Tags Posts tagged with "Tunis, Lotfi Zitoun,"

Tunis, Lotfi Zitoun,

par -
L’annonce

L’annonce, en fin de semaine dernière, de Lotfi Zitoun que «la révolution égyptienne volera au secours de la révolution Tunisienne en cas de danger », tant le leadership du printemps arabe est passé aux mains des Egyptiens, a suscité l’étonnement de beaucoup d’observateurs.

Cette déclaration, faite devant les partisans de son parti, vise manifestement à rassurer les Nahdhaouis qui sont déçus par la gestion catastrophique des affaires du pays par le gouvernement, et les chamailleries au sein de l’alliance au pouvoir. Elle révèle pourtant aussi qu’au moins une frange du parti islamiste tient, manifestement dans le cadre d’un agenda international, à lier le sort de la Tunisie à l’évolution dans les pays arabes et islamiques.

Evidemment, les tenants de cette ligne, aussi controversée que dangereuse, se réclament du pur héritage du mouvement des Frères Musulmans qui a toujours inscrit son action dans un cadre transnational et à l’échelle islamique et qui voit d’un mauvais œil les limites contraignantes de la souveraineté nationale. Les Tunisiens avaient pourtant cru comprendre, depuis le 14 Janvier 2011, qu’Ennahdha avait fini par délaisser cette vision des choses et avait adhéré aux idées démocratiques et au cadre national qui va avec.

Mais les signes que le parti islamiste n’a pas quitté ses convictions premières, n’ont pas cessé de nous surprendre : Indulgence envers la violence des salafistes et leur discours Wahhabite pur-sang , alignement dans les dossiers syrien, palestinien et nord- malien, sur les positions de l’Internationale Islamiste du Cheikh Karadhaoui, fixation sur les aspects purement formels de la vie sociale et négligence de tout ce qui a trait aux conditions de vie des Tunisiens et au développement des régions intérieures ont ainsi été les caractéristiques saillantes de l’action d’Ennahdha en Tunisie .

Ces centres d’intérêts, à l’échelle de la vie de tous les jours, ont été transposés sous la coupole de la constituante dans les séances de discussion du contenu de la constitution : Primauté des questions liées à l’identité, insistance sur l’application de la charia et surtout de la peine de mort et des peines corporelles, opposition au référentiel de l’universalité des droits de l’homme et de l’égalité Hommes- Femmes, ont été les nouveaux concepts qu’Ennahdha a essayé de défendre dans la nouvelle Tunisie qu’elle voudrait préparer.

Les acquis de la Tunisie en matière des droits humains et sociaux , ses atouts dans la valorisation des ressources humaines et son positionnement dans le système économique mondial, sont ainsi vus d’un mauvais œil, car ils donnent aux spécificités de la démarche sociale et de développement de la Tunisie une consistance qui gêne les théoriciens de «la similitude de l’Etat des pays islamiques » .Ces pays, aux yeux des théoriciens d’Ennahdha, sont dans une situation similaire qui se caractérise par la non application de l’Islam et la bouderie de la Chariâ. Les écarts entre ces pays dans les domaines sociaux, éducationnels, économiques et des droits humains, servent d’indices à la pénétration du projet occidental dans les pays en question. Les progrès sociaux dans les mentalités et le niveau de vie des Tunisiens par rapport aux autres citoyens arabes, sont manifestement négativement perçus par Rached Ghannouchi, qui s’acharne à chaque occasion contre l’œuvre de Bourguiba qualifiée de francophone, occidentaliste, et même de maçonnique et sioniste !

Cette similitude de la situation des pays islamiques prônée par les théoriciens islamistes, implique une similitude des solutions proposées à ces mêmes pays, dont l’essentiel serait l’application de la Chariâ.

Le leadership du printemps arabe, selon cette logique, ne reviendrait pas au pays qui est en avance dans la solution des problèmes de la transition démocratique, du traitement des dossiers du développement humain et du développement tout court, qui se caractérise par des problèmes de taille humaine en mesure d’ être résolus entre 5 et 10 ans (c’est le cas de la Tunisie ). Ce leadership reviendrait plutôt, selon les Islamistes, à l’Egypte qui a simplement vu naitre la confrérie des Frères Musulmans en 1928 et qui a le plus grand poids démographique de la région.

