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Les diplomaties de Rabat et celle du Polisario ne se quittent pas d’une semelle. Le royaume chérifien vient à peine de recoller les morceaux avec Cuba – le 22 avril 2017, suite au voyage de Mohammed VI, le 07 du même mois -, voilà que le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, marche sur les pas du souverain marocain en débarquant à la Havane, le jeudi 25 mai 2017, pour amadouer le président Raul Castro. Et par la même occasion tenter de démolir ce que le roi du Maroc a rebâti…

Il faut dire que la diplomatie de Mohammed VI a été particulièrement efficace ces derniers mois dans ses virées aux quatre coins du monde pour retirer le tapis sous le pied du Polisario. En témoigne la concession majeure que vient d’arracher le roi du Maroc au président américain, Donald Trump, en obtenant de lui qu’une partie de l’aide des USA destinée au Sahara occidental soit administrée par Rabat. Alors regarder Cuba, un soutien historique, filer sous le nez du Polisario pour rejoindre le camp de Rabat, c’est plus que Brahim Ghali ne peut en supporter. Alors il a pris son bâton de pèlerin…

Rabat et la Havane ont officiellement annoncé le 22 avril 2017 le rétablissement de leurs liens diplomatiques, après 37 ans de gel. Certes Cuba a pris soin d’indiquer que cela ne change en rien sa politique étrangère et qu’elle est toujours favorable à l’autodétermination du Sahara occidental, que le Maroc avait proposé de renouer «unilatéralement» et «sans condition» les relations, mais quand on connait la puissance de l’armada diplomatique du roi, le danger est réel pour le Polisario. Ghali a trois jours pour convaincre Castro de lui rester fidèle…

Cuba, avec l’Algérie et l’Afrique du Sud, fait partie des vieux soutiens du Front Polisario. D’ailleurs la Havane, dans son communiqué d’hier, qualifie Ghali de « président de la RASD » (République Arabe Sahraouie Démocratique). Donc pour le moment, c’est le statu quo dans les positions, de tous les côtés. Rabat parle toujours de «compromis», une autonomie sous sa souveraineté en fait, alors que le Polisario s’accroche au référendum d’autodétermination. Pas plus tard que le 1er mai 2017, un dirigeant du Polisario a fait savoir que son mouvement était «prêt à entamer des négociations avec le Maroc« , mais « sur la base du droit des Sahraouis à l’autodétermination». Bref, on n’a pas avancé d’un iota dans cet épineux dossier…

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Soumia Dghoughi, journaliste et responsable de production de l’émission « Afrique soir » diffusée sur la chaîne marocaine Med1TV, a été suspendue de son poste pour avoir prononcé l’expression « Sahara occidental » lors du dernier numéro de cette émission, diffusé le 21 avril 2017, rapporte ce lundi le site de la chaîne Europe 1.

Selon un communiqué publié par la chaîne Med1TV, des mesures administratives « rigoureuses » ont été prises à l’encontre de la journaliste en question à cause de son « erreur professionnelle » qui touche à « l’intégrité territoriale du Royaume », nous apprend la même source.

Le nouveau secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a rendu sa copie sur le Sahara occidental. Ce qui saute aux yeux, c’est qu’il s’est échiné à éviter les écueils du parti pris et a pondu un rapport qui fourmille de propositions pour mettre un terme à un conflit qui rend la région instable depuis 41 ans. Guterres a présenté le lundi 10 avril 2017 son document aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, rapporte jeuneafrique.com. Retour à la table des négociations, les problèmes à Guergarate, les droits de l’Homme… Toutes les solutions ont été consignées. Encore faut-il que les belligérants acceptent d’écouter la voix de la raison…

Premier point : Le nouveau SG de l’ONU suggère que la Minurso reste sur place un an de plus, mettant en avant son projet « de relancer le processus de négociation avec une nouvelle dynamique ». Il a indiqué dans son rapport que «le conflit du Sahara doit se terminer pour permettre à la région de relever les défis sécuritaires, économiques et humains qui la guettent». Il appelle les parties en conflit à s’accorder sur « une solution politique mutuellement acceptable». Mais ça son prédécesseur, Ban K-moon, l’avait dit, sans obtenir les résultats escomptés. On verra si Guterres aura plus de succès…

Par ailleurs il a invité les pays voisins, notamment l’Algérie et la Mauritanie, qui attisent par moments le feu, à s’impliquer dans le règlement pacifique du conflit…

Guterres a également demandé au Polisario d’y mettre du sien pour apaiser les tensions. Il constate que ses troupes occupent toujours Guergarate, ce qui est en contradiction avec l’accord de cessez-le feu. Le secrétaire général de l’ONU demande au Conseil de sécurité de faire pression sur le Polisario pour qu’il se retire « entièrement » et « sans conditions » de cette zone tampon.

A signaler que le Maroc avait obtempéré en février dernier en retirant ses ouvrier qui avaient entamé le goudronnage de la route servant de frontière entre le mur de défense du royaume et la Mauritanie. Guterres a exprimé sa gratitude à Rabat, dans son rapport, pour « sa réponse positive ».

Enfin s’agissant des droits de l’Homme, la tradition a été respectée. Le secrétaire général de l’ONU propose un travail d’observation « indépendant, impartial et exhaustif » pour garantir l’intégrité physique des habitants du Sahara occidental. Rien sur de nouveaux dispositifs de surveillance, et encore moins le renouvellement du mandat de la
la Minurso. Guterres a décidé de changer de braquet en pariant sur la bonne volonté et la bonne foi des belligérants. Toutefois rien, à ce jour, ne permet de dire qu’il a tort ou raison. L’avenir nous le dira…

C’est l’histoire d’une note secrète qui n’a plus rien de secret, et dont le déballage, « par des organes connus par leur hostilité au Maroc », selon le site marocain le360.ma, a provoqué de gros dégâts collatéraux entre Paris et Alger, qui sortent à peine d’une zone de turbulences. Les faits se sont déroulés le lundi 20 mars 2017, lors d’un débat au Parlement européen autour des effets de l’arrêt de la Cour européenne (CJUE) sur le partenariat entre l’UE et le Maroc. Tout ce qu’il y a de plus ordinaire, mais en apparence seulement. Car le ministère des affaires Etrangères a glissé à l’occasion aux eurodéputés français une note leur demandant de bichonner le Maroc, leur «allié essentiel» et de ne pas le heurter sur la question délicate du Sahara occidental. Alger l’a appris, et le moins qu’on puisse dire est que la manoeuvre française ne l’a pas enchanté…

« La question du Sahara occidental (…) est pour le Maroc une priorité absolue et un enjeu d’intérêt national », disent le Quai d’Orsay et la direction générale du Trésor. Le texte ajoute : « De ce fait, les conséquences de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne sont susceptibles de fragiliser l’ensemble de la relation [entre l’Europe et Rabat], alors que le Maroc est un allié essentiel dans la lutte contre le terrorisme et la maîtrise de l’immigration ». Cette note explosive, surtout du côté d’Alger, a été ébruitée par Western Sahara Ressource Watch, un observatoire basé à Oslo, en Norvège et qui s’intéresse particulièrement au Sahara occidental.

Cette affaire est venue quelques heures après la douche froide de l’Espagne, qui a ulcéré Alger en déclarant qu’elle «n’a pas changé sa position» sur le Sahara occidental, réaffirmant la «pleine disposition» de Madrid «à poursuivre tous ses efforts pour contribuer au développement de la relation stratégique entre le Maroc et l’Union européenne». En clair : Les humeurs et les intérêts de Rabat passent avant ceux de la RASD (République arabe sahraouie démocratique)…

Rabat a des moyens de pression, et s’en sert

Il est vrai que le Maroc, pour tordre le bras à ses « amis », a des moyens de pression et n’hésite pas à s’en servir. Par exemple il a à plusieurs reprises fermé les yeux sur la ruée des migrants vers l’Espagne. Son dernier fait d’arme remonte à février dernier, quand il a laissé filer dans la ville de Ceuta plus de 850 clandestins subsahariens, en 72 heures ! Madrid en tremble encore. Paris se rappelle aussi des foudres de Rabat quand, entre février 2014 et janvier 2015, le Maroc a gelé tout partenariat judiciaire et antiterroriste après les velléités de la police judiciaire française de traduire devant un juge d’instruction Abdellatif Hammouchi, le boss de la Direction générale de surveillance du territoire du Maroc.

Maintenant on le sait : Ce n’est pas que sur le continent africain que le Maroc va batailler pour garder le Sahara occidental dans son giron, il défendra bec et ongles sa posture jusqu’en Occident. Certes vu d’ici on a du mal à comprendre toute cette agitation autour de ce morceau de territoire, et qui a des échos jusque dans les capitales européennes. Mais après tout en matière de diplomatie tout n’est pas que rationalité. Autrement on n’aurait pas des guerres, dont les causes à plusieurs égards peuvent paraitre futiles et dérisoires pour les observateurs…

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Le Maroc devait se retirer à partir d’hier d’une zone contestée au Sahara occidental, théâtre de vives tensions avec les indépendantistes du Front Polisario, selon le site l’Orient lejour .

« Le royaume du Maroc procédera, dès aujourd’hui (hier), à un retrait unilatéral de la zone » de Guerguerat, à la frontière avec la Mauritanie, dans le sud-ouest du Sahara occidental, a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le texte ne donne aucune précision sur ce retrait. Disant vouloir lutter « contre la contrebande », l’armée marocaine avait entamé mi-août dans cette localité la construction d’une route goudronnée au-delà de son mur de défense, une barrière de sable qui marque la frontière du Sahara occidental sous contrôle marocain.

Les indépendantistes du Polisario ont depuis lors multiplié les incursions dans cette zone, les médias proches de ce mouvement faisant état en décembre dernier de patrouilles de ses combattants et d’installation d’une « base d’appui ».

Toujours selon la même source, l’annonce du retrait de Guerguerat, « sur instruction » du roi Mohammed VI, intervient après une demande en ce sens du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, explique le communiqué. Vendredi, Mohammed VI s’était entretenu au téléphone avec M. Guterres pour « attirer son attention sur la situation grave » dans cette zone.Il avait dénoncé les « incursions répétées des éléments armés du Polisario » et appelé l’ONU à « des mesures urgentes » pour y mettre fin.

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Selon le rapport de Human Rights Watch, le Maroc a adopté en 2016 d’importantes réformes législatives, mais a en même temps réprimé de manière ciblée plusieurs voix d l’opposition et manifestants.

Les autorités marocaines ont entravé la plupart des activités de ses nombreuses sections locales, en refusant à HRW et à Amnesty International la permission de mener des missions de recherche officielles au Maroc, notamment au Sahara Occidental. Elles ont également expulsé des équipes de télévision étrangère entrées « sans autorisation », ainsi que plusieurs délégations étrangères venues pour témoigner de la situation des droits humains au Sahara occidental, ou pour participer à des événements liés aux droits humains, a ajouté HRW.

Le ministre des Affaires Étrangères algérien, Ramtane Lamamra, a assuré que son pays est prêt à résoudre tous les conflits entre son pays et le Royaume du Maroc, mis à part celui du Sahara Occidental.

Dans une déclaration à la Télévision Nationale Algérienne, Lamamra a rappelé que les peuples marocain et algérien n’ont jamais eu de problème, et qu’ils sont même en très bon termes. Les conflits n’existent qu’entre les gouvernements, et si la volonté est là, tous les conflits pourront être résolus sans difficulté.

Le Sahara Occidental : principal obstacle contre toute reprise

Le ministre a rappelé que le premier et principal point de conflit entre les deux frères ennemis est le dossier du Sahara Occidental. Ce dossier, selon le ministre, ne pourra et ne devra être traité que par les Nations Unies. Ce dossier, qui est selon Lamamra parmi les les sujets minés hérités des colonisateurs européens, a toujours été le motif du Maroc pour bouder l’Algérie. Le Maroc a toujours été contre une réouverture des frontières avant que son grand voisin de l’est arrête son soutien diplomatique aux « séparatistes sahariens ».

L’Algérie, pour sa part et toujours selon le ministre, tient à ne pas procéder à l’ouverture des frontière avant le règlement de certains points techniques liés à la coopération en matière de sécurité.

Crise des migrants

Le ministre n’a pas raté l’occasion pour remarquer les actes de « provocation » de la part du Maroc suite à la crise des migrants refoulés de l’Algérie et accueillis par le Maroc. La médiatisation excessive d’une affaire liée à la sécurité et à des « actes de violence » ne pourrait que ruiner les efforts de rapprochement entre les deux voisins. Lamamra a rappelé, dans ce contexte, que l’Algérie est fière de son appartenance à l’Union Africaine, et qu’elle accueille plus de 5000 étudiants africains qui touchent des bourses d’études.

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Le roi Mohammed VI a déclaré hier dimanche 18 juillet que le moment était venu pour le Maroc de retrouver sa « place naturelle » au sein de l’Union africaine (UA). Il appelle l’organisation à corriger « une erreur historique » et à adopter « une neutralité constructive » sur la question du Sahara, rapporte Jeune Afrique.

« Cela fait longtemps que nos amis nous demandent de revenir parmi eux, pour que le Maroc retrouve sa place naturelle au sein de sa famille institutionnelle. Ce moment est donc arrivé », a dit le roi du Maroc dans un message adressé au 27e sommet de l’UA, qui s’est ouvert le 17 juillet à Kigali, au Rwanda, selon l’agence de presse marocaine (MAP).

Le message royal a été remis hier au président tchadien, Idriss Deby Itno, président en exercice de l’Union africaine (UA), par Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants. Mohammed VI y exprime, sur un ton engagé, la disposition du Maroc « à œuvrer au sein de l’UA en vue de transcender les divisions ».

Source : Jeune Afrique

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Dans le bras de fer qui oppose les autorités marocaines au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, une manche à zéro en faveur de ce dernier. En effet le Conseil de sécurité a voté hier vendredi 29 avril, après des débats passionnés, une résolution ordonnant le retour au Sahara occidental de la mission de l’ONU, expulsée par Rabat après les déclarations fracassantes de Ki-moon sur le statut « d’occupation » du Sahara.

Le texte est passé avec 10 voix pour, 2 contre et 3 abstentions. Ce sont les États-Unis, pourtant alliés du Maroc dans ce lourd dossier autour de l’indépendance du Sahara occidental, qui avaient présenté la résolution. Ainsi, légalement du moins, la mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso) pourra être prolongée jusqu’à fin avril 2017, comme l’avait demandé Ki-moon dans son rapport, alors que Rabat avait soutenu mordicus que c’en était fini de cette présence onusienne et que sa décision était « irrévocable ».

Le Conseil de sécurité « déplore que la capacité de la Minurso de s’acquitter pleinement de son mandat ait été limitée » après l’ordre de départ en mars de 75 membres civils de la mission. Le texte de la résolution « souligne qu’il est urgent que la Minurso puisse de nouveau exercer pleinement ses fonctions ».

Le secrétaire général de l’ONU a maintenant 90 jours pour déminer le terrain et s’éviter les foudres des autorités marocaines, qui ont dû fulminer en apprenant la décision du Conseil de sécurité. Pour le moment il n’est pas question d’imposer la présence de la Minurso au Sahara. Commencent donc des négociations très serrées avec Rabbat pour que le personnel de l’ONU puisse accomplir sa mission dans un climat apaisé. On verra ce que le Maroc demandera en échange de ses largesses. Cela pourrait très bien être une mise au placard par l’ONU des velléités d’indépendance du Sahara occidental, portée depuis des décennies par le front Polisario dont la diplomatie, très active, trouble la quiétude du royaume chérifien…

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Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, n’a pas l’intention de rester sagement dans son coin et d’entériner l’expulsion de son personnel par le Maroc, sur fond de polémique autour de l’indépendance du Sahara occidental. Hier mardi 19 avril, il a demandé au Conseil de sécurité de l’appuyer pour exiger des autorités marocaines qu’elles laissent la Minurso reprendre sa mission au Sahara. Cette requête a des allures de bras de fer, pour ne pas dire déclaration de guerre quand on sait que le gouvernement marocain avait déclaré que ces expulsions sont « souveraines et irrévocables ».

Pour rappel, Ban Ki-moon, lors d’une visite au Sahara occidental en mars 2016, avait taxé le statut de ce territoire « d’occupation », ce qui avait ulcéré les autorités marocaines. Les représailles, qui n’ont par tardé, ont été à la hauteur de l’affront, aux yeux du Maroc. Dès le 20 mars, le royaume demande à une partie du personnel de la Minurso de quitter illico les lieux.

Le secrétaire général de l’ONU a pris soin de bétonner son rapport annuel sur le Sahara, remis le 18 avril 2016 au Conseil de sécurité. En effet il a dit dans ce document, qui est en même temps un plaidoyer pour le retour de son personnel au Sahara, que les sanctions prises par Rabat pourraient « être exploitées par des éléments radicaux et terroristes » et donc mettre en péril la sécurité de la région, rapporte l’AFP. Ban Ki-moon a ajouté dans son rapport qu’une équipe complète pour prendre en charge la logistique est indispensable pour permettre à la Minurso de remplir la mission qui lui a été confiée par le Conseil.

Pas sûr que cet argumentaire, aussi étoffé soit-il, suffise à amadouer les autorités marocaines…

Le Maroc ne badine pas avec le Sahara occidental

Depuis que le Maroc a mis la main sur cette ancienne colonie espagnole en 1975, il résiste aux coups de boutoir des indépendantistes du front Polisario. Mais si le Maroc tient tant à ce territoire et est très susceptible sur la question, ce n’est pas qu’une affaire de symbole ou de rayonnement dans la région, il se trouve aussi que cette étendue de moins d’un million d’habitants regorge de grosses quantités de phosphate et ses côtes sont très poissonneuses.

Et puis il y a les enjeux politiques. Les indépendantistes sont appuyés par Alger, ce qui énerve au plus haut point Rabat. Le dossier est tellement important aux yeux du royaume qu’il a ameuté ses alliés pour être sûr de bloquer à l’ONU toute velléité de vote du Conseil de sécurité sur l’autodétermination du Sahara occidental. C’est ainsi que Rabat a pu rallier à sa cause la France et les USA, deux membres permanents du Conseil de sécurité. Et plus récemment la Russie, membre permanent du Conseil également, a rejoint le cercle des soutiens du Maroc. De quoi bousiller toute chance du Polisario de recevoir un jour l’aval de l’ONU pour son référendum d’autodétermination…

Pour en finir avec cet épineux dossier, sachez que le 14 avril 2016, le Polisario a alerté l’ONU quant à un risque de réactivation du conflit avec le Maroc si la Minurso est empêchée d’accomplir convenablement sa tache. C’est pour cela que Ban Ki-moon a demandé qu’on prolonge d’un an le mandat de la mission, jusqu’au 30 avril 2017, d’après l’AFP. Le Conseil de sécurité prendra sa décision à la fin de ce mois. En attendant la bataille se poursuit dans les couloirs de l’ONU entre un Maroc qui ne veut rien lâcher et un Polisario plus actif que jamais.

 

 

 

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Les autorités marocaines, très diplomates par ailleurs, perdent toute notion de self-control dès qu’on les titille sur la question de l’indépendance du Sahara occidental, une revendication du front Polisario mais dont le royaume ne veut surtout pas entendre parler. Et quand le secrétaire générale de l’ONU, Ban Ki-moon, va jusqu’à employer le mot « occupation », en évoquant le destin du Sahara occidental, là Rabat voit carrément rouge et menace la communauté internationale. Rien que ça !

« Le Maroc a pris des décisions, elles sont irrévocables (…). D’autres décisions sont à l’étude », a dit devant la presse le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, un peu avant une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur cette épineuse affaire. Le Maroc a perdu là son flegme légendaire et se démène comme il peut pour empêcher à l’ONU de faire le moindre le pas vers l’indépendance du Sahara occidental. Les Européens « ont besoin d’une coopération étroite avec le Maroc dans la lutte contre le terrorisme, on l’a vu récemment avec les échanges entre ce pays et la France ou la Belgique », souligne le journaliste Ignace Dalle, un fin connaisseur des pays arabes. Il ajoute : « Cela met le Maroc en position de force pour avancer ses pions sur tous les dossiers qu’il traite avec l’Europe ». D’ailleurs pas plus tard que février 2016, le Premier ministre belge, Charles Michel, est allé à Rabat pour plancher sur le partenariat sécuritaire, le tournant étant les attentats de Paris du 13 novembre 2015 (130 morts) où les deux pays ont uni leurs forces pour mettre la main sur des suspects.

De très gros enjeux

Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole que les Marocains ont arrachée en 1975. Depuis il y a un bras de fer entre Rabat et les indépendantistes du Polisario, appuyés par Alger, ce qui a le don d’irriter profondément le royaume. Ce dernier est tellement sourcilleux sur cette question qu’il va procéder, suite aux critiques de Ban Ki-Moon, à une « réduction significative » de ses troupes à la disposition de l’ONU au Sahara occidental. Dimanche à Rabat, des centaines de milliers de personnes ont battu le pavé pour protester contre le SG de l’ONU, qui du coup a préféré renoncer à son voyage au Maroc.

Pour le Maroc, ce territoire immense de moins d’un million d’habitants est de la plus haute importance, et pour cause. Son sous-sol cache de grosses quantités de phosphate et ses côtes sont très poissonneuses. Mais il n’y a pas que ça. Mis à part l’intérêt économique de cette étendue, « l’enjeu est politique, c’est le dossier numéro un pour le Maroc, sur fond de rivalité avec l’Algérie », signale Khadija Mohsen Finan, spécialiste du dossier. Rabat est prêt tout au plus à concéder un plan d’autonomie, mais sous sa souveraineté. Pas plus. Alors que le Polisario est intransigeant sur un référendum d’autodétermination…

Le roi du Maroc, Mohammed VI, ne manque pas d’alliés dans ce lourd dossier, la France et les USA sont de son côté. Il a réussi cette semaine à intégrer la Russie dans ce front, un soutien de poids quand on voit ce que Moscou est capable de faire pour ses ‘amis’ en difficulté. Le président syrien, Bachar Al Assad, le sait mieux que tout le monde…

 

 

 

 

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