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Tarek Maaroufi,

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Les formations  et les hommes politiques  du Centre

Les formations et les hommes politiques du Centre, ont vocation, dans les grandes démocraties, à gouverner ou à arbitrer les alliances et les grands changements dans ces pays.

Les courants qui regroupent les forces du Centre ont une orientation politique des programmes économiques et des formes d’organisation qui vont de pair. En Tunisie postrévolutionnaire, toutes les forces se réclament d’un certain centre : Adel Al-Ilmi président d’une association qui prône les châtiments corporels et utilise une milice pour intimider les citoyens, qualifie son association de centriste. Ennahdha , dont les bases revendiquent l’application de la Chariâa ,s’en réclame tout autant .

Les formations d’extrême-gauche ,pour confirmer leur ancrage au Centre , se démarquent de positions individuelles parce qu’elles ne trouvent plus à leur gauche ni courants , ni partis politiques . Dans la foulée, une interview accordée par un salafiste djihadiste tunisien, Tarek Maâroufi, au quotidien belge Le Soir, nous apprend que celui-ci compte créer un parti du Centre, « ouvert à tout le monde », exprimant, au demeurant, son intention de se présenter aux prochaines élections législatives.

A lire ces propos , on ne peut qu’être heureux de voir un djihadiste qui a été condamné plusieurs fois en Belgique pour des faits de terrorisme , déclarer avoir tourné la page du passé et souhaiter œuvrer pour l’instauration d’un Etat civil ,en Tunisie , et faire bande à part après avoir travaillé avec Ansar El Charia.Il affirme que, désormais, son chemin est celui de la paix, de la réconciliation et du bien-être du peuple tunisien. Mais, le passage du djihadisme aux idées du Centre, n’est pas une simple affaire.

Il doit s’accompagner d’une autocritique, et de pertinentes précisions sur les conditions d’adoption de la violence comme moyen de lutte, et le renoncement à ce choix. Mais ces exigences, personne ne les pose dans la Tunisie postrévolutionnaire, au point que tout le monde est dans la posture de se réclamer de la démocratie, du Centre quand il veut, et en sortir quand bon lui semble . Tarek Maaroufi, qui a incarné le djihadisme des années 1990 et 2000, a été condamné en Belgique à 7 ans de prison et à 56 ans de prison sous Ben Ali, a regagné la Tunisie, le 24 mars 2012, une année après avoir bénéficié de l’amnistie générale décrétée, le 19 février 2011. Sa notoriété commence juste avant le 11 septembre 2011, avec l’assassinat du commandant afghan Massoud . Maaroufi est poursuivi par la justice belge et internationale pour complicité dans l’assassinat du leader afghan par deux terroristes tunisiens (Abdessatar Dahmane, né à Gabès le 27 août 1962, et Bouraoui el-Ouaer, né à Sousse le 22 octobre 1972 ).Ils étaient porteurs de passeports belges volés à Strasbourg et à La Haye en 1999 et de faux visas pakistanais obtenus à Londres, ainsi que d’une fausse lettre d’accréditation et des cartes de presse leur permettant de se faire passer pour des journalistes. L’assassinat du lion du Panshir, deux jours avant le 11 septembre, était considéré, au même titre que le limogeage, quelques jours avant , du directeur des renseignements généraux saoudien Turki Al-Fayçal , connu pour ses amitiés avec les talibans ,comme deux évènements hautement stratégiques.

L’assassinat de Massoud, auquel était associé Maaroufi, révèle qu’il a été le fruit d’une collaboration étroite d’un vaste réseau de djihadistes dans le monde. Le passeport volé à Strasbourg est de la même série qu’un autre passeport volé à Strasbourg également et retrouvé chez un terroriste marocain, Mustapha Maakoul, arrêté au Pakistan, en 2000, alors qu’il préparait des attentats commandités par Oussama Ben Laden. Les deux assassins de Massoud avaient bénéficié de l’aide décisive d’un islamiste radical égyptien basé à Londres, Yasser Toufik al Siri, le responsable de l’Islamic Observation Center. Sympathisant de la Jama’a Islamyyia, organisation djihadiste égyptienne.Al Siri avait fourni aux terroristes la lettre d’accréditation et des cartes de presse qui leur ont permis de se faire passer pour des journalistes. Les deux veuves des assassins de Massoud ont été accueillies aux Emirats Arabes Unis par Oum Bilal, la veuve de Redouane Laadjal, alias Abou Bilal, l’ancien chef de la Maison des Algériens, en Afghanistan.

L’assassinat du commandant Massoud montre que l’opération du 11 septembre était bien préparée , et que les talibans et Al-Qaeda, ont même prévu l’ampleur de la réaction américaine sur les bases du terrorisme en Afghanistan , et conçu à l’avance le démantèlement du Front uni Islamique et National pour le Salut de l’Afghanistan du leader Tadjik Massoud , pour ne pas offrir une plate-forme sûre aux interventions militaires américaines .C’est vrai que le commandant Massoud n’est pas très puissant à cette date, mais un très grand symbole.

Les tours jumelles de New-York en étaient également un, de même que Turki Al-Fayçal qui a dirigé les services spéciaux de l’Arabie Saoudite de 1977 à 2001.

Dans cette guerre des symboles, et des grandes manœuvres stratégiques, où tout se prépare avec minutie et dans une programmation stupéfiante, Tarek Maaroufi avait sa place, et son travail d’orfèvre est bien apprécié.

Tarek Maaroufi, dont le nom d’état civil est Tarek ben Habib ben al-Toumi al-Maaroufi , porte comme tous les djihadistes un nom de maquis, Abou Ismail el Jendoubi , et est natif de Ghardimaou le 23 novembre 1965 .

Il obtient, en 1993, la nationalité belge avant d’en être déchu , le 26 janvier 2009 à cause de ses activités islamistes, devenant ainsi le premier Belge à perdre sa nationalité depuis la Seconde Guerre mondiale.

En mars 1995, Tarek Maaroufi est arrêté par les autorités belges avec des membres du Groupe islamique armé algérien (GIA) et condamnés à trois ans de prison avec sursis.

En 2000, il fonde, à Jalalabad, en Afghanistan, avec Seifallah Ben Hassine (le fameux Abou Iyadh d’Ansar Chariâa ), le Groupe combattant tunisien (GCT) . Le Nouvel Observateur du 29 novembre 2001 et The Wall Street Journal, du 3 décembre 2001, indiquent qu’ils étaient chargés par Ben Laden de fédérer autour d’Al-Qaïda les différentes organisations terroristes maghrébines.

Le GCTest, ainsi, listé , le 10 octobre 2002, par le Conseil de sécurité des Nations unies comme lié à Al-Qaïda . Maaroufi est lui-même inscrit par le Conseil de sécurité sur la liste des sanctions d’Al-Qaïda , le 3 septembre 2002.Quant à Abou Iyadh dont le nom est cité dans l’explosion de Ghriba et des affrontement de Soliman , il finit sa chevauchée d’avant le 14 janvier 2011,dans les geôles de Ben Ali ,avant de revendiquer ,après la révolution ,tout comme Maaroufi ,un statut politique par le biais du décret- loi relatif à l’amnistie générale promulgué quelques jours après la révolution.

Tarek Maaroufi est arrêté, le 18 décembre 2001, et poursuivi par la justice belge pour son implication avec l’ex-footballeur tunisien Nizar Trabelsi et le fondamentaliste Amor Sliti , dans la préparation d’un attentat contre la base américano-belge de Kleine Brogel (Limbourg). Il écope d’une peine de six ans de prison. Mais la cour d’appel de Bruxelles a porté à 7 ans, au lieu de 6, la peine prononcée à son encontre. Ses deux coaccusés voient leurs peines de 10 et 5 ans de réclusion confirmées.

Tarek Maaroufi a été aussi impliqué dans le projet terroriste visant la cathédrale, le Parlement et le marché de Noël de la ville de Strasbourg. Il était condamné avec Amor Sliti et trois autres prévenus, dans le cadre d’une filière de faux documents destinée à recruter des candidats pour les camps de formation paramilitaire d’Al-Qaïda, en Afghanistan, et utilisée dans l’assassinat du commandant Massoud par les deux faux journalistes tunisiens .

Parallèlement, Maaroufi recrute des combattants pour renverser le régime tunisien, étant condamné en 1991 pour des crimes commis en Tunisie comme membre d’Ennahdha et recherché par la justice tunisienne qui demandait, depuis, son extradition.

Plusieurs dizaines de terroristes tunisiens comme Tarek Maaroufi sont discrètement rentrés en Tunisie, dès le 15 janvier 2011. Cela répondait au souhait des islamistes et arrangeait certains pays européens qui voulaient, après le départ de Ben Ali, se débarrasser de ces djihadistes encombrants.

La brutale répression du temps de Ben Ali qui s’est abattue sur nombre d’opposants les a privés de l’opportunité de choisir le moyen idoine d’arriver à leurs fins politiques. Maintenant que la Révolution a changé la donne, il est de la première nécessité de mettre en place des mécanismes qui permettent l’insertion de ceux qui ont fait leurs les moyens de lutte incompatibles avec les exigences de la démocratie, dans la nouvelle configuration politique du pays. Cette expérience ne pourra porter ses fruits qu’à la condition que les forces dites démocratiques fassent preuve de compréhension envers les ci-devant adeptes de la violence, à charge pour ces derniers d’opérer leur conversion aussi sincèrement que possible.

Aboussaoud Hmidi

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