Cette logique, exprimée par Lotfi Zitoun lors d’une réunion avec les cadres de son parti, parle d’un «danger » qui menacerait la révolution tunisienne, et auquel cette révolution ne peut faire face, sans le concours des révolutions, égyptienne, libyenne, yéménite.

Le ministre tunisien, Conseiller politique de Hammadi Jbali, n’a cependant pas spécifié la nature de ce danger. Mais à bien comprendre le non-dit dans son discours, on comprend aisément qu’il situe le danger dans une probable alternance du pouvoir aux prochaines élections après la sanction que pourrait administrer le corps électoral à Ennahdha. Le parti Islamique d’Ennahdha, verrait donc cet échec électoral comme un triomphe de la contre-révolution et qui nécessiterait une ingérence étrangère égyptienne, libyenne, yéménite et même syrienne pour assurer Ennahdha dans sa position de leadership en Tunisie.

L’isolement du parti islamiste, de plus en plus perceptible ces derniers jours, laisse transparaitre la crainte d’un échec lors des prochaines élections, si jamais elles auraient lieu. Ennahdha, qui voudrait gouverner la Tunisie à vie, se devait ainsi de trouver des alibis pour expliquer à ses adhérents et ses alliés islamistes partout dans le monde, que cet échec ne trouve pas son origine dans ses propres faiblesses, mais dans un quelconque complot fomenté par les contres révolutionnaires.

L’ingérence étrangère à l’issue du prochain scrutin, si elle avait lieu à Dieu ne plaise, pourrait brouiller les cartes et faire entrer le pays dans une crise sans fin. Elle ferait apparaitre ce parti comme une section locale d’une organisation supranationale qui a usurpé la révolution tunisienne, voulue et menée par les jeunes des régions intérieures. Ennahdha aura ainsi, non seulement usurpé la Révolution tunisienne, mais la donnera aussi en cadeau au Egyptiens. Une conduite qui doit être méditée par les Tunisiens dès aujourd’hui.

Aboussaoud Hmidi

par -
L’annonce

L’annonce, en fin de semaine dernière, de Lotfi Zitoun que «la révolution égyptienne volera au secours de la révolution Tunisienne en cas de danger », tant le leadership du printemps arabe est passé aux mains des Egyptiens, a suscité l’étonnement de beaucoup d’observateurs.

Cette déclaration, faite devant les partisans de son parti, vise manifestement à rassurer les Nahdhaouis qui sont déçus par la gestion catastrophique des affaires du pays par le gouvernement, et les chamailleries au sein de l’alliance au pouvoir. Elle révèle pourtant aussi qu’au moins une frange du parti islamiste tient, manifestement dans le cadre d’un agenda international, à lier le sort de la Tunisie à l’évolution dans les pays arabes et islamiques.

Evidemment, les tenants de cette ligne, aussi controversée que dangereuse, se réclament du pur héritage du mouvement des Frères Musulmans qui a toujours inscrit son action dans un cadre transnational et à l’échelle islamique et qui voit d’un mauvais œil les limites contraignantes de la souveraineté nationale. Les Tunisiens avaient pourtant cru comprendre, depuis le 14 Janvier 2011, qu’Ennahdha avait fini par délaisser cette vision des choses et avait adhéré aux idées démocratiques et au cadre national qui va avec.

Mais les signes que le parti islamiste n’a pas quitté ses convictions premières, n’ont pas cessé de nous surprendre : Indulgence envers la violence des salafistes et leur discours Wahhabite pur-sang , alignement dans les dossiers syrien, palestinien et nord- malien, sur les positions de l’Internationale Islamiste du Cheikh Karadhaoui, fixation sur les aspects purement formels de la vie sociale et négligence de tout ce qui a trait aux conditions de vie des Tunisiens et au développement des régions intérieures ont ainsi été les caractéristiques saillantes de l’action d’Ennahdha en Tunisie .

