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Sami Aouadi, UGTT, Tunisie

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Rencontré lors d’une rencontre sur le  développement régional

Rencontré lors d’une rencontre sur le  développement régional, Sami Aouadi, représentant de l’UGTT, affirme que la relance de l’activité économique est tributaire d’infrastructures très développées. Une démarche stratégique pour lutter contre la pauvreté, le chômage et le déséquilibre régional. Interview

Si vous évaluez les efforts du gouvernement d’Essebsi en matière du développement régional ?

On a attendu la fin de l’année 2011 pour discuter le budget économique et nous avons été surpris que ce budget ait été celui préparé par l’ancien gouvernement, faute de temps disent-ils. Ils n’ont  pas prévu d’élaborer un autre budget économique.
Je pense que dans ce  budget économique,  il n’y a rien à assurer en termes de développement régional. Certes, des efforts ont été faits  et quelques « mesurettes » ont été prises par le gouvernement transitoire, mais il n’y a pas de refonte globale et volontariste de l’approche et de la conception du développement régional. Jusque-là, on attend que des mesures urgentes et immédiates.

Alors, quelles sont les lacunes à mettre au passif  du gouvernement Caied Essebssi pour gérer une situation marquée par la multiplication des grèves et des sit-in dans diverses régions?

Jusque-là, les régions ayant un potentiel naturel ont été utilisées pour compenser le pouvoir d’achat dans les régions côtières et les grandes villes industrielles et touristiques en maintenant de bas prix. Est-il compréhensible qu’on laisse, durant des décennies, une région comme Gafsa dominée par un modèle économique mono producteur. Il n’y a que le phosphate à Gafsa. On ne prépare pas  un mécanisme incitant l’entreprise publique à investir une partie de ses recettes dans la région.

Une des lacunes aussi : on peut noter qu’on est très prolétarisés .L’approche régionale à travers les projets présidentiels démagogiques de Ben Ali, est limitée à quelques routes agricoles, quelques petits réaménagements. Rien de structurant, rien d’important. On a tout simplement utilisé un système d’incitation en encourageant le secteur privé à s’implanter dans les régions défavorisées sachant que le coût de transaction est très élevé avec une mauvaise qualité d’infrastructure, si bien le pouvoir d’incitation s’est relevé sans efficacité et que l’investissement privé a préféré  se déployer dans les centres urbains près des infrastructures de zones modernes, près des marchés de consommation.

Comment faire pour sortir la Tunisie de sa crise ?

Repenser toute la politique calmement, repenser tout le cadre conceptuel, référentiel. Aussi, c’est le temps de repenser à des nouveaux mécanismes : développer les infrastructures, l’aménagement du territoire, les pistes agricoles et désenclaver les régions.

Que pensez-vous de la nouvelle approche de développement et de lutte contre la pauvreté et le chômage, ainsi que la garantie de l’équilibre entre les régions recommandée par  Jameleddine Gharbi, le ministre du Développement régional et de la Planification, en vue de réaliser les objectifs de la révolution et de consolider la compétitivité de l’économie nationale ?

Il n’y a pas une mille solutions. J’insiste sur l’importance de désenclaver les régions. Il faut amener les voix ferrées en trouvant des voix terrestres de bonne qualité. De manière générale, les efforts devront se focaliser sur la promotion de l’investissement infrastructurel et la mise à niveau de nos infrastructures dans les régions.

Il s’agit aussi de favoriser  un cadre idoine pour l’investissement privé. Une condition sine qua non pour dynamiser le rôle du secteur privé dans la conception des nouvelles approches qui tiennent compte du potentiel d’investissement dans chaque région  et de ses ressources naturelles.

Des efforts fournis certes, mais la majorité des sit-inneurs, qui sont généralement des jeunes demandeurs d’emplois, revendiquent  la mise en ouvre des mesures urgentes pour remédier à leurs situations?

L’investissement infrastructurel pourrait absorber le spectre du chômage en créant des nouveaux postes d’emplois directes et indirects et, surtout, il pourrait envoyer  un message rassurant qui ramène la confiance et convaincre les gens à échelonner un peu leurs revendications. Il faut que les gens commencent à voir les choses bouger. Toutefois, cela n’arrive pas jusque-là.

En tant que syndicaliste, quelles seront les mesures à entreprendre surtout que le gouvernement actuel s’est engagé à élaborer un projet de loi des finances complémentaire à l’horizon du premier trimestre 2012?

Nous allons organiser une réflexion sur cette question. D’ailleurs, nous avons fait une évaluation économique du budget de l’état, les 12 et 13 décembre dernier, lors d’un séminaire syndical. Nous avons relevé plusieurs lacunes. C’est pour cette raison que  nous allons, dans   une étape ultérieure, préparer notre conception alternative d’une loi des finances complémentaire.

Wiem Thebti

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