Tags Posts tagged with "salafistes, Tunisie"

salafistes, Tunisie

par -
L’hebdomadaire Akher Khabar

L’hebdomadaire Akher Khabar , vient de révéler dans son édition de mardi 1er octobre , que des directives ont été données , depuis 3 mois , par des dirigeants salafistes à leurs adeptes pour infiltrer l’armée et la police , leur demandant de se raser la barbe et de porter des habits ordinaires, lors des entretiens de recrutement pour ne pas éveiller les soupçons .

Le journal assure que la hiérarchie militaire qui a été informée de cette nouvelle orientation des organisations terroristes, a démasqué 8 nouvelles recrues salafistes .

Dans un parallèle entre les systèmes de contrôle avant et après 14 janvier , Akher Khabar a relevé plusieurs défaillances dans le filtrage des jeunes qui veulent faire leur service militaire ou postuler un poste dans la police nationale . L’hebdomadaire indique que le contrôle ne s’exerçait plus au niveau local ( à l’échelle du poste de police ) , mais uniquement au niveau central : les services de l’orientation (Irchad ) et les services spécialisés . Le bulletin n°2 qui indique l’obédience politique du postulant n’est plus à jour, ni ne contient toutes les données qui sont frappées d’obsolescence au niveau des registres sous l’effet de l’amnistie qui efface les chefs d’inculpation et les mentions politiques qui s’y rapportent. La même source déplore, également, l’absence de contrôle après le recrutement et à l’issue de la formation de l’intéressé, selon les règles précédemment en usage.

Akher Khabar révèle que cet état de choses, qui trouve son origine dans le manque de personnel , la gabegie qui prévaut au département de l’Intérieur et l’abandon pur et simple des réflexes du métier ,acquis avant le 14 janvier , mais oubliés depuis , a amené à découvrir ,après coup , 90 salafistes dans les rangs de l’armée et de la police .

Une partie de ces salafistes démasqués étaient révoqués avant la révolution , mais réintégrés ultérieurement .Un lot a été intégré en application de l’amnistie générale de février 2011 , et un troisième s’est glissé dans les rangs des forces de l’ordre et de l’armée à dessein , mais qui n’a pas été démasqué par manque de contrôle à l’accès à ces deux corps .

La même source énumère des cas de salafistes infiltrés dans l’armée et la police découverts ces derniers mois : en plus des 8 nouvelles recrues militaires démasquées par la hiérarchie , mentionnées plus haut , le journal évoque le cas d’une jeune fille de la cité Ettadhamen , recrutée dans le corps de la police .Son frère djihadiste a voulu l’empêcher de rejoindre les forces de sécurité considérées à ses yeux des Taghouts , et a tenu à l’en dissuader , même après son recrutement , lui promettant , de Libye où il est parti suivre un entraînement militaire dans un camp terroriste , de lui procurer 1000 dinars par mois si elle quitte le corps de la police. En découvrant ces données, et l’orientation de son frère, les services de l’Intérieur ont décidé de la révoquer .

L’hebdomadaire cite un autre exemple, celui de 3 agents fraîchement recrutés qui préfèrent s’isoler durant leur formation ; la hiérarchie a décidé de mettre fin à leur stage lorsqu’elle s’est aperçue qu’ils ont rejoint un groupe salafiste extrémiste en compagnie duquel ils font la prière.

Un autre agent des services communs au ministère de l’Intérieur passait la nuit à prier avec un groupe salafiste à Zaghouan sans s’atteler aux tâches qui lui étaient assignées, et qui a refusé de se soumettre à une consultation médicale effectuée par un médecin femme parce que c’est illicite (haram), à ses yeux .

Ces exemples révèlent le dysfonctionnement dans le département de l’Intérieur, l’état d’esprit des cadres moyens qui subissent les pressions de toute part et perdent les réflexes et les règles d’usage du métier , mettant en lumière les défaillances qui sont le plus souvent exploitées par les salafistes pour s’infiltrer dans ce corps afin d’obérer son efficacité .

A. Hmidi

par -
Lorsqu’on avait voulu l’alerter sur le danger de ses ailes dures

Lorsqu’on avait voulu l’alerter sur le danger de ses ailes dures, les Salafistes, grisée par sa victoire électorale Ennahdha n’avait rien voulu entendre. Maintenant et alors que ce danger se précise et devient évident, le parti au pouvoir tend certes plus l’oreille. Mais il reste inerte, préférant toujours le traitement politique de courants qui n’arrêtent pas de tourner le dos à toute option politique. Salafiste organisé comme le parti Attahrir, ou non organisé comme Abou Iyadh, refusent la légalité de l’autorisation d’exercer.

Après Bir Ali Ben Khalifa, après l’incident armé de Rouhia et bien avant à Soliman, après l’outrage au drapeau national, après les appels à la mort, après les incidents de la journée du théâtre, les incidents du cinéma Afric’Art pour le film de Nadia El Fani, les incidents autour du film Persépolis, les multiples démonstrations de forces dans les rues de Sfax, de Tunis et de Sousse devant les touristes et dont la dernière était la prière collective dans l’avenue Habib Bourguiba juste devant le ministère de l’intérieur, il devient impossible de nier le danger que représente désormais pour la Tunisie, le courant Salafiste. Un danger dont le parti et son gouvernement au pouvoir, commencent depuis peu à saisir l’importance et l’imminence. Ennahdha et son gouvernement, ont essayé par plus d’un subterfuge politique, d’éviter cette question. Il avaient vainement tenté d’amadouer les Salafistes et de les amener vers un compromis politique afin d’éviter la confrontation. Signes précurseur, peut-être même annonceurs, de cette confrontation, les trois dernières déclarations des trois parties concernées, au nom de toute la Tunisie, par cette confrontation.

