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Après le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, hier mercredi 09 mars dans la soirée, c’est au tour de la chancelière allemande, Angela Merkel, de dénoncer énergiquement ce jeudi la décision unilatérale de fermer la route des Balkans. Une situation qui accentue les difficultés de la Grèce, qui doit composer avec le fait que des dizaines de milliers de migrants, en provenance de la Turquie, sont bloqués sur son territoire.

Merkel et Tsipras visent directement la Slovénie, la Croatie, la Serbie et la Macédoine, qui ont complètement bouclé leurs frontières, détournant les flux de migrants vers une Grèce débordée et livrée à son sort. Le Premier ministre grec a tapé du poing sur la table en lâchant : «L’UE n’a aucun avenir si ça continue comme ça».
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, se félicitait hier soir d’une «décision commune des 28», alors que dans les faits ces pays de l’Est, agités par une opinion publique de plus en plus xénophobe, ont fait cavaliers seuls en prenant cette décision, ce qui a profondément irrité Tsipras.

Pour ne pas être pris en défaut par les conventions internationales sur l’accueil des réfugiés, ces pays laissent quand même leurs portes ouvertes pour les cas «humanitaires» sérieux et les migrants qui ont réellement l’intention de demander l’asile sur place. Mais comme une toute petite portion des 850.000 personnes qui ont transité par les îles grecques ont exprimé leur désir de résider en Slovénie, en Croatie, en Serbie ou en Macédoine (la plupart des migrants veulent atteindre le nord de l’Europe, notamment l’Allemagne), ces pays sont sûrs de ne pas voir leur homogénéité subir une mutation du fait de l’intégration d’immigrés.

Une décision qui fait les affaires de l’Allemagne

Mais on peut se demander si l’indignation de Merkel n’est pas un peu feinte, comme une sorte de gage d’intégrité morale qu’il donnerait à ses partisans, une façon de préserver son image de femme d’Etat efficace, pragmatique et en même temps foncièrement humaine. En effet Merkel a toujours défendu bec et ongles la nécessité d’accueillir les réfugiés, tous les réfugiés. Cette politique de main tendue a poussé l’Allemagne à absorber à elle seule près d’un million de migrants. Une rareté dans cette Europe où on traine plutôt les pieds pour offrir un asile aux migrants. La France, qui se targue pourtant d’être le pays à la générosité éprouvée, n’a prévu d’en accueillir que 25 mille. Et ne parlons pas des autres pays européens, qui font preuve de beaucoup de mauvaise foi et de manque criant de solidarité avec la misère du monde.

Mais le fait est que l’Allemagne est saturée, et au bord de l’implosion sociale avec les coups de boutoir de parti d’extrême droite xénophobes qui battent quotidiennement le pavé pour amener les autorités à infléchir la politique d’accueil des migrants. Merkel a plutôt bien résisté jusqu’à cette fameuse nuit du 31 décembre 2015 où il y a eu des centaines agressions sexuelles qu’on a vite fait de coller aux Syriens, alors qu’en réalité les auteurs étaient dans leur écrasante majorité des Nord-Africains, notamment des Marocains et des Algériens. Mais le mal était fait. A partir de là Merkel a subi une pression folle, même de la part des ses alliés au gouvernement, pour tarir le flux des migrants. Alors cette affaire de fermeture de la route des Balkans et la réduction drastique du flot des migrants qui en résulte tombent plutôt bien pour la chancelière, quoi qu’elle en dise. Le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, a même déclaré ce jeudi à Bruxelles qu’il voulait «que cela reste comme ça de manière durable». Le vice-chancelier Sigmar Gabriel avait dit dimanche dernier que ces pays de l’Est faisaient «ainsi le sale boulot à la place de l’Allemagne».

En somme, c’est une bouffée d’oxygène pour l’actuelle majorité en Allemagne, notamment dans la perspective des élections régionales que l’extrême droite rêve de remporter, sur fond de ras-le-bol des citoyens face à la politique d’immigration de Merkel.

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