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Un peu plus d’un an après l’opération antiterroriste de Sidi Yaiche au cours de laquelle 9 terroristes dont leur chef Lokman Abou Sakhr , ont été abattus, des révélations viennent d’être faites par le célèbre journal américain « Washington Post », sur ce qui s’est réellement passé lors de cette opération, s’agissant surtout du rôle des militaires américains et des agents de la CIA dans la réussite de l’opération.

 Evoquant en plan de situation l’embuscade, le journal indique que « les hommes armés obliquaient vers le lieu de  l’embuscade de nuit. Les terroristes, sous la houlette d’un  djihadiste blanchi sous le harnais, auteur d’une  attaque sanglante contre les Occidentaux perpétrée seulement 10 jours plus tôt, serpentaient une route désertique étroite dans le Centre de la Tunisie ».

Et d’ajouter : « Lorsque les unités d’élite  tunisiennes,  embusquées dans les collines environnantes ont ouvert le feu, leurs traceurs ont illuminé le ciel nocturne, et quelques uns des terroristes  ont tenté de fuir. Les neuf suspects, dont leur chef, Khaled Chaib, ont été abattus. Un informateur à bord du  camion au moment de l’embuscade a été blessé à l’épaule ».

L’opération de Sidi Yaiche, dans le gouvernorat de Gafsa en mars à 2015 a été une victoire  dont la fragile démocratie de la Tunisie avait cruellement besoin, les dirigeants ayant du mal  à tenir les  promesses de la révolution de 2011. Le chef du gouvernement Habib Essid a qualifié l’embuscade tendue par les unités de la Garde nationale de succès  couronnant les efforts croissants de lutte contre le terrorisme. Un journal de la place a titré : «Le pays a été sauvé de la catastrophe. »

Mais ce que les dirigeants tunisiens ont passé sous silence, c’était le rôle central joué par les forces américaines en charge des opérations spéciales qui avaient contribué à la planification et à l’exécution de l’opération de Sidi Yaiche, souligne le Washington Post.

Citant des  responsables tunisiens et américains, il précise que les services américains des communications ont intercepté une communication où le recherché  Chaib, un Algérien  connu sous le nom de Lokman Abou Sakhr, donnait aux troupes locales le feu vert pour se  positionner dans le désert. Une équipe américaine, composée de commandos des opérations spéciales assistés par des agents de la CIA, a aidé les forces tunisiennes à monter et répéter l’embuscade. Et alors que se déroulait l’opération, un avion de surveillance américain survolait l’endroit  et une petite équipe de conseillers américains montait la garde à partir d’une position avancée.

Parlant au téléphone, le général David M. Rodriguez, le chef de l’US Africa Command, a salué les efforts de lutte contre le terrorisme menés par les forces tunisiennes, mais a refusé de commenter l’opération dans la région de Sidi Yaiche. La CIA en a fait autant.

La doctrine d’Obama

L’opération illustre le rôle central, mais peu connu que les troupes d’opérations spéciales américaines peuvent jouer pour aider des forces étrangères à monter et exécuter des missions mortelles contre des cibles terroristes.

Dans ce genre d’opérations, le président Barak Obama a montré qu’il est  prêt à risquer des vies américaines pour capturer ou tuer de grosses pointures terroristes  ou délivrer des otages. Mais il a également donné des instructions à ses chefs militaires de chercher des moyens d’action n’impliquant pas directement les États-Unis,  ce qui met le risque sur les épaules de leurs partenaires tout en les auréolant de gloire.

« Cela leur permet de prendre ces responsabilités eux-mêmes et de réduire l’effet de ce qui est souvent perçu comme des  questions politiquement très sensibles», a déclaré un haut responsable américain de la défense qui, à l’instar d’autres, a parlé sous le couvert de l’anonymat s’agissant d’opérations délicates.  » Ceci réduit notre empreinte, notre présence, et donne du crédit au pays [partenaire]».

«Il est presque toujours plus facile pour les forces américaines de le faire directement», a déclaré William F. Wechsler, responsable de la supervision des missions des forces spéciales au Pentagone jusqu’à l’année dernière. « Mais si votre mission plus vaste est de renforcer les capacités du partenaire, vous acceptez un certain risque induit par la mission en en laissant l’exécution aux  forces locales avec votre soutien ».

« Vous avez une très large variété  de menaces qui s’imbriquent en Tunisie, avec des ressources limitées pour y faire face», a déclaré, pour sa part,  Haim Malka, chercheur principal au Centre d’études stratégiques  internationales à Washington. « C’est insoutenable. »

Le gouvernement tunisien aux prises avec le terrorisme

Après 2011, les nouveaux dirigeants de la Tunisie ont réalisé qu’ils avaient besoin d’aide. Le gouvernement  a demandé à ses alliés, notamment les États-Unis et l’Allemagne, de l’aider à  mieux contrôler les  frontières avec la Libye. Des militaires américains, une centaine, sont en train de former La  Garde nationale et les forces spéciales de l’armée.

Les États-Unis ont fourni à la Tunisie  des  avions de surveillance  ScanEagle, et le gouvernement tunisien attend que lui soient livrés les hélicoptères Black Hawk qu’il  a achetés. Dans une récente interview à Tunis, le président Béji Caïd Essebsi a déclaré que le soutien américain est précieux, mais nous en demandons plus ».  » Si nos amis sont prêts à nous aider, nous en serons heureux, » a-t-il dit.

Mais les responsables tunisiens, conscients des réactions de leurs citoyens concernant une intervention étrangère, veulent minimiser toute perception d’un engagement militaire manifeste des États-Unis. « Le gouvernement tunisien doit faire attention à être vu comme travaillant trop étroitement avec les Etats-Unis », a déclaré Haim Malka.

Selon un responsable de la sécurité tunisienne, le discret soutien  américain a été  crucial  dans la conduite de l’opération antiterroriste de Sidi Yaiche. Les Américains  » ont pris en charge la formation et soutenu l’opération » en termes de renseignements et par d’autres moyens, a-t-il révélé. Les forces américaines ont également contribué à truquer le véhicule que les terroristes ont utilisé dans l’embuscade.

Le lendemain de l’opération de Sidi Yaiche, le  ministère tunisien de l’Intérieur de la Tunisie a salué l’opération, publiant des photos des terroristes abattus, entassés dans le véhicule ou couchés sur le sol rocheux.

« L’opération avait pour but de les tuer ; on n’avait  pas l’intention de les arrêter », a déclaré le haut cadre de la sécurité tunisienne, cité par le Washington Post.

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