Tags Posts tagged with "Tunis, Ennahdha,"

Tunis, Ennahdha,

par -
Les signes d'une fissure au sein d'Ennahdha deviennent de plus en plus évidents. Pour les déceler

Les signes d’une fissure au sein d’Ennahdha deviennent de plus en plus évidents. Pour les déceler, il faut remonter dans le temps, au 15 août 2013, date de la rencontre historique à Paris, entre Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi, où s’est dessiné un compromis historique entre forces islamistes dites modérées et forces centristes. On se rappelle qu’à la suite de cette réunion, le leader d’Ennahdha a été mis en minorité, et il n’est arrivé à convaincre que difficilement les membres de son parti des concessions imposées par la nouvelle conjoncture.

Les débats au sein des instances du parti sont demeurés presque secrets, et si ce n’étaient les cris de détresse lancés par Abdelfattah Mourou on n’en aura rien su. Ce dernier n’a pas cessé, durant les mois de septembre et octobre 2013, d’alerter l’opinion publique sur l’isolement du chef d’Ennahdha dans les structures du parti et sur les dangers de son éviction.

Mais depuis l’élaboration des compromis dans la commission des consensus et les progrès du Dialogue National, les dissensions ont été étalées au grand jour. Surtout que les débats au sein de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) sont transmis en direct.

D’abord, on nous dit que quatre députés du groupe parlementaire nahdhaoui ont présenté leur démission. L’information est vite démentie par le président du groupe Sahbi Atig. On s’aperçoit alors que 3 d’entre eux ont simplement suspendu leur décision, et que le quatrième l’a maintenue.

Ensuite, on assiste samedi 18 janvier 2014 au speech de Sadok Chourou dans lequel il qualifie la Constitution tunisienne de « mort-née », du fait  » des interférences internationales, et des pressions diverses, sous couvert du Dialogue national, des experts ou de la société civile «, ce qui a rendu, selon ses dires, le travail fini non représentatif des convictions des députés.

Mehrzia Laabidi, présidente de la séance, s’est démarquée immédiatement de Sadok Chourou , et le président du groupe parlementaire d’Ennahdha à l’ANC , Sahbi Atig, a déclaré que cette position ne représente pas le parti et n’est qu’un avis personnel de Chourou.

La diffusion trois jours plus tard, d’informations au sujet de la démission collective de 21 députés Nahdhaouis de l’ANC dont notamment Habib Ellouze et Sadok Chourou, bien que vite démenties par l’establishment du parti, a ravivé les doutes sur l’harmonie au sein du parti islamiste.

En fait, les divergences au sein des partis de masse, sont très courantes et amènent, inéluctablement, dans le cas des partis mal structurés, à des scissions (lire notre article en arabe sur la structure amorphe du parti islamiste). Mais pour le cas d’Ennahdha actuellement ces divergences revêtent une signification bien particulière.

Toutes ces dissensions sont l’œuvre de membres qui adhèrent à des thèses islamistes radicales. Ils se présentent comme des gens qui s’opposent à la criminalisation de l’apostasie, à l’égalité entre hommes et femmes et s’attachent à la consignation dans la Constitution de la Charia comme seule source de la législation. Ils considèrent que les concessions, même verbales ou sur le papier, faites par leur parti à l’opinion publique nationale sont condamnables, et leur donnent droit d’afficher leur dissidence.

L’importance de ce groupe formé de 21 députés, auxquels peuvent s’ajouter au moins les quatre députés démissionnaires des derniers jours, se mesure par son nombre assez élevé et par le fait qu’il soit déjà doté de leaders de renom, à l’image de Sadok Chourou et de Habib Ellouze . L’initiative est également appuyée par des structures aussi importantes que le Haut conseil Islamique, l’Instance d’Al Iftaa et le Ministère des Affaires Religieuses. Mais aussi, par un tissu associatif et des Imams très actifs, présents dans tout le territoire du pays et portés sur la surenchère.

Cette nouvelle situation, met la direction du parti islamiste dans l’embarras et sape sa crédibilité. Une crédibilité, déjà mise à mal par ses hésitations au sujet des compromis réalisés par la commission des consensus et le Dialogue National.