Ces centres d’intérêts, à l’échelle de la vie de tous les jours, ont été transposés sous la coupole de la constituante dans les séances de discussion du contenu de la constitution : Primauté des questions liées à l’identité, insistance sur l’application de la charia et surtout de la peine de mort et des peines corporelles, opposition au référentiel de l’universalité des droits de l’homme et de l’égalité Hommes- Femmes, ont été les nouveaux concepts qu’Ennahdha a essayé de défendre dans la nouvelle Tunisie qu’elle voudrait préparer.

Les acquis de la Tunisie en matière des droits humains et sociaux , ses atouts dans la valorisation des ressources humaines et son positionnement dans le système économique mondial, sont ainsi vus d’un mauvais œil, car ils donnent aux spécificités de la démarche sociale et de développement de la Tunisie une consistance qui gêne les théoriciens de «la similitude de l’Etat des pays islamiques » .Ces pays, aux yeux des théoriciens d’Ennahdha, sont dans une situation similaire qui se caractérise par la non application de l’Islam et la bouderie de la Chariâ. Les écarts entre ces pays dans les domaines sociaux, éducationnels, économiques et des droits humains, servent d’indices à la pénétration du projet occidental dans les pays en question. Les progrès sociaux dans les mentalités et le niveau de vie des Tunisiens par rapport aux autres citoyens arabes, sont manifestement négativement perçus par Rached Ghannouchi, qui s’acharne à chaque occasion contre l’œuvre de Bourguiba qualifiée de francophone, occidentaliste, et même de maçonnique et sioniste !

Cette similitude de la situation des pays islamiques prônée par les théoriciens islamistes, implique une similitude des solutions proposées à ces mêmes pays, dont l’essentiel serait l’application de la Chariâ.

Le leadership du printemps arabe, selon cette logique, ne reviendrait pas au pays qui est en avance dans la solution des problèmes de la transition démocratique, du traitement des dossiers du développement humain et du développement tout court, qui se caractérise par des problèmes de taille humaine en mesure d’ être résolus entre 5 et 10 ans (c’est le cas de la Tunisie ). Ce leadership reviendrait plutôt, selon les Islamistes, à l’Egypte qui a simplement vu naitre la confrérie des Frères Musulmans en 1928 et qui a le plus grand poids démographique de la région.

Cette logique, exprimée par Lotfi Zitoun lors d’une réunion avec les cadres de son parti, parle d’un «danger » qui menacerait la révolution tunisienne, et auquel cette révolution ne peut faire face, sans le concours des révolutions, égyptienne, libyenne, yéménite.

Le ministre tunisien, Conseiller politique de Hammadi Jbali, n’a cependant pas spécifié la nature de ce danger. Mais à bien comprendre le non-dit dans son discours, on comprend aisément qu’il situe le danger dans une probable alternance du pouvoir aux prochaines élections après la sanction que pourrait administrer le corps électoral à Ennahdha. Le parti Islamique d’Ennahdha, verrait donc cet échec électoral comme un triomphe de la contre-révolution et qui nécessiterait une ingérence étrangère égyptienne, libyenne, yéménite et même syrienne pour assurer Ennahdha dans sa position de leadership en Tunisie.

L’isolement du parti islamiste, de plus en plus perceptible ces derniers jours, laisse transparaitre la crainte d’un échec lors des prochaines élections, si jamais elles auraient lieu. Ennahdha, qui voudrait gouverner la Tunisie à vie, se devait ainsi de trouver des alibis pour expliquer à ses adhérents et ses alliés islamistes partout dans le monde, que cet échec ne trouve pas son origine dans ses propres faiblesses, mais dans un quelconque complot fomenté par les contres révolutionnaires.

L’ingérence étrangère à l’issue du prochain scrutin, si elle avait lieu à Dieu ne plaise, pourrait brouiller les cartes et faire entrer le pays dans une crise sans fin. Elle ferait apparaitre ce parti comme une section locale d’une organisation supranationale qui a usurpé la révolution tunisienne, voulue et menée par les jeunes des régions intérieures. Ennahdha aura ainsi, non seulement usurpé la Révolution tunisienne, mais la donnera aussi en cadeau au Egyptiens. Une conduite qui doit être méditée par les Tunisiens dès aujourd’hui.

Aboussaoud Hmidi

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

Dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, le PDG de la Poste Tunisienne, Moez Chakchouk, a mis l’accent sur les efforts fournis par l’entreprise pour...

AFRIQUE

SPORT