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Quitte à la fâcher

Quitte à la fâcher, comme l’a déjà fait un autre collègue à Tabarka, nous allons encore une fois parler du retard d’une heure de la ministre du Tourisme, lorsqu’elle venait la semaine dernière (mardi 12 août 2014) à la conférence de presse à laquelle son cabinet convoquait les journalistes. Cela se passait dans les locaux de l’hôtel d’application de Sidi Bousaïd. L’endroit était merveilleux, mais pas le service de ceux qui devaient être les formateurs des prochaines générations d’hôteliers tunisiens. On ne sait pas si c’était le «retard académique » des rois et de certains présidents, mais elle l’expliquera par la réunion des ambassadeurs. «Je me déplace en voiture, pas en hélicoptère malheureusement », ajoutera-t-elle avec un sourire.

Arrivée, entourée de ses quatre gardes du corps et un cortège de deux voitures, la ministre transforme la conférence de presse en une simple rencontre informelle, limite son déjeuner à une soupe pour cause de régime et se lance dans un long laïus pour expliquer sa fameuse stratégie du «3+1», jusqu’à ce qu’un petit mot glissé devant elle par son attaché de presse la rappelle à la concision. Une stratégie dont on ne savait trop, après un déjeuner plus de 2 heures et force tableaux «Power-Point», si quelque chose s’était enfin réalisé au bout des six mois de son exercice ou de son «mi-temps» comme elle aimait l’appeler comme pour se mettre hors de cause.

Du secteur de son ministère, elle ne divulguera nul chiffre, se limitant à développer la théorie du «verre moitié plein» et d’accuser les banques, qui «ne faisaient pas correctement leur travail» dit-elle en évoquant du bout des lèvres la question de l’endettement du secteur hôtelier, problème de tous les problèmes et mère de toutes les batailles pour ceux qui voudraient remettre à flot tout le secteur.

Ce 12 août encore, elle revenait sur ses prévisions de 7 millions de touristes, «si la situation sécuritaire se stabilisait », selon différents médias, dont la radio Express FM. Une prévision redite, alors que la ministre, elle-même objet de menaces terroristes et qui se déplaçait sous protection depuis les premiers jours de son ministère, savait la chose impossible. Les chiffres restent têtus, quoiqu’on essaie de leur faire dire. Jugez-en !

En effet, selon un document qui nous été remis, le mardi 12 août, par la DG de l’ONTTT présente à la «rencontre informelle » d’Amel Karboul, la Tunisie n’a pu attirer que 3,309 millions de résidents étrangers pour la période entre janvier et juillet 2014. Notons qu’on parle là de «résidents étrangers» et non de touristes. «Selon une encyclopédie qui se réfère à la définition de l’OMT (Organisation mondiale du tourisme», «le tourisme est le fait de voyager dans ou de parcourir pour son plaisir, un lieu autre que celui où l’on vit habituellement, ce qui peut impliquer la consommation d’une nuitée auprès d’un hôtelier et éventuellement la réservation de titre de transport».

Dans les 3,309 millions de «touristes» venus en Tunisie entre janvier et juillet de cette année, il n’y avait que 1,559 millions d’Européens, qui soient les «vrais touristes» qui vont dans des hôtels et y consomment toutes les commodités. Leur nombre, entre 2013 et 2014, n’a varié que de 0,4 % selon le tableau de l’ONTT. Le reste, ce sont d’abord les 1,216 millions de Libyens, des voyageurs obligés de quitter leur pays pour cause de guerre. Des voyageurs, plutôt des déplacés de guerre qui sont loin d’être dans une perspective de loisir et de dépense, qui évitent les hôtels, se tassent dans de petits appartements loués et restent près de leurs sous, ne sachant pas encore si la guerre va s’arrêter chez eux. Ils consomment certes, mais on dirait mieux tout en se gardant d’être xénophobe, qu’ils «mangent le pain des Tunisiens», la conjoncture étant ce qu’elle est dans un pays qui s’endette pour acheter de quoi satisfaire ses besoins et où l’essentiel des produits de consommation courante est compensé. Il y avait bien les 541.758 Algériens, mais le gros des troupes du vrai tourisme à impact financier et économique reste les Européens, et le nombre de ceux-là ne dépassait guère les 1,553 millions en 7 mois et pour un budget promotionnel de 45 MDT. La faute est-elle pourtant celle de la ministre qui arrête enfin sa «selfiemania» ? Bien sûr que non, mais peut-être de son manque de réalisme !

Khaled Boumiza.

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