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rupture des relations

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L’Arabie saoudite fait feu de tout bois pour frapper ses ennemis de toujours, les Chiites, quitte même à faire de gros dégâts collatéraux, comme par exemple le fait d’avoir pris dans sa broyeuse toute une nation : Le Liban.  Non content d’avoir coupé le robinet à l’armée d’un pays très fragile – une commande d’équipements militaires français d’une valeur de 3 milliards de dollars -, Ryad a demandé hier mardi 23 février à ses ressortissants de quitter le sol libanais et recommandé à ceux qui voulaient y aller de s’abstenir de le faire. Pire : Les Saoudiens ont entrainé dans leur croisade les Emirats arabes unis, qui ont à leur tour ont déconseillé à leurs citoyens de se rendre au Liban. Les Emiratis ont décidé dans la foulée de diminuer considérablement leur présence diplomatique à Beyrouth.

L’Arabie saoudite punit ainsi tout un pays pour ce qu’elle juge être des réactions inamicales et même hostiles du Hezbollah. D’après Ryad, c’est le mouvement chiite qui a travaillé au corps les autorités libanaises pour les inciter à ne pas condamner formellement au sein de la Ligue arabe et de l’Organisation de la conférence islamique les assauts contre ses représentations diplomatiques en Iran dernièrement. Des attaques, rappelons-le, à mettre en rapport avec l’exécution d’un dignitaire chiite saoudien, le cheikh Nimr al-Nimr, le 02 janvier 2016.

Une terrible bataille confessionnelle en toile de fond

Depuis que des manifestants iraniens s’en sont pris à l’ambassade saoudienne à Téhéran, Ryad a rompu tout lien diplomatique avec son encombrant voisin chiite. Les deux chancelleries se parlent maintenant par pays interposé, en l’occurrence la Suisse. Cette position radicale, et même extrême, de Ryad pour si peu finalement – un bout de bâtiment brûlé – ne peut se comprendre que si on mesure l’irritation des Saoudiens en ce moment. D’abord économiquement le royaume va très mal avec cette plongée sans fin des cours du pétrole, desquels il tire le gros de ses recettes. Alors qu’en face l’Iran bombe le torse, avec une virginité diplomatique retrouvée et des investisseurs étrangers qui affluent depuis la fin des sanctions de l’ONU. Ensuite l’Arabie saoudite a perdu beaucoup de points et des pans entiers de son prestige dans le combat confessionnel féroce qu’elle livre contre l’Iran.

Les Saoudiens ont tout fait pour torpiller en plein vol l’accord sur le nucléaire iranien, prélude du retour en grâce de Téhéran sur la scène internationale. Ils ont multiplié les diatribes, les attaques, rien n’y a fait, l’Iran est revenu dans le concert des nations, inexorablement.

Au Yémen, malgré le soutien militaire massif de l’Arabie saoudite au gouvernement, malmené par les incursions des rebelles houthistes, des chiites, les rapports de force n’ont pas changé sur le terrain. Les autorités sont contraintes de s’asseoir à la table et de négocier avec des rebelles, qu’elles juraient pourtant d’exterminer par tous moyens. Là encore victoire symbolique de l’Iran.

Et puis il y a la crise syrienne. Certes les groupes soutenus par Ryad ont porté des coups très durs au régime soutenu par Téhéran, mais depuis que les Russes ont mis la main dans cette bataille, et pas peu, la balance penche nettement en faveur de Bachar al-Assad, dont les Saoudiens entrevoyaient pourtant la chute il y a quelques mois. Troisième défaite de l’Arabie saoudite face à l’Iran en quelques mois. Cela en fait beaucoup, alors qu’il y a peu les Iraniens étaient au fond du trou, diplomatiquement et économiquement. C’est plus que Ryad ne peut en supporter, et c’est ce qui explique ces réactions disproportionnées, comme au Liban. Et manifestement, ça ne fait que commencer…

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Il confesse que l’augmentation du résultat de la BNA ne vient pas que de l’exploitation. Mais il donne des explications qui tiennent la route....

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