Aboussaoud Hmidi

par -
Les signes d'une fissure au sein d'Ennahdha deviennent de plus en plus évidents. Pour les déceler

Les signes d’une fissure au sein d’Ennahdha deviennent de plus en plus évidents. Pour les déceler, il faut remonter dans le temps, au 15 août 2013, date de la rencontre historique à Paris, entre Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi, où s’est dessiné un compromis historique entre forces islamistes dites modérées et forces centristes. On se rappelle qu’à la suite de cette réunion, le leader d’Ennahdha a été mis en minorité, et il n’est arrivé à convaincre que difficilement les membres de son parti des concessions imposées par la nouvelle conjoncture.

Les débats au sein des instances du parti sont demeurés presque secrets, et si ce n’étaient les cris de détresse lancés par Abdelfattah Mourou on n’en aura rien su. Ce dernier n’a pas cessé, durant les mois de septembre et octobre 2013, d’alerter l’opinion publique sur l’isolement du chef d’Ennahdha dans les structures du parti et sur les dangers de son éviction.

Mais depuis l’élaboration des compromis dans la commission des consensus et les progrès du Dialogue National, les dissensions ont été étalées au grand jour. Surtout que les débats au sein de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) sont transmis en direct.

D’abord, on nous dit que quatre députés du groupe parlementaire nahdhaoui ont présenté leur démission. L’information est vite démentie par le président du groupe Sahbi Atig. On s’aperçoit alors que 3 d’entre eux ont simplement suspendu leur décision, et que le quatrième l’a maintenue.

Ensuite, on assiste samedi 18 janvier 2014 au speech de Sadok Chourou dans lequel il qualifie la Constitution tunisienne de « mort-née », du fait  » des interférences internationales, et des pressions diverses, sous couvert du Dialogue national, des experts ou de la société civile «, ce qui a rendu, selon ses dires, le travail fini non représentatif des convictions des députés.

Mehrzia Laabidi, présidente de la séance, s’est démarquée immédiatement de Sadok Chourou , et le président du groupe parlementaire d’Ennahdha à l’ANC , Sahbi Atig, a déclaré que cette position ne représente pas le parti et n’est qu’un avis personnel de Chourou.

La diffusion trois jours plus tard, d’informations au sujet de la démission collective de 21 députés Nahdhaouis de l’ANC dont notamment Habib Ellouze et Sadok Chourou, bien que vite démenties par l’establishment du parti, a ravivé les doutes sur l’harmonie au sein du parti islamiste.

En fait, les divergences au sein des partis de masse, sont très courantes et amènent, inéluctablement, dans le cas des partis mal structurés, à des scissions (lire notre article en arabe sur la structure amorphe du parti islamiste). Mais pour le cas d’Ennahdha actuellement ces divergences revêtent une signification bien particulière.

Toutes ces dissensions sont l’œuvre de membres qui adhèrent à des thèses islamistes radicales. Ils se présentent comme des gens qui s’opposent à la criminalisation de l’apostasie, à l’égalité entre hommes et femmes et s’attachent à la consignation dans la Constitution de la Charia comme seule source de la législation. Ils considèrent que les concessions, même verbales ou sur le papier, faites par leur parti à l’opinion publique nationale sont condamnables, et leur donnent droit d’afficher leur dissidence.

L’importance de ce groupe formé de 21 députés, auxquels peuvent s’ajouter au moins les quatre députés démissionnaires des derniers jours, se mesure par son nombre assez élevé et par le fait qu’il soit déjà doté de leaders de renom, à l’image de Sadok Chourou et de Habib Ellouze . L’initiative est également appuyée par des structures aussi importantes que le Haut conseil Islamique, l’Instance d’Al Iftaa et le Ministère des Affaires Religieuses. Mais aussi, par un tissu associatif et des Imams très actifs, présents dans tout le territoire du pays et portés sur la surenchère.

Cette nouvelle situation, met la direction du parti islamiste dans l’embarras et sape sa crédibilité. Une crédibilité, déjà mise à mal par ses hésitations au sujet des compromis réalisés par la commission des consensus et le Dialogue National.

Aboussaoud Hmidi

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le PDG de la Poste Tunisienne, Moez Chakchouk, a mis l’accent sur les efforts fournis par l’entreprise pour...

AFRIQUE

SPORT