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Sidi Bouzid, affaires, Investissement, Tunisie

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Au moins quatre groupes ou hommes d’affaires tunisiens et étrangers ont annoncé de nouveaux projets dans le gouvernorat de Sidi Bouzid à la suite des évènements qui ont secoué cette région. Il y a «Leoni » , entreprise étrangère spécialisée dans la fabrication des câbles et des composants automobiles  qui, après Sousse et Mateur, annonce une nouvelle implantation pour cette année 2011 à Sidi Bouzid «pour soutenir l’économie du pays et le développement social » et «en reconnaissance au soutien et à l’appui dont elle bénéficie de la part de la Tunisie».

Il y a ensuite le groupe Abdennadher qui annonce 30 MDT pour une usine de porcelaine toujours à Sidi Bouzid et qui emploiera 330 personnes «en concrétisation de l’intérêt constant qu’accorde le chef de l’Etat au développement régional, en particulier, dans les régions intérieures ». Il y a aussi le Groupe Elloumi opérant essentiellement dans le secteur de l’industrie automobile qui annonce «une grande usine spécialisée dans la fabrication des composants automobiles électriques  dans le  gouvernorat de Sidi Bouzid » qui devrait offrir 1000 postes d’emplois dans la région en faveur des jeunes qualifiés et non qualifiés et dont Faouzi Elloumi dit qu’ elle « contribuera à la résorption du chômage dans la région, en association avec des plusieurs hommes d’affaires originaires de la région ». Et il y a enfin l’homme d’affaires Chafik Jarraya qui annonce lancer 3 usines à Sidi Bouzid  pour un investissement de l’ordre de 36 millions de dinars pour la fabrication de dérivés de lait, l’emballage de la tomate et l’emballage des huiles végétales.


Pourquoi maintenant seulement ?

Tous ces nouveaux projets sont nés, il faut le dire, dans une conjoncture spéciale. Comme le disent les différents communiqués de ces hommes d’affaires ou groupes tunisiens et étrangers, les différents projets  viennent à l’appui de la politique de l’Etat tunisien pour résorber le chômage dans cette région. La question du chômage et ses chiffres ne sont pourtant ni un secret en Tunisie ni une nouveauté. On se demanderait ainsi, sans vouloir pour autant remettre en cause la volonté et des investisseurs et des autorités tunisiennes de concrétiser ces projets, pourquoi ceux-ci n’ont pas été annoncés et lancés avant les malheureux évènements qui ont secoué la région ? On se demanderait aussi ce que nos hommes d’affaires et nos financiers attendaient pour aller prospecter et délocaliser leurs investissements dans cette région comme dans d’autres à l’intérieur du pays ? Attendraient-ils l’infrastructure ? Si oui, qu’est-ce qui ferait la différence entre Gafsa et sa panoplie de projets annoncés après les évènements du bassin minier en 2010 aussi et Sidi Bouzid ? L’Etat tunisien en construit, cela se voit, et il n’y a presque plus de région enclavée en Tunisie. Attendaient-ils les incitations ? Le Code de l’investissement regorge pourtant d’incitations, financières et fiscales pour l’investissement régional, et ceci n’est pas une nouveauté. Pourquoi l’homme d’affaires tunisien, pour qui la stabilité sociale est un ratio économique important, reste-t-il réactif et ne deviendrait-il pas initiateur ? Pourquoi il incombe  toujours à l’Etat de l’y inciter alors que l’économie tunisienne devient de plus en plus basée sur le secteur privé, un secteur dont les revendications  ne portent  que sur davantage  de liberté économique et d’investissement ? Où est la centrale patronale et où sont les chambres de commerce dans cette conjoncture et dans tout ce branle-bas de combat économique, d’investissement citoyen et de lutte contre le chômage des diplômés ? Pourquoi n’organiseraient-elles pas des journées d’investissement dans ces régions intérieures, du Kef à Sidi Bouzid et ailleurs comme elle organiseraient des journées commerciales à l’étranger ? Tous connaissent les réalités du pays et ses potentiels et qui mieux qu’elles pour aller y prospecter et y faire des actions d’investissement non curatives, mais préventives ?

Où étaient-elles, toutes les structures, politiques et administratives, pour ne pas faire la veille ?

On pourrait aussi se poser la question de savoir où étaient  les différentes structures, administratives, politiques, régionales et locales, les institutions financières, les mercredis de l’entreprises et autres mécanismes de création d’entreprises ? Pourquoi n’ont-elles pas pu voir venir et anticiper ? Pourquoi n’ont-elles pas organisé des journées d’investissement à Sidi Bouzid ? Pourquoi n’ont-elles pas invité la BFPME et surtout l’APIA à prospecter et financer des projets ? Cela surtout alors qu’on sait que Sidi Bouzid est  une région principalement agricole et qui s’en est, au fil des années, détournée pour se reconvertir dans le commerce transfrontalier avec le consentement tacite des autorités de la région et des autorités commerciales tunisiennes en général. Cela, alors qu’on sait encore le nombre impressionnant d’incitations consenties en faveur des projets agricoles et qui font qu’un petit investisseur agricole ne dépense pas plus de 5000 DT pour devenir son propre employeur !
Il serait peut-être aussi temps de se  poser des questions sur le sort des projets lancés dans des circonstances similaires à Gafsa. Se questionner pour savoir où en est l’entrée en exploitation de ces projets et pourquoi des projets, comme celui du groupe Abdennadher ou Poulina ne sont-ils  pas déjà en production. On a appris par exemple que celui de PGH attend encore le gaz qui ne vient pas.
Se poser donc la question sur la nécessité de veiller à ce que ces projets ne soient pas de simples actes de politique « politicienne » et des  décisions de circonstance, veiller à ce que  les mêmes retards ne soient pas réédités à Sidi Bouzid et faire attention au désenchantement tant au niveau des investisseurs qu’à  celui des chômeurs  qui pourrait en découler. En Tunisie, ce n’est pas l’argent qui manque pour financer le développement, et les excédents de trésorerie bancaire ne sont plus une nouveauté. Pour la Tunisie, ce ne sont pas les crédits et subventions internationaux qui pourraient manquer, grâce à la bonne notation de l’économie tunisienne.

Revoir le modèle de croissance et la culture de l’emploi.

Il serait peut-être aussi temps de se questionner sur le modèle de croissance jusque-là adopté par la Tunisie. La croissance existe, mais elle n’est pas créatrice d’assez d’emplois. Cela a été maintes fois dit et répété par les instances internationales qui appuient la croissance tunisienne. Revoir aussi le système éducatif tunisien qui ne semble pas encore capable de créer les bons profils pour l’entreprise. Revoir  aussi toute cette panoplie d’outils d’aide à la création d’emplois, tant leur efficacité a démontré ses limites. Revoir enfin et remettre à niveau la culture de l’emploi qui voudrait jusque-là qu’à tout diplôme doit correspondre un emploi de haut niveau, dans la même spécialité du diplôme et dans la région qui siérait au diplômé. Petit exemple à méditer, la Tunisie des chômeurs diplômés importe encore des médecins étrangers pour les régions intérieures.

INTERVIEW

Il confesse que l’augmentation du résultat de la BNA ne vient pas que de l’exploitation. Mais il donne des explications qui tiennent la route....

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