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Sami Zaoui, UGTT, Tunisie Télecom

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La Révolution a décidément des raisons que la raison ignore. On s’était jusque là habitué et on a jusque là défendu l’idée d’une Centrale syndicale ouvrière qui défend les intérêts de la classe ouvrière, employés et cadres, on vient de découvrir  une autre face cachée de UGTT, celle qui signe accord avec le gouvernement pour renvoyer et mettre à la porte une cinquantaine d’employés, mettant en péril leur existence et leur déniant ainsi le droit, constitutionnel et universel, au travail !

Hier mercredi 9 février, au cours d’une réunion marathon  qui a duré 13 heures, ministère de l’Industrie et des TICs et UGTT signent un accord mettant fin aux contrats de 63 personnes parmi le top-management de Tunisie Télécom.  Dans une déclaration, le 10 février 2011 à 19h10 sur la chaîne TV nationale tunisienne, le SG de la Fédération syndicale des Télécom et de la Poste traitera ces 63 cadres de «mercenaires».

Questionné au sujet de ces renvois, le secrétaire d’Etat en charge des TICs, Sami Zaoui nous indique que cela a été fait et approuvé par retour et application du pacte d’actionnaires entre TT et l’actionnaire Emirati et qui donnerait le droit à ce dernier au recrutement de seulement 3 cadres et qui sont le DGA, le directeur financier et le directeur commercial. «Progressivement,  Tunisie Télécom a eu besoin de compétences nouvelles, techniques et commerciales », précise le secrétaire d’Etat avant d’expliquer que, «pour les intégrer, TT a été amenée à mettre en place des contrats à durée déterminée, car le statut ne permettait pas » ce genre de recrutements, et «avec le temps, il n’a pas été possible de revoir le statut », et  les cdd sont ainsi restés en vigueur, «générant deux systèmes de rémunérations».

A cela, une source représentant ces 63 renvoyés nous apprend que «ces contractuels ont été recrutés par Tunisie Télécom et non sur les listes du partenaire Emirati, et ces recrutements ont été  approuvés par le conseil d’administration de TT avec l’accord écrit de ses membres représentant l’Etat tunisien et l’actionnaire Emirati ».Et notre source d’attirer l’attention sur l’irrégularité juridique qui entache l’accord conclu entre le ministère et l’UGTT et qui réside dans le non accord ou la consultation du reste des membres du conseil d’administration.

Sami Zaoui explique aussi le revirement qui a consisté en le renvoi de ces 63 cadres parmi  ce qu’il a lui-même appelé le «top-management » de TT, par «la très forte contestation », tout en prenant soin de préciser qu’elle est « le fait de certains» confirmant ainsi que cette contestation n’est pas générale.
Pour l’instant, et alors que nous apprenons qu’une délégation de plus d’une centaine de ces renvoyés aurait été, cet après-midi du jeudi 10 février 2011, en sit-in au siège du secrétariat d’Etat, demandant à Sami Zaoui de signer un document annulant le contenu du PV signé mercredi avec l’UGTT,  le ministère  dit maintenant se trouver  «devant deux approches, soit le maintien des renvois [et donc le maintient du PV], dont S. Zaoui dit pourtant qu’il est «par ailleurs très contestable», soit repasser à l’étude de la nécessité ou non pour l’entreprise du maintien de ces cadres. Le  «choix  [est entre] la peste et le choléra», tenait à nous préciser Sami Zaoui qui semblait très affecté par la situation qui prévaut actuellement au sein de Tunisie Télécom.

Le secrétaire d’Etat a par ailleurs promis que tous ces sujets feront l’objet d’une étude approfondie entre toutes les parties, au cours d’une séance de travail qui se tiendra , samedi prochain, un RDV que les représentant des renvoyés en sit-in refusent déjà.

En attendant et malgré l’annonce par l’UGTT dans le PV du 9 février 2011, de la suspension de toute grève chez TT, nous apprenons que la direction du marché entreprise au sein de TT n’a pas travaillé et sera demain, vendredi 11 février 2011, en grève.

En attendant la suite des développements de la situation au sein de Tunisie Télécom, vox populi [sous le protectorat de l’UGTT], vox dei pour le gouvernement transitoire !

En attendant, et si ce PV se confirme et si encore le partenaire Emirati l’accepte, il constituera, à ne pas en douter, un tournant stratégique dans l’avenir de TT et un tournant aussi dans l’image que donne la Tunisie à l’investissement étranger. Hormis  l’annulation définitive de la privatisation de TT, la vidange faite dans le top-management de l’opérateur le fragilisera face à ses concurrents et refera de TT une entreprise publique, dans ses pratiques et dans ses réactions face à la concurrence et ne devrait pas tarder à le lester  encore plus par de nouveaux effectifs, alors qu’elle croule déjà sous plus de 8000 employés et alors que ses parts de marché s’amenuisent comme une peau de chagrin, année après année.

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