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Toutes les révolutions arabes ont été phagocytées  par les mouvements islamistes

Toutes les révolutions arabes ont été phagocytées par les mouvements islamistes, c’est le constat que font tous les observateurs. Pourquoi en est-on arrivé là ? Et qui en est, en termes politiques, responsable.

L’échec des dictatures a été accompagné par la marginalisation, et parfois la neutralisation des forces républicaines réformatrices qui devaient assurer la pérennité de l’Etat, la primauté du facteur développement, et la priorité des grands équilibres économiques et financiers de la période transitoire.

On était en présence de cas multiples où des moyens divers ont été utilisés, pour conduire à la confiscation par l’islamisme du dessein révolutionnaire des pays de la région.

En Tunisie, les sit-ins El-Kasbah et surtout El-Kasbah 2, ont eu raison de l’option Mohammed Ghannouchi . Le duo qui lui a succédé (Béji Caïd Essebsi-Iyadh Ben Achour) , n’a pas eu le temps de combler le vide , qui sera vite occupé par les islamistes d’Ennahdha . En Egypte, les sit-ins similaires de la place Ettahrir , et le mauvais déploiement des forces laïques ont marginalisé les démocrates et poussé Ahmed Chafiq à fuir le pays, après un score serré au second tour des présidentielles qui l’ont opposé à l’islamiste et actuel président , Mohamed Moursi. Au Yémen, les formes ont été respectées, et c’est Abd Rabbou Hédi Mansour, ancien vice-président qui gouverne le pays jusqu’à présent.

La Libye où les islamistes ont été récupérés, pour un temps ,par l’aile « réformatrice » du régime déchu , ont pris d’assaut ce qui restait d’un Etat délité et moribond , pour transformer le pays en une réserve humaine et un arsenal militaire au service de la cause des islamistes les plus extrémistes au Sahel et au Moyen-Orient .

Le cas syrien est très emblématique de cet agenda islamiste à vocation internationale qui ,une fois convaincu que l’issue de l’option pacifique de la révolution ne lui sera profitable, se lance dans sa confiscation , en la militarisant purement et simplement par le biais des colonnes affiliées à Al-Qaïda , auxquelles se joindront , dans une euphorie , vite éteinte ,les transfuges de l’armée de Bachar .

Les forces républicaines et démocratiques, en Tunisie, ne sont pas parvenues à capter les signes les plus pertinents de cette évolution, pour en tirer les conclusions qui s’imposent :

– Primo : Le Parti Ennahdha en Tunisie a changé d’attitude, entre janvier et mars 2011,au sujet de sa participation politique . Ennahdha a troqué la priorité qu’il devait donner à sa restructuration interne pour une période allant de 3à 5 ans , accompagnée d’une participation symbolique à la vie publique , pour un élan effréné à l’effet d’investir l’espace public et les institutions de l’Etat ,en intégrant les salafistes dans sa quête du pouvoir absolu , et en érigeant une ligne de démarcation dans la société entre les islamistes et les autres . Le tournant était négocié à Al-Kasbah 3, un certain vendredi 15 juillet 2011.

– Secundo : La Révolution tunisienne a été, dès le départ, perçue par les leaders nahdhaouis comme le premier maillon d’une chaîne devant aboutir à renverser tous les régimes non islamistes dans la région. Dès le 4 février 2011 , Rached Ghannouchi a évoqué, dans l’enceinte de la mosquée Ezzaytouna , le rôle avant-gardiste de la Tunisie , voulu par Dieu ,dans la diffusion des valeurs de l’islam en Afrique et en Andalousie, remis au goût via la propagation des Révolutions contre l’oppression et pour les libertés .Le cap a été maintenu ,depuis décembre 2011,dans les relations de la Tunisie avec la Syrie et le Nord-Mali ,par la rupture des relations diplomatiques avec le régime de Bachar et l’adhésion à un accord régional (révélé par Ahmed Manai, le 28 / 3 / 2013, au journal La Presse ) pour accélérer la militarisation de la révolution syrienne , ainsi que l’opposition à l’intervention franco-africaine pour déloger les djihadistes du Nord-Mali .

– Tertio : Les politiciens tunisiens n’ont pas pu déchiffrer la symbolique du choix de l’islamiste yéménite Kerman Moutawkkel en lieu et place de la tunisienne Lina Ben M’henni, d’obédience progressiste, pour le prix Nobel de la paix 2011, pour célébrer le contribution de la jeunesse au succès du printemps arabe . C’était un choix très significatif, qui n’a pas été, lui aussi, perçu à sa juste valeur .

Les forces républicaines et démocratiques, ont été déboussolées par le cours des évènements : elles avaient cru, avant octobre 2011, pouvoir jouer un rôle déterminant dans la Tunisie postrévolutionnaire. Après ces élections, et les récents déboires de la troïka, chaque force se veut le principal levier du redressement républicain, et œuvre à ce qu’elle soit l’unique bénéficiaire du probable débâcle du mouvement islamiste. Le Front populaire, en faisant cavalier seul, donne à penser que ce mouvement qui cherche un ancrage dans la Tunisie profonde, ne se réclame pas de l’héritage républicain, et fait peu de cas de la défense des acquis qui sont les siens.

Les démocrates tunisiens ont été indifférents à l’égard de beaucoup d’indices et signaux pertinents , qui devaient , une fois saisis et analysés , les aider à entrevoir les évolutions futures et s’en accommoder .Cette situation pourrait être celle des élites démocratiques dans les pays arabes qui ont mené des révolutions vite confisquées par le mouvement islamiste international .Mais cet échec , bien que partagé par tous , est senti de manière plus cruelle en Tunisie où les traditions républicaines sont plus ancrées et le mouvement démocratique plus actif .

Aboussaoud Hmidi

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