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Standard and Poor’s, Moody’s, Fich rating, Tunisie

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La Tunisie est bien en peine d’accuser le coup de la dégradation de  sa note souveraine. C’est depuis déjà l’année 2011

La Tunisie est bien en peine d’accuser le coup de la dégradation de sa note souveraine. C’est depuis déjà l’année 2011, que la Tunisie a vu sa note abaissée respectivement par les trois agences internationales de notation, à savoir Standard and Poor’s, Moody’s et Fich rating. A vrai dire, la baisse de la note souveraine de la Tunisie a commencé avec la Révolution, mais n’a pas cessé de se dégrader, à ce jour. La question qui se pose à ce stade est la suivante : Dans quelle mesure doit-on donner du crédit aux agences de notatione ? Quels risques pour la Tunisie ? Comment peut-on se rattraper ?

En effet, le 19 février 2013, l’agence de notation Standard and Poor’s a, de nouveau, abaissé d’un cran la note souveraine de la Tunisie à BB- (contre BB auparavant), assortie d’une perspective négative, « en raison de la crise politique qui secoue le pays », explique l’agence qui ajoute dans un communiqué : « Nous estimons que les tensions politiques ont fortement augmenté, renforçant les risques pour la transition démocratique en Tunisie ». Fitch Ratings, pour sa part, pourrait à nouveau abaisser la note de la Tunisie, au vu de l’intensification de la violence sociale et de l’instabilité politique causées par l’assassinat de Chokri Belaid, l’une des principales figures de la gauche tunisienne. C’est ce qu’indiquait l’agence, dans une note publiée, jeudi 7 février. N’ayant pas été en reste, l’agence de notation financière Moody’s a dégradé, en janvier 2012, la note de la Tunisie en raison des incertitudes économiques et politiques qui pèsent sur le pays. La note « Baa3 » est la plus faible note possible pour les émetteurs considérés comme fiables. Une autre note devrait être annoncée par Moody’s, durant le mois de mars, et une nouvelle baisse est encore attendue.

« Il ne faut pas douter les agences de notation »

Dans une déclaration à Africanmanager, Moez Joudi, universitaire et expert international en gouvernance, a indiqué que les 5 critères pris en considération par les agences de notation, à savoir la stabilité politique, les agrégats économiques, l’infrastructure, la bonne gouvernance ainsi que la réglementation, ne sont pas tous respectés. Selon lui, la Tunisie se trouve, actuellement, dans une crise d’instabilité et d’insécurité. Tous les indicateurs économiques clignotent au rouge (un taux d’inflation très élevé, et un déficit commercial et budgétaire). A cela s’ajoute l’absence de grands projets publics ainsi que la carence des fondamentaux de la bonne gouvernance notamment, sans oublier l’absence d’une Constitution et l’inexistence d’un code pour les marchés publics ainsi que pour l’investissement.

Moez Joudi a relevé, en outre, l’absence d’une feuille de route claire ; d’où la nécessité de donner des signes positifs et fixer des dates claires et précises pour le processus électoral, voire amorcer un plan de sauvetage de l’économie nationale, et ce à travers le lancement de grands projets publics.

Il s’agit aussi de réformer le système fiscal ainsi celui de l’enseignement supérieur qui est en train, selon lui, de fabriquer des chômeurs.

Moez Joudi a signalé que les agences internationales de notation, à savoir Moody’s, Standard’s and Poor’s et Fich ratings sont des références internationales qui travaillent avec des méthodologies très fiables et sont aussi bien écoutées, notamment de la part des investisseurs et des annonceurs »n a-t-il indiqué en appelant, par conséquent, à ne pas mettre en doute la crédibilité des ces trois agences. « On ne peut pas changer la règle de la finance internationale. Il faut prendre en repère ces agences et se conformer à leurs règles puisqu’elles sont les tableaux de bord des investisseurs et annonceurs », a-t-il estimé.

Selon lui, les investisseurs se renseignent auprès de ces agences avant de s’engager dans l’investissement. Et d’ajouter qu’il s’agit d’une notation sur commande et que chaque pays obtient son note pour se justifier auprès des investisseurs.

« L’administration tunisienne perd sa crédibilité »

Abdeljelil Bedoui, universitaire, expert économique et syndicaliste, a indiqué, quant à lui, à Africanmanager que la dégradation de la note de la Tunisie est attendue et n’est plus surprenanten puisque, selon lui, rien n’atteste le souci du gouvernement de redresser la situation.

Abdeljelil Bedoui, a critiqué, en outre, le blocage politique qui devient une source d’inquiétude pour les observateurs ainsi que l’absence de tout souci patriotique de la part du gouvernement, ce qui constitue une source de préoccupation pour les investisseurs et les partenaires étrangers.

Il a fait savoir que situation sécuritaire de la Tunisie s’est dégradée, notamment avec l’existence d’un marché d’armes ainsi que l’existence des groupes armés disposant des moyens financiers considérables leur permettant d’accéder à ce marché », a-t-il souligné.

L’expert économique a déclaré aussi que la situation dans les régions devient dramatique voire explosive notamment avec ce qui se passe au Mali et l’existence de groupes terroristes sur les frontières.

Sur les solutions, Abdeljelil Bedoui a précisé qu’il aurait aimé que la décision de Hamadi Jebali de former un gouvernement de technocrates trouve de l’écho, surtout que le gouvernement a montré ses limites et il n’a pas proposé des solutions pour faire sortir le pays de l’impasse.

Il a estimé encore que l’administration tunisienne a perdu sa crédibilité avec la nomination catastrophique d’ex-prisonniers au détriment des compétences. « On aurait dû les indemniser sans dégrader l’image de l’administration tunisienne et entacher son rendement », a-t-il dit en appelant à s’attaquer à la corruption et au gaspillage, en premier lieu, dans les administrations. C’est ainsi qu’il a appelé, entre autres, à transformer tous les privilèges d’octroi des bons d’essence en une simple prime de transport dans l’objectif de réduire le gaspillage en termes de carburants. En faisant sienne cette procédure, le Maroc a pu faire des économies de l’ordre de 27% sur son budget de fonctionnement, a-t-il souligné.

Khadija Taboubi

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