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Tunisie, BCT, Mustapha Kamel Nabli, hamadi Jbali

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Invité au 2<sup>ème</sup>  séminaire de la Fondation Temimi sur les grandes personnalités nationales tunisiennes et plus précisément de Feu Hédi Nouira

Invité au 2ème séminaire de la Fondation Temimi sur les grandes personnalités nationales tunisiennes et plus précisément de Feu Hédi Nouira, l’un des premiers Gouverneurs de la BCT et ancien Premier ministre du leader Habib Bourguiba, Mustapha Kamel Nabli a encore défendu l’indépendance de l’Institut d’émission (BCT) face au pouvoir exécutif.

Mêlant savamment contextes historiques et itinéraires de l’économie tunisienne, utilisant chaque fois des citations de discours de Bourguiba et de Nouira pour donner de l’envergure à son discours, Mustapha Kamel Nabli évoque, sans en dire un mot tout au long des sept pages de son discours, le léger différend de points de vue qui l’avait opposé au Gouvernement.

Il tente, sans en donner l’air, d’ancrer cette nouvelle période des relations BCT/Gouvernements successifs tunisiens, dans l’histoire de la nouvelle démocratie naissante de la Tunisie de l’après Ben Ali. Nabli veillait aussi, en citant Bourguiba mais sans trop d’éloges, à ne jamais donner l’impression qu’il se rangeait du côté d’une partie ou d’une autre. Il arrivait à la fin à éviter, tout en en parlant, de donner l’impression qu’il était fan de Bourguiba et encore moins de la nouvelle tendance politique qui essaie de ressusciter l’héritage idéologique de Bourguiba. A bien démêler ce discours, qui en dit plus long que son écrit et à bien en éviter une simple lecture technique et «séminairiale», trois grands messages s’en dégagent dans l’ordre.

– La planche à billets ? Oubliez !

Le discours de l’actuel Gouverneur de la BCT, comportait certains passages, mis en gras, comme un écho à des critiques ou à des «appels du pied» qu’il n’aurait pas reçus. Le premier passage, écrit en corps gras dans le discours et qui faisait référence à un discours de Bourguiba lorsqu’il inaugurait la BCT, indique que «le droit de fabriquer de la monnaie, ne se fait que sur délégation de l’Etat, accompagnée de garanties». La phrase, on pourrait s’en douter, n’était certainement pas fortuite.

A chaque fois, en effet, qu’on parle d’une mainmise de l’exécutif sur l’Institut d’émission, la peur est visible chez les économistes d’une utilisation excessive de la «planche à billets» qui pourrait être une des possibles déclinaisons de la politique monétaire expansionniste que prône le Gouvernement Jbali dans une partie de son programme qui sera discuté par l’Assemblée Constituante.

Une phrase est ensuite extraite d’un discours du premier président de la République tunisienne, à l’occasion de l’inauguration de l’Institut d’émission. Dans le nouveau contexte où elle a été mise dans le discours du Gouverneur Nabli, elle résonne comme un rappel des dangers d’un usage excessif de la planche à billets. «Il faut faire très attention. Le pouvoir de l’Etat pourrait contraindre la BCT à faire tout ce qu’il veut, avec le risque de déséquilibre, et qu’on revienne à l’époque du Rial [monnaie beylicale] de l’époque d’Ahmed Bey», disait M.K Nabli par le truchement de Bourguiba, en guise d’avertissement.

En rappelant les conditions et les dangers d’un tel usage, que la mission du gouverneur dure 6 ans et qu’il y une stricte séparation entre ses fonctions et les deux pouvoirs exécutif et législatif, la BCT rappelle aussi que la politique monétaire reste sa chasse gardée et fait en quelque sorte usage de levée de boucliers face à toute possible dérive et plus spécialement en matière monétaire. En fait, c’était comme s’il fermait la planche à billets devant les tentations sociales et inflationniste du Gouvernement Jbali.

– Caresser le Gouvernement Jbali dans le sens du poil et éviter les différends.

En citant, au moins deux fois, la Révolution, dans son exposé à la Fondation Témimi, Mustapha Kamel Nabli recadre son discours. Il le place ainsi, sans le dire, dans l’actuel cadre de la Tunisie d’après la Révolution. Il en fait aussi un prolongement de la polémique qui avait éclaté après le communiqué de la BCT. Cela lui permet, d’abord, de rendre hommage «à la Révolution de la liberté et de la dignité », en ce qu’elle a «consacré une plus grande indépendance et, de façon plus concrète, à la BCT». L’hommage au Gouvernement de Jbali était presque invisible.

Et le Gouverneur de la BCT de rappeler ensuite que «notre pays après la Révolution de la dignité et de la liberté [On ne sait pas si l’inversion cette fois était fortuite ou voulue !], est entré dans une nouvelle période constituante, non seulement dans le domaine politique, mais dans d’autres aussi, et il nous semble important de faire les bons choix stratégiques pour faire réussir la Révolution et pour concrétiser ses objectifs et donc mettre les fondamentaux d’un Etat basé sur la bonne gouvernance». Le message, clair cette fois, est adressé au Gouvernement Jbali, sans pour autant prendre l’aspect d’une réponse à son communiqué qui s’éloigne de toute polémique et informe ainsi le Gouvernement Jbali que la réaction de la BCT ne relève que du simple rappel des règles de la bonne gouvernance qui est, à son tour, une des demandes de la Révolution.

– La BCT doit rester en dehors de la course électorale.

Dernier message, et non des moindres dans la période pré-électorale que semble vivre la Tunisie, mais cette fois-ci adressé à toute la classe politique. Toujours en citant l’exemple de la période de Feu Hédi Nouira à la tête de la BCT, comme pour prendre de la distance vis-à-vis de toute la polémique autour de son communiqué, M.K Nabli rappelle que «l’orientation adoptée par le regretté Hédi Nouira dans sa direction de la BCT (…) a permis d’éviter cette tendance des gouvernements, à utiliser la politique monétaire à des fins court-termistes et liées aux élections. La stabilité financière et la stabilité des salaires au cours de son mandat, en sont peut-être la meilleure preuve», dit-il avec une forte conviction. Il n’est plus un secret, en effet, que le Gouvernement et toute la troïka sont actuellement en Tunisie, dans une forte perspective électorale et que, pour Ennahdha surtout, la réussite de son programme économique présenté à la Constituante, conditionne énormément ses chances pour les prochaines échéances électorales.

Khaled Boumiza

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