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Tunis, liste, hommes d ’ affaires

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Un membre de l’ANC vient de faire état d’une liste de 126 hommes d’affaires

Un membre de l’ANC vient de faire état d’une liste de 126 hommes d’affaires, ayant des engagements bancaires à hauteur de 7 milliards de dinars. La publication de cette liste, datant d’ailleurs de 2003, ne manque pas du susciter des interrogations.

– Pourquoi maintenant ?

L’objectif est de détourner l’opinion publique sur la détérioration des finances publiques durant le gouvernement de la Troïka (un déficit budgétaire de 12 milliards de dinars et une dette publique qui atteindrait 50% du PIB), tout cela avec la bénédiction de l’ANC, presque le budget a été voté par celle-ci.

– De fausses données.

Les données sont présentées comme étant des pertes constatées que l’Etat doit prendre en charge, ce qui est absolument faux. En contrepartie de ces crédits, il y a des usines, des hôtels, des entreprises qui génèrent de la valeur ajoutée et emploient plus d’un million de salaires, et dans tous les pays du monde, les entreprises fonctionnent en grande partie à crédit et le patrimoine sert de garantie. A titre d’exemple, la liste parle des engagements du groupe Mhiri qui atteindraient, selon la liste, 360 MD ; or rien que dans le secteur touristique, ce groupe dispose de plus de 12000 lits, ce qui vaut 500 à 600 MD et couvre largement ces crédits.

En tout état de cause, la question à poser à l’initiateur de cette publication est la suivante : « qu’est ce qui est plus préjudiciable pour le pays : des engagements bancaires remboursables à hauteur de 7 milliards de dinars et qui permettent d’employer un million de personnes ou engager le budget de l’Etat pour 12 milliards de dinars rien que pour l’année 2014 sans contrepartie aucune ?

– Des conséquences qui peuvent être dangereuses.

En cette période où l’Etat cherche par tous les moyens à redresser l’économie du pays, la publication de cette liste est plus que nuisible. Elle donne, en effet, le mauvais signal que l’Etat a lâché les hommes d’affaires. Le risque est évident de les voir licencier des milliers d’employés alors que, déjà, quelques secteurs, tel que le tourisme, connaissent des difficultés objectives.

Lorsqu’on parle d’engagements bancaires, ce qui dérange, ce sont les engagements carbonisés. Or, selon les données confirmées par le FMI et la BM, les actifs accrochés ont baissé en Tunisie de 35%, au début des années 1990, à 12%, en 2010, dont 60% sont couverts par des provisions bancaires, ce qui signifie que le risque final ne dépasse pas 5% des engagements bancaires, selon les experts, ou l’équivalent de 3% du PIB, soit le tiers du déficit budgétaire de 2013(9% du PIB) voté et constatée par l’ANC.D’ailleurs, le taux d’actifs accrochés a augmenté, depuis 2010, de 4 à 5 points pour atteindre 16 à 17% ; qui est alors responsable de cette augmentation record en trois ans ? C’est la situation dans laquelle la Troïka a mis le pays.

– L’ANC aussi, le fait !

Il faut signaler que le système tunisien de classement des créances est très rigide. Il ne permet pas de procéder à des radiations de créances lorsque la créance est entièrement couverte par des provisions comme le font tous les pays développés, ce qui laisse traîner des anciennes créances datant de plus de vingt ans.

Enfin, l’ANC elle-même appelle parfois à rééchelonner ou abandonner des créances lorsque certains secteurs connaissant des difficultés conjoncturelles. Aussi, a été votée une loi sur le rééchelonnement et l’abandon de créances dans la petite agriculture, et les professionnels du secteur touristique appellent aujourd’hui à un geste pareil, d’ailleurs, nécessaire si on veut que le secteur reprenne et qu’on sauve notre économie.

M.B.A

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