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Sauvons, Utica

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Le comité «Sauvons l’Utica» a annoncé le retrait de son soutien conditionnel au bureau provisoire chargé de la gestion de la centrale patronale jusqu’à la tenue du prochain congrès (juin 2011).

Dans un communiqué dont copie nous est parvenue, mercredi 23 mars 2011, les membres de ce comité, qui regroupe des responsables nationaux et régionaux de l’Utica, demandent  «la dissolution du bureau provisoire et son remplacement par un comité restreint de cinq personnes indépendantes, reconnues pour leur intégrité et n’ayant aucun lien avec le bureau exécutif dissout ».

Le même comité annonce en outre « le maintien de sa plainte auprès du procureur contre certains membres du bureau exécutif dissout et le renforcement de ses actions de protestation contre ce bureau, jusqu’à sa dissolution, en utilisant tous les moyens pacifiques, y compris la voie légale ».

Ils soulignent dans ce cadre que les nouveaux noms qui ont été proposés pour remplacer les membres démis de l’ancien bureau exécutif «ne permettent pas une sortie de crise», ajoutant qu’il a été procédé «au remplacement de députés RCD par des membres du comité central du RCD, ainsi que d’une personne suspectée de financer des bandes chargées de déstabiliser le pays».

De plus, «deux membres de la Chambre des conseillers sont maintenus dans le nouveau bureau provisoire », soulignent les membres du comité «Sauvons l’Utica», ajoutant que les membres, qui «participaient au sit-in pacifique à l’intérieur du siège de la centrale patronale, ont été sauvagement agressés, mardi, verbalement et physiquement par quelques salariés de l’Utica».

Un retrait ou un vote de  destitution ?

Contacté pour en savoir plus sur ce désistement de cette partie d’hommes d’affaires qui se proposent de sauver la centrale patronale, Hammadi Ben Sedrine nous précise qu’il ne s’agissait pas d’un retrait volontaire du bureau provisoire, mais d’un renvoi pur et simple, sur vote des membres de ce BE provisoire. Ces derniers ont en effet demandé à ce comité qui avait intenté une action de justice contre les membres du même BE où ils siégeaient (non au nom de ce comité mais au nom de 4 personnes dont Faouzi Belhaj et Romdhane Yahyaoui), soit de fournir  les preuves des accusations, soit de quitter le BE qu’ils accusent, «ce dernier [le BE de l’Utica] ne pouvant se permettre de siéger lui-même avec ses propres accusateurs », affirme le Président du BE transitoire du patronat.

Un vote s’en est  suivi au sein des membres du BE de l’Utica. Ce dernier s’est prononcé, par 17 voix, pour le départ immédiat des représentants de ce comité, «qui  ont terni notre image, sans aucune preuve », précise Hammadi Ben Sedrine qui ajoute que seuls trois membres du BE ont voté  pour le maintien du comité du sauvetage de l’Utica  dans l’actuel BE, mais à condition qu’il retire  sa plainte.
Ben Sedrine nous avait auparavant annoncé que les membres du BE accusés comptent eux aussi porter plainte. «Trois avocats seront chargés de cette affaire que je paierais personnellement, et je jure sur mon honneur que je n’accepterai plus d’être humilié sans réagir », clame encore Ben Sedrine.

«A qui profite le crime » ?

Notons aussi que le communiqué du Comité qui veut sauver le patronat fait grief entre autres choses à Ben Sedrine, d’avoir maintenu un homme d’affaires «suspecté de financer des bandes chargées de déstabiliser le pays »dixit  le communiqué, Ben Sedrine nous précise qu’il s’agit  de Ali Kéfi de Gafsa, «suspecté certes et entendu par la justice, mais relaxé faute de preuve et élu au BE sur vote par les présidents des Unions Régionales.

Tout ceci précisé et le sous-titre «A qui profite le crime ? » étant utilisé dans notre article comme l’aphorisme bien connu, il est utile de se demander maintenant à qui profitent cette débâcle et cette déroute  dans lesquelles est précipité  depuis quelques mois le patronat tunisien ? L’image que renvoient ou que donnent  du patronat tunisien tous ces mouvements, du « dégage » placardé un  peu partout dans le hall d’entrée de l’Utica, au « sauvons », en passant par les réunions et les contre-réunions internes, les dissensions affichées, les querelles de clocher, les sit-in et les sit-on, sert-elle vraiment le patronat et les patrons qui travaillent, ceux qui n’étaient pas déjà en faillite et ceux qui  étaient à sa périphérie  bien avant la révolution ?

Ceux-là mesurent-ils le risque qu’ils font courir à toute la Tunisie en déséquilibrant ainsi la balance des forces en faveur d’une centrale syndicale ouvrière, omnipotente et qui dicte déjà ses lois au gouvernement, à la société civile et aux partis qui lui font tous la cour ?

Mesurent-ils le risque qu’ils font courir à toute l’économie en mobilisant ainsi et en se mobilisant eux-mêmes, à moins qu’ils n’aient rien à faire eux-mêmes, pour les chamailleries aux dépens de l’investissement et de la création d’emplois pour ceux qui ont fait réellement la révolution et qui attendent tout le monde au tournant ?

Est-il réaliste, important et urgent du point du vue de toute la nation et, disons-le, du nationalisme, de régler des comptes, personnels ou d’un groupe, alors que tout le pays se débat dans des problèmes nettement plus urgents et importants, sinon vitaux et le chômage est à leur tête, comme une épée de Damoclès ? Tout cela ne peut-il pas attendre les élections, même si cela nécessiterait une supervision internationale indépendante de ce scrutin pour en garantir l’objectivité et l’impartialité que les comités et autres mouvements agitent  comme un épouvantail ?

Reseaux Sociaux

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