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Ridha Ben Mosbah, Steg, Tunisie

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 350 millions de dinars

350 millions de dinars, c’est le montant des impayés cumulés par la société tunisienne d’Electricité et de Gaz (STEG) suite au refus des citoyens de payer leurs factures au nom de la Révolution. Comme toujours, le Tunisien a toujours eu maille à partir avec ses factures. La STEG étant au bord de la faillite et elle n’a trouvé jamais la bonne solution jusqu’à ce jour. Le nombre des factures non réglées ne cesse de grimper pour dépasser, et de loin, les 30%. En marge du congrès des membres de l’Union des producteurs, transporteurs et distributeurs d’énergie électrique d’Afrique (UPDEA) qui s’est tenu récemment à Tunis, Ridha Ben Mosbah, PDG de la Steg, dans un entretien avec Africanmanager, a apporté sur le sujet, les éclaircissements que voici :.

La Steg n’a pas été payée en retour, comme il faut, comment expliquez-vous cela ?

La Steg n’a pas été payée, comme il faut, en retour en termes de recouvrement de ses factures. Les impayés ont doublé pour atteindre les 350 millions de dinars, à fin avril 2012. C’est le souci permanent du Conseil d’administration de la Steg. Nous travaillons aujourd’hui à mettre en place des solutions adéquates surtout pour les opérateurs économiques. Nous demandons un sursaut de citoyenneté de la part des Tunisiens pour que cette entreprise, qui a été fidèle et qui a honoré ses contrats, soit sur le bon chemin. C’est dans ce cadre que nous réclamons une attitude responsable de la part de nos concitoyens et nous sommes prêts à examiner les cas particuliers, un par un.

Comment vous voyez les solutions ?

Il faut payer les factures, il n’y a pas de solutions miracles en économie ! Il faut être conscient du renchérissement du prix de l’énergie. A fin 2011, le coût moyen du kilowatt heure était de 218 millimes et il a été vendu par la Steg à 125 millimes. Regardez l’ampleur du soutien qu’apporte l’Etat tunisien en termes de confort et d’utilisation de l’énergie. La précarité énergétique est un phénomène mondial qui n’est pas propre à la Tunisie. Toutefois, nous sommes conscients de l’augmentation de la facture, mais elle est induite par l’augmentation de la consommation.

La consommation moyenne du Tunisien est d’environ 1200 unités par habitant. En Afrique, le taux de consommation est d’environ 4000 unités, soit le triple de celui du Tunisien. Mais, comparée à l’Afrique du Sud, la consommation est égale celle du Tunisien. Il faut trouver des solutions au niveau de la maîtrise de l’énergie à travers l’éducation des usagers, car , des toutes les façons, il y aura un enrichissement au niveau des prix de l’énergie qui suivra le phénomène d’augmentation des prix du combustible et plus particulièrement du baril de pétrole.

Comment expliquez- vous la méfiance des Tunisiens vis-à-vis de la Steg ?

La Steg a été identifiée au système politique. Malheureusement cette étiquette nous a été collée, amplifiée en cela par certains mass medias en termes d’image. Cependant, la Steg n’a pas participé à ce systéme politique. Au contraire, la société s’est acquittée de ses tâches. Mais comme le citoyen a identifié la Steg au système politique et comme il a refusé le système politique, il a rejeté la facture de la Steg comme étant une entreprise étatique. Mais, je crois qu’avec le temps, les Tunisiens réaliseront de plus en plus conscient que la steg s’est acquittée de son contrat moral vis-à-vis de la population notamment en termes de continuité de ses services.

Est-ce qu’on peut expliquer cela par le manque de communication de la Steg ?

Non. Au contraire, la Steg a essayé de ne pas trop polémiquer sur la chose. Le 13 juin, courant, à l’occasion du 50éme commémoration de la cinquantenaire de la société, nous organisons une journée porte ouverte de dialogue et de discussion avec les citoyens, abonnés et clients. A cette occasion, nous révélerons notre nouvelle stratégie.

Comment la Steg est intervenue pour recouvrer ses impayés ?

Nous avons engagé une politique très souple en matière de recouvrement de nos impayés. Comme tous les secteurs, les ménages passent par des difficultés. Nous essayons de mettre en place des mesures adéquates et adaptées à ces difficultés apparues après la Révolution. Les opérateurs économiques ainsi que les ménages souffrent d’un renchérissement du coût de la vie. Dans ce cadre, la Steg a cherché à s’adapter en étalant les factures. Nous avons lancé notre produit services SMS afin d’éviter les 2 dinars de frais de retard de paiement et de frais de rappel. Nous sommes également en train de mettre en place des solutions réellement économiques au profit de nos concitoyens.

Chaque fois qu’on accorde une facilité, on remarque une amélioration au niveau du taux de recouvrement. On a enregistré une amélioration de 20%, à fin 2011, grâce aux mesures de rééchelonnement des factures qui ont été prises, durant le dernier trimestre de l’année 2011.

Quels sont les projets futurs de la Steg ?

On a lancé et on va lancer plusieurs projets. En 2011, nous avons démarré une centrale à Gabès. Nous sommes en train de construire une nouvelle centrale à Sousse qui sera prête, en 2013. Le coût de ce projet est aux alentours de 600 millions de dinars. Nous avons également une centrale en appel d’offres qui sera installée à Sousse. On va aussi lancer un projet pour une centrale dans le nord de la Tunisie. Nous essayons aussi de rechercher un terrain à côté de la région de Bizerte pour pouvoir subvenir aux besoins de la consommation électrique durant l’été 2015 parce que la consommation électrique augmente de 1000 mégawatt chaque été. Nous devons préparer un surcroit de consommation pendant l’été et la saison de la climatisation.

Y a-t-il des messages à transmettre aux Tunisiens ?

Soyons responsables et solidaires pour dépasser les incompréhensions. De sa part, la Steg déplorera tous ses efforts et poursuivra la continuité de ses services. Nous essayons aussi de trouver de nouvelles solutions pour aider les ménages à mieux maîtriser l’énergie parce que je ne vois pas d’autre solution aujourd’hui qu’une meilleure maîtrise de l’énergie au niveau de notre consommation quotidienne.

La Steg vient d’accéder à la présidence de l’UPDEA, qu’est-ce que cela représente pour la société ?

Nous présidons seulement le comité exécutif, c’est une présidence de coordination, de conception et de mobilisation. Ceci va nous permettre peut-être de donner un nouvel élan au programme d’électrification rurale et à l’intégration des énergies renouvelables en Afrique. Il s’agit également d’exporter l’expérience réussie de la Tunisie en matière de mobilisation d’énergies renouvelables, de maîtrise de l’énergie et d’électrification rurale ainsi que dans plusieurs autres domaines où la Steg a démontré des compétences.

Khadija Taboubi

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