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troïka, Tunisie

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Une réunion a lieu

Une réunion a lieu, ce dimanche 1er septembre avec la participation des différents parrains du Dialogue ainsi que des représentants de la Troïka. C’est ce qu’a annoncé Bouali Mbarki, secrétaire adjoint chargé de l’administration et des finances à la centrale ouvrière afin de soumettre leurs revendications avant le début du Dialogue National.

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Au moment où la contestation change de nature en se radicalisant

Au moment où la contestation change de nature en se radicalisant , se féminisant , et prenant l’aspect d’un élan irréversible , la troïka se perd dans des manœuvres sans lendemain . Rached Ghannouchi oppose une fin de non-recevoir aux revendications des forces vives du pays présentées par le secrétaire général de l’UGTT. Ettakattoul boycotte la manifestation grandiose organisée par la société civile, parallèlement aux festivités officielles du 13 Aout , donnant l’impression de se tenir à égale distance des deux parties , et préservant, de ce fait, une posture de neutralité seul garant de sa survie politique . Le Président Moncef Marzouki prend , quant à lui , le risque de s’attaquer aux députés démissionnaires , au large front de salut national qui se constitue petit à petit , et aux journalistes et médias . Rejeter les requêtes de l’opposition , stigmatiser ses positions et s’en éloigner dans la mesure du possible semble être la stratégie d’Ennahdha , mise en œuvre par ses militants et assumée par ses alliés politiques , dans le but de faire jouer le temps dans l’espoir de voir la contestation populaire s’émousser .

Ennahdha ne présente pas uniquement des signes d’essoufflement et d’isolement , mais affiche également une myopie politique qui l’empêche de saisir les éléments qualitatifs qui font la force des uns et la faiblesse des autres .

En effet, l’élan de protestation qui a vu le jour suite à l’assassinat de Chokri Belaid et a pris forme , après celui de Mohammed Brahmi le 25 juillet , a pu se structurer gagnant en vigueur et en énergie . Les réserves formulées contre l’adhésion de Nidaa Tounès au large front anti-nahdha se sont estompées , les leviers faisant la force des organisations et associations de la société civile ont été activés à plein régime , les forces syndicales et les différentes corporations , UTICA et UGTT en tête , qui étaient mises à l’écart par la troïka , reprennent l’initiative , et deviennent l’interlocuteur incontournable d’Ennahdha pour toute issue à la crise .

Ce large front , qui a désormais son assise populaire , ses structures d’encadrement et sa légitimité propre , porte des revendications de plus en plus claires et percutantes : dissolution de l’ANC , révocation du gouvernement de la troïka , formation d’un gouvernement de compétences , révision des nominations aux échelons local , régional et central .Et toutes les forces politiques et sociales prennent part à l’élaboration de ces revendication et à leur mise en œuvre .

Dans l’autre camp , les deux alliés d’Ennahdha sont en pleine décomposition et ne servent plus qu’à passer les suggestions ou les agendas du parti islamiste .La légitimité de l’équipe dirigeante et des instances représentatives a été sévèrement entamée par le retrait d’une soixantaine de députés , réclamant la dissolution de la constituante , et la proposition de Mustapha Ben Jaâfar de geler l’activité de l’ANC , jusqu’à ce qu’un dialogue national sérieux soit engagé sous l’égide de l’UGTT.

Ennahdha qui n’a pas vu venir ce tournant , paraît désarmée pour y faire face. Elle s’accroche à une légitimité qui s’est érodée au fil des jours et n’a jamais su trouver le moyen d’en réparer les défaillances . Elle se vante d’une majorité , qui ne lui a jamais fait défaut au sein de la constituante , mais ne s’est pas aperçue du raz de marée populaire qui met en cause son leadership dans la société et au gouvernement . Elle revendique une adéquation entre ses choix idéologiques et civilisationnels et la vocation arabo-islamique de la société , mais n’a pas décelé les signes du rejet de son agenda politique par les forces vives du pays, notamment les jeunes et les femmes .

Devant cette situation , le parti islamiste s’en tient à un discours désuet , à une tactique de diversion qui repose sur une séparation entre ce qu’il dit et ce qu’il fait , et à un victimisme qui exploite les évènements d’Egypte comme un épouvantail dans l’espoir de dissuader les Tunisien de remettre en question la mainmise de l’Islam politique sur la société et l’Etat tunisien .

Aboussaoud Hmidi

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L'argent a toujours revêtu

L’argent a toujours revêtu, aux yeux de l’opinion publique tunisienne, un caractère suspect .En posséder beaucoup, et en peu de temps surtout, donne à penser qu’il y a anguille sous roche.

Le monde a évolué, les salaires et les émoluments aussi. Des jeunes Tunisiens, frais émoulus des grandes écoles européennes et américaines, pourraient, sitôt entrés dans la vie active, toucher des dizaines de milliers d’Euros par mois, en plus des stocks options.

Mais l’idée que se fait le Tunisien de la richesse est toujours négative. Le symbole en restera toujours l’ère Ben Ali et les Trabelsi , qui ont migré , en l’espèce d’une décennie , de l’indigence à la richesse insolente : palais , grand luxe et affaires juteuses .

Au lendemain de cette Révolution presque improvisée, et à défaut d’une théorie révolutionnaire, ou d’un programme politique spécifique, l’extrême- gauche, qui a œuvré à la rupture la plus radicale avec le système déchu, s’est rabattue sur Proudhon : La propriété c’est du vol. Et on vu les syndicats inféodés à cette même extrême-gauche dans le secteur des télécommunications, malmener et vilipender les compétences tunisiennes parce qu’elles étaient bien payées.

Ce radicalisme éclectique a galvanisé pour un temps l’esprit « révolutionnaire  » des Tunisiens , mais avec l’amalgame qu’il fait de l’Etat et du système politique ancien, a fini par épuiser les institutions de l’Etat et étourdir les électeurs , qui ont fait le raccourci en élisant ceux qui se conforment aux préceptes de Dieu , réalisant ,ainsi , le double objectif de rupture avec l’ancien système et la garantie de la transparence dans la gestion des affaires publiques .

Mais, depuis un moment, l’opinion redécouvre des pratiques déjà vues : des ministres et des responsables qui ne déclarent pas leurs biens, des élus qui cumulent émoluments de députés et salaires de ministres et de hauts fonctionnaires de l’Etat, des conseillers qui se contredisent à propos de piges que le Président de la République percevrait du site électronique d’une chaîne de télévision. Et on a vu émerger une nouvelle race de politiciens : des ministres-hommes d’affaires qui sont propriétaires de sociétés , de commerce Halal , et dirigent à distance des bureaux de communication et de relations publiques dans les capitales européennes . Plusieurs ministres ont la double nationalité, et auront à arbitrer des litiges qui opposeraient l’Etat tunisien aux pays qui les ont hébergés pendant leur exil.

Des exemples qui apportent la preuve par neuf que les nouveaux gouvernants font peu de cas des questions de principe, de la déontologie, des conflits d’intérêts au risque pour ces responsables de se trouver devant un dilemme cornélien.

Face à cette situation controversée, on remarque deux attitudes :la première est le mutisme total du ministre de la Gouvernance et la lutte contre la corruption Abderrahman Ladgham , qui ne publie aucun communiqué et ne prend aucune mesure afin de mettre fin à ces agissements , au moins pour calmer une opinion publique de plus en plus désorientée par le fossé qui se creuse entre le discours révolutionnaire et la pratique quotidienne qui cultive de fortes similitudes avec l’ancien système . La seconde attitude est illustrée par les réponses et explications fournies par les partis de la troïka à propos des dépassements, manquements par le truchement de leurs porte-parole . Adnan Mancer assure que le Président de la République Moncef Marzouki , qui n’avait pas déclaré ses biens jusqu’à tout récemment , va le faire sous peu ( un an et demi après son investiture ) , et que l’opération ne prendrait pas beaucoup de temps, l’éventail des biens à déclarer n’étant pas assez large . Hédi Ben Abbes , nouveau conseiller du président , contredit le directeur du cabinet présidentiel ,en affirmant que Marzouki a bel et bien perçu des piges du site Al-Jazeera.net , sans préciser s’il en reçoit encore aujourd’hui , puisqu’il publie toujours des articles sur ledit site . Yamina Zoghlami , députée nahdhaouie croit bien défendre les ministres cumulards , en révélant que Mohammed Abbou qui a dénoncé cette pratique, dans une lettre confidentielle au président de l’ANC ,en mars 2012 , a lui aussi fait autant en cumulant salaire de ministre et émoluments de député .

Ce sont là des explications qui révèlent une indulgence envers ces pratiques douteuses, que le peuple tunisien veut bannir de la vie publique. L’esprit partisan, le corporatisme, le régionalisme servent de couverture pour justifier les dépassements s’ils sont le fait de gens qu’il faut défendre à tout prix . Ce qui est grave ,en fait , c’est lorsque cette couverture prend la forme d’une majorité institutionnelle , qui fait voter les lois , et bloque toute velléité de redevabilité dont sont comptables les responsables corrompus , qui cherchent à tirer le meilleur parti de la révolution et réaliser leurs desseins inavouables.

Aboussaoud Hmidi

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