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Sergueï Lavrov

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Longtemps placés loin du point de mire de la Russie et précédemment de feue l’Union soviétique, les pays du Maghreb : Tunisie, Algérie, Maroc et Libye, principalement, sont en train de constituer une nouvelle aire où les Russes veulent avoir un pied à terre. Moscou y développe de nouvelles approches  qu’elle range sous sa stratégie de « nouvelle politique méditerranéenne.

L’annonce du retrait des forces russes de Syrie s’inscrit dans un contexte de multiplication des interventions symboliques et diplomatiques du Kremlin. Au mois de janvier, un sous-marin nucléaire lanceur d’engins aurait ainsi été repéré au large des côtes françaises. Une « démonstration de force » dans l’espace méditerranéen, selon François-Bernard Huyghe du think tank IRIS (Institut des relations internationales stratégiques).

Le 14 mars, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov n’a pas manqué d’assurer son homologue tunisien, Khemaies Jhinaoui  du soutien de la Russie alors même que la Tunisie, confrontée à la montée du mouvement islamiste, est menacée par le chaos libyen et la montée du djihadisme dans son étranger proche africain, comme en Côte d’Ivoire (attentat du Grand Bassam). Parallèlement, le soutien de Vladimir Poutine au Maroc dans l’affaire du Sahara occidental, contre les prétentions algériennes, est un signal fort : la monarchie chérifienne peut se targuer d’une profondeur historique et d’un potentiel de stabilité inconnus de son voisin rentier, dépendant de ses hydrocarbures et soumis à de fortes contradictions internes, souligne, pour sa part, le professeur Benjamin Wirtz dans un article publié sur le site « Boulevard Voltaire » et repris par la presse russe.

Une nouvelle politique méditerranéenne de la Russie est donc en train de prendre corps, pouvant désormais s’appuyer sur l’exemple syrien (réalisme, respect apparent de la souveraineté) pour rassurer ses partenaires au Maghreb et au Machrek, bien au-delà d’une simple volonté de projection.

En fait, l’action russe semble obéir à la logique d’un triple containment. D’abord à l’égard du projet néo-ottoman de la Turquie explicité par le Premier ministre Ahmet Davutoğlu (Josseran, 2010), visant à reconstituer sa sphère d’influence de Sarajevo au Caire et du Maroc à l’Indonésie. Ensuite à l’égard des pétromonarchies arabes et des mouvements islamiques locaux disposant d’une forte implantation. Une stratégie soulignant notre entrée dans la multipolarité réelle, donc conflictuelle, que porte la crainte d’une fragmentation croissante des sociétés.

En se tournant vers la Méditerranée, la Russie ne se contente sans doute pas de porter le regard hors de ses frontières. Ne pouvant aspirer à nulle hégémonie, ne disposant ni des leviers idéologiques ni de la base sociale pour tenter des changements de régime, le Kremlin peut cependant tenter de constituer un glacis dans l’espace méditerranéen. Par intérêt à court et long terme, estime Benjamin Wirtz.

Puissance musulmane de fait (15 % de la population, au sein d’une véritable mosaïque d’ethnies), naturellement confrontée aux influences turques et déstabilisée dans ses périphéries par des mouvements djihadistes (Caucase, Asie centrale), la Fédération a tout intérêt à développer une politique alternative à l’égard du monde musulman. La politique « multipolaire » du Kremlin répond donc à un impératif structurel – sa propre identité, multiple, pouvant s’avérer plus fragile dans la longue durée qu’il est coutume de l’admettre. « Alors que la politique intérieure et la géopolitique tendent désormais à s’imbriquer l’une dans l’autre, sinon à se confondre, en une fascinante mutation de nos conceptions », affirme-t-il.

En fait, les indices font florès qui accréditent l’intention du Kremlin de lutter activement contre le terrorisme dans les Etats du Maghreb, en particulier après l’attaque de Ben Guerdane, le 7 mars courant. Le partenariat stratégique en cours de négociation entre la Tunisie et la Russie entre dans ce cadre. D’ailleurs, le gouvernement tunisien ne fait pas mystère de sa volonté d’approfondir la coopération militaire avec la Russie en y achetant des équipements sophistiqués et surtout des hélicoptères et en faisant appel à son expérience en matière de lutte contre le terrorisme aux fins de la formation de ses unités militaires et sécuritaires. D’ailleurs, il est de plus en plus question que le président russe Vladimir Poutine effectue une visite officielle en Tunisie dont la date sera fixée ultérieurement.

Au titre de sa stratégie pour le Maghreb,  La Russie a fourni à l’Algérie des photos illustrant les mouvements des groupes terroristes au niveau de ses frontières avec la Tunisie, la Libye, le Maroc, le Mali, le Niger et la Mauritanie. Il s’agit de 500 photos prises par des satellites russes. Ces photos auraient permis aux forces armées algériennes de déjouer plusieurs attentats. Grâce à ces photos satellitaires, les forces algériennes ont également réussi à mettre en échec plusieurs opérations de trafic d’armes de guerre.

Bien plus, l’Armée de l’air algérienne a commandé à la Russie douze bombardiers tactiques Sukhoï SU-34 « Fullback ». Selon le site DefenseNews qui a donné l’information reprise par Tout Sur l’Algérie, ces nouveaux avions s’inscrivent dans un effort de modernisation de la flotte aérienne actuelle de l’Algérie, « composée de MiG-25 vieillissants ». Le Sukhoï SU-34 coûterait 37 millions de dollars l’unité.

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