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Dans le cadre du suivi de l’évolution conjoncturelle de la demande interne

Dans le cadre du suivi de l’évolution conjoncturelle de la demande interne, le Centre Tunisien de Veille et d’Intelligence Economique a mené durant la première quinzaine du mois de juillet une enquête auprès d’un panel de consommateurs. Cette enquête s’intéresse aux conditions budgétaires des familles, à leurs perceptions des niveaux actuel et futur des prix, à l’opportunité de réaliser ou non des achats importants durant les prochaines semaines, etc.

Avec une valeur voisine de -51.5 % en juillet contre – 36.7 % en avril dernier, l’indice du climat de consommation replonge à un niveau très faible témoignant de l’ampleur de la déprime chez les consommateurs. En fait, avec les anticipations à la hausse des prix et la stagnation des revenus, les consommateurs n’envisagent pas pour le moment effectuer des achats de produits durables.

Le budget familial est juste suffisant pour deux consommateurs sur deux.

 

A la question relative à l’évolution du budget familial durant les trois derniers mois, près de 56% des répondants déclarent qu’il est resté sensiblement le même. Pour prés de 32 % des enquêtés, les revenus se sont dégradés. Seuls 12 % déclarent que leur budget s’est amélioré. Ces pourcentages sont à 1 % près les mêmes que les chiffres enregistrés trois mois auparavant. Cela confirme que les conditions budgétaires n’ont pas réellement changé durant ce dernier trimestre.

Interrogés sur la capacité de ce budget à subvenir ou non aux besoins de la famille, la proportion des répondants estimant qu’il est insuffisant à tel point qu’ils sont poussés à l’endettement est évaluée à 21 % contre une proportion de 20 % en avril dernier.

Pour les autres répondants à la présente enquête, près de 65 % déclarent que le budget est tout juste suffisant en utilisant l’épargne. Le reste des répondants, soit près de 14% estiment que leur budget est suffisant et déclarent qu’il leur permet de réaliser une épargne. Cette dernière proportion était de 5 % en avril dernier. De ce fait, on enregistre une légère amélioration dans l’utilisation du budget pour répondre aux besoins de la famille.

Le consommateur trouve que la baisse des prix est trop lente.

Concernant l’évolution passée du niveau général des prix, les appréciations expriment à 82 % que les prix ont augmentés. Pour 11 % des répondants les prix sont restés sensiblement aux mêmes niveaux alors que près de 7 % estiment que les prix ont régressé. De ce fait, une accalmie au compte goutte est ressentie par les consommateurs au niveau de l’évolution des prix en attendant des lendemains meilleurs.

Pour les trois prochains mois, près de 50 % des répondants anticipent que les prix continuent à augmenter, contre 18 % des répondants qui considèrent que les prix seront sensiblement aux mêmes niveaux alors que pour 32 % restant les prix vont diminuer. Comparativement à la situation actuelle des prix, on constate que les anticipations des consommateurs expriment une attente consistant à ce que la hausse des prix soit stoppée.

Absence totale de volonté d’achat chez le consommateur tunisien.

L’enquête auprès des consommateurs s’intéresse à l’anticipation des familles de réaliser ou non des acquisitions de produits durables tels que les logements, les voitures, les meubles, etc.

Il s’agit de savoir si oui ou non le moment actuel est opportun pour effectuer de tels achats.

Les réponses des consommateurs enquêtés sont sans appels : négatives à 94 % pour le logement, contre une proportion de 100% durant le trimestre précédent. Les réponses sont également négatives à 94 % aussi bien pour l’achat des voitures que les meubles et négatives à prés de 86 % pour les produits électroménagers et négatives également à 84 % pour le matériel électronique et/ou informatique et à 90 % pour l’acquisition de n’importe quel autre produit durable.

Les principaux arguments avancés par les consommateurs justifiant le report de leurs décisions d’achat évoquent, pour près de 59 %, les problèmes de financement et pour 21% l’incertitude quand à l’évolution de la conjoncture. Le reste des répondants, soit près de 20 % des répondants ne ressentent pas actuellement le besoin d’achat des produits cités.

Invités à préciser leurs appréciations sur la situation économique globale relative aux trois derniers mois, près de 60 % des enquêtés estiment qu’elle s’est dégradée, contre une proportion de 59 % trois mois auparavant. S’agissant des anticipations des consommateurs concernant la situation économique générale du pays pour le prochain trimestre, les avis affichent de l’optimisme pour 67 %, du statuquo pour 12 % alors que le reste, soit 21 % considèrent que la situation se dégradera.

Indice de climat de consommation : La déprime

 

Etant donnés les soldes d’opinion aux diverses questions, notamment, les soldes relatifs aux questions qui impliquent l’intention de consommer ou qui engendrent une dynamique favorable des prix permettent d’évaluer l’indice du climat de consommation. Ce dernier est susceptible de varier entre -100% et +100 %. Une valeur de 100 % signifie que tous les soldes sont à leurs valeurs maximales correspondantes à une situation très favorable. La valeur de -100% signifie le contraire.

Compte tenu que les soldes des différentes questions sont dans l’ensemble négatives, l’indice du climat de consommation du mois de juillet 2012 replonge vers une valeur négative ICC= – 51.5 % contre -36.7 % et – 42.3% respectivement trois mois et six mois auparavant.

Minés par des anticipations à la hausse des prix et une stagnation des revenus, les consommateurs n’envisagent pas effectuer des achats de produits durables sur le court terme. Tous ces éléments font effondrer l’indice de confiance des consommateurs, en dépit d’une appréciation favorable quand à la situation économique générale durant les prochains mois.

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