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Tunis, Abouyadh

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L'interview de Seifallah Ben Hassine  alias Abou Iyadh

L’interview de Seifallah Ben Hassine alias Abou Iyadh, a fait beaucoup de bruit sans révéler grand chose. Elle s’apparente plutôt à un récapitulatif des idées, analyses et pronostics du chef djihadiste tunisien sur sa doctrine et sur sa vision de la situation.

C’est une sortie médiatique , à l’initiative de l’ennemi numéro 1 des services de la police , dans le but de refaire surface , au moment où une nouvelle génération de jeunes djihadistes méconnus font parler d’eux et attirent, de ce fait, l’intérêt des médias.

Les révélations, il y en a peu, mais elles sont de taille. Pour autant, sont-elles vraies : la première se rapporte aux relations internationales du pays et concerne spécifiquement la présence britannique qui devient, selon ses dires, très importante en Tunisie et pourrait faire pièce celles de la France et des Etats-Unis .La deuxième a trait aux relations entre formations islamistes qui devraient, de l’avis du chef djihadiste , rester proches les unes des autres parce que « les ennemis de l’Islam veulent qu’elles s’entretuent ». Ennahdha reste dans le giron de ces formations et il prévoit qu’un jour , l’évolution des forces en présence imposera leur regroupement sous l’étendard de l’Islam. Pense-t-il à l’assaut final projeté par ces forces lorsqu’elles perdront la prochaine manche? La troisième révélation concerne le refus des brigades d’intervention de l’ordre public de défendre l’Ambassade américaine, le 14 septembre 2012, en l’absence d’une autorisation de tirer à balles réelles.

D’autres révélations méritent d’être analysées. Abou Iyadh affirme qu’Ansar Echariaa n’entretient pas de liens organiques avec les autres groupes djihadistes , et que son organisation n’en est pas moins contre le départ des djihadistes tunisiens en Syrie ou au Nord-Mali, mais il ne se fait pas faute de lâcher qu’Ansar Echariaa peut approvisionner ses homologues, syrien ou malien en cadres et experts, selon les besoins qu’ils auront exprimés .

Il refuse d’admettre que son organisation ait des caches d’armes en Tunisie , mais, au moment où il évoque des évènements de Bir Ali Ben Khlifa, il noie le poisson en se limitant à parler de tortures infligées à Adam Boukadida, toutefois, des affrontements armés entre djihadistes et forces spéciales à Douar Hicher , il ne retient que la descente violente dans la maison suspecte ,et reconnaît du bout des lèvres que le djihadiste arrêté n’était qu’un simple sympathisant de l’organisation et n’était en possession que d’une seule Kalachnikov comme s’il s’agissait d’un jouet .

La banalisation ne peut avoir de sens que dans le cadre de l’affirmation solennelle que la Tunisie est une terre de prédication et non de Jihad. Mais la nuance est vite soulignée : la situation requiert de la patience (SABR) vertu qui n’est pas à la portée de tout le monde, et surtout la jeunesse qui ne peut admettre les injustices subies par les peuples de Syrie et du Nord- Mali .

Ali Laaraydh sort du lot et subit des attaques violentes de la part d’ Abou Iyadh . Et ce ne sont les premières : dans la presse écrite, comme dans les vidéos, le chef djihadiste n’a laissé aucune occasion passer sans s’attaquer au ministre de l’Intérieur.

Dans toute l’interview, Abou Iyadh fait la différence entre Ennahdha, d’une part, qu’il ne manque pas de ménager ,et dit d’elle qu’elle est l’objet d’une guerre sans merci de la part des laïques et des gauchistes , et d’autre part ,le Gouvernement qu’il attaque sans cesse , parce que, selon ses dires , il incarne un système que la révolution n’a pas réussi à changer .

Ennahdha n’est pas la seule force sur laquelle il ne tarit pas d’éloges, mais il y a aussi Hourria wa Insaf, la seule organisation qui défend les salafistes, et en veut, à ce propos, pour preuve ses positions lors des évènements de Douar Hicher.

Abou Iyadh, a qualifié de « stupides » ceux qui ont incendié les mausolées et profané les sépultures, car, a-t-il expliqué, ils se trompent de priorité : ces tombes et mausolées doivent être brûlés dans l’esprit des gens avant d’être brûlés dans la réalité, faisant allusion à la nécessaire éducation religieuse qui doit précéder tout acte de cette nature.

Pour le chef djihadiste , la situation au Nord- Mali est irréversible : « les islamistes gagneront , leur défaite n’est qu’un repli tactique . Ils connaissent le terrain, les points d’eau, la géographie humaine. Ils mèneront une guerre d’usure contre les forces militaires françaises, et ils sortiront vainqueurs de cette confrontation.

A priori, Abou Iyadh se défend de faire de la politique. N’a-t-il pas affirmé qu’il avait décliné une offre de participation au prochain scrutin, martelant qu’on ne peut pas être salafiste et siéger en même temps sous la coupole du Bardo. N’a-t-il pas déploré la participation d’Ennahdha au processus politique postrévolutionnaire, expliquant l’aversion actuelle envers l’Islam et le projet Islamiste par les ratés de l’exercice politique d’Ennahdha. Seulement, on sent en filigrane de toute l’interview, qu’Abou Iyadh se prépare à des échéances politiques qui ne sont pas forcément électorales, où la mouvance islamique prendrait sa revanche pas uniquement sur les 50 ans d’indépendance, mais sur un éventuel échec électoral qui rendrait improbable l’instauration d’un Etat islamiste.

Aboussaoud Hmidi

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