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Tahar Laabidi

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Résidant à Paris, l’auteur et journaliste tunisien Tahar Laabidi présentera pour la première fois en Tunisie son livre publié depuis 13 ans par la maison d’édition Maraya  » Hafriyet fi Zaman ethakira  » (Fouilles dans la mémoire du Temps), et ce le 25 août 2016, et ce à l’invitation de l’Instance Vérité et Dignité, a déclaré l’auteur à l’agence TAP.
Classé dans la catégorie  » Littérature de l’exil « , ce livre (paru en 2003) a été interdit de publication sous l’ancien régime de Ben Ali, dès lors que son auteur a fuit la salle du tribunal le 15 janvier 1992, et donc le pays, à cause de ses opinions contre le régime.
Dans ce contexte il a tenu à préciser qu’il n’appartient à aucun parti politique en Tunisie. Défenseur des droits de l’homme et de la liberté d’expression, il a été accusé, selon son témoignage, d’appartenir à cette époque à un groupe non autorisé.
Publié en 176 pages en langue arabe,  » Fouilles dans la mémoire du temps  » est réparti en six chapitres sous forme d’articles et de témoignages sur  » ceux qui ont été brutalement forcés à quitter le pays sans pour autant avoir commis aucun crime  » a-t-il mentionné.
 » Terrible est l’étrangéité pour un homme ayant fait de sa plume la voix pour exprimer la douleur d’être loin du pays et le désir ardent du retour qui se transformait au fil du temps à un rêve qui se nourrissait de cette attente de près de deux décennies. Une attente tant rêvée, au point où le sommeil lui échappait durant trois nuits avant de cultiver cette impatience qui l’habitait et de retrouver finalement cette joie imbibée de mélancolie. Il se souvient de ce moment là où il a serré sa mère ayant perdu connaissance pendant quelques jours sous le choc intense de ces toutes premières retrouvailles.
« Tout me manquait même le cocorico …ca m’est même arrivé de faire un détour à l’aéroport juste pour voir l’avion Tunisair dans la piste  » c’est ainsi qu’il décrit son vécu dans l’exil.
 » Voyageurs migrateurs d’un pays à l’autre, d’un aéroport à un autre, d’une accusation à une autre, d’une question à une autre, d’un interrogatoire à un autre  » c’est de la sorte qu’il parle de tous les Tunisiens qui, à un moment de leurs vies, ont été condamnés à le quitter pour fuir l’oppression  » lit-on dans la page 18.
D’ailleurs, ce livre, il le résume en ces quelques mots « C’est la souffrance, la mienne, la votre, la leur….  » mais aussi cette lueur d’espoir qui ne s’est jamais éteinte.
Il s’agit de cette souffrance telle que vécue aussi par les mères, les épouses, les enfants dont les pères sont à la prison ou à l’exil, les mères sont interpellées ou carrément interdites de voyager.
Cet ouvrage a eu un large écho à l’étranger auprès de plusieurs auteurs pour ne citer la palestinienne Mouna Lahham qui l’a considéré comme étant l’une des expressions qui pointent du doigt à travers les mots, les maux de toute la nation arabe.
Exilée comme je suis, écrivait-elle  » j’ai ressenti cette douleur enfouie de l’auteur. Mais ce qui m’a le plus touché c’est qu’il l’est devenu non pas à cause d’un Occupant comme c’est le cas pour nous en Palestine  » . Selon elle, le livre tire sa révérence de cette amertume, lourde et différente: sa douleur dépasse de loin la mienne car il rêvait de la liberté et de la dignité dans un pays qui a un statut : une république « . Et c’est ce que décrit l’auteur lui-même dans sa lettre  » Oh Mère ne pleure plus…. Sache que le pire sentiment est qu’on soit étranger sous les cieux du pays ».
En parlant de quelques bribes de son parcours, Laabidi revient sur les harcèlements dont il a été victime dans le pays d’exil notamment après la parution de ce livre qui présente des témoignages vivants sous le couvert de la littérature politique. « J’ai vécu une tentative d’assassinat au coeur de Paris en 2003″, se rappelle l’auteur qui avait déposé une plainte auprès des autorités françaises.
Cet  » incident  » a-t-il mentionné a été enregistré auprès du poste de police le plus proche avant qu’il décide de soumettre l’affaire auprès du ministère de l’Intérieur français qui l’avait informé, selon ses propos, que le pouvoir tunisien en place à cette époque avait envoyé près de 650 agents de renseignement pour espionner l’opposition tunisienne installée à Paris.
Face à ce  » danger « , a-t-il mentionné, l’opposition tunisienne a décidé de s’unir autour d’un groupe nommé « 18 octobre » dont il est membre fondateur, réunissant les différentes sensibilités politiques et militants des droits de l’Homme.
Témoin de son époque, Laabidi a présenté un dossier sur la torture et les harcèlements dont il a été victime, à l’Instance Vérité et Dignité (IVD). Il devra lors d’une prochaine séance d’écoute, faire part de certaines vérités que Laabidi refuse qu’elles demeurent cachées et vouées à l’oubli.
Plein de détails racontés par l’auteur, en partant de sa fuite de l’enceinte du tribunal de Tunis et son entrée, par voie terrestre, en Algérie pour se diriger ensuite vers l’Europe, en passant par Zurich et Genève, avant de débarquer à Paris. Un espoir minime le poussait à se sauver du régime en place, pour devenir un Homme sans identité.
Entre douleur et espoir, telle est la délivrance que tente de montrer l’auteur dans la couverture de son ouvrage  » Fouilles dans la mémoire du temps » qui devra être présenté au siège de l’IVD, jeudi 25 août courant, par ces quelques métaphores « du ciel nuageux naisse la pluie.. de la nature naisse le printemps..de la nuit naisse l’aube.. du stylo naisse le verbe… de l’oppression naisse la patrie ».

Reseaux Sociaux

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