Tags Posts tagged with "Révolution tunisienne,"

Révolution tunisienne,

par -
La révolution tunisienne ne cesse de dérouter les observateurs. Son caractère spontané lui a facilité le succès et servi de catalyseur pour les peuples de la région

La révolution tunisienne ne cesse de dérouter les observateurs. Son caractère spontané lui a facilité le succès et servi de catalyseur pour les peuples de la région, qui sont parvenus à saisir le message principal de cette chevauchée qui leur a intimé en substance : Osez, soulevez-vous, n’attendez pas que les partis de l’opposition soient installés pour qu’ils choisissent pour vous la voie à suivre. Les anciennes élites qui n’y ont participé qu’accessoirement, se sont emparées de cette révolution et ont essayé d’y introduire les correctifs qu’ils jugeaient nécessaires. Il fallait fixer le cap, rompre avec l’ancien régime et rétablir la vérité sur les évènements du 17 décembre2010 au 14 janvier 2011.

Après six semaines d’hésitation, les deux premiers objectifs ont pu trouver le chemin de la réalisation, lorsque l’extrême-gauche et la centrale syndicale (l’UGTT) ont imposé, à partir du 28 février 2011, la Constituante. Mais curieusement, le processus politique (premier objectif), appelé transition démocratique, peut-être parce qu’il est lié aux questions du pouvoir, a pris le dessus et suscité plus d’intérêt que la rupture avec l’ancien régime ( deuxième objectif) qui a été littéralement privatisé et laissé aux soins des fonctionnaires, des syndicats, des élèves et de leurs parents pour déterminer qui représentait les « anciens » , et qui peut être retenu pour les périodes à venir, dans l’administration, les usines et les établissements scolaires. Quelques arrestations, des dossiers judiciaires qui n’étaient bien préparés et même bâclés, de l’avis des spécialistes internationaux, et des cohortes d’avocats , d’ONGs , d’experts qui faisaient pression sur l’administration et la justice, en vue de les pousser à aller loin dans la rupture avec l’ancien régime et afficher l’exemplaire sévérité envers ses symboles.

A ces raccourcis et gestes spectaculaires, s’ajoute une confusion théorique énorme, amalgamant régime politique et Etat, responsabilité individuelle et solidarité gouvernementale, décideurs et subalternes. Et même les acquis réels du pays et de la société, comme les équilibres financiers, et le faible taux d’endettement extérieur, ont été banalisés ou présentés comme des tares à éviter. L’essentiel était donc de couper les ponts avec l’ancien régime, et tout a été assimilé à de la corruption et de la répression, et les choses étaient faciles en marginalisant ou même éradiquant tout ce qui avait un lien quelconque avec l’avant 14 janvier. Et on en était arrivé à instaurer un système de distribution à une large échelle (recrutements, augmentations des salaires et de l’enveloppe allouée à la compensation) sans se soucier aucunement du système productif.

Le troisième objectif qui consistait à rétablir la vérité sur les évènements qui se sont déroulés du 17 décembre2010 au 14 janvier 2011, était, sur le plan pratique, de loin le plus important. Car cette vérité doit nous initier à ce qui est prioritaire et ce qui l’est moins, aux niveaux de la réalisation des revendications populaires, des réponses à apporter aux attentes des régions et des différents secteurs de la société. Cette vérité doit surtout nous permettre de connaître par leurs noms les martyrs et les blessés qui se sont sacrifiés pour faire aboutir la révolution. Mais toutes les initiatives qui étaient engagées pour tirer au clair cette vérité n’ont malheureusement pas abouti. L’opinion publique se rappelle de la première séance de l’ANC, le 22 novembre 2011, qui a tourné à la bagarre, justement parce qu’elle a voulu dresser cette liste. La Commission nationale d’investigation sur les abus et les violations, présidée par Toufik Bouderbala , n’est pas parvenue à dresser cette liste ; idem pour la Haute Instance des Droits de l’Homme qui a été, entre-temps, investie de cette mission.

Et face à cet échec, et en l’absence d’une liste officielle des martyrs et des blessés et de la clarification des circonstances des évènements mentionnés, plusieurs familles et individus se sont autoproclamés artisans de cette révolution , et Samir Dilou, ex-ministre des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle, en charge du dossier, a affirmé, à plusieurs reprises, que les listes des martyrs et blessés de la révolution, présentées par le ministère de l’Intérieur et les commissions d’investigations, sont contradictoires et comprennent de fausses victimes.

Les dernières campagnes pour défendre Aziz Amami et les jeunes qui ont incendié des postes de police, ont remis à l’ordre du jour la nécessité d’établir les faits qui ont accompagné le soulèvement populaire de fin 2010-début 2011, et dresser les listes de ceux qui ont contribué à son succès , sinon on reviendrait à une sorte de privatisation de l’opération , et chaque quartier proclamera unilatéralement ses héros qui seront, de ce fait, intouchables , et les protestations obligeront les instances à accorder, à chaque fois , à des listes plus longues, impunité et avantages , sans critères objectifs basés sur des faits reconnus et admis par tous .

En fait, deux volets (sur trois) de la révolution tunisienne (déterminer qui est révolutionnaire et qui ne l’est pas, et qui a été artisan de la révolution), ont été de facto privatisés, et les décisions s’y rapportant se prennent toujours en dehors de toute approche objective ou consensus national.

Et en l’absence d’un travail d’investigation qui rétablira la vérité et permettra de classer les acteurs sur la base de critères objectifs, même les initiatives généreuses qui seraient prises par les instances de la République à l’endroit des artisans de la révolution, comme l’adoption hier par l’ANC de la loi organique sur les affaires en rapport à la période s’étendant entre le 17 décembre 2010 et le 28 février 2011, seront perçues , malgré leur caractère légitime, comme un racket politique imposé par les sit-ins et les protestations.

