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C’est un truisme de dire que le nouveau chef du gouvernement, Youssef Chahed, aura fort à faire pour asseoir sa légitimité et celle de son équipe ministérielle après avoir obtenu le feu vert des députés devant lesquels il va devoir revenir dans le cadre d’une session parlementaire extraordinaire qu’il a lui-même demandée avec une centaine d’élus. Un oral de contrôle en quelque sorte qui lui permettra de finaliser un programme d’action dont il est en train de sculpter les contours.

Il est dès lors dans l’ordre des choses qu’il se soit gardé d’annoncer la moindre grande mesure ou initiative, ayant été de surcroît occupé à gérer des événements imprévus tels que l’opération terroriste de Sammama et la tragédie routière de Khammouda, deux occurrences qui l’ont vu monter au front pour montrer l’étendue de sa capacité  à administrer les contingences et de la façon dont il entend remplir les missions pour lesquelles il a été choisi. Ironie du sort, c’est ailleurs que dans les domaines  essentiels où il était le plus attendu qu’il lui a été donné de le faire, à savoir certes la lutte contre le terrorisme, le chômage, la corruption, la délétère situation sociale, la croissance asthénique…

A l’évidence, c’est bien là et moins qu’autre part que Youssef Chahed est attendu au tournant, non seulement par l’opposition qui ne cesse de pousser des cris d’orfraie, mais aussi, sous une forme beaucoup moins virulente, par ceux des siens et leurs alliés qui attendent de lui qu’il fasse oublier ses prédécesseurs et leurs erreurs et dérives. C’est que le nouveau locataire de la Kasbah est à tous les égards astreint à sortir des sentiers battus dans lesquels se sont enfermés les divers chef de gouvernement qui se sont succédé à la Primature sans offrir la moindre perspective de redressement alors qu’ils en avaient grosso modo l’opportunité, ni créer les rudiments de l’architecture qui fasse naître l’espoir que le changement est possible.

Les premiers commencements du mandat de Youssef Chahed suggèrent que les Tunisiens ont affaire à un chef de gouvernement pragmatique, droit dans ses bottes lorsqu’il s’agit de résister aux pressions des politiques, qui semble savoir où aller avec le minimum nécessaire et, en fait de réformes, il a commencé à en opérer au sein de son attelage ministériel. Surtout, on dit qu’il a demandé à son gouvernement de ne pas trop s’emmêler dans les dossiers mais plutôt de redonner confiance à l’administration qui doit gérer ces dossiers. Parmi les décisions intra muros qu’il a prises, celle de diminuer les salaires des ministres et des secrétaires d’Etat. Par-delà la symbolique qui s’attache à une telle mesure qui n’est pas, du reste,  nouvelle dans les annales gouvernementales de l’après-révolution, on y décèle une première déclinaison d’une saine gestion des deniers publics, et d’abord et surtout au cœur même de la haute hiérarchie du pouvoir. D’aucuns y verraient une démarche cosmétique et de dérisoire effet, mais, concédons-le, une décision qui renseigne sur l’exemple à donner que le gouvernement est le premier à devoir « faire des sacrifices » si minimes soient-ils.

Préjugé favorable !

Le préjugé favorable, c’est sans doute la première manifestation de capital confiance dont commence à être crédité le nouveau chef du gouvernement. L’un des premiers à le lui témoigner n’est autre que le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi qui a estimé que le  gouvernement de Youssef Chahed réunit toutes les conditions de succès notamment dans les domaines économique, social et de développement. Et abondant dans ce sens, il a assuré que « le  succès du nouveau gouvernement ne manquera pas de dénouer la crise qui secoue le pays et de redonner de l’espoir aux Tunisiens ».

Mais Ghannouchi irait-il là vite en besogne, alors que, immanquablement, il ne peut pas s’exempter de réaliser, à l’instar du grand nombre, l’énormité des tâches titanesques qui attendent Youssef Chahed ? Le fait est que les choses ne font pas se régler en un tournemain. Des dossiers comme ceux du chômage, de la croissance, de l’investissement et de la corruption, pour ne citer que ceux-ci, sont de vrais défis que l’on ne relève pas par de simples décisions décrétées en Conseil des ministres ou des réunions assimilées. Habib Essid en sait quelque chose pour s’y être cassé les dents, comme tous ses prédécesseurs, d’ailleurs. On ne voit pas comment Youssef Chahed pourrait s’en tirer d’affaire alors même que la centrale syndicale, l’UGTT et ses dépendances ne décrochent pas de leurs ukases larvés ou explicites concernant bien des dossiers tels que les retraites, les augmentations salariales. « Le gouvernement Chahed doit chercher des solutions alternatives à la politique d’austérité pour sauver la Tunisie d’une situation économique difficile, et ce, sans opter pour la politique d’austérité qui se fera aux dépens des employés et des catégories les plus fragiles», a-t-il dit.

Or, le nouveau chef du gouvernement n’a de cesse de clamer que la Tunisie devra impérativement prendre des « décisions douloureuses », forcément dans le cadre d’une politique d’austérité. Hors cette logique, il serait chimérique de sonder d’autres biais. Vaste programme !

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