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SICARS, Tunisie

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La contribution des sociétés d’investissement à capital risque (SICAR) et des Fonds communs de placement à risque (FCPR) au financement des entreprises demeure peu importante et

La contribution des sociétés d’investissement à capital risque (SICAR) et des Fonds communs de placement à risque (FCPR) au financement des entreprises demeure peu importante et, pour tout dire, dérisoire. C’est depuis la Révolution, déjà, que ces institutions financières voient leur contribution en chute libre. Karim Ghenim, PDG de BIAT capital risque et président de l’Association tunisienne des investisseurs en capital (ATIC), a indiqué dans une déclaration à l’agence Tap, que la contribution de ces acteurs qui interviennent pour financer les industriels marginalisés, a régressé, en moyenne, entre 25% à 30%, au cours des trois dernières années, passant de 140,2 millions de dinars (MD) fin 2011 à 109,6 MD en 2012, alors qu’il était de l’ordre de 188,8 MD à fin 2010.

Karim Ghenim, a imputé cette baisse au tarissement des viviers de «bons projets» à financer ainsi qu’à l’attentisme des investisseurs face à l’instabilité de la situation économique. Le responsable a attribué cela, également, à la crise de liquidité des banques qui cause un retard de bouclage du schéma de financement de l’entreprise en la matière, appelant le capital investissement à couvrir toute la chaîne de financement de l’entreprise allant du capital risque, au capital développement, de transmission jusqu’au capital retournement. En effet, depuis 1996, date de création des SICAR, l’accent a été mis sur la création d’entreprises, marginalisant ainsi la fin du cycle de vie de l’entreprise. «Il ne faut marginaliser aucune phase du cycle de vie de l’entreprise, il faut faire de telle sorte que l’entreprise puisse accéder au financement à chaque étape de son cycle de vie », a-t-il dit.

Interrogé par Africanmanager, Jamel Belhaj, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a indiqué que la non visibilité, l’instabilité et l’insécurité sont les principales causes de cette baisse, soulignant que la crise en Europe a un impact direct sur l’investissement en Tunisie.

Jamel Belhaj a souligné, cependant, qu’une reprise au niveau des exportations a été enregistrée à fin de ce trimestre. En effet, jusqu’à fin juin de cette année, la Tunisie a pu réaliser un taux de croissance de l’ordre de 2,8% contre un taux de croissance fixé à 3,6% sur toute l’année 2013. Le secteur touristique a clôturé également le premier semestre de l’année en cours avec des résultats supérieurs à ceux de l’année 2012 : « Les fondamentaux sont bons. C’est vrai qu’on a peur des incertitudes, mais on avance quand même », a-t-il dit.

S’agissant des solutions, Jamel Belhaj a appelé à fixer une date pour les élections et accélérer le processus de la refonte du code de l’investissement. Selon lui, la non visibilité pousse les investisseurs à attendre et à temporiser. Il a évoqué également la loi sur le partenariat public privé (PPP) qui est actuellement entre les mains de l’Assemblée nationale constituante (ANC) et qui a été à l’origine du blocage d’un certain nombre de projets.

Quant au président de la Fédération Nationale du Textile (FENATEX), Belhassen Gherab, il nous a précisé que les SICARS interviennent en financement à des projets nouvellement créés ou renouvellement et que les industriels font appel aux SICARS, surtout dans les zones de développement régional, puisqu’elles offrent un avantage fiscal. Toutefois, il a précisé que la situation en Tunisie ne permet pas aux investisseurs ni de lancer de nouveaux projets ni d’opérer des extensions. L’instabilité et l’absence de visibilité laissent les investisseurs réticents et attentifs.

Il a affirmé, en outre, que les grèves, les manifestations qui se poursuivent jusqu’à ce jour ne peuvent que freiner l’investissement, et influant directement le chiffre d’affaires des SICARS. Et de préciser que les industriels qui ont investi dans des projets avant la Révolution trouvent aujourd’hui, du mal à rembourser leurs dettes envers les SICARS par manque de trésorerie.

Selon lui, trois secteurs n’arrivent pas toujours à sortir de la crise dont principalement le textile et le câblage automobile : « Ces secteurs passent, aujourd’hui, par une période très délicate », a indiqué Belhassen Gherab, soulignant qu’il faut conforter et motiver davantage l’investisseur pour qu’il puisse injecter des fonds, en sentant protégé. Et d’ajouter que l’investisseur investit très souvent sur le moyen terme et qu’il ne peut pas investir si le flou et l’incertitude caractérisent, encore, le climat d’affaires.

Kh.T

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