouvernement ne fait que s’échiner à avoir voix au chapitre, déférant , à son corps défendant, à tout ce qui vient de la rue sous la forme de contestations de décisions et de nominations où l’autorité dispensatrice n’a pas l’air d’être avertie ou bien inspirée, un gouvernement vouée aux gémonies et dont la démission vient de nouveau   d’être réclamée par plus de 3000 personnes rassemblées, Place de la Kasbah.

On comprend dès lors pourquoi l’échiquier politique se trouve régulièrement comme pétrifié par les réactions que ses actes pourraient susciter auprès des citoyens qui ne se font pas faute , en retour, de dire tout haut ce qu’ils en pensent à l’avenant. Si bien qu’à quelques petites semaines de l’échéance fixée par la constitution pour l’élection de la future direction politique du pays,  rien ou quasiment ne semble avoir été mis en place pour que la transition s’effectue sans accrocs ni secousses. Sous cet angle et sous bien d’autres et avec lui l’ensemble du personnel politique, le gouvernement semble acculé à se mouvoir entre les gouttes, certes de peur de se mouiller, mais encore pour ne pas s’attirer les foudres des uns et des autres.

A la vérité, aucune figure n’a l’heur d’émerger du lot, ni de trouver grâce aux yeux des futurs électeurs, encore moins de signaler par un projet politique  si sommaire soit-il. Pour le citoyen lamba, l’échiquier politique est peuplé  d’illustres inconnus peu susceptibles d’avoir ses faveurs. Et  même les deux figures politiques  qui semblent pour l’heure  postuler davantage que d’autres à la magistrature suprême  ne sont pas visiblement logées à meilleure enseigne , soit par ce qu’elles sont absorbées par des tâches  gouvernementales, soit par ce qu’elles ne sont pas encore prêtes à affronter leurs électeurs. Au final, c’est encore une chance qui est en train de se perdre pour l’exercice démocratique tant et si puissamment recherché, et plus singulièrement pour l’acte d’élire si longtemps travesti  et grossièrement contrefait. Si bien que  l’on ne serait pas en peine de trouver de circonstance cette citation d’un homme politique français qui a constaté qu’ « il n’y a pas eu d’élections libres en Tunisie depuis Hannibal ».
Pour autant, l’urne sera-telle réhabilitée en 2011, en Tunisie ? Tout en sachant que rien ne sera et ne pourra être comme avant , il est à craindre que , faute d’élus potentiels vraiment éligibles, la consultation électorale  soit un exercice dont l’issue et l’épilogue ne seront pas aussi cruciaux et porteurs d’espoir que les enjeux et le sacrifice consenti.

Mohamed Lahmar
 

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