Aboussaoud hmidi

par -
Il est 10 heures du matin. Les Tunisiennes et Tunisiens sont venus  en grand nombre pour  célébrer le deuxième anniversaire de la Révolution durant laquelle les Tunisiens  se sont soulevés entraînant  la chute du régime dictatorial de Ben Ali. Des milliers de manifestants

Il est 10 heures du matin. Les Tunisiennes et Tunisiens sont venus en grand nombre pour célébrer le deuxième anniversaire de la Révolution durant laquelle les Tunisiens se sont soulevés entraînant la chute du régime dictatorial de Ben Ali. Des milliers de manifestants ont choisi de défiler dans les principales artères de la capitale bien qu’il s’agisse d’un jour de repos.

Tous les partis politiques ainsi que leurs sympathisants et adhérents étaient présents. Ils ont formé des rangs séparés et distincts et scandé nombre de slogans, tels que « La liberté pour la Tunisie », « Stop à la violence », « A quand notre constitution ? », ou encore « Réaliser les objectifs de la Révolution est un droit ».

Il s’agit, certainement, d’une manifestation historique et inoubliable malgré son non homogénéité. C’est à chaque parti son coin, son espace et ses limites.

Les militants et adhérents du mouvement Ennahdha ont occupé le plein centre-ville de Tunis. Ils se sont réunis autour de la statue d’Ibn Khaldoun et un peu plus loin, à proximité du ministère du Tourisme. Une exposition comprenant les photos des martyrs et des blessés de la Révolution a été organisée dans cet espace.

Des barbus appartenant au courant Islamiste ont choisi de prononcer un discours, à travers lequel, ils ont appelé à porter le « Hijab », et ont incité les présents, plus particulièrement les jeunes de faire la prière et à suivre « la religion en tant que source de dignité et de fierté pour les musulmans ».

 

Les manifestants du mouvement Ennahdha ont été la cible, à travers des dépliants collés sur les arbres, à de vives critiques sur la gestion des affaires par le gouvernement actuel. Ils ont appelé à revoir l’avant-projet de la Constituante qui ne mentionne pas, disent-ils, l’identité islamique arabe. Ils ont appelé, également, les parties responsables de la rédaction de la Constituante d’amender ce texte pour qu’il réponde aux attentes et aux aspirations des Tunisiens.

De leur côté, les sympathisants du mouvement « Nidaa Tounes », ont pris position, Avenue Mohamed V, et tout au long l’allée menant au Palais des Congrès. Ils ont scandé plusieurs slogans dont principalement, « Dégage, les ligues de protection de la Révolution », « Stop à la violence…Stop au terrorisme », « Emploi…Dignité…Liberté », ou encore « On veut une Révolution qui nous réunit et un gouvernement qui nous unit ».

Une séparation qui donnerait à penser que les Tunisiens ne sont pas sur la même longueur d’onde. Les autres partis, à savoir Al Joumhouri, Al Massar, l’Union démocratique, ont défilé sur toute l’Avenue principale Habib Bourguiba.

Iyed Dahmani, membre de la Constituante a indiqué, dans une déclaration à Africanmanager, que la Tunisie n’est pas sur la bonne voie, ajoutant que deux ans après la Révolution, les objectifs du soulèvement n’ont pas été encore réalisés, à l’exception de ceux de la liberté d’expression. L’emploi, le développement régional et l’indépendance de la justice restent encore loin d’être atteints.

Il a ajouté : « Nous sommes réunis aujourd’hui, pas pour fêter la Révolution, mais plutôt dans l’objectif de rappeler des demandes de la Révolution, que la Troika a négligées. Selon lui, la Tunisie a besoin d’une autre alternative voire un autre programme pour réaliser ses buts et réaliser les objectifs de la Révolution.

Iyed Dahmani, a appelé également à instaurer un nouveau modèle de développement, à promouvoir les régions intérieures et mettre en place un plan Marshall pour l’emploi et le développement régional. Selon lui, le gouvernement actuel n’a pas l’intention de répondre aux attentes des Tunisiens et ne dispose pas des compétences nécessaires pour réaliser les objectifs de la Révolution.

La secrétaire générale du parti Al Jomhouri et députée à l’Assemblée Nationale Constituante, Maya Jribi a incité, de son côté, les Tunisiens à fêter la journée du 14 janvier. « C’est une journée mémorable où les Tunisiens se sont unis et où les Tunisiens ont fait tomber une dictature parmi les plus atroces au monde. « Il ne faut pas oublier ce grand jour de la Révolution des Tunisiens », a-t-elle déclaré.

La militante a fait savoir, par contre, que les Tunisiens sont déçus de ce qui ce passe aujourd’hui dans le pays et qu’ils s’interrogent incessamment sur l’avenir de la Tunisie : « Où va la Tunisie ? Où va notre Révolution ? », s’est-elle demandée.

Selon elle, ce qu’a été réalisé, aujourd’hui, vraiment, c’est la liberté d’expression, précisant, cependant, qu’il reste maintenant de réaliser les objectifs de la Révolution dont principalement l’équilibre entre les régions, l’emploi et la dignité nationale.

C’est à ce propos qu’elle a appelé les politiciens à fixer une date précise et très proche pour les élections et élaborer une feuille de route très claire pour les prochaines élections tout en garantissant un climat propice à l’équité sociale et à l’édification d’un pays prospère.

Kh.T

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le PDG de la Poste Tunisienne, Moez Chakchouk, a mis l’accent sur les efforts fournis par l’entreprise pour...

AFRIQUE

Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires Étrangères Didier Reynders a rencontré ce 23/3 le Président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO)...

SPORT