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Traek Cherif,

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Dans une interview accordée à Africanmanager

Dans une interview accordée à Africanmanager, le président de la CONECT, Traek Cherif a annoncé que la deuxième révolution serait d’ordre économique étant donné que tout le monde est préoccupé par des considérations d’ordre politique et électorale, soulignant que la révolution économique et sociale que tous les Tunisiens attendaient tarde à venir.

Il nous a affirmé, en outre, que le climat des affaires en Tunisie n’incite ni rassure sur la viabilité et la sécurité des placements. Et de souligner que les choix et les orientations économiques ne sont pas encore fixés. Interview :

1-Qu’est-ce que vous pensez du le climat des affaires dans lequel opèrent les entreprises ?

Dans notre pays les entreprises et les investisseurs vivent depuis trois ans un dilemme particulier entre l’existence d’importantes opportunités d’investissement et de création d’emplois, d’une part, et l’absence d’un climat propice permettant de saisir ces opportunités et de les concrétiser en projets, d’autre part.

Forte de sa longue et riche expérience dans le domaine de l’investissement, du partenariat et du know how de ses chefs d’entreprise, la Tunisie offre toujours d’intéressantes opportunités de création de projets dans tous les domaines aussi bien classiques que ceux des technologies nouvelles.

En ma qualité de président d’une organisation patronale, je reçois et je discute quotidiennement avec des hommes d’affaires et des investisseurs tunisiens et étrangers. Ils parlent presque tous de possibilités d’extension et de lancement de nouveaux projets. Ils sont aussi tous unanimes que le climat actuel ne peut les inciter ni les rassurer sur la viabilité et la sécurité de leurs placements.

Avant de parler d’avantages et d’incitations, les facteurs primordiaux et déterminants pour toute décision d’investissement sont constitués par la bonne visibilité et la sécurité. Trois ans après la révolution, ces deux facteurs ne sont toujours pas maîtrisés en Tunisie. Au contraire, le processus de transition ne fait que perdurer, le dialogue est souvent perturbé ou interrompu, les choix et les orientations économiques ne sont pas encore fixés et les réformes annoncées concernant le code des investissements, le système fiscal et le système bancaire notamment et non encore décidées n’ont fait qu’aggraver le phénomène d’attentisme.

2-Imposition des entreprises exportatrices, êtes-vous d’accord avec cette décision ?

Indépendamment des fondements d’une telle mesure et du fait qu’elle était décidée en 2008 et reportée depuis, je pense que le timing n’est pas approprié pour une telle décision.

Même si le facteur fiscal n’intervient qu’en 5ème ou 6ème position dans la décision d’investissement, l’application d’une telle mesure dans les circonstances actuelles risque d’être interprétée comme une remise en cause d’incitations et d’avantages octroyés aux investisseurs. La conséquence ne peut être que directe sur l’investissement et les IDE.

Il serait plus raisonnable de reporter cette mesure surtout que le pays a largement besoin d’une vraie relance de l’investissement et non de l’introduction de décisions qui risquent d’aggraver encore le problème de visibilité.

3-60% des entreprises tunisiennes sont déficitaires ? Est-ce la faillite ?

Ce chiffre a été annoncé par le ministre des Finances, Elyes Fakhfakh lui-même. C’est un indicateur très significatif des difficultés et des défis que doivent désormais confronter nos entreprises. De là à parler de faillite, je pense que le terme n’est pas du tout approprié. Au contraire, cet indicateur doit nous inciter nous tous et en premier lieu le Gouvernement à appuyer les entreprises et les soutenir par des mesures appropriées et des incitations. La loi des finances devrait normalement constituer l’occasion pour de telles mesures.

Le climat social doit aussi être assaini. Tout le monde doit comprendre que le pays ne peut plus supporter les arrêts et les perturbations de travail et doit agir en conséquence. La menace concerne tous les Tunisiens sans exception. Nous devons avoir un comportement responsable et citoyen.

4- Quels sont les grands défis auxquels la Tunisie doit faire face actuellement ?

A mon sens, le plus grand défi, c’est de sortir de cette phase de transition qui a trop duré, et ce dans les plus brefs délais.

Il faut s’entendre sur le nouveau Gouvernement le plus vite possible et fixer des échéances définitives pour la nouvelle constitution et l’organisation des élections. L’autre grand défi, c’est celui de la sécurité et de la lutte contre la violence et le terrorisme. Ce sont des problèmes majeurs que nous devons affronter avec la rigueur requise pour sauver notre pays et éviter les dérapages.

5- Peut-on parler d’une deuxième Révolution comme cela a été évoqué par Elyes Fakhfakh?

La deuxième révolution est d’ordre économique. Malheureusement, tout le monde est préoccupé par des considérations d’ordre politique et électoral, et la révolution économique et sociale que tous les Tunisiens attendaient tarde à venir. La conséquence, c’est que nous tous, nous nous trouvons, depuis maintenant trois ans déjà et peut être pour quelques années encore, obligés d’en supporter le coût !

La loi des finances 2014 avec les nouvelles dispositions fiscales qu’elle prévoit et qui vont affecter aussi bien les entreprises que les individus en constituent l’illustration. Plus cette révolution économique tarde à être engagée, plus le coût que nous supporterons serait encore élevé pour tous les Tunisiens et même pour les générations futures à travers notamment le recours inévitable à l’endettement.

6- Qu’est- ce que vous pensez concernant le budget de l’Etat pour l’année 2014 ? Serait-il à la hauteur des attentes des Tunisiens ?

Durant l’histoire récente de la Tunisie, jamais un budget n’a soulevé autant de réactions et de polémique avant même son adoption définitive par l’ANC. Les hommes d’affaires, les experts et les conseillers sont tous unanimes que ce budget ne répond nullement aux attentes et objectifs des Tunisiens, notamment au niveau du développement, la promotion de l’investissement et la création d’emplois.

Il est clair que la ligne conductrice de la loi de finances 2014 est la recherche de recettes fiscales rapides, d’un montant permettant d’assurer les équilibres financiers nécessaires, alors même que le pays peine déjà à boucler le budget de l’année 2013 et à combler le déficit pour cet exercice. Dans de telles conditions, l’objectif d’un taux de croissance de 4% serait, à mon sens, très difficile à réaliser.

Personnellement, je pense que, dans une situation aussi difficile, la prise de mesures d’encouragement et d’incitation visant à relancer l’activité économique, vrai moteur de développement des recettes fiscales et autres, est indispensable. Il faut oser prendre de telles mesures ! Malheureusement, la loi de finances 2014 est pratiquement muette à ce sujet.

Khadija Taboubi

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