– «Nous allons vers un affrontement. C’est presque inévitable». Dixit Ali Larayedh.

Dans une interview au quotidien français Le Monde, en complément à «une enquête sur la branche jihadiste, dont l’influence grandissante inquiète les autorités à Tunis» comme le dit le sous-titre d’un long papier intitulé «les tentations radicales des Salafistes tunisiens», le ministre tunisien de l’intérieur ne mâche pas ses mots. «Nous savons que les Salafistes jihadistes ne rendront pas les armes. Nous allons vers un affrontement, c’est presque inévitable», dit-il sans ambages. Il va plus loin pour pointer le danger du doigt, en indiquant que «les Salafistes, nous le savons, ont des relations avec d’autres groupes en Libye qui ont eux-mêmes des relations avec des groupes algériens». Et le ministre tunisien de l’intérieur d’avertir, comme pour expliquer le caractère inéluctable de l’affrontement, que «si nous ne les arrêtons pas, nous aurons Al-Qaïda».

– «Garde tes distances et ne dépasse pas tes limites. Tu écrits ta fin politique». Dixit Abou Iyadh.

La déclaration de Larayedh date du 23 mars. Trois jours plus tard (le 26 mars), l’hebdomadaire tunisien Al Ossbouii publie une interview de Seifallah Ben Hassine, dit Abou Iyadh, chef des Salafistes jihadistes en Tunisie. Ce denier ne nie en aucune façon ses liens avec Al-Qaïda et donne même quelques détails sur une de ses rencontres Avec Ben Laden. Abou Iyadh, ne manque pas non plus de souligner son refus catégorique à travailler, en tant que parti politique autorisé, dans la légalité. «Nous ne pouvons pas demander une autorisation, dans un pays qui n’est pas dirigé par la Chariâ (…) les appels au Jihad sont dirigées contre le gouvernement», dit-il aussi directement à Larayedh qu’il interpelle même de manière plus violente en le sommant de «gardes tes distances et ne dépasse pas tes limites. Tu écrits ta fin politique. Tu ne connait rien de ce qui se passe dans le pays et ce courant que tu menaces, a confirmé qu’il constitue une force active dans le pays». La menace est évidente et elle est directement lancée à la face du gouvernement tunisien. Elle démontre l’évidence de la confrontation.

– «L’amputation est la dernière médecine. آخر طب الكي ». Dixit : Rached Ghannouchi.

Une journée plus tard, le mardi 27 mars, le président d’Ennahdha le parti au pouvoir, Rached Ghannouchi, intervenait sur les ondes de la Radio Mosaïque FM. Il parlait lui aussi des Salafistes. Visiblement, sa position a quelque peu changé. «Nous préférons dialoguer avec les Salafistes, au lieu que ce soit la police qui le fasse, parce que آخر طب الكي, traduisez, l’amputation est la dernière des médecines (…) et ceux qui essaient d’utiliser la force ou se prennent pour des tuteurs sur la société tunisienne, l’Etat doit leur faire face».  Ghannouchi ne parle pas de confrontation, il la laisse simplement suggérer, mais elle est là.

«Le Salafisme est un phénomène naturel (…) et l’Etat n’a pas à intervenir». Dixit : Abou Yaarib Marzouki.

La quatrième déclaration, est celle du membre de la direction du parti au pouvoir Ennahdha et membre de la Constituante, Abou Yaarab Marzouki. Si elle n’est pas directement du côté des Salafistes jihadistes, elle reste dans le droit fil de l’ancienne position d’Ennahdha, avant la déclaration de Rached Ghannouchi. Une position qui ne condamne pas, sans soutenir. Une déclaration qui croit manifestement encore, en la faisabilité et en la viabilité de la solution politique du problème salafiste. «Pour le danger salafiste, je crois que c’est le peuple qui créé son propre danger. Le problème n’est pas tant dans les Salafistes que dans la manière de gérer ce problème. Il faut le considérer comme un phénomène naturel qui est une émanation de décennies de répression (…) dans ce cas, il n’est pas du rôle de l’Etat d’intervenir», indique Abou Yaarib Marzouki au quotidien Al Maghrib.

Autant les trois premières déclarations pourraient annoncer [à Dieu ne plaise] les prémices d’une confrontation imminente entre le pouvoir en place et les Salafistes, autant la déclaration du membre de la direction d’Ennahdha, pourrait annoncer au moins une différence de vues à propos de la meilleure manière de traiter ce problème des Salafistes en Tunisie, sinon un schisme au sein du parti au pouvoir à propos d’une question aussi fondamentale que  le Salafisme.

Cette question ne concerne cependant pas que le parti Ennahdha et sa stratégie politique. Elle concerne toute la Tunisie et surtout les perspectives de son économie et notamment le tourisme. On ne sait pas si la déclaration du ministre de l’intérieur n’est qu’une simple menace ou l’annonce d’une réelle volonté d’action concrète. On ne sait pas non plus si les réactions des Salafistes et leur leader, ne sont que du «m’as-tu vu» ou une réelle volonté de passer à l’action. Ce qui est sûr, c’est que ce phénomène salafiste est une réelle menace et qu’il est du devoir des autorités en place, au moins de prendre la question au sérieux et au mieux de prendre toutes les dispositions pour guérir la Tunisie de ce mal et d’éviter les retombées qu’on n’espère pas sanglantes, de la confrontation qu’annonce le ministre tunisien de l’intérieur.

Khaled Boumiza.

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

Le sort des banques publiques, les difficultés auxquelles elles font face et le dernier rapport de Fitch Rating ont été les principales questions soulevés...

AFRIQUE

Le royaume chérifien a fait sa demande officielle d'intégration de la communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest, la CEDEAO. Trouvant en l'Afrique...