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Tunis, élections, Crisis Group

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La Tunisie est entrée

La Tunisie est entrée, en janvier 2014, dans une nouvelle phase de transition, certes moins agitée que la précédente, mais dont l’issue demeure tout aussi incertaine avec l’enjeu de prolonger le consensus issu du dialogue national et de préparer le prochain rendez-vous électoral, qui va suspendre en partie le compromis, tout en prévenant le retour de la polarisation, déclare l’organisation Internationale Crisis Group, dans son dernier rapport consacré à la Tunisie sous le titre : L’exception tunisienne : succès et limites du consensus.

Ce think tank sans équivalent dans le domaine de la prévention et de la résolution des conflits, souligne que les élections présidentielles et législatives censées se tenir avant la fin de 2014 selon les dispositions transitoires de la Constitution pourraient engendrer nombre de laissés pour compte et produire la majorité suffisante pour qu’islamistes et sécularistes constituent chacun un front excluant l’autre. Dans tous les cas, les résultats pourraient être remis en cause et la polarisation extrême ressusciter, malgré le caractère consensuel et démocratique de la nouvelle Constitution, ajoutent les analystes de Crisis Group. Ils pensent que nombre d’islamistes estiment qu’ils récupéreront le pouvoir après les élections à la tête d’une nouvelle coalition gouvernementale, pendant que certaines franges sécularistes comptent sur le gouvernement du nouveau Premier ministre, Mehdi Jomâa, pour « désislamiser » l’administration – suffisamment, du moins, pour que le prochain rendez-vous électoral leur apparaisse crédible et équitable.

La scène politique est en pleine mutation et l’alliance envisagée par les deux principales formations, l’islamiste Ennahdha et le séculariste Nida Tounes, pourrait entraîner, à l’issue des élections, la marginalisation de nombre de partis et personnalités politiques. Quant au scénario d’une large alliance parlementaire intégrant les représentants des organisations les plus importantes, celui-ci implique un résultat électoral équilibré entre islamistes et sécularistes, qui est, pour l’heure, hypothétique.

Plusieurs difficultés pourraient, en effet, remettre en question ces scénarios de coalition et d’équilibre des forces : reproduction des grandes lignes du code électoral de 2011 qui avait encouragé l’inflation des listes électorales et bénéficié au camp islamiste resté uni ; précarité de la situation économique, sociale et sécuritaire ; désaffection à l’égard du politique et donc fort taux d’absentéisme ; et diminution de la capacité d’encadrement des partis et de la centrale syndicale.

Les analystes de Crisis Group recommandent aux grandes forces politiques de conserver l’esprit de compromis de la dernière sortie de crise, tout en acceptant la compétition politique. Ils estiment que ces forces devraient également se rassurer mutuellement à propos de la transparence du scrutin et s’accorder sur des règles minimales d’acceptation réciproque ainsi que des objectifs politiques extraconstitutionnels, notamment économiques et sécuritaires. Enfin, ils jugent que ces forces doivent réfléchir aux règles du jeu de la gouvernance quelle que soit l’issue des prochaines élections , ce qui est de nature à rassurer chaque camp et ancrer la stabilité politique dans une optique de démocratisation de l’Etat plutôt que de calculs de partage du pouvoir.

Le Crisis Group relève que nombre de Tunisiens disent rechercher en priorité la stabilité et l’ordre, considérant le politique comme une source de tension inutile. Les analystes redoutent ainsi un fort taux d’abstention. Une faible participation aux élections législatives pourrait tout autant favoriser les grandes formations que permettre la représentation de marginaux comme le parti panislamiste Hizb-ut-Tahrir (Parti de la libération islamique) ou le populiste Courant de l’amour (al-Mahaba), dont les activistes seront mobilisés par leur radicalisme, le jour du scrutin.

Enfin, les bases militantes, pour l’heure disciplinées, pourraient devenir de plus en plus incontrôlables à l’approche des élections. Islamistes et sécularistes pourraient se livrer un combat existentiel consistant à engranger le plus de voix possible.

Ceci conduirait à la victoire d’un camp sur l’autre et donc à la possible remise en question des résultats électoraux. Le consensus horizontal entre partis politiques et organisations nationales, qui a permis de sortir de la crise, a renforcé les dissensions verticales entre élites et subordonnés au sein des organisations.

Etant donné le degré d’incertitude, les forces politiques devraient s’accorder dès aujourd’hui sur les règles du jeu extraconstitutionnel de la période postélectorale, recommande Crisis group.

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La Tunisie est entrée

La Tunisie est entrée, en janvier 2014, dans une nouvelle phase de transition, certes moins agitée que la précédente, mais dont l’issue demeure tout aussi incertaine avec l’enjeu de prolonger le consensus issu du dialogue national et de préparer le prochain rendez-vous électoral, qui va suspendre en partie le compromis, tout en prévenant le retour de la polarisation, déclare l’organisation Internationale Crisis Group, dans son dernier rapport consacré à la Tunisie sous le titre : L’exception tunisienne : succès et limites du consensus.

Ce think tank sans équivalent dans le domaine de la prévention et de la résolution des conflits, souligne que les élections présidentielles et législatives censées se tenir avant la fin de 2014 selon les dispositions transitoires de la Constitution pourraient engendrer nombre de laissés pour compte et produire la majorité suffisante pour qu’islamistes et sécularistes constituent chacun un front excluant l’autre. Dans tous les cas, les résultats pourraient être remis en cause et la polarisation extrême ressusciter, malgré le caractère consensuel et démocratique de la nouvelle Constitution, ajoutent les analystes de Crisis Group. Ils pensent que nombre d’islamistes estiment qu’ils récupéreront le pouvoir après les élections à la tête d’une nouvelle coalition gouvernementale, pendant que certaines franges sécularistes comptent sur le gouvernement du nouveau Premier ministre, Mehdi Jomâa, pour « désislamiser » l’administration – suffisamment, du moins, pour que le prochain rendez-vous électoral leur apparaisse crédible et équitable.

La scène politique est en pleine mutation et l’alliance envisagée par les deux principales formations, l’islamiste Ennahdha et le séculariste Nida Tounes, pourrait entraîner, à l’issue des élections, la marginalisation de nombre de partis et personnalités politiques. Quant au scénario d’une large alliance parlementaire intégrant les représentants des organisations les plus importantes, celui-ci implique un résultat électoral équilibré entre islamistes et sécularistes, qui est, pour l’heure, hypothétique.

Plusieurs difficultés pourraient, en effet, remettre en question ces scénarios de coalition et d’équilibre des forces : reproduction des grandes lignes du code électoral de 2011 qui avait encouragé l’inflation des listes électorales et bénéficié au camp islamiste resté uni ; précarité de la situation économique, sociale et sécuritaire ; désaffection à l’égard du politique et donc fort taux d’absentéisme ; et diminution de la capacité d’encadrement des partis et de la centrale syndicale.

Les analystes de Crisis Group recommandent aux grandes forces politiques de conserver l’esprit de compromis de la dernière sortie de crise, tout en acceptant la compétition politique. Ils estiment que ces forces devraient également se rassurer mutuellement à propos de la transparence du scrutin et s’accorder sur des règles minimales d’acceptation réciproque ainsi que des objectifs politiques extraconstitutionnels, notamment économiques et sécuritaires. Enfin, ils jugent que ces forces doivent réfléchir aux règles du jeu de la gouvernance quelle que soit l’issue des prochaines élections , ce qui est de nature à rassurer chaque camp et ancrer la stabilité politique dans une optique de démocratisation de l’Etat plutôt que de calculs de partage du pouvoir.

Le Crisis Group relève que nombre de Tunisiens disent rechercher en priorité la stabilité et l’ordre, considérant le politique comme une source de tension inutile. Les analystes redoutent ainsi un fort taux d’abstention. Une faible participation aux élections législatives pourrait tout autant favoriser les grandes formations que permettre la représentation de marginaux comme le parti panislamiste Hizb-ut-Tahrir (Parti de la libération islamique) ou le populiste Courant de l’amour (al-Mahaba), dont les activistes seront mobilisés par leur radicalisme, le jour du scrutin.

Enfin, les bases militantes, pour l’heure disciplinées, pourraient devenir de plus en plus incontrôlables à l’approche des élections. Islamistes et sécularistes pourraient se livrer un combat existentiel consistant à engranger le plus de voix possible.

Ceci conduirait à la victoire d’un camp sur l’autre et donc à la possible remise en question des résultats électoraux. Le consensus horizontal entre partis politiques et organisations nationales, qui a permis de sortir de la crise, a renforcé les dissensions verticales entre élites et subordonnés au sein des organisations.

Etant donné le degré d’incertitude, les forces politiques devraient s’accorder dès aujourd’hui sur les règles du jeu extraconstitutionnel de la période postélectorale, recommande Crisis